Romook, ectoplasme bloguique

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vendredi 25 mai 2007

Le prix des rêves...

Je suis épuisé. Je viens de rentrer de ma plus fatiguante des journées que j'ai eu durant mon séjour en Chine. Je sais qu'il n'y en aura pas de plus difficile: tout va bien... Il est 22h30 : j'arrive à l'hôtel avec mes copies à corriger. J'ai dîné entre 19h00 et 19h15. Mon cours, partie la plus simple de la journée, ne dure que 2h30. 2h30 d'explication des Droits de l'Homme à des étudiants chinois en droit. Un vrai et sincère moment de plaisir... Mais qui n'est pas de tout repos car vous devez, à tout moment, jongler entre les problèmes linguistiques, culturels et juridiques. Chaque question nécessite donc une recherche pour déterminer d'où elle vient...

La journée a débuté, à 9h00, en anglais avec la rencontre avec Mike, avec qui je dîne normalement demain soir... Première rencontre, uniquement réalisée car mon rendez-vous de 8h00 m'a prévenu à 8h45 qu'il risquerait d'être en retard et que, donc, ce serait à 11h le rendez-vous...

A 11h15, je rencontre mon interlocutrice. Elle m'annonce que, vu l'heure, on va directement déjeuner et qu'elle a invité quelques membres de la Cour internationale d'arbitrage de WuHan pour le déjeuner. "Pas d'inquiétude, me dit-elle dans un anglais parfait, vous pourrez leur parler en chinois, votre chinois est très bon. - Ils ne parlent pas anglais ? - Non, mais ils comprennent un peu..." Pendant l'heure de trajet que nous avons à faire, nous en profitons pour discuter de nos futures relations professionnelles. En anglais pour elle, en "Chinglish" pour moi, c'est-à-dire des phrases en anglais entrecoupées de bout de phrase en chinois (mon cerveau n'arrive plus à parler uniquement l'anglais au bout de quelques jours en Chine : le chemin intellectuel est le suivant : Français -> Chinois -> Anglais)... En une heure, tout est bouclé, et je sais tout ce que je veux savoir. Happy man.

Me voici donc arrivé au déjeuner - informel paraît-il - où je suis mitraillé de question sur l'arbitrage international, les règles en France, les explications sur le système chinois : tout ça en chinois bien sûr. Grande concentration oblige. Je décroche de temps en temps car la discussion est très technique, mélangée d'accents très différents, et la fatigue commence à me gagner. Je sais qu'il y a une autre réunion informelle juste après, mais je ne sais pas encore quoi. Je sais juste que c'est dans le plus grand cabinet d'avocats de WuHan que ça se déroulera, un des 20 premiers de Chine paraît-il.

Le repas terminé, où je crois entendre qu'on veut me proposer un poste d'arbitre international mais que mon interlocutrice rejette comme idée en arguant du fait que ce sera mieux de me le proposer la prochaine fois ou même la fois suivante encore où je reviendrai.

Les chinois sont amusants. Lorsqu'ils veulent que vous compreniez, ils adaptent leurs vocabulaires et parlent distinctement. Sinon, ils utilisent l'accent local et les régionalismes. Mon chauffeur Wuhannais habituel de l'Université, avec les cours de "patois" qu'il me donne tous les matins et les midis m'a donc donné pas mal de vocabulaire... J'en suis déjà, rien qu'avec lui, à plus d'une trentaine d'heure de pratique, sans compter les chauffede taxi et le personnel de l'hôtel. Bref, je suis sûr d'avoir bien entendu :-) Mais, on verra.

Après le déjeuner, on me propose de visiter la Cour Interational d'arbitrage. Evidemment, j'accepte. On me fait visiter, c'est très beau, très chic. On m'explique le fonctionnement de l'institution. On me présente les membres, ainsi que les arbitres "consultants" extérieurs. Je remarque qu'aucun n'est français. "Et oui" me dit on avec un grand sourire. Je signale donc que si, un jour, il avait besoin de renseignement sur le droit français, qu'ils n'hésitent pas. Ils me demandent d'envoyer mon CV. Je leur montre le mien tout de suite en chinois. L'effet est garanti. Un CV d'un étranger en chinois, c'est pas courant : ça marque. Donc, ils se rappelleront de moi ;-)

Mais, l'heure tourne et nous voici obligé de partir. Début de la réunion prévue à 14h00, il est 14h10. Nous sommes au 25ème étage de l'immeuble, même pas encore dans la voiture. Le temps de faire le trajet - tout se déroule depuis le début du déjeuner en chinois et je bénis la formation que j'ai eu à Beijing de temps en temps -, nous arrions : il est 14h35. Deux personnes sont déjà là. Il en manque plus d'une quinzaine. Quelques échanges de cartes de visites plus tard (une petit vingtaine, encore...), la réunion peut commencer.

Evidemment, on me présente avec tous les honneurs qui me sont dus. Un étranger, dans une telle réunion, ne passe pas inaperçu. Quelques belles personnalités du gouvernement local, des avocats, des représentants d'institutions administratives sont là... Et me voici au centre de la vie politique de la ville, pris à partie sur les relations avec les entreprises étrangères à WuHan, le problème de concurrence des autres provinces et autres subtilités absolument hors de portée de mon chinois... Ce fut une longue et pénible traversée de désert, rarement entrecoupée d'oasis de compréhension linguistique... Mais, mon attention est restée à 100 % des capacités possibles au vu de l'état de fatigue (la somnolence m'a même guetté à un moment)... A 17h15, on se tourne vers moi, m'apporte le micro. Alors, le frenchie, t'en penses quoi ?

J'ai fait répété la question. Pour être sûr de bien répondre. Et là, je crois, sans modestie, au vu de l'attention de mon auditeur, que j'ai été bon. Pour une fois même, j'ai eu la sensation d'être vraiment brilliant. Mon propos était construit. J'étais assez clair dans mes explications. Je n'ai pas été à court de vocabulaire, utilisant des périphrases et des images pour pallier le langage technique qui me manquait. Et surtout, j'ai parlé sans m'arrêter, devant un public, pendant 15 minutes, uniquement en chinois. Moins que la moyenne des autres interlocuteurs intervenus auparavant, mais bon quand même. J'ai même fait rire avec une petite blague glissée dans le cours de mon intervention... Bref, j'ai eu la sensation d'être le "maître du monde" pendant 15 minutes, même si ce monde n'était composé que d'une vingtaine de personne.

Pendant les applaudissements, alors que je pensais essentiellement au fait que j'allais arriver en retard à mon université vu les bouchons envisageables, j'ai pris conscience que j'étais en Chine, au 15ème étage d'un immeuble, dans les locaux superbes du meilleur cabinet d'avocat de WuHan, environ 130 avocats, entouré du "gratin" politique, économique et juridique local, et que j'étais applaudi par ces personnes, après avoir expliqué en chinois, les différences de cultures européennes et chinoises et leur influence dans le cadre du commerce international. Recadré comme ça, je me suis dit qu'en fait, j'étais probablement en train de réaliser un rêve que la fatigue physique avait réussi à me faire passer pour une simple journée 'marathon'...

L'essai devait être concluant puisque mon interlocutrice m'a raccompagné en me donnant le futur programme de mon prochain voyage en Chine. On va tout simplement passer à la vitesse supérieure. Là, je vais devoir soigner mon vocabulaire et tout, et tout... Ca veut dire beaucoup de travail à fournir en France. Vu mes journées en France, aurais-je le courage de travailler ? Je l'espère, mais je crois que ce sera très difficile. Il me faudrait faire une heure de chinois au minimum, tous les jours, pour maintenir le niveau et progresser très lentement. Mais, à 20 heures, à la fin de mon travail, aurais-je le courage ?

Alors, la question est celle du prix des rêves...

Romook, la récolte est finie, il faut préparer les champs pour la prochaine récolte maintenant...

jeudi 17 mai 2007

Partie de cartes dans la rue

Toujours ShangHai, les chinois ne perdent jamais une occasion de jouer. Pour information, derrière il y a un salon de coiffure. Il est vide, probablement que les coiffeurs sont en train de jouer. De toute façon, on ne voit même plus l'entrée du salon... La porte étant bloqué par le monsieur à l'extrème droite de la photo.



Sinon, un salon de coiffure, ça peut aussi ressembler à ça (de l'extérieur) :



Romook, rétrospectives shanghaïennes depuis WuHan

mercredi 16 mai 2007

Old woman

This a lovely old woman I've seen in the street. She was in ShangHai, in a street of the old town (You will have after some other pictures of this "old new" town). In fact, Chinese gouvernment has destroyed ancient town and rebuilt it after, as identical than before. So, it's an ancient new town, or a new ancient town, as you prefer... This old women was in the street and seemed to be lost with a lot of tourist aroud her. You need to know she has known cultural revolution and other communist period. In her eyes, there are a lot of different worlds...



Romook

lundi 14 mai 2007

ShangHai : Grattes-ciel, etc...

Lorsque l'on se promène à BeiJing, on a la sensation d'être dans une ville ancienne qui se modernise et dont l'urbanisation se fait de manière désordonnée et sauvage. A ShangHai, cette sensation n'existe pas du tout.



La ville semble toujours avoir été moderne, voire en avance sur son temps. Les rues et les maisons sont neuves, les très nombreux grattes-ciel sont d'un design invraisemblable.



Inutile de vous présenter plus ShangHai, tout le monde en connaît les images les plus célébres.



Voici le gratte-ciel JinMao, 410 mètres de haut et 88 étages. L'ascensceur les grimpe en 45 secondes, à une vitesse d'un peu plus de trente kilomètres /h!! Attention aux oreilles. Vu d'en bas, il est impressionnant, non ?



Juste en face est actuellement en construction une autre tour. Rapide coup d'oeil sur un chantier à plus de 350 mètres du sol...







Inutile de vous dire que ShangHai n'est pas reposante. La circulation, les buildings, la population...



Tout rend cette ville électrique, speed.



A noter qu'ici, on fait du business et que tout est bon pour en faire. Un chauffeur de Taxi m'a fait faire deux fois le tour de la ville pour gagner plus d'argent. Mission réussie : J'ai payé deux fois et demi le prix de la course. Inutile de vous dire que je lui ai vertement exprimé ma réprobation. Il pensait que j'étais un touriste que l'on pouvait arnaquer, pas que j'allais lui expliquer en chinois que pour gagner plus d'argent, il pouvait aussi passer par Beijing, c'était aussi la bonne route.

Une anecdocte ne valant rien sans une autre. Quelques heures plus tard, je paie l'addition dans un restaurant. On me fait payé deux plats que j'ai commandé et qui ne sont jamais arrivés. La chinoise qui m'accompagne explique que, dans ces conditions, j'exige le remboursement des plats. On lui annonce que l'on attendait que je finisse ma bière pour me servir les deux derniers plats.

??!

Quoi ?

"En Chine, on sert ces plats après la bière", lui annonce-t-on sérieusement. Il s'agissait d'un bol de riz et de ravioli chinois. Bien évidemment, mon interlocuteur avait bien vu qu'il était face à une jeune femme qui n'allait pas faire d'histoire et que, probablement, un con de touriste allait avaler ça en se disant que pour les 60 centimes d'euros que ça représentait, ça ne poserait pas de problème.

Je ne suis pas pour faire des esclandres, mais avec le coup du taxi quelques heures plus tôt - pour venir au restaurant soit dit en passant - je me suis dit que j'étais entouré de mauvais chinois, BeiJing et WuHan ne m'ayant pas habitué à ça. Dans ces conditions, je me lève et je commence à faire un scandale, en chinois of course. Le type a commencé à se décomposer et à m'expliquer que la caisse était fermée et qu'il n'était pas possible de rembourser. Une serveuse arrive alors en courant avec un micro bol de riz froid à la main.

Question de principe. Je la renvoie en cuisine en expliquant que je n'ai plus faim et que ce sont des gens malhonnêtes d'agir de cette manière-là. Moins de quinze secondes plus tard, je repartais, sans dire au revoir ni remerciement, avec mes 60 centimes d'euros à la main. C'était l'un des plus vieux restaurants de ShangHai, un peu plus d'une centaine d'année d'existence. Je tenais donc à faire leur pub. Voilà qui est chose faite.

Romook, town-trotter

dimanche 13 mai 2007

L'amour sous l'angle de la jeunesse de Shanghai

L'amour, thème universel par excellence. Bien. En Chine, je me suis souvent posé des questions sur ce sujet, notamment parce que j'étais étonné, que ce soit à BeiJing ou à WuHan, de ne jamais le voir s'exprimer autrement que par un homme et une femme l'un à côté de l'autre... Sans l'ensemble des gestes tendres que l'on peut croiser en Europe... Et bien, ici, à ShangHai, voici quelques contre-exemples. Attention, que l'on ne s'y méprenne pas, il s'agit d'une remise en question publique de ma réflexion sur le sujet.




















Romook, La Vie est belle

Mamie fait de la moto

Et hop! Surprise au coin d'une rue !



Romook, one shot

samedi 12 mai 2007

ShangHai, la moderne

ShangHai, c'est avant tout la modernité qui se meut dans la vie de tous les jours.



Romook, Observateur

Ma "chambre" d'hôtel à ShangHai

Mister Romook, devant son café au lait lyophylisé, contemplait la ville. Désirant en faire profiter au plus vite les divers lecteurs de son petit blog, il mit sous le bon format les photos de son nouvel endroit. Voici donc la vue de la chambre :



A priori, cela pourrait sembler bruyant, mais il n'en est rien. 27ème étage oblige...

La différence entre BeiJing et ShangHai est patente. Dès la sortie de l'aéroport, on est dans un nouvel univers. C'est bien la Chine, mais ce n'est pas la même. Sieur Romook se sentait, comme toujours chez lui, avec un petit tressaillement d'excitation au creux du ventre... Vous savez bien, cette espèce de curiosité qui nous habite lorsqu'une personne nous parle d'un petit village magnifique, à peine à trois kilomètres de là où on habite, mais que l'on n'a jamais visité car manquant d'exotisme. Et bien là, idem. ShangHai, tout de suite fait plus penser à Osaka (Oh! La comparaison blasphématoire!) qu'à BeiJing. Et pourtant, il y a ce côté fouillis chinois qui fait la différence avec le monde nippon.

Les routes sont toutes modernes, les immeubles neufs dans un style très carrés, sans fioritures asiatiques particulières (comme on en rencontre parfois à BeiJing ou WuHan). Les feux de circulation ont la particularités d'utiliser un décompte pour savoir exactement à quel moment le vert passe au rouge et inversement. La circulation est bien plus rapide et plus fluide, même si le nombre de voitures est extrêmement important. On ne rencontre pas des charrettes sur les routes, avec des paysans qui dorment dessous... Mais, toujours des cyclistes qui font fi des règles de la circulation, le même sourire aux lèvres sur tous les chinois... Bref, tout un tas de détails qui font la différence tout en maintenant le lien avec la Chine que je connais.

Je n'ai pas choisi mon hôtel : mon départ s'est fait dans un climat de travail intense et je n'ai pas préparé mon voyage. Heureusement, une relation de travail sur place m'a proposé de s'en charger, ce qui m'a déchargé de ce problème. J'en suis heureux. Fort à parier que cette relation professionnelle va se transformer rapidement en amitié... Je suis, par nature, quelqu'un qui fait confiance aux autres. On m'a proposé un hôtel à 55 euros en me disant que c'était bien. J'ai donc immédiatement répondu "oui", sans même demander où il se trouvait dans ShangHai, ville de 20 millions d'habitants...

Après avoir passé presque deux heures en taxi, j'arrive la nuit tombante à mon hôtel. Ce n'est pas du tout un quartier "vivant". Le hall de l'hôtel était correct, mais rien de mirobolant. J'imaginais que ce pouvait être une chambre d'hôtel comme celle que j'avais à BeiJing. J'arrive dans ma chambre et je découvre le salon :



avec une cuisine dans la pièce à côté :



Puis, le balcon, dont vous avez déjà eu un aperçu de la vue... Et, enfin, ma chambre :



Pas moins de 40 m2 pour moi tout seul... L'adresse est excellente! Et je me suis aperçu que le prix avait négocié d'environ de 50%, ce qui est bien normal en Chine.

Ce matin, le temps est gris et je n'ai plus assez de cartes de visite pour aller me promener dans des endroits où les entreprises se trouvent... La distribution d'hier ayant sérieusement endommagé mon stock pourtant important. Dommage. Je vais donc prendre mon apareil et faire un petit tour de la ville. L'avantage est que je connaîtrais la ville et que je n'aurais pas de regret les prochaines fois où je viendrai, si je n'ai plus le temps de me promener. Sur ce, je vous abandonne pour démarrer ma journée.

Romook, ethnologue moderne