Romook, ectoplasme bloguique

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jeudi 3 avril 2008

Si Samantdi le dit...

Je ne sais pas où il est, je ne sais pas qui a eu cette brillante idée ni qui a pris la photo, mais si je savais où le trouver, j’y courrais derechef. Ça fait partie des plaisirs communautaires dont il ne faut pas abuser a priori, mais qui ont pour effet de rendre la perception de la vie un tantinet plus euphorique, un peu comme les billets en sabliers. Bougez pas, je vous explique tout par le début.

Alors que j'annonçais - non sans honte il faut l'avouer sincèrement - déjà ma non-participation au (dernier!) billet en sablier (alors que j'avais réussi à tenir la distance, ce qui me fait l'effet d'avoir couru un marathon), me voici rappelé à l'ordre gentiment par Samantdi... Or, il y a des choses qui sont sacrés sur mon blog : ne pas décevoir les commentateurs. Aïe! aïe! aïe! Ania, wiem że nie codziennie rozlepiał fotographi. Pzykro mi ale nie masz pisał komentowy kiedy ma photographi... Ja lubię że pisasz ale teraz nie robisz. Dlaczego ? En conséquence, dans la mesure du possible, je cherche à écrire ce qu'ils me réclament le plus rapidement possible... Il me reste donc - je le confesse - un billet pour Yogi Tougoudou et Ania afin de démontrer logiquement que je suis seul à écrire sur ce blog, polémique née d'un commentaire de la devenue trop rare Ania et sur lequel j'avais évidement réagi par un haiku bloguesque. Bref.

Samantdi me suggérait donc un petit rail de co... gros dodo et ça repart, conseil que j'ai découvert ce matin juste après mon réveil. Juste avant de le lire, j'étais encore en proie à la mauvaise conscience du travail non terminé (9 billets sur 10). Feu mon père m'avait dit : "on finit toujours ce que l'on a commencé". Cette contrainte morale me pesait donc, sous la couette, bien au chaud. Je me levais la mort dans l'âme. Hier soir, j'avais trouvé le billet d'où est tiré l'amorce et j'avais compris qu'elle y était parfaitement adaptée... Mais je ne trouvais rien d'équivalent chez moi. J'ouvris l'ordinateur, direction Kozlika.

Il faut que je précise qu'étant chercheur, l'un de mes "talents" est d'inventer des théories explicatives de faits qui semblent ne pas être reliés entre eux par des liens logiques. Ainsi, prendre une phrase et la développer en quelque chose de cohérent est un exercice que j'apprécie particulièrement. Cette manière de faire que j'applique dans tous les domaines de la vie permet d'aboutir à des résultats tout à fait incongrus qui sont souvent source de rire. Mais, là, j'étais face à un obstacle rarement rencontré : le "il" du premier membre de la phrase. Est-ce un objet? Est-ce un lieu? Est-ce une personne? Toutes ces questions se posaient et bien que j'exploitais chacune des pistes intellectuellement, je n'arrivais pas à en tirer quelque chose de funny.

Et là, en lisant le commentaire de Samantdi, ce fût l'étincelle, la lumière transcendante : oui. Je pouvais le faire. J'avais en réserve ce qu'il fallait. Pas moyen de faire rentrer Alexandre, Elisabeth, Geneviève et toute la clique dans mon petit plaisir solitaire. Pourtant, je pense qu'eux aussi, y courraient derechef s'ils pouvaient s'y rendre pour trouver l'inspiration. En tout cas, ce fût la mienne et je vous la livre. Ame sensible s'abstenir.



Romook, participation au dixième sablier, sur une idée suggérée par Samantdi, avec une amorce proposée également par Samantdi, tirée du blog "La vie en rousse" de Tassili : ça vient de

mercredi 2 avril 2008

Tous au poste

"Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit. Je voulais vraiment me calmer après la soirée "brosse à dent".

- Vous pouvez vous passez de vos remarques d'ordre subjectif, nous, on va prévenir le Parquet.

- On peut peut-être s'entendre ? Vous savez, je suis quelqu'un de sincère et gentil. Je vais tout vous expliquer.

- Oui, bien sûr. Ils disent tous ça. Ici, on a une déposition d'un certain Pierre-Guy qui raconte que c'est quand vous avez mis le Rouki - Zouki que tout a commencé. Vous pouvez nous en dire plus?

- Ben, le Rouki-Zouki, c'était l'échauffement. Vous savez, il y y avait beaucoup de personnes que je ne connaissais pas et dans ces cas-là, il faut y aller doucement. Personne n'est habitué aux fêtes ch'ti mi sans être tombé dedans en étant petit.

- Oui, mais vous êtes au courant de l'actualité, l'affaire de la banderole et tout ce qui s'ensuit ?

- Ben oui.

- On a des instructions nous. Les agitateurs qui se moquent des cultures populaires, et surTOUT CH'TI MI, ON VA LES BRISER EN DEUX!

- Mais puisque je suis ch'ti, je peux pas être considéré comme agitateur.

- Désolé, mais sur votre passeport, c'est écrit "nationalité française" et pas "nationalité ch'ti mi"... Prouvez-nous que vous en êtes.

- J'ai amené de quoi faire des kirs violettes et manger du potjevleesch, y avait même des fricandelles et on a fait des frites.

- Ça ne prouve pas que ce n'était pas pour vous moquer de cette culture. En plus, on n'a pas retrouvé de fricadelles.

- Ben on a tout mangé.

- En plus, vous prônez l'immoralité. Vous reconnaissez bien avoir ennuyé le voisinage avec ces propos : "Si tu veux pas que ta femme t'emmerde, te marie pas, te marie pas!"

- Evidemment que j'ai dit ça. C'est une chanson du carnaval.

- Est-ce que vous reconnaissez avoir tenté d'apprendre le 'ptit quinquin' à une certaine Elisabeth ?

- Oui, bien sûr. C'est notre hymne. C'est une berceuse. Mais Elisabeth est rétive : c'est la mélodie qui est difficile à retenir pour elle.

- Et une berceuse, ça sert à quoi ?

- Ben à dormir.

- Ben voilà, on y est. Dans une fête, on ne chante pas de berceuse! Ça n'a pas de sens, c'était donc bien pour vous moquer de la culture ch'ti mi, faire une parodie... En plus, vous êtes un dangereux agitateur puisque vous avez fondé une secte!

- Une secte !?

- Oui, avec votre complice Alexandre, ne niez pas, tous les invités ont été formels dans leur déposition : vous avez déclaré avoir fondé une société.

- Non, je ne comprends.

- C'est quoi une grosse "biroute" ?

- Ben, c'est comme une biloute, mais en plus grand et plus gros... Ah, je comprends! C'est une chanson du carnaval aussi : "on a fondé une société, la société des grosses biroutes". J'ai appris à Alexandre les paroles, on répétait pour aller ensemble au carnaval l'année prochaine.

- Chef, on a réunit assez d'éléments dans toutes les dépositions : on transmet les PV au Parquet? Tous les propos se recoupent : Alexandre et lui sont cuits.

- Mais attendez, je vous jure, c'est vrai ce que je dis. Regardez le CD, j'allais le mettre quand Pierre-Guy vous a appelé. Mettez-le, vous verrez bien.


- Brigadier, qu'en pensez-vous?

- Chef, faudrait pas qu'on commette d'erreurs judiciaires. Si jamais on se trompe, on va encore dire que la Police ne fait pas son travail.

- Oui, c'est vrai. Dans le doute, Monsieur Romook, on vous met en garde à vue. Vous vous expliquerez devant le juge, demain après-midi, dans le cadre des comparutions immédiates. C'est lui qui décidera si votre histoire tient la route ou non."

Romook, participation à un neuvième sablier en réunion.

mardi 1 avril 2008

Nostalgie élisabétaine

"Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s’est traduit comme cela : j’ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j’étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l’horizon vers lequel j’allais...

- Bien, Geneviève, continuez. Quel a été pour vous le moment déclencheur de cet état d'esprit?

- C'est un peu confus, Monsieur de Romook. Mais je crois que ça date de ma rencontre avec Elisabeth.

- Ah bon. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- En fait, nous étions en vacances, avec Henri et les enfants, dans le club - camping "Les prairies de la Mer" à Verlincthun, dans le Pas de Calais. Nous avions mal dormi cette nuit-là. Dans l'emplacement à côté, il y avait eu des bruits sauvages toute la nuit. Les enfants avaient peur et pleuraient en disant qu'il y avait des cochons qui allaient venir les manger. C'est vrai qu'au début, je ne comprenais pas trop non plus. J'avais un peu peur aussi, mais Henri était là.

- Ah bon, les animaux étaient admis?

- Oui, mais l'emplacement d'à côté, c'était celui de l'un de ces sauveteurs maritimes qui travaillent bénévolement sur les plages, un peu comme un maître nageur. Quelqu'un de bien fait et de très gentil, toujours très poli. Henri m'a confié, au milieu de la nuit, que ce genre de bruit, il les avait entendu, une fois déjà.

- C'était habituel dans le camping alors?

- Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Monsieur de Romook, je suis un peu gêné de vous dire ça et d'abord je tiens à préciser qu'Henri n'est pas du tout attiré par ... Mais, il m'a dit qu'une fois, avec des "amis", ils avaient regardé un film... un film... Vous voyez quoi? C'était ce genre de bruit justement.

- Précisez votre pensée, Geneviève.

- Un film X...

- Ah?

- Mais juste une fois. Comme ça, sans faire exprès. Et je le crois vous savez. Ce n'est pas un menteur, mon Henri.

- Et le rapport avec Elisabeth?

- Et bien le matin, nous prenions le petit déjeuner sur l'aménagement de la caravane et, là, une jeune femme est sortie, très dynamique, en pleine forme. Elle nous a adressé un "bonjour" rapide et s'est dirigée vers la clôture. Elle demandait au sauveteur marin de l'accompagner : il avait un drôle de nom d'ailleurs.

- Ah bon? C'était quoi?

- "Machin", elle lui a dit : "Hey, Machin! Sors un peu de là qu'on voit si t'es plus doué pour des sports en plein air que pour les activités d'intérieur!" Et là dessus, Machin est sorti et l'a rejointe. Il avait du mal à marcher. Elle lui a dit : "Si tu pisses plus haut et plus loin que moi, je veux bien faire une deuxième tentative avec toi ce soir."

- Pardon?!

- Oui, Monsieur de Romook, ce n'est pas un spectacle pour les enfants et je leur ai demandé de finir leurs céréales sans écouter, ni regarder. Elisabeth était debout, de dos. Elle était en peignoir qu'elle avait dû entrouvrir. Et là, ils ont commencé à peu près en même temps à uriner et c'était incroyable. Elle a produit un jet qui arrivait à la hauteur du visage et qui dépassait en tous points celui de Machin. J'en ai des frissons en repensant à cette scène. Là dessus, Henri m'a demandé s'il pouvait y participer aussi. Je lui ai dit que non, d'abord parce qu'il n'y avait pas été invité, et, ensuite, parce que dans ce domaine-là... Vous voyez quoi... Il n'est pas particulièrement brillant.

- Et ensuite, que s'est-il passé?

- Elisabeth nous a rejoint à notre table en nous proposant de l'inviter pour boire du café. On était un peu gêné. Mais on a dit "oui". Poliment, on ne pouvait pas dire "non". Elisabeth m'a regardé et m'a dit que "les hommes, il faut savoir rabaisser leur caquet par là où ça fait mal". Alors, je lui ai demandé comment elle savait que les hommes avaient mal en faisant pipi. C'est vrai, Henri ne s'était jamais plaint. Elle a rit et m'a dit : "Je sens qu'on va être amie." J'ai senti qu'elle me comprenait, même si je ne sais pas trop pourquoi, et ça m'a rendu fière. Vous vous rendez compte, Monsieur de Romook, elle est devenu mon amie en une seule phrase. D'habitude, les gens se moquent toujours un peu de moi. Mais elle, non. C'est amusant les hasards de la vie. Depuis ce jour, j'ai décidé que ce serait ma meilleure amie."

Romook, dans son huitième sablier sur une amorce de Traou