Romook, ectoplasme bloguique

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dimanche 16 avril 2017

Abstention, vote "blanc" ou vote "nul" : quelles différences pour quelles significations ?

Les médias, forts de leurs sondages, nous apprennent que 40 % environ des électeurs restent indécis, c'est à dire à ne pas savoir pour qui voter ou même s'ils voteront... 40 % d'abstention, voilà ce qui pourrait se profiler. Il y a 47 millions d'électeurs. Faisons un rapide calcul. 47 millions dont 40 % seraient considérés comme abstentionnistes, il ne reste que 28,2 millions de votants... Et si le président est élu à 51 %, il y aurait donc 14,38 millions d'électeurs en sa faveur. En remettant tout en perspective sur le chiffre de base, notre futur(e) président(e) de la république serait élu(e) avec 30 % de soutien des électeurs français... Cela mérite vraiment qu'on se pose la question de l'abstention. Pourquoi des électeurs s’abstiennent de venir voter ? Les raisons couramment invoquées sont :

  • la "fatigue" accumulée des électeurs, déçus élection après élection, par des hommes politiques qui semblent impuissants à agir ;
  • le refus de participer à un système politique qui ne leur convient pas ;
  • l’impression que les hommes politiques sont tous malhonnêtes et que, participer à l'élection, c'est un blanc-seing donné à leurs actions ;
  • le sentiment que, si la révolution française a bien eu lieu, les privilèges n'ont pas vraiment été

abolis.

Pour résumer, cette sensation que l'élection ne changera rien à la vie quotidienne submerge tout espoir de réforme et conduit à ne pas voter. C'est ce qui est qualifié et comptabilisé dans les chiffres de l’abstention.

Le vote blanc et le vote nul (bulletin avec un nom rayé ou ajout d'une personne qui n'est pas candidate) ont une autre logique : les électeurs se sentent concernés par l'élection et la volonté de changer les choses, mais ils ne trouvent dans l'élection en cours aucun programme ou aucun candidat qui répondent à leurs attentes.

Le vote blanc, qui correspond à une expression politique précise, devrait donc avoir un poids dans une élection. Une tentative de reconnaissance de ce dernier a été initiée en 2014 par la loi, obligeant à séparer les bulletins blancs et nuls dans les résultats. Il apparaît donc dans le détail des chiffres de l’abstention, mais n’a pas d’influence sur le résultat final de l’élection.

Peut-on voter "blanc" ? Techniquement, c'est possible mais notre système légal ne le reconnaissant pas complètement, sa signification et son effet sont biaisés, tant au niveau personnel qu'au niveau politique. La conséquence électorale directe de l'abstention (incluant alors les votes blancs ou nuls) est de laisser les autres électeurs choisir de manière indépendante le résultat de l'élection. Ainsi, celui qui choisit le vote "blanc" peut ne pas se reconnaître dans aucun programme ou candidat, mais peut avoir envie de ne pas voir tel candidat élu ou tel programme appliqué. Voter blanc va donc aller à l'encontre de son désir, compte tenu de nos règles actuelles de décompte des voix.

Pour réformer le système, pour modifier les résultats des votes, il ne faut ni s'abstenir, ni voter blanc (ou faire un vote nul). Comment sortir de ce dilemme ? Sans prétendre avoir trouvé une solution imparable autre que la révolution, voici une piste de réflexion qui peut vous aider si le vote blanc vous intéresse.

Pour que notre système démocratique continue de fonctionner (et cela semble unanimement admis, même pour les abstentionnistes convaincus), il est important de favoriser la pluralité des candidatures. Plus il y aura de candidats, plus grandes seront les chances de trouver une personne susceptible de représenter nos convictions.

Il existe des règles concernant l'accompagnement financier des candidats :

"Un remboursement forfaitaire des frais de campagne est prévu :

  • pour les candidats présents au premier tour, il s’élève au maximum, pour ceux ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés, à 4,75 % du plafond des dépenses du premier tour (soit 800 423 euros pour l’élection présidentielle de 2017) ; pour ceux ayant recueilli plus de 5 % des voix, à 47,5 % de ce plafond (soit 8 004 225 euros en 2017) ;
  • pour les candidats présents au second tour, il s’élève à 47,5 % du plafond des dépenses du second tour (soit 10 691 775 euros en 2017).

Dans tous les cas, ces remboursements ne peuvent pas être plus importants que les dépenses déclarées par les candidats." (copié via http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/fonctionnement/president-republique/comment/comment-est-financee-campagne-electorale.html)

Qu'est-ce que cela signifie ? Il existe un plafond de dépenses qui ne doit pas être dépassé par les candidats, afin de garantir que les candidats les plus riches ne pourront pas, grâce à leurs moyens financiers supérieurs, "écraser" les autres candidats. Ce plafond de dépenses est fixé à 16 851 000 € pour les candidats du premier tour.

Si un candidat fait moins de 5 % au premier tour, il aura droit à un remboursement maximal de 800 423 euros. S'il dépasse les 5 %, il aura droit à un remboursement maximal de 8 004 225 euros. L'enjeu d'acquérir ces 5 % est donc déterminant. Pour les "petits" candidats qui se présentent en sachant que la barre des 5 % ne sera pas atteinte, il y a donc un risque majeur et il est par conséquent difficile pour eux d'organiser des meetings et de faire connaître leurs idées, d'imprimer des tracts et d'obtenir des concours bancaires pour leur avancer des fonds afin de les aider durant la campagne.

Ainsi, il est possible, en choisissant de voter pour un "petit" candidat, de remplir plusieurs objectifs compatibles avec le vote blanc (ou le vote nul) :

  • vous manifestez votre présence dans l'élection, sans que le système vous en exclue ;
  • vous valorisez la pluralité démocratique ;
  • vous retirez des voix aux candidats les plus importants qui ne vous plaisent pas ;
  • vous obligez les candidats du second tour à entendre qu'il existe des électeurs qui ont "envie" de voir le système se modifier et à écouter leurs attentes ;
  • vous encouragez la possibilité qu'à la prochaine élection il y ait plus de candidats car leur présence sera perçue comme étant "acceptée" et "utile" ;
  • vous encouragez les maires à donner des parrainages à des candidats inconnus.

La question du choix du candidat pour lequel voter reste personnelle. Ce peut être une idée parmi tant d'autres que vous voulez défendre, le fait qu'il porte une cravate ou non, que ce soit un homme ou une femme, qu'il veuille légaliser le "vote blanc" ou tout autre élément de votre choix... À mon sens, dans la mesure où c'est un vote blanc qui aurait été exprimé, aucun critère ne doit être regardé comme étant futile ou artificiel. De toute façon, rappelons-le, le vote est secret et personne ne sera présent dans l'isoloir pour poser une question sur votre critère de choix.

Toutes ces raisons peuvent également conduire à ne pas vous abstenir. En définitive, la seule bonne raison de s'abstenir, ou d'accepter que son vote soit comptabilisé dans l'abstention, c'est finalement de considérer que la démocratie n'est pas un système politique qui convient. Doit-on comprendre que les abstentionnistes souhaitent la restauration de la monarchie, la mise en place de l'anarchie ou encore d'un système politique théologique comme alternative à la démocratie ?

N'hésitez pas à partager librement ce texte si vous trouvez que cela présente un intérêt.

vendredi 22 juillet 2016

Brexit : la croisière s'amuse !

A la fin de la seconde guerre mondiale, Winston Churchill déclarait : « Je rêve d'états-unis d'europe, où les différences entre nations seront considérablement réduites et où chacun pourra voyager sans contrainte. » En un peu plus de trois semaines, le Royaume-Uni aura connu plus de bouleversements politiques que sur les trente dernières années. Aujourd'hui, Churchill se retourne sûrement dans sa tombe. Faut-il rappeler que le 23 juin 2016, le peuple britannique se prononce à 51, 9 % pour le Brexit... Une bien faible majorité pour une telle question. Ensuite, tout s'enchaîne comme dans un film. Le lendemain, David Cameron, premier ministre et partisan du « remain », annonce sa démission. Le même jour, Nigel Farage, député européen partisan du Brexit, annonce sur un plateau de télévision que, contrairement à ce qu'avait annoncé son parti politique « UKIP » (extrême droite), les 350 millions de livres sterling hebdomadaire versés à l'Union Européenne (UE) ne pourront pas être réinvestis dans le système social : il y a eu une « erreur » sur les chiffres pendant la campagne... La somme hebdomadaire n'est que de 154 millions de livres sterling. Il sera d'ailleurs expliqué que la protection sociale britannique serait moins efficace si le Royaume-Uni ne faisait plus partie de l'UE. Mentir impunément au peuple pendant une campagne politique puis se retrancher derrière une « erreur » après les élections, voilà de quoi faire réfléchir bien des citoyens ! Farage, sentant le brûlé, annoncera quelques jours plus tard vouloir se retirer de la vie politique soutenant que son œuvre était achevée.. Rassurez-vous pour lui, il conserve son siège de député européen. Faut bien vivre quand même...

Le 27 juin 2016, François Hollande déclare que le Royaume-Uni doit mettre en œuvre la procédure de sortie de l'Union Européenne « sans perdre de temps. » Pourquoi un tel empressement du président français à voir partir le Royaume-Uni ? Est-ce parce qu'il sait que le vote du référendum n'engage pas constitutionnellement ce dernier à quitter l'UE ? Serait-ce parce qu'il souhaite se débarrasser d'un partenaire européen qui n'a jamais fait vraiment partie de l'UE ? On imagine mal qu'il soit en colère contre un peuple qui s'est fait abuser officiellement par des hommes politiques sans vergogne, en totale incapacité d'assumer leurs promesses politiques. Angela Merkel déclare quant à elle que le Royaume-Uni doit prendre le temps de faire les choses correctement. Et là, on nous joue le sketch du « bon et du méchant flic. » Un tandem qui pourrait fonctionner... si ce n'est que le Royaume-Uni est, jusqu'au moment où il notifiera son intention de quitter l'UE, un État-membre à part entière. Pas sympa de mettre la pression sur son petit camarade quand on ne sait même pas s'il prendra la décision de partir. Faut-il rappeler que le référendum, au Royaume-Uni, ne lie pas le premier ministre, ni le Parlement ? Depuis quand les relations internationales et diplomatiques sont aussi électriques ? N'est-ce pas plutôt le temps des décisions mûrement réfléchies et des paroles pesées ?

Le 30 juin 2016, nouveau coup de théâtre ! Le leader du camp du Brexit, Boris Johnson, déclare qu'il ne veut pas devenir le nouveau premier ministre et que le Brexit ne signifie pas « tourner le dos à l'UE. » Dans le même temps, les tenants du Brexit, qui ont fait campagne sur le thème de l'immigration, annoncent que si le Royaume-Uni doit contrôler ses propres frontières, cela coûtera plus cher et sera moins « efficace » que dans le cadre actuel de l'UE. Vu de l'extérieur, tout tourne vers un non-brexit. Sans partisan du « Leave » aux commandes, comment la sortie de l'UE pourra-t-elle se faire ?

Pendant ce temps, la grogne populaire monte. Au vu de ces différents mensonges reconnus publiquement, une pétition est mise en œuvre en vue de provoquer un second référendum. Nombreux sont ceux qui ont voté « Leave » et qui se sentent trompés par les mensonges. Petit détail constitutionnel : toute pétition comportant plus de 100 000 signatures oblige le Parlement britannique à débattre de son objet. Elle récoltera 3,7 millions de signatures.

Depuis le 23 juin, la City plonge, la livre sterling bat chaque jour des records de plus bas historiques, des entreprises annoncent leur prochaine délocalisation dans d'autres pays européens, les fonds de pension américains ayant investi dans l'immobilier libèrent leur position... Financièrement, c'est la crise. Marine Le Pen, devant le Parlement européen, ironisera sur le fait que rien de ce que les européens avaient prédit ne s'était produit... Et pourtant, si elle s'était tenu au fait de l'information, elle aurait lu et vu que tout ce qui avait été prédit s'est effectivement produit, parfois en pire. Remarquons que Farage et Le Pen font bon ménage ensemble au Parlement européen : mensonge et jugement à l'emporte-pièce font parties de leur matériel rhétorique de base.

Choqué par les mensonges politiques, avoués publiquement faut-il le rappeler, le peuple manifeste pour rester dans l'UE. Les britanniques ressentent comme un affront le fait d'avoir été trompés. Un fond participatif a même été créé pour mettre en œuvre une action judiciaire contre les différents « menteurs » politiques. A la différence du droit français, le droit de la common law permet de mettre en œuvre la responsabilité des hommes politiques. Ce serait une première, mais techniquement, rien ne s'y oppose. C'est l'intérêt public et la confiance populaire qui ont été trahi par les manœuvres politiciennes de Johnson et de Farage. Pour une fois, on aimerait tous être britannique !

Encouragé par le résultat du référendum, l'extrême-droite se révèle et des actes xénophobes se produisent chaque jour contre des citoyens européens et des musulmans. Vitrines cassées, insultes, tag sur les maisons et magasins... Des méthodes qui en rappellent douloureusement d'autres, d'un temps qu'on espérait disparu grâce à la construction européenne. Le « vivre ensemble » n'est pas acquis, quelque soit le côté de la Manche.

Le 7 juillet, la Chambre des Lords saisit par plus de trois millions et demi de signataires de la pétition, discute de la possibilité de provoquer un second référendum. La Lord King tentera d'expliquer que les mensonges avérés de la campagne ont détourné l'opinion publique et que le vote exprimé est contesté par le peuple lui-même. D'une manière presque unanime, les Lords, non élus par le peuple, considèrent que le peuple s'étant déjà exprimé sur la question, il n'y a pas lieu de le réinterroger. Il leurs appartient d'appliquer le choix populaire, quel qu’en soient les conséquences pour le pays. Comme le dira Lord Grocott durant le débat : « Quand vous perdez une élection, vous considérez que votre adversaire a menti, qu'il a fait des propositions qu'il ne pourra pas tenir, qu'il avait plus d'argent que vous et que la presse était de son côté. » Ces propos, plein de bon sens, traduisent le sentiment de déception du perdant. Sauf que rares sont les fois où les politiciens ayant gagné les élections reconnaissent qu'ils ont menti, qu'ils savaient que leurs promesses ne pourraient pas être tenues... Ce seul détail change tout : les mensonges ont été reconnus. Dont acte, le mensonge politique, même reconnu par les politocomenteurs, fait partie de la vie politique normale pour la Chambre des Lords. La débâcle politique du monde britannique laisse rêveur.

Une course au premier ministre est mise en place. David Cameron, du Parti Conservateur et tenant du « Remain », quitte son poste et est succédé, au final, par Theresa May. On ne change pas une équipe qui « gagne » : elle est donc du Parti Conservateur et a fait campagne pour le « Remain. » Pour respecter la volonté populaire exprimé dans le référendum, elle nomme aux postes-clé des affaires étrangères des partisans du Brexit. Discrédité par ses mensonges, Boris Johnson est malgré tout promu ministre des affaires étrangères. Plus connu par ses nombreuses bourdes diplomatiques que par sa finesse, celui qui a ironisé dans un poème sur les ébats sexuels du Président Erdogan avec une chèvre aura en charge de développer les relations diplomatiques du Royaume-Uni. Sa nomination étant unanimement raillée par les principaux dirigeants de la planète, sa tâche s'annonce difficile. Un ministère du « Brexit » est créé, dirigé par un autre partisan du « Leave », David Davis. Enfin, Liam Fox est désigné à la tâche délicate du ministère du commerce international. Les autres membres du nouveau gouvernement britannique sont tous d'anciens partisans du « Remain. »

Theresa May semble donc être une stratège politique incroyable : elle respecte la volonté exprimée dans le référendum en nommant des partisans du Brexit. Ils joueront à l'extérieur. Les promesses faites ne pourront pas être tenues : ce sont ceux-là même qui sont aujourd'hui aux commandes qui l'ont déclaré. Par ailleurs, elle complexifie les tâches en éclatant dans trois ministères différents un rôle qui devrait, pour plus de cohérence, être tenu par un seul interlocuteur. Après un peu plus de quarante années au sein de l'UE, le Royaume-Uni n'a plus de traités bilatéraux et doit tout négocier en partant de zéro, État après État. L'interlocuteur privilégié, Boris Johnson, sera celui qui a comparé Vladimir Poutine à « Dobby » l'elfe de Harry Potter, Barrack Obama à « une moitié de kenyan ayant une haine ancestrale à l'encontre de l'empire britannique », Hillary Clinton à « une infirmière sadique d'un asile psychiatrique » et, entre autres, a décerné à François Hollande le titre du « plus grand tyran depuis la Révolution française... »

Si on prend en compte que l'UE a clairement indiqué qu'il était hors de question de négocier quoi que ce soit tant que la procédure de sortie de l'UE n'avait pas été mise en œuvre, on imagine bien le marasme dans lequel ces pauvres ministres vont se retrouver. Aucun état européen n'acceptera d'étudier un quelconque traité bilatéral. Pour la sortie de l'UE, le Royaume-Uni doit « trouver » un accord. A défaut d'accord, il sera purement et simplement exclu de l'UE. Le Traité de Lisbonne ne permet pas de rester membre lorsqu'on a enclenché le processus de sortie, même si aucun accord n'est trouvé. On comprend mieux pourquoi Theresa May a précisé que le déclenchement de la procédure ne serait pas réalisée avant 2017. Négocier un traité bilatéral commercial prend en moyenne une dizaine d'années. Il est donc urgent de ne pas se précipiter à rendre effectif le Brexit... Pendant ce temps, les affaires intérieures du pays seront gérées par les partisans du « Remain » qui auront à affronter les problèmes créés par les tenants du Brexit, ces derniers qui seront dans l'incapacité de trouver des solutions extérieures...

Le processus du Brexit est donc une faillite annoncée, orchestrée par la nouvelle première ministre. Derrière un discours « rassurant » : « Brexit means Brexit », qu'on pourrait traduire par un simple « Comptez sur moi pour mettre en œuvre le Brexit », la volonté est bien de laisser se dépatouiller ceux qui ont créé le problème... Pour enfin constater que, malgré toute la bonne foi à respecter le référendum, on ne peut pas donner d'effet pratique à ce choix populaire. Cela nécessitera beaucoup de temps... Et justement, avec le temps et les problèmes, plus personne ne voudra mettre en œuvre cette volonté populaire qui a été bafouée publiquement... Le Brexit n'aura sûrement pas lieu finalement... Ce que souhaitent tous les dirigeants risquent bien de se produire : une absence de Brexit. Mais, avec leur pression et leurs déclarations agressives, ils risquent de générer un véritable sentiment de rejet du modèle européen chez le peuple britannique.

« Wait and see », voilà le conseil que nous donne le « reasonable man »... Avec un peu de temps, Theresa May nous prouvera qu'elle est un « politicien » exactement comme le définissait Churchill : « Un politicien doit être capable de vous expliquer ce qui va se produire demain, la semaine suivante, le mois suivant et l'année qui suit, mais également de vous éclairer sur les raisons qui justifient que ça ne s'est finalement pas produit. »

Romook, politologue

lundi 4 juillet 2016

Nigel Farage annonce sa démission, ou l'aveu officiel d'un mensonge

Quelques jours après avoir été confondu sur un plateau de TV sur les mensonges de la campagne du "Leave", Nigel Farage annonce sa démission pour "profiter de la vie." Il est étonnant que cet homme politique britannique qui n'a jamais réussi à entrer au Pralement britannique démissionne au moment où il est pressenti pour diriger les opérations du Brexit. N'est-ce pas plutôt pour éviter d'affronter les regards d'un peuple à qui il a délibérément menti pendant la campagne du Brexit ?

Romook, consterné

lundi 27 juin 2016

Le Brexit n'aura pas lieu.

Le Brexit, tout le monde et les médias entretiennent une confusion lamentable dans l'opinion public, surfant sur tout un ensemble de préjugés. Tâchons d'y voir plus clair.

Le Brexit, c'est pas automatique.

Pour pouvoir quitter l'UE, un Etat-membre doit "négocier" son départ. Il s'agit d'un divorce par consentement mutuel. Voyons ce que dit le texte :

Article 50

1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union.

2. L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union. Cet accord est négocié conformément à l'article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il est conclu au nom de l'Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

3. Les traités cessent d'être applicables à l'État concerné à partir de la date d'entrée en vigueur de l'accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l'État membre concerné, décide à l'unanimité de proroger ce délai.

4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l'État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.

La majorité qualifiée se définit conformément à l'article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

5. Si l'État qui s'est retiré de l'Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l'article 49.

Premièrement, l'Etat membre qui souhaite se retirer le fait conformément à ses règles constitutionnelles. Le référendum n'est pas une procédure constitutionnelle qui oblige la Grande-Bretagne à quoi que ce soit. C'est le même cas en France. Pour exemple, on se souviendra de la Constitution Européenne rejetée par référendum en 2005 par les français et ratifiée par le Parlement franàais en 2007. Ca prouve bien que les référendums n'engagent que ceux qui y croient. En l'occurrence, aucun pays dans le monde n'a délégué son pouvoir politique de décision au peuple directement. Une décision par référendum n'est donc pas une décision qui engage, y compris en Angleterre.

Deuxièment, le Royaume-Uni doit entamer la procédure. Les gesticulations de Hollande pour provoquer le départ rapide est un contresens politique et diplomatique, et d'une inefficacité qui prouve (encore une fois) son incompétence. L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. Tant que le Royaume-Uni ne notifie rien, il reste dans l'UE. Point.

Le Brexit, c'est pas gratuit.

L'Union européenne s'est formée sur un contrat. Que ce soit un traité international ou un contrat classique, lorsque vous voulez sortir d'une relation contractuelle, vous devez en payer le prix. En effet, il y a une force obligatoire au lien contractuel. Le traité prévoit la possibilité de sortie de l'UE après négociation :

À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union.

La question est : combien ça va coûter ? Aujourd'hui, lorsque François Hollande s'empresse de vouloir faire sortir le Royaume-Uni de l'UE, il ne prend pas en compte qu'il va falloir qu'il y ait un accord entre l'UE et le Royaume-Uni. Ce dernier ayant multiplié les exceptions dans le cadre des accords européens, le nombre de petites choses à discuter seront nombreuses... Fort probablement, une contribution financière sera demandé, ce qui sera probablement inacceptable pour le Royaume-Uni. Les partisans du "Leave" ont évidemment cru qu'ils suffisaient de dire "stop" pour que le Royaume-Uni sorte de l'UE. N'en déplaise aux eurosceptiques de toute l'Europe, ce sera pareil partout et pour tous. L'obligation au paiement de cette indemnité est une obligation juridique internationale, c'est-à-dire qui engage la crédibilité de l'Etat. Inutile d'imaginer que le Royaume-Uni s'abstienne de payer quoique ce soit... En effet, la crédibilité d'un Etat se mesure à sa capacité à tenir ses engagements internationaux. Sinon, la confiance des créanciers du Royaume-Uni sera détruite, ce qui engendrera une crise sans précédent pour le Royaume-Uni. Bref, quand l'addition se présentera, le Royaume-Uni réfléchira.

Pour ce qui est des raisons pour lesquels le peuple a choisi le "Leave", en passant sur l'information qui nous ferait penser qu'ils ont voté "Leave" en pensant que ce serait le "remain" qui gagnerait (the britons are so stupid to think that ?! I cannot believe it!), il semblerait que deux raisons se dégagent. D'une part, les problèmes d'immigration et, d'autre part, des questions liées au système social seraient les raisons majeures.

Concernant l'immigration, ce qui intéresse notamment les français du front national, les accords qui ont été passés entre la France et le Royaume-Uni sont indépendants de l'UE. Ainsi, la politique immigratoire du Royaume-Uni sera très peu impactée par le Brexit. Encore une motivation démagogique mise à mal où le peuple, mal informé, aura été trompé par des personnes politiques qui, sans vergogne, jouenet sur les passions et les peurs irrationnels des citoyens britanniques.

Concernant la politique sociale, Les hommes politiques pro-Brexit ont déjà avoué aujourd'hui que les investissements faits par le Royaume-Uni dans le système social européen ne pourront pas être réinvesti dans les mêmes proportions dans le système social britannique. Bref, on vous a dit que l'Europée nous empêchait de faire du social, mais sans elle, ne comptez pas sur nous. Encore une fois, le repli nationaliste montre ses limites. Comme à chaque fois que des arguments de ce type sont mis en avant, il s'avère que les économies d'échelle réalisées au niveau européen sont plus performantes que ce qu'un Etat pourrait faire seul.

Enfin, inutile de parler des emplois qui vont se délocalisés du fait du déplacement de certains institutions européennes. Le seul moyen de conserver ces emplois sera de les maintenir sur le territoire, et donc de ne pas trouver de terrain d'accord au niveau des négociations de sortie avec l'UE.

Pour réusmer et faire simple, le Royaume-Uni et l'UE ne trouveront pas de terrain d'entente sur la sortie du Royaume-Uni. Ainsi, le Royaume-Uni restera au sein de l'UE. De Brexit, il n'y aura point. Quelques concessions supplémentaires seront faites au Royaume-Uni pour que les cytoyens britanniques ne se sentent pas floués et donner du sens au référendum. Comme ça, les hommes politiques anglais pourront annoncer :

Plus de nécessité de Brexit car, grâce au référendum, l'UE nous a entendu sur nos revendications principales.



C'est consternant de voir les médias français monter tout ça en épingle et voir notre président courir dans tous les sens comme un écervelé. Keep calm.

Romook, serein

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samedi 26 mai 2007

NEE: Blowjob Request Form

NEE: Blowjob Request Form

Après l'échec de la candidate française à la présidence de la politique, je m'intéresse plus à la politique - et donc j'essaie de comprendre ce qui se fait à l'étranger. Or, je constate qu'une candidate du parti politique flamand NEE a une méthode toute personnelle d'approche des électeurs. On ne peut qu'encourager ce type d'initiative qui mènerait à la vie politique les derniers électeurs réticents à aller voter... Mais, je pense que le Conseil Constitutionnel français n'accepterait pas de telles propositions pour des problèmes évidents liés au sexisme.

En effet, en s'enregistrant en ligne, les hommes auront le droit de recevoir une fellation de 5 minutes (pas plus! ce sont les termes du contrat!) par cette jeune femme du parti politique. Il me semble que si un homme politique proposait au femme une partie de "broute minou", il n'y aura peut-être pas un tel engouement... Mais, en même temps, cela reste à vérifier. Il pourrait également proposer de laisser son sexe disponible à la fellation de ses électrices, ainsi qu'à tout autre service...

Quoiqu'il en soit, le dévouement politique prend véritablement son sens dans la campagne électorale belge et il semble que la campagne législative qui démarre en France devrait s'en inspirer.

Romook, du pain et des jeux...

vendredi 18 mai 2007

One shot sur un cours de droit français dans une université chinoise

Il y a bien des choses qui me troublent : les haut-talons surmontés de longues jambes fines, la nuque d'une femme, une peinture de Miro, la Nuit Transfigurée de Schoenberg, une tragédie de Racine, "I have a dream" de Martin Luther King et bien d'autres choses encore... Je suis un être sensible : tant pis, il faut que je vive avec ça.

Parmi ses troublantes émotions qui naissent dans mon être lors de mes diverses activités, l'une d'entre elles provient de l'enseignement. Je donne beaucoup à mes étudiants et, en général, ils me le rendent bien. Me voici donc retourner en Chine pour enseigner la terminologie juridique française et faire une petite introduction au droit français à des étudiants chinois en droit qui n'ont que huit mois de français.

Leur première terreur de s'exprimer en français est vite passée, les obstacles linguistiques n'existent pas. Non pas que le français leurs permet de suivre facilement, mais mon chinois les a mis en confiance. Je suis un peu un des leurs. Et puis, je fais des fautes quand je parle, donc ils sont autorisés à en faire : l'essentiel étant de communiquer. L'anglais a donc été banni de la salle de classe au profit des seuls usages de la langues chinoise et française, française et chinoise devrais-je plutôt dire...

Nous débutons donc le cours à partir d'un document sur les sources du droit que nous lisons ensemble. Je sais qu'il ne s'agit que d'un support puisque cela va partir dans tous les sens, à tout moment. Et c'est ça que j'aime: la surprise du dérapage intellectuel, chose qui se produit beaucoup plus fréquemment avec les étudiants chinois qu'avec tout autre étudiant.

Inutile de vous dire que, dans ces conditions, il faut une grande souplesse intellectuelle pour rester dans la droite ligne du cours et surtout pour accepter ces digressions et les faire rentrer dans le cadre d'une réflexion plus globale sur le droit. Parfois, j'ai un peu l'impression d'être un journaliste qui essaie de maintenir un débat entre plusieurs hommes politiques. En voici un petit aperçu, juste pour faire partager ce qui occupe mes journées en ce moment.

Le texte aborde deux sources différentes du droit : les sources historiques et les sources "réelles" (sont les facteurs qui contribuent à la formation du droit). Pour ma part, je ne vois aucune différence entre les deux, puisqu'en soi, tout évènement social est historique, mais je pressens que l'auteur a voulu exclure du champ historique les données sociales contemporaines. Bien, admettons.

La phrase suivante est celle-ci : "Les sources réelles varient selon la conception philosophique, religieuse des hommes : le contrat social au 18ème siècle et le socialisme au 19ème siècle."

Premier point : expliquer la virgule entre "philosophique" et "religieuse" à des chinois. Essayer déjà d'en faire une explication orale à un français et vous constaterait que c'est un point difficile. Alors, pour des chinois où la structure de phrase est irréductiblement liée à "S + Complément de lieu et/ou de temps + V + complément du verbe" relève du défi. Et ils n'ont que huit mois de français. Me voilà déjà transformé en superman de la grammaire française.

Deuxième point : le contrat social. D'abord le mot "contrat", puis le mot "social". Mais, évidemment, le "contrat social" n'est pas équivalent à le "contrat" + "social". Deuxième difficulté. Et voici donc Jean-Jacques Rousseau qui surgit dans notre classe qui vient expliquer la légitimité du pouvoir donné à des représentants du corps social.

"L'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté." Voici donc la phrase que j'ai relevé dans le couloir de notre salle de classe, en français sous le portrait de Rousseau. Evidemment, légèrement joueur, je leur demande s'ils ont déjà vu Rousseau. Personne ne réagit. Des regards remplis d'incongruités me font remarquer que certains ont compris ma question et se demandent si leur enseignant n'est pas un malade mentale qui n'a même pas remarqué que Rousseau est mort il y a deux siècles alors même qu'il vient de le dire...

Je leur signale donc que, dans tous les couloirs, il y a des portraits des plus grands juristes de la planète et que, parmi ceux-ci, il y a celui de Rousseau juste à la sortie de la classe, avec cette phrase en français. A remarquer, le portrait de Montesquieu avec la phrase suivante (toujours en français) : "Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir." Quoiqu'on en dise sur la Chine, je constate que l'esprit d'ouverture est réel et présent. Autre remarque, Hobbes qui est à l'origine de la théorie politique permettant de légitimer les dictatures n'est pas cité. Quand je dis que la Chine est un pays plus libéral qu'on l'imagine, on ne me croit pas. Les journalistes occidentaux devraient réfléchir avant de faire des reportages placardant sur la Chine des étiquettes de dictature qui sont totalement hors de propos. Il suffit de comparer avec le Guatemala en 1995. Une centaine de mètres fait à pieds en Chine actuellement et au Guatemala,, en 1995, permet tout de suite de sentir les différences entre les deux. Bref.

Manque de curiosité intellectuelle, aucun d'entre eux, en 8 mois de cours dans la faculté de droit, n'avait songé à regarder les portraits autour d'eux et/ou lire les phrases dessous. Premier devoir à faire à la maison : aller lire tous les portraits. Les trois langues utilisées étant le chinois, l'anglais ou le français, aucun souci de compréhension ne se présentera à eux. Bref, retour au contrat social.

Après des difficultés sur les explications sur la notions de représentants du peuple, la question de la liberté est donc abordée. Elle est très vite perçue puisqu'elle correspond bien à l'idée chinoise d'harmonie dans la société. Le respect de la loi entraîne donc son assujettissement en toute circonstance. Et bien la pierre achoppe évidemment ici puisque la conception chinoise et française sont en opposition. Me voici donc transformé en redoutable adversaire du système politique chinois, simplement par le biais de mon petit cours de droit...

La conception sociale chinoise populaire fait prévaloir la loi injuste sur les intérêts bafoués des individus car cela entraîne la maîtrise de la société et évite tous les débordements qui pourraient en découler. Dans ces conditions, il vaut mieux une loi injuste, appliquée et respectée par tous, plutôt que le désordre dans la société. Cette idée n'est pas imposée par le gouvernement chinois, il s'agit d'une idée de Confucius qui s'inscrit au plus profond de la mentalité chinoise. Ne pas comprendre ça, c'est faire un contresens sociologique important sur la société chinoise. Ceci explique pourquoi le droit de grève est perçu comme quelque chose de malsain et d'irrespectueux en Chine, par la population elle-même. C'est un peu la faute à Confucius en fait...

En revanche, le droit pénal français prévoit lui-même le cas de désobéissance des fonctionnaires aux ordres manifestement illégaux comme étant une obligation juridique. L'insoumission est donc la règle en France, dans la mesure où la loi injuste serait incontestablement contraire aux libertés fondamentales reconnues comme telles par le système juridique français. Evidemment, il ne s'agit pas là de rentrer dans des considérations d'opportunités et de choix politiques. En découle notre accueil des étrangers pour leur action en faveur de la liberté (article 4 du préambule de 1946 : Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République)...

Les deux conceptions s'opposent donc. Pourquoi ? Parce qu'il faut prendre en compte le droit naturel... Le droit positif correspond à l'ensemble des normes juridiques appliquées dans un système juridique. Le droit naturel (les conceptions diffèrent - JC, tu me pardonneras cette présentation sommaire qui n'a rien à voir avec mon opinion sur la question) est un recueil d'idées intemporels, un vaste réservoir de concept de liberté et de justice, qui sont inaccessibles à l'homme mais qui représente la fin naturelle de tout système juridique. Par touche successive, ses idées infusent la société, y prennent racine et s'y développent. Certains leurs donnent une origine divine, d'autres intellectuelle, le tout étant qu'elles sont évidemment en harmonie avec un état de développement de civilisation avancée de l'homme et conduisent la société à tendre vers plus de justice et de liberté. L'articulation entre les deux étant que le droit naturel est supérieur au droit positif qui n'en est qu'un pâle extrait, toujours susceptible d'amélioration et d'évolution.

Ok, ok... Je donne un exemple pour être plus clair. Et c'est celui que j'ai donné à mes étudiants. Volontairement, cela va de soi. Antigone. La pièce d'Antigone retrace parfaitement le conflit entre le droit positif (Créon et son interdiction de donner une sépulture à Polynice, le traître) et le droit naturel (Antigone : la loi des Dieux énonce que tout mort doit pouvoir obtenir le salut, donc a fortiori Polynice, son frère). En fonction de la perspective que l'on a, on fait prévaloir le droit positif sur le droit naturel et on obtient une légitimité absolue du droit en vigueur sur les contestations révolutionnaires, ou on fait prévaloir le droit naturel sur le droit positif et toute revendication contre l'ordre établi est en soi légitime au nom d'un intérêt supérieur, qui, s'il n'est pas reconnu par la société à ce moment là, est une idée probablement en devenir...

Vous remarquerez qu'en matière de dérapage intellectuel. Ce n'est pas mal. Je suis en Chine en train d'expliquer Antigone à la future élite gouvernementale de Chine (quelques un de ses étudiants deviendront ministres dans les 15 prochaines années, vu le prestige de leur Université)... Evidemment, là, vous pouvez m'imaginer troublé. Parce que si le plaisir intellectuel peut être une jouissance, je vous assure que, dans ces instants là, je jouis. Et je n'échangerai ma place pour ien au monde, même pour celle de Président de la République ou de l'homme qui couche avec Nicole Kindman.

Là, ma vision positiviste des choses - et oui, parmi mes défauts, je suis kelsénien (ah! mon JC, comme tu aimerais m'entendre donner mon cours) - reprend le dessus et je ne peux m'empêcher de donner le fond de ma pensée. Le droit naturel est une formidable idée de progression sociale, mais c'est aussi un véritable outil de manipulation politique. Qui connaît le droit naturel ? Qui ? Personne.

Comme Dieu, par sa définition même, il est inconnaissable et seuls quelques "élus" peuvent en approcher la substance. Dans ces conditions, toute personne peut se proclamer "élu" et on peut mettre sur un pied d'égalité les révolutions hitlériennes et de la révolution française, toutes deux réalisées en vue d'un intérêt supérieur de la société tiré d'un idée différente du droit naturel. Car voilà bien le problème de cette théorie juridique, c'est qu'à notre époque actuelle, elle est utilisée par une vision "droit de l'hommiste" toute occidentale et que, dans cette persective, il peut être légitime de la mettre en avant en vue de faire progresser l'humanité. Mais toutes les guerres de religion, toutes les dictatures ont toujours été faites dans le but d'aider les personnes (qui finalement étaient oppressées) par ces régimes qui se mettaient en place par la force. Et toujours au nom d'un intérêt supérieur, juridiquement légitimé par la théorie du droit naturel. Les Droits de l'Homme sont-ils la prochaine croisade ?

Bien sûr, le positivisme ne fait pas rêver. C'est même en quelque sorte le nihilisme de la science juridique puisqu'il abandonne les finalités du système à des considérations de régulation d'ordre social, en ne se préoccupant plus que de l'articulation des normes entre elles, sans jamais se pencher sur le contenu de celle-ci autrement que pour vérifier leur adéquation avec les autres normes. Au contraire, le droit naturel ne s'intéresse qu'au contenu des normes juridiques et fait finalement dériver le débat juridique d'un plan technique à un plan moral, c'est-à-dire un plan politique. Evidemment, c'est plus vendeur auprès de la jeunesse.

Mes étudiants chinois écoutent donc avec intérêt mon propos. Quelques interventions se font sur des explications terminologiques et je vois infuser ces idées sur eux, tout doucement. J'attends que la sédimentation intellectuelle se produise : ils sont brillants, ça ne va pas tarder. Il y a un renversement de perspective car ils connaissaient l'histoire d'Antigone, mais ils ne l'ont abordé que sous l'angle de la soeur qui défend son frère contre le méchant roi. Et qui meurt à la fin, logiquement, car elle n'était pas en accord avec le système. Une triste histoire familiale. Mais, qu'y a-t-il de choquant dans un système qui possède la peine de mort (qui n'est unanimement pas remise en question par le peuple : pour les esprits retords, le fait que 15 000 personnes en Chine soient "contre" me paraît être suffisant pour affirmer que la peine de mort est unaniment acceptée par le peuple chinois...) ?

"Professeur, pensez-vous qu'il faudrait supprimer la peine de mort en Chine ?"

Sédimentation réussie.

Je suis un bon enseignant (auto complimentation toujours importante, qui permet toujours d'insuffler au lecteur une certaine idée de mon niveau...) qui a un souci perpétuelle de maintenir une certaine objectivité dans les propos et donc je me vois dans l'obligation de répondre en deux temps à cette question. Dans le premier temps, je rappelle ce qu'est un français, comment il conçoit les structures de la société, le débat sur la peine de mort (inutilité sociale de ce type de peine, erreur judiciaire, croyance en la réhabilitation des condamnés, etc...), l'abolition en 1981 (il y a seulement 26 ans!!) et la méconnaissance des français de la société chinoise. Donc, le résultat tombe quasi-implacablement : en tant que français, on ne peut que répondre "oui". Et je les mets en garde contre le fait d'aborder ce type de sujet de conversation lorsqu'ils seront en France, les étudiants français en droit appliquant généralement le théorème fondamentale de tous les libéraux ouverts : "Pas de tolérance pour l'intolérance". Evidemment, l'équation fondamentale étant ici : peine de mort = négation du respect de l'autre = croyance en l'inégalité entre les individus = racisme et sentiment de supériorité = idéologie fasciste = intolérance suprême. D'où, par transitivité, peine de mort = intolérance suprême. Je passe sur les raccourcis d'idée et les assimilations conceptuelles douteuses de ce raisonnement, mais comme on dit également, "on ne raisonne pas avec les fous", les fous étant bien entendu les personnes qui sont pour la peine de mort. Ainsi, la boucle est bouclée. CQFD.

De manière assez mesurée, je leur donne mon opinion sur cette question, en expliquant qu'il s'agit d'une opinion marginale pour un français.

Le droit est la cristallisation des structures sociales et permet leur régulation. Dès lors, apprécier une norme juridique dans un tel contexte culturel me semble hasardeux. Après ces quelques précautions sociologiques sur ma connaissance de la société chinoise, j'en viens à expliquer que, conformément à ce que je connais de leur mode de régulation sociale et à leurs principes de société, je pense que cette peine n'a pas lieu d'être remise en question parce que la société chinoise n'est pas encore prête à l'assumer. Il faut y aller progressivement. La France a conservé la peine de mort de 1789 - le point de départ de l'adoption des droits de l'homme me semblant judicieux - à 1981. La Chine n'est pas encore arrivé au 1789 français, faut-il le rappeler ? Si, pour quelques intellectuels chinois, c'est acquis, il faut prendre en compte que la justice se fait aussi dans les campagnes. Et que si la peine de mort n'existait pas en Chine, c'est la population qui se chargerait elle-même de la mettre en oeuvre dans la rue, la lapidation du voleur pris en flagrant délit étant encore admise en Chine. C'est un point à prendre en considération lorsque l'on veut exporter nos droits de l'homme... Mes étudiants avaient l'air satisfait de ma réponse, mais comment en aurait-il pu être autrement ?

Il y a une brèche qui a été faite dans leur esprit. C'est déjà une grande victoire. Dans la communication chinoise, on n'oppose pas les arguments, on les accorde ensemble. Le tout est de trouver un compromis acceptable. Si j'énonce l'opinion française, sans m'en détacher, et avec lyrisme, je suis sûr qu'ils n'entendront pas mes propos. En leur faisant écouter ma voix, comme sonnant différemment de l'opinion française générale, tout en indiquant que j'en fais également partie (d'une certaine manière), mais que mon approche de la Chine est différente, ils acceptent d'écouter et de réfléchir sur ce que je leur dis. Un jour, je finirai peut-être par faire de la diplomatie en Chine...

Je constate que mon billet est d'une longueur effarante et qu'il y a bien longtemps que je n'ai pas submergé mes lecteurs avec autant d'écrit. Je réserve donc la suite sur la distinction "normes appliquées" et "normes applicables", la distinction du socialisme chinois et français et bien d'autres bonheurs intellectuels pour plus tard. Merci pour votre patiente lecture.

Romook, reporter en mission

lundi 7 mai 2007

Félicitations chinoises

Le président chinois Hu a félicité le futur président Nicolas Sarkozy. Il a souligné que la France et la Chine avait assisté à de profonds développements dans leur relation ces derniers années. Les deux pays ont connu des progrès importants dans les domaines de la politique, économie et le commerce, les sicences et les technologies, l'éducation et le droit, et ont travaillé étroitement dans ces domaines.

Le président chinois a ajouté que la relation entre les deux pays est devenu un très bon exemple de respect mutuel et d'amitié entre deux pays connaissant une histoire, des traditions culturelles aussi bien que des stades de développements différents. La relation franco-chinoise n'est pas seulement bénéfique pour les intérêts fondamentaux deux pays et les deux peuples, mais aussi pour la paix, la stabilité et le développement du monde. Dans ces nouvelles conditions historiques, il travaillera conformément à l'esprit et aux principes des accords conclus avec la France, pour promouvoir sur le long terme les relations bilatérales, et fera tout ses efforts pour débuter cette nouvelle page des relations franco-chinoise ainsi que dans tous les domaines de coopération.

On remarquera que, dans le discours du nouveau président français, la Chine n'avait pas été évoquée. Vraisemblablement, il ne s'agit pas d'un oubli, mais la volonté de ne pas trop s'engager pour le moment par des propos. Rappelons que, lors du débat télévisé, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il était du devoir de la France d'aller porter les droits de l'homme en Chine. Or, comme je l'ai indiqué à de multiples reprises dans ce blog, en d'autres pages, les droits de l'homme étant d'inspiration chrétienne, ils n'ont pas de caractère universels. La Chine, plusieurs fois millénaires dans son histoire, ne pourra jamais accueuillir les droits de l'homme car les structures sociales et philosophiques ne la prédisposent pas à les recevoir.

En revanche, il est souhaitable que la Chine laisse aux chinois une plus grande liberté d'expression et garantisse une plus grande fiabilité du système juridique. Si ces deux points étaient améliorés, nous verrions un pays qui ne souffrirait aucune critique par rapport aux droits de l'homme. Il faut pourtant se garder de jugement hâtif, en tant qu'occidental. Notre 1789 a eu des conséquences qui ne se sont pas réalisées en un jour. De même, les citoyens chinois ne sont pas prêts, dans leur grande majorité, à subir une liberté d'expression à l'occidental. Les chinois sont des personnes qui ont des sensibilités exacerbées. Dans aucune publicité vous ne voyez un couple s'embrasser sur la bouche. Ce qui n'a rien de choquant pour nous, l'est parfois franchement pour eux...

Dans ces conditions, j'espère que le président Sarkozy saura effleurer du bout des lèvres, avec beaucoup de tact, ses suggestions en matière de "liberté". Les dirigeants chinois ne lui reprocheront pas de le faire si les propos se font "à la manière asiatique".

Romook, des nouveaux paradigmes ?

mercredi 2 mai 2007

Le Monde.fr : La Chine nomme un nouveau ministre des Affaires étrangères

Le Monde.fr : La Chine nomme un nouveau ministre des Affaires étrangères

Dans le conflit conceptuel qui se joue, au niveau juridique, et notamment sur la rénovation du système juridique chinois, cette nouvelle nomination risque de peser lourd au niveau des conséquences à long terme. En effet, si le système juridique chinois a été conçu sur le modèle français (en 1930), l'évolution de la société chinoise et son changement politique progressif conduisent à la nécessité de l'adapter afin qu'il soit toujours en phase avec le pays, mais aussi avec la mondialisation.

Avec la loi sur la propriété privée, qui a été votée récemment (février 2007), l'orientation vers un système économique capitaliste est patente. La question est de savoir si les concepts juridiques européens prévaudront dans cette réforme, ce qui semble logique au regard du système existant, ou si l'influence du droit anglo-saxon se fera sentir. Par principe idéologique, la prédominance se faisait pour le droit français ou allemand. Avec une telle nomination au gouvernement chinois, il est probable que les orientations prennent un autre chemin.

Affaire à suivre...

Romook, veille juridique

samedi 28 avril 2007

Bayrou : morceau choisi

"Il y a eu quelques tentatives de pression dans ce sens." (= annulation du débat entre lui et Ségolène Royal)

"There was few attempts of pression in this way." (= about avoiding the debate between him and Segolène Royal)

Question : Does he recognize there was not big pressions as he said before ?

Romook, catching sentence

Royal - Bayrou : about economics & Europe's idea

Miss Royal said there are some parts of his president agreement ("pacte présidentielle") about "concentration" (of compagny.)

I explain this notion of concentration of compagny. This is an economical fact which means some compagnies are agreed to work together and create a big one to sell goods on the market. Currently, it's not permitted by law. So, Mister Bayrou replied immediately "I don't know there something like that in your president agreement." Miss Royal said : "there is." Mister Bayrou joked : "Maybe, but there is the second rewriting of your president agreement, so I don't know". Miss Royal disagreed : "It's not true."

About Europe, Miss Royal wanted to give a new "Traité constitutionnel". She said it's possible because she has discussed this with Romano Prodi and others... Journalist asked :"Are you sure it's possible?". She replied : "We should again work on it" (It means it's not possible, but we need to convince others...). I know it is not possible to make this proceeding with the Europe Institution and their rule of proceeding.

Miss Royal wanted to stop the relocation, in the european market, with the east-countries. But, it's not possible in front of European law. Mister Bayrou said it's not a good idea to say european east countries have a responsability of the prblem of relocation. After, she explained it's not exactly the sense of his sentence. She thinks it could be interesting to make a Marshall Plan for the european east countries. Remark : I couldn't understand how she could say, in the same time, French republic will not finance "security professionnal" and other services, will struggle the relocation inside the European Market and finance this kind of countries. There is a nonsense or I'm foolish ?

Mister Bayrou and Miss Royal absolutely disagreed about economic ideas. Ségolène Royal wanted French republic have to finance the problem of the new "professionnal security", labour problems... She explained it didn't mean this idea, but she said the contrary in the meaning. She is smart because she used some sentences with double meanings...

Mister Bayrou has pointed Miss Royal said all as she wanted, one day "white", the next "black"... Especially about the thirty-five hours law. He said two times, "I need to speak about Miss Royal, but which one ? The first who said ... Or the second who said ..."

Romook, translator machine ?

Royal - Bayrou : a strange deabte in few minutes

I think it's very strange : one of candidat, Miss Royal, for the most importante situation in the french political life, will speak with one of ancient candidat to get this place of the President of the French Republic.

I will listen this debate between them, at bfm radio (FM 96.30), and, if there is something interesting, i will blog this. So, now it's start. I listen, shhhh...

Romook, listening...

mercredi 25 avril 2007

Débat...entre Sarkozy et Royal

Le temps passe. Les discours sont les mêmes. C'est plutôt rassurant.

Echange d'opinions entre Nicolas Sarkozy et Ségolène royale - kewego

Romook

lundi 23 avril 2007

Discours de Ségolène, un nouveau monde d'intolérance ?

Je continue a faire le pari de l’intelligence des français et je refuse de cultiver les peurs. il s’agit de mettre la priorité sur l’éducation, de consolider les familles, d’épauler les plus fragiles et notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années., Ségolène Royal, extrait de son discours du 22 avril 2007.

Quelque soit les convictions politiques, je ne peux que me sentir mal à l'aise face à une personne qui, tout en prétendant devenir la représentante majeure des françaises et des français, divise le monde entre ceux qui l'écoutent (et qui sont intelligents) et le reste (les idiots ?)...

Déjà, l'attitude de François Hollande, vindicatrice et venu visiblement avec une volonté de ne pas dialoguer (heureusement que Fabius a relevé le niveau), sur le plateau de TF1 (juste après les résultats), m'avait profondément choqué et m'avait mis dans un état d'attention un peu particulier pour l'écoute du discours, prononcé fadement par Ségolène (c'est la première fois que je l'entendais prononcer un discours, peut-être est-ce une habitude chez elle).

Le sens de l'élection est bien celui de construire un projet de société qui sera nécessairement pluriel, chacun des citoyens participant à sa contruction de manière progressive devant les urnes. Dès lors, les candidats qui s'affrontent devraient tirer un enseignement mutuel de leurs idées afin de rassembler autour d'eux le plus grand nombre de citoyen.

Toutes les idées politiques ont une valeur, et aucune ne me semble meilleure qu'une autre. Chacunes doivent être respectées et appréciées. Le tout est une question de préférence, de sensibilité et de priorité. L'arbitrage qui est réalisé par les citoyens correspond à leur valeur. Hors cas particulier, les hommes et les femmes politiques doivent être à l'image des personnes qu'ils vont représenter. Parfois, il est de leur responsabilité d'expliquer et de faire oeuvre de pédagogie.

Ils doivent également contribuer à élever le débat, à mettre sur la place publique les idées qu'ils veulent défendre sans souci de "gagner" une élection. En aucun cas, il n'y a un gagnant ou un perdant : il n'y a qu'un peuple qui a des attentes, des personnes qui rêvent d'un autre monde, des individus qu'ils veulent voir leurs problèmes réglés.

Dans ces conditions, plus je relis la phrase de ce discours de Madame Ségolène Royal et plus je sens l'insulte poindre dans ses propos, plus je sens la division qui peut se créer. Notre société se divise entre ceux qui ont réussi et les autres. Avec des propos comme ceux de Ségolène Royal, le point de vue est martelé. Et conduis à une division d'autant plus grande, qu'après elle, il y aura les vainqueurs et les perdants.

J'apprécie infiniment plus un candidat qui dit, au début de son discours :

Je veux dire à Madame Royal que je la respecte et que je respecte ses convictions et que je souhaite que le débat de ce second tour soit véritablement un débat d’idées.

Alors que les discours sont publics et connus de tous par le biais des médias, j'aurai apprécié - même si ce n'était qu'une courtoisie feinte - entendre la même chose de la part de Ségolène Royal, plutôt que d'entendre des propos "haineux" de la part de François Hollande, et des autres "partenaires" des socialistes.

S'il y a eu un effet "Bayrou" dans la politique française, si Nicolas Sarkozy a amené des débats nouveaux sur la place publique et a fait sortir la droite d'un discours purement libéral en tentant de créer un débat de société sur des projets de société possibles, la Gauche hier soir m'a profondément déçu par :

- Noel Mamère, qui ne discute pas des propositions écologiques de Nicolas Sarkozy, mais fait du militantisme politique primaire.
- Arlette Laguillier, qui lance une lutte pour le "tout sauf Sarkozy", sans aborder l'idée d'un contrat de travail unique (simplement pour savoir si cette porposition est intéressante)

J'ai apprécié l'attitude de Philippe de Villiers qui ne donne aucune consigne de vote.

Ces consignes de vote vident en substance le débat politique et donne la sensation que les projets ne sont pas assez forts pour se défendre d'eux-même. Gens de la Gauche, mettez en avant vos idées sur la place publiques plutôt que de faire un combat personnel contre un homme. Faites nous rêver!

Les attitudes de ceux qui attendent pour voir, comme CPNT, me semble là aussi plus censées.

Plus de télévision jusqu'au second tour pour moi, je vais donc être privé d'une grande part du débat politique. Au hasard d'une découverte télévisuelle, peut-être un autre billet... Avez-vous essayé de suivre le débat politique des élections sans télévision ? La presse écrite ne relaie que les idées générales des candidats, sans grande précision, et souvent avec des déformations en fonction de la couleur politique du journaliste. Quant aux sites internet des candidats, ils ne sont malheureusement pas très fournis (même s'il reste la source majeure d'information).

Bonne réflexion.

Romook