Romook, ectoplasme bloguique

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jeudi 23 juin 2011

Gravir l'Everest... ou le grand plongeon dans les mathématiques

Depuis quelques temps, j'ai ouvert un nouveau blog (pas drôle, pas amusant, sur l'informatique, bref, juste geek). J'y écris de temps en temps, avec toutefois une régularité qui dépasse largement celle de ce blog-ci.

Toutefois, cher lecteur inconnu, je me dois de t'indiquer que j'ai commencé à gravir un Everest intellectuel et que j'y prends un véritable plaisir. Je fais une thèse dans un domaine éloigné des mathématiques et de l'informatique. Me connaissant, le meilleur moyen de me donner le goût de terminer cette thèse, était de prendre les chemins de traverse que représentent ces deux dernières matières. Mon stratagème a réussi puisque je me suis retrouvé face à ma thèse, sans même m'en rendre compte, avec des problèmes de logique fondamentale à résoudre qui dépasse mes espérances en terme mathématique. Pourtant, je le répète, ma thèse étant en droit, il semble que rien ne la relie à cet exercice de logique fondamentale auquel je vais devoir m'atteler.

Ce qui me paraît d'autant plus extraordinaire, c'est que j'ai retrouvé le goût pour les problèmes complexes (que dis-je, surhumain) et que je vais y confronter mon esprit et essayer de confondre mon intelligence dedans. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'avec ma faculté de concentration, ce problème qui a priori est irrésolu depuis toujours, dont l'existence de la solution est même niée, me semble être l'affaire de deux ou trois semaines de travail et de réflexion maximum. C'est pourquoi devant mon ambition démesurée - et corrélativement de l'orgueil encore plus démesuré qui l'accompagne - j'ai décidé de prendre à témoin l'ensemble de l'humanité (potentiellement bien sûr) de mon engagement à trouver une solution à ce problème. Le seul regret que j'ai, c'est de ne pas pouvoir partager autrement qu'au travers d'une simple phrase la problématique qui m'anime : le droit est-il un ensemble axiomatique ?

Si j'arrive à axiomatiser le droit et à y appliquer l'ensemble des règles auquel je pense, j'aurais réussi à éluder de ma thèse une grande partie de mon travail de recherche en déduisant des résultats de cette première conclusion. Comme ma thèse doit être terminée à la fin de l'été, soit j'arrive à démontrer ce que j'ai énoncé, soit je vais être contraint de travailler jour et nuit dans un travail de fourmi sans fin pour terminer ma thèse.

"Les mathématiques, c'est remplacer du compliqué par du simple" disait mon professeur de mathématiques, Jean Bertheloodt. Et il nous disait également qu'en mathématiques, il fallait être fainéant pour être efficace. Et bien j'ai toujours crû en ce qu'il disait. C'est aujourd'hui le temps de la mise en application par l'exemple.

Bons baisers de l'altitude :-)

Romook

jeudi 9 octobre 2008

Lever de soleil pendant le Grand Trail du Nord




Romook, des images plein la tête...
PS : La photo est de JC

dimanche 5 octobre 2008

Grand Trail du Nord (GTN) : résultat

Dans l'attente d'un compte-rendu de course plus fourni, je signale à mes heureux lecteurs que j'ai terminé le GTN en 23h45', arrivant à Lambersart à 4h50 pour un total couru d'à peu près 145 km... Le tracé du parcours a été modifié de temps à autres et, de ce fait, le kilométrage indiqué initialement de 136 km était en réalité "légèrement" supérieur... Qu'est-ce donc que 9 km de plus lorsqu'on en court 145?... Eh bien, croyez-moi, pour le moral, c'est très différent car quand vous pensez en être l'arrivée avec votre GPS qui indique 133,5 km... Ben, vous vous dîtes qu'il faudrait que ça cesse et là on vous annonce qu'il reste "encore" 12 km à faire "environ". Dans la nuit. Dans le vent. Dans le crachin de pluie. En sachant qu'à l'arrivée, personne ne sera là, hormis votre coéquipier et un ami venu le chercher pour le ramener chez lui après la course... Voilà, je vais m'attaquer au compte-rendu de course, avec photo à l'appui.



En résumé : je me suis bien amusé, j'ai bien souffert, j'ai eu le moral dans les chaussette, j'ai été euphorique... Et je remercie JC d'avoir sut gérer toutes les contraintes matérielles et psychologiques de cette course. Mon arrivée, c'est le résultat d'une équipe, chacun a tenté de remplir son rôle au mieux et le bateau est arrivé à bon port, sans voie d'eau, ce qui est, à proprement parler, extraordinaire compte tenu de la difficulté.



Romook, les chevilles enflées, mais j'utilise de l'Ibuprophène

mercredi 1 octobre 2008

Grand Trail du Nord

Chères lectrices et chers lecteurs,

Quelques informations de dernière minute pour ce week-end...

Rappel : Samedi 4 et Dimanche 5 octobre, Grand Trail du Nord. Qu'est-ce que c'est? 136 km entre Leffrinckoucke et Lille, dont 8 km de plage et de dunes environ, 19 km de grimpette à travers le Mont Cassel, le Mont des Cats et le Mont Noir, un passage rapide par le trou du diable, une bonne vingtaine de km de bitume et tout le reste en chemin forestier, rurale et autres joyeuseries... Bref, une traversée du nord au milieu du Nord, que du bonheur !

Rappelons que cette course - qui va se dérouler pour la première fois - est une course à pied avec interdiction d'avoir un suiveur en vélo... Le départ est donné à 5h00 du matin le samedi et la dead-line se situe le dimanche à 13h00, soit 32h maximum pour rallier les deux points avec l'aide de ses seuls pieds. En l'occurence, les miens :-)

Il y a 8 points de contrôle sur le parcours qui sont les suivants :

* CP1 : Rue des peupliers, Ghyvelde
* CP2 : Stade de foot de Bergues
* CP3 : Wormhout : rue Rubrouck
* CP4 : maison des associations de Terdeghem
* CP5 : Salle de Godewaersvelde
* CP6 : Salle Mille club, Rue Nathalie Dumez, Bailleul
* CP7 : Complexe Sportif Leo Lagrange en bordure de Canal, Armentières
* CP8 : Quesnoy s/ Deûle : Salle municipale pres du club de Kayak


Arrivée : Lambersart derrière le Hockey club (Citadelle de Lille) A ces 8 points, j'ai la possibilité d'être ravitaillé, soigné, etc... et abandonner le cas échéant. L'abandon est toujours possible. Ne l'oublions pas : il s'agit d'une épreuve extrême. Ma plus longue distance courue à ce jour est 59 km en 8h44' dont 19 km de dénivelé équivalent (à mon humble avis) à ce que je vais rencontrer sur les 3 monts... Toutefois, la météo, les conditions physiologiques dues à la fatigue ou le mental peuvent être à l'origine d'un abandon - sans même évoquer le cas fortuit : la foudre qui me tombe sur la tête ou une simple entorse... Bref, l'abandon est une donnée de la course. J'en suis conscient.

Il y a toutefois des joies que j'aurais pendant cette course qui me donneront envie d'aller au plus loin. La possibilité de découvrir ma région selon un angle inédit et exceptionnel en est un... Quelque soit le résultat donc, les images engrangées seront déjà une belle récompense. Attendez vous à avoir un compte rendu important, avec normalement photo à l'appui. Quand on voit ce que je peux raconter pour un semi marathon, qu'est-ce que ça va être pour 136km...

Les épreuves d'ultra marathon sont presque toujours une réussite lorsqu'on les considère comme un sport d'équipe, sachez que je serai donc accompagné sur le parcours... Qui? Comment ? Mon ami JC m'accompagnera toute au long de cette course - en espérant que cette dernière ne le retarde pas trop pour qu'il puisse se rendre à Hazebrouck le lendemain midi... A l'aide de mon véhicule, il transportera tout le matériel qui pourrait m'être (ou me sera) nécessaire pendant la course, à savoir : tee shirt, paires de chaussette, paires de running adaptées à différents terrains, nourriture, boissons, médicament en tout genre... sans oublier l'essentiel : sa présence.

Afin que chacun soit rassuré sur les conditions de sécurité de cette course, sachez qu'il y a un numéro d'appel pour abandonner à tout instant avec équipe de rapatriement le cas échéant. Le corps médical sera présent tout au long de cette course également. A ce niveau-là, tout va bien. Cela signifie aussi que j'ai l'obligation d'emmener mon téléphone portable. Réservé au cas d'extrême urgence et aux communications avec JC, je ne consulterai pas les messages vocaux donc veuillez ne pas en laisser, merci d'avance :-) Préférez le sms si vous devez m'envoyer un mot d'encouragement. La course peut durer théoriquement 32h et j'aurai besoin de mon portable jusqu'au bout. La batterie n'étant pas extensible (je n'en possède qu'une que je ne rechargerai pas en route, mon système de dynamo sur jambes n'ayant pas été homologué...), il est important que je la préserve. Par ailleurs, et sans mauvaise foi de ma part, sachez que si je cours avec un lecteur MP3 sur les oreilles, il y a peu de chance que j'entende votre appel, aussi merveilleuses soient-elles les paroles que vous alliez me prononcer dans le creux de l'oreille.

Bref, comment faire pour savoir si je suis vivant ou mort, ou simplement me signifier que vous pensez à moi ? Un seul numéro : 06 37 91 42 05. C'est la JC "hot-line", la JC "Assistance", JC "A la droite du Père". Vous l'aurez compris, c'est lui qui aura la charge de me transmettre tout vos petits mots, vous rassurer ou vous inquiéter le cas échéant sur ma condition physique, les conditions de la course (météo, abandon des autres concurrents, etc...). On va essayer de s'arranger pour qu'il ait deux batteries afin de pouvoir tout faire. En tout cas, entre lui et moi, pas de secret, vous pouvez donc tout lui dire : il est à même de l'entendre. Et si vous ne l'en croyez pas capable, imaginez qu'il me fréquente assidûment depuis plusieurs années... Convaincu(e) j'espère...

Outre ce rôle clé entre la vie intérieure de la course et le monde extérieur, une deuxième tâche lui ait dévolu. S'il a accepté de m'accompagner dans cette aventure, c'est parce qu'il sent/sait/connait l'importance de cette course à mes yeux. Je ne sais pas ce que je vais y trouver au bout, hormis la ville de Lille. Une chose est certaine : je serai "autre". Et il a envie de voir cette métamorphose se produire. Comme la fatigue physique peut (va) faire disparaître une partie de ma lucidité, c'est lui qui me précognisera l'abandon le cas échéant. Grande responsabilité, certes, mais je sais qu'il ne me poussera pas à la légère dans cette voie. Je lui fais confiance et je l'écouterai.

Faire une course comme celle-là, c'est faire le choix de la liberté, d'une certaine forme de liberté. Liberté d'esprit tout d'abord, en repoussant les limites du raisonnable et de ce que l'on se croit capable de faire. Liberté de mouvement également, en se rendant compte physiquement que l'on peut aller loin, simplement avec ses pieds, que le voyage est à la porte de notre maison et qu'il suffit de l'enjamber pour le rejoindre. Liberté de l'esprit sur le corps enfin, parce que ce n'est plus le corps qui va choisir le plaisir et subir la douleur, c'est l'esprit qui va maîtriser ce processus pendant quelques heures. C'est ça l'esprit de l'ultra.

Quelques chiffres avant de terminer :

Septembre 2008 : j'ai couru 198 km pour un total de 17h35.
Août 2008 : j'ai couru 276,5 km pour un total de 27h34.
Je devrais brûler un peu plus de 15 000 Kcal sur la journée, boire un peu plus de 10 litres d'eau, manger plus de trois kilos de barres de céréales, pain d'épice, sandwich et autres gourmandises.

Si la météo est clémente, je devrais arriver (sauf problème) vers 23h30 à l'arrivée pour un temps total de 18h30' de course, dont 15h00 passé à courir, les 3h30' restantes étant consacré à du repos (manger, boire, discuter, changer les sparadraps des pieds, prendre connaissance des news du monde extérieur...). Ceux qui sont intéressés par venir me voir au point de ravitaillement sont donc invités à se mettre en relation avec JC pour savoir à quel heure j'arriverai et où le cas échéant. Idem pour l'arrivée : ne venez pas sans savoir à quelle heure j'arrive réellement... Dans l'ultra plus que dans le reste, y a la théorie et la pratique :-)

Pour en savoir plus sur la course : http://raidsahara.com/Traildunord.htm

Un grand merci à JC.

Romook, ultrarunner

mardi 9 septembre 2008

Le 10km de la Braderie de Lille

Il est difficile de se frayer un chemin à travers le village olympique. Beaucoup de coureurs se racontent leurs courses, d’autres font des étirements, ceux du 10km s’échauffent. Une jungle de sportif à traverser n’est pas une mince affaire, chacun étant concentré sur son objectif. De plus, avec ma médaille du semi autour du cou, il est évident pour tous que je ne fais pas partie des personnes « pressées ». Et pourtant, je regarde ma montre il est 10h53 et le 10 km commence à 11h. Il ne faut donc pas que je traîne trop car mon ami Will m’attend et je n’aimerais pas lui faire louper le départ… C’est sa première course officielle.

Pour me débarrasser de mon dossard, je me rends sous la tente des inscriptions et demande où doit-on le déposer. « Vous le jetez si vous voulez. » Comme il y a une puce électronique, je suis choqué de cette réponse car je me dis que si tous les dossards, ou tout au moins la majeure partie, étaient récupérés, ils pourraient être réutilisés une autre fois… Le raisonnement me laisse pantois et me voici en train de jeter mon dossard dans une poubelle.

En marchant, j’allume mon portable et appelle Will que je ne trouve pas au lieu de rendez-vous. Il est 10h56. Je lui laisse un message. J’entends un coup de feu. Il est 10h57. « Ca y est, ils sont partis pour 10km ! » crie la voix de l’animateur près de la ligne de départ… Ne voyant pas mon ami, je me dis que, vu l’imminence du départ, il est probablement près de la ligne de départ. C’est à 100m, j’y suis rapidement, en petite foulée. La place est déserte. Le peloton s’est élancé visiblement. Il est 10h58. J’appelle à nouveau Will sur son portable. J’ai le répondeur directement… Et là, je reçois un message.

C’est lui qui m’indique qu’il a donné mon dossard à un stand à côté de la ligne de départ où l’on vend des boissons… J’y suis. Tous les stands sont en train d’être démontés. Je cherche, je cherche. Je ne trouve rien, ni personne correspondant à la description qu’il m’a laissé… Même si je ne suis pas très fatigué, l’idée de repartir seul pour le 10km, sans dossard, me remplit de désespoir. J’hésite. Est-ce que je rentre chez moi ? L’idée d’une bonne douche me séduit. Il est 11h02. Le peloton est parti depuis un peu plus de 5 minutes. Bref, faire la course en solitaire dans ces conditions, avec le balisage du parcours qui va s’effacer au fur et à mesure que le peloton sera passé me laisse un arrière goût amer.

Il y a un rayon de soleil. Il est 11h03. L’idée à la base était d’accompagner mon ami et d’augmenter le kilométrage de mon entraînement. Je me rends compte que l’absence de dossard est sans importance pour cet objectif. Je branche ma montre GPS et je m’élance. En déroulant le boulevard de la Liberté, je me rends compte que je vais croiser le peloton en sens inverse de l’autre côté de la chaussée et qu’avec un peu de chance je verrais passer mon ami…

J’adopte un rythme assez rapide en espérant qu’il a démarré tranquillement et que je vais pouvoir le rejoindre. Au niveau du deuxième kilomètre, le peloton se déroule en face de moi de l’autre côté de la chaussée et je suis encouragé par la plupart des coureurs. Je trouve la situation cocasse. Je guette les visages afin de retrouver Will. 168 au cardio, c’est beaucoup, mais je suis pressé...

Au bout d’un quart d’heure de course et un peu plus de trois kilomètres, je le croise en sens inverse tout absorbé dans sa course. Je calcule que j’ai environ un kilomètre de retard sur lui, soit probablement les 6 minutes d’écart entre nos deux départs. Je continue quelques mètres le temps de m’apercevoir que, puisque je n’ai pas de dossard, je ne cours pas officiellement la course et donc je peux traverser la chaussée. Je le rejoins en quasi sprint et l’harponne par un : « Et alors, c’est comme ça qu’on garde mon dossard ? ».

Il est surpris et court à un rythme légèrement inférieur à 12 km/h puisqu’il me répond sans essoufflement qu’il est désolé et qu’il a eu peur que le coup de feu fasse partir le décompte de son dossard au niveau électronique… On se demande vraiment à quoi ça sert d’expliquer les choses, mais peu importe. Là, il est coincé dans un peloton où se côtoient ceux qui tentent de passer pour prendre leur rythme et ceux qui courent tranquillement, sans objectif de temps, juste pour le plaisir.

« Et t’as fait combien finalement ? – 1h47’ environ. – T’es pas trop crevé, tu cours quand même le 10km ? Oui, oui. Tu vois bien… » Son voisin vient de comprendre que j’ai couru le semi marathon juste avant. Son regard sur ma médaille, avec un air tout à la fois suspicieux et étonné, me donnera envie de rire. Je me contiendrai, bien entendu. Ce genre de situation me fait plaisir… Ce n’est pas de l’orgueil. C’est surtout de voir l’incompréhension des personnes qui croient être face à un phénomène anormal. Pourtant, ce n’est qu’une question d’entraînement... Il s’engagera une sorte de petite course entre lui et moi. Il me doublera plusieurs fois, je le dépasserai à nouveau jusqu’au moment où il me laissera sur place vers le 8ème kilomètre… Mais, revenons à la course.

Je dis à Will de me suivre et me voici en train de lui ouvrir la voie dans le peloton pendant deux kilomètres. Je profite de mon expérience pour repérer les passages, m’introduire dans les espaces, réclamer l’ouverture d’un couloir pour pouvoir passer. Il est sur mes pas et nous sommes sur un rythme à 5’ au kilomètre. Les coureurs sont extrêmement sympas et laissent la voie libre sans poser de problème. Bien au contraire, certains iront jusqu’à ajouter une petite phrase d’encouragement ou de politesse. L’ambiance est très différente du semi où chacun était centré sur sa propre performance. Ce ne sont pas du tout les mêmes catégories de coureurs entre ces deux courses.

Je commence à sentir la fatigue tomber sur moi. Pourtant, 160 au cardio, tout est ok. Au kilomètre 5, ravitaillement. J’en profite pour aller me prendre un abricot sec et d’un verre d’eau en courant. Je sens que j’ai besoin de reprendre des forces. Will, qui transporte son bidon d’eau dans le dos, ne ralentit pas et poursuit son chemin. Je m’élance à nouveau à sa poursuite. Mon compteur est bloqué à 12 km/h maximum. J’arrive à faire quelques pointes de vitesse pendant une cinquantaine de mètres, plusieurs fois. Je fais des pointes à 172 au cardio. Mais il a compris comment se frayer un chemin à travers le peloton et le voici qui zigzague de manière très efficace. Ce n’est bientôt qu’une petite pointe fluo à deux cent mètres de moi.

J’aimerais le rattraper, mais les accélérations par à coup sont difficilement supportables à ce niveau de la course. Je suis au kilomètre 7 (du 10km, ce qui correspond à mon sixième kilomètre depuis le début de cette « seconde course » et à mon 27ème kilomètre si on cumule avec ceux du semi) et je crois que c’est là que tout s’écroule… Si la vitesse n’est pas excessive : le poids du sac fait son effet et les kilomètres accumulés dans mes jambes rendent mes chevilles sensibles. Il est temps de lever le pied. Je ne suis pas en train de tenter de battre un record, mais de compléter un entraînement… Je ralentis et recherche la vitesse la plus « détendue », peu importe la performance. Will s’éloigne au loin et je sais que je n’arriverai plus à le rejoindre, ni à finir en sa compagnie.

Progressivement, je vais devoir lutter pour finir en courant. Plus le temps passe, plus j’ai la sensation de ralentir. Pourtant, je maintiens une moyenne de 11 km/h, à 150 au cardio. Le moral devient de plus en plus nécessaire pour avancer. Des coureurs et des coureuses, probablement partis trop vite, se mettent à marcher autour de moi. Même si j’ai ralenti, je continue à progresser dans un peloton dont le rythme s’est ralenti… Je suis concentré : l’objectif est de terminer.

Je suis seul dans mon effort. J’ai la sensation d’être dans la fin de la troisième heure des 4 heures de la Sentinelle, il y a quelques années… J’avance, en essayant de ne pas réfléchir. Juste un pied devant l’autre. Et ça marche. Je me retrouve, sans y faire attention, dans le dernier kilomètre. En traversant la Grand’ Place de Lille, le public nous bloque presque le passage à force d’encouragement. On dirait une image du Tour de France. Ca fait du bien. Je jette un coup d’œil à mon cardio, je suis à 142. Ca fait un moment que j’ai la sensation de ne plus avancer et mon cardio me le confirme… Allez, juste une dernière ligne de droite et c’est fini. Je me fais doubler de tous les cotés par des coureurs qui fusent et qui finissent en sprint.

Et là, une des nombreux bénévoles du parcours me lance un « plus que deux cent mètres ! » encourageant. J’ai un sursaut d’énergie et je réaugmente ma vitesse malgré la montée. Je pense que c’est plus l’idée d’en finir vite que l’idée de faire un temps qui m’a fait réagir. C’est d’ailleurs étonnant de voir à quel point on est sensible aux encouragements à ses moments-là… Les frissons sont garantis pour chaque marque d’attention.

Si le public, non coureur, non sportif, pouvait avoir une idée de l’effet que cela produit, il se rendrait compte à quel point cela peut être important d’être présent et d’encourager les anonymes qui luttent pour leur performance. A chaque course, chacun tente de battre son propre record « du monde ». C’est une lutte contre soi, contre la souffrance. Il n’existe pas de petit objectif dans les sphères personnelles de chaque sportif. Loin des championnats internationaux, des milliers d’anonymes, comme moi, tente de se dépasser à chaque course. Chaque exploit sportif est un monde qui se réinvente. C’est ça l’esprit du sport tel que je le conçois.

C’est pourquoi je voulais accompagner Will dans sa première course, que ce soit le semi ou le 10km. Voir dans ses yeux briller la lumière de l’exploit réussi, d’avoir réalisé quelque chose d’extraordinaire pour soi. Finalement, il l’aura réalisé sans moi puisque je serai resté derrière, sans pouvoir le suivre jusqu’à la ligne d’arrivée… Je viens de passer la ligne d’arrivée. 9,2 km pour un temps de 46’18’’, soit une moyenne supérieure à 11,5 km/h. Vu mon début de course, je pense que j’ai effectivement beaucoup ralenti sur la fin.

Le type du contrôle des dossards m’écarte, sans que je comprenne vraiment ce qu’il veut… Je le reconnais, c’est l’un des membres de mon club d’athlétisme. Il ne me reconnaît pas. Peu importe. Initialement, dans les brumes de ma course, je crois qu’il veut m’empêcher de passer la ligne d’arrivée parce que je n’ai pas de dossard. Idiot que je suis, je comprendrais une ou deux minutes plus tard qu’il est consterné de me voir arriver sans dossard, pensant que je l’ai probablement perdu et que mon temps ne peut donc pas être enregistré…

Will vient me trouver. Il est en pleine forme. Une jeune femme est en train de vomir, assise dans une couverture de survie, avec des secouristes autour d’elle. « J’ai fait 51’47’’… Mais je ne sais pas combien ça fait avec le dossard électronique. Tu vas bien ? – Oui, oui, tout est ok, mais il était temps que ça cesse…» En sortant vers le ravitaillement, il me raconte sa course avec des étoiles dans les yeux. La magie a opéré et j’en suis malgré mon arrivée tardive le témoin. Il m’a attendu à la ligne d’arrivée. C’est la première fois que je passe une ligne d’arrivée avec une personne qui me connaît et qui m’attend. Ca me touche énormément, même si je sais que c’est un peu un concours de circonstances… Il aurait pû aller se restaurer en m’attendant, mais non, il est là…

La situation s’inverse en quelque sorte puisque c’est lui qui me guide, sur mes instructions, vers la sortie. Direction eau. Fruits secs. Oranges. Faim et soif sont maintenant les deux sensations les plus poignantes de mon corps. On se réhydrate et s’alimente rapidement au milieu de l’agitation générale. Puis, il va falloir traverser la braderie qui se réveille pour retourner chez moi et Will chez lui. Il a un mariage et il faut qu’il se prépare. Il est déjà passé midi. « Hey Romook ! » Surprise ! Voilà Rafroufrou, un de mes amis. Il est écarlate. Il a couru le 10km, ça se voit tout de suite… On échange quelques propos etfera cette remarque qui m’a bien fait rire. « Wahou la star ! Dès l’arrivée du semi, on arrache le dossard et on en colle un autre pour le 10km et c’est reparti ! C’est tout toi, Romook, ça ne m’étonne pas ! » Pas possible de discuter plus longtemps et je l’abandonne pour accompagner Will à travers les rues encombrées de gens.

Quelques vingt minutes de marche plus tard, j’arrive enfin chez moi. Douche, les étirements indispensables, chili con carne, un demi-litre de coca, sporténine et au dodo. 1 heure et quart plus tard, une crampe m’indiquera qu’il faudrait mieux que je continue à boire et à rester réveillé. J’en profiterai pour commencer mon CR du semi… En cours de route, en rangeant mes affaires de course, je découvrirai que la poche à eau de mon sac contient encore un litre. Pourquoi je ne pouvais plus boire pendant la course alors ?? Réflexion faite : le tuyau a été bloqué par le fait que j’avais coincé la poche dans une poche intérieure plus petite que l’espace global du sac. Ce serait le premier enseignement de cette course. Il faut de l’espace pour la poche à eau.

Après avoir passé une bonne soirée dans la braderie, moules / frites / leffes et pâtisseries marocaines, je suis reparti à pied sans courbature. Néanmoins, le lendemain matin, au moment où je rédige ce CR, je m’aperçois qu’il n’est pas possible de courir à 12 km/h avec ce sac sur le dos. Raisonnablement et intellectuellement, j’en étais persuadé avant de faire la course. Mais comme je suis quelqu’un qui a besoin de faire des expériences physiques pour se convaincre des choses, mes jambes lourdes de ce matin me confirme ce que je pensais. Ce sera le deuxième - et certainement le plus important - des enseignements de ce week-end d’entraînement. Le Grand Trail du Nord se courra à 8 km/h de moyenne environ. Pas la peine d’espérer plus… Dans ce domaine, il faut que je connaisse physiquement les sensations pour accepter les choses.

En conclusion, l’objectif est rempli : courir 30 km sur le week-end avec le sac à dos. Je suis content et en forme. Tout va bien. Reste à affiner l’entraînement pour le 4 octobre prochain…

Romook, sur le pied de guerre

dimanche 7 septembre 2008

Le semi-marathon de Lille

La décision de s’inscrire

Il y a 3 ans, j’ai fait un temps de 1h36 au semi marathon de Lille. J’ai ensuite arrêté plus ou moins la course à pieds (nb de km annuel 2006 : 200, 2007 : 162…). Disons plutôt moins. Enfin, comme c’est le verbe « arrêter » qui est en question disons « plus »... Remarquons la difficulté linguistique d’accorder un verbe qui sous-entend « pas d’activité ». Quand on ne fait rien, en faisons nous « moins » en en faisant d’une manière inférieure… Bref. Je m’égare. Cette année, je me dis, après avoir repris la course à pieds au mois de mai et avoir fait un temps honorable aux 10km des foulées du barreau (45’43’’), je me laisse tenter par renouveler « l’exploit » d’avoir fait 1h36’, voire descendre en dessous…

C’était sans compter les vicissitudes de la vie et les différents impératifs de calendrier qui se promènent... Je décide donc que je m’inscrirais au 100km de Millau. Pour une fois que je ne suis pas en Chine au mois de septembre, autant en profiter. Mais bon, problème de logistique, etc… Je m’aperçois que ça va être trop compliqué et qu’il va être difficile de caser un entraînement pour « finir » le 100km de Millau pendant l’été. Il faut dire qu’il y a de quoi être impressionné. Je renonce sagement au projet.

Et là, je tombe sur le Grand Trail du Nord (136 km) qui se déroule les 4 et 5 octobre 2008. Je n’hésite pas une minute et décide de m’inscrire. Il faut maintenant se préparer. Ainsi est faite la vie de l’athlète consciencieux que je souhaite être. Tout d’abord, c’est la première fois que je participe à un trail. Ensuite, c’est quand même 136 km. Là où j’avais renoncé au 100km à cause de la distance, je m’inscris à une distance supérieure sans même me poser de questions. Ne cherchez pas l’erreur, elle est probablement enfouie dans le désordre mental de mon inconscient. C’est ça aussi la course à pieds. Surtout dans mon cas.

Ce week-end, c’est la braderie de Lille, ce qui signifie en français de tous les jours, l’impossibilité totale de faire une sortie longue normale. Il faut donc trouver une échappatoire. Reste donc le semi marathon qui se profile avec ses 21,1 km qui feront donc office de sortie longue. La préparation de mon trail avançant, je me rends compte que tenter de battre mon record – outre le fait que je ne pense pas être suffisamment préparé pour ce type d’effort de vitesse – risque d’avoir pour conséquence une récupération beaucoup trop longue qui risque d’empiéter en récupération sur ma préparation « trail ».

Renonçant donc à faire un teps, je me dis que c’est le moment de se faire peur avec le matériel. Je décide de faire le semi marathon avec mon petit sac à dos rempli du nécessaire obligatoire du trail. Le poids total, eau comprise : 3 kg. Dans ces conditions hors de question de faire une performance. Ce serait suicidaire pour les tendons et catastrophique pour l’entraînement. Je serai donc raisonnable.

L’amitié, un élément perturbateur source d’originalité

Parallèlement, mon ami Will m’indique qu’il aimerait courir son premier semi et je l’accompagne. Après avoir visé le type d’entraînement qu’il fait (3x45’ dont il ressort systématiquement « cramé » puisqu’il court ça à fond de cale), je commence à lui apprendre à courir « lentement. » Il découvre alors le plaisir de courir et de pouvoir se livrer à d’autres activités par la suite.

Malheureusement, après une semaine d’insomnie, Will ne se sent pas capable d’affronter cet effort du semi et décide de s’inscrire sur le 10 km de Lille. Et là, les complications arrivent pour le petit Romook. C’est la première course officielle de Will et Romook ne se sent pas capable d’abandonner son ami qui lui dit qu’il va « tenter de partir sagement » avant d’augmenter la vitesse. Il aimerait faire un temps de moins de 50’. Généreusement – et surtout parce que les horaires sont compatibles et que ça donne l’occasion d’augmenter le kilométrage - Romook décide de l’accompagner pour le 10 km.

La seule contrainte est de finir le semi marathon avant le départ du 10km. Le premier débutait à 9h00 et le second à 11h00. Problème technique également, mais qui a son bon côté, le dossard électronique. Lorsque je prends les deux dossards (un pour le semi, l’autre pour le 10km), on me précise en effet que je ne peux pas les porter tous les deux en même temps… même si l’un d’entre eux est caché dans le sac. « Ils sont très sensibles et vous pourriez avoir des problèmes à l’arrivée pour le décompte de votre temps. » Je remets donc celui du 10km à Will, à charge pour lui de me le remettre au moment du départ. Je lui explique bien le côté positif qui est que le dossard prend en compte le moment où il passe la ligne de départ et d’arrivée, mais que le chrono officiel affiché ne doit pas être pris en compte, ce qui peut être un avantage dans le cas de long peloton…

Fort de cette nouvelle information, je mets en balance toutes mes contraintes : port du sac à dos (poids 3kg) et nécessité d’être arrivé avant le départ du 10 km. J’en conclus, vu la configuration des lieux, que je dois réaliser un temps proche de 1h45 pour avoir de la marge et me permettre de « récupérer » entre les deux.

La préparation

Vu l’épreuve qui m’attend, je fais ce que j’aurais fait si j’avais dû juste courir le semi marathon. Cette phrase a quelque chose d’étrange que j’aime beaucoup. Je suis du genre à tout faire à la dernière minute et, là, en l’occurrence, je vais faire ce que je ne fais jamais mais que je devrais toujours faire : tout préparer d’avance. Vendredi soir, je mange des pâtes. Ensuite, je prépare mon paquetage (tee shirt, accroche du dossard du semi, choix des chaussettes (une jaune fluo et une orange fluo, c’est pour reconnaître le sens dans lequel je dois mettre les chaussures), prépare la crème NOK et les sparadraps pour le lendemain et, enfin, note mes temps de passage. 22h30, direction dodo pour arriver frais et dispo.

Pendant un moment, je me demande même s’il est raisonnable de courir avec le sac à dos. Le calendrier me répondra : dans 4 semaines, je cours le trail et le cycle de construction du muscle est de 21 jours. En clair, c’est l’un des derniers moments où je peux faire une montée en charge musculaire utile pour ce trail avant de décélérer progressivement sur l’entraînement. Donc, il ne faut pas hésiter.

La nuit, je dors correctement un drôle de rêve… Je m’aperçois que j’ai oublié le départ du semi marathon et, honteux, je décide de ne pas venir – ni de prévenir mon ami – au 10km… A chaque fois que je me réveille, je suis inquiet et certain que ce n’est pas un rêve mais que c’est arrivé la veille… Très étrange. En fait, cela traduit simplement mon angoisse de ne pas finir le semi dans le temps d’1h45, voire 1h50 (marge maximum que je me suis laissé), et que mon ami se sente un peu perdu au départ du 10km. La question n’est pas de finir le semi marathon, mais de l’état dans lequel je vais le finir. Toutes mes sorties avec le sac se sont faîtes à une moyenne inférieure à 10 km/h, ce qui n’est pas trop encourageant même si les terrains n’ont rien à voir. Le matin me trouve reposé. Un petit café et rien d’autre pour le petit déjeuner. Je sais, mais c’est mon habitude, que ce soit une course ou non. Petite douche. Habillage. Un peu de vaseline à l’entrecuisse, quelques sparadraps sur les tétons et de la crème nok sur les pieds plus tard achève de me préparer. J’y vais. Il est 8h30. J’ai un peu moins de 10 minutes à pieds en trottinant pour me rendre au lieu du départ, ce qui est une forme d’échauffement agréable. Je suis vraiment stressé, comme si c’était la première fois que je courais ces distances et que je n’étais pas sûr d’y arriver. Rien de très rationnel tout ça au vu de mes 230 kms alignés au mois d’août. L’être humain est ainsi fait.

Sur le chemin, je reconnais quelques personnes avec lesquels j’ai l’habitude de travailler. Quelques blagues fusent. Ca me détend et j’oublie mes petites angoisses. C’est le moment de rejoindre la ligne de départ. J’y vais. Je m’élance. C’est parti pour 21,1 km.

Le semi-marathon


Le départ se fait avec des difficultés de connexion de mon gps de course. Cet instrument m’apparaît comme le complément indispensable de toute course. Je fais partie de ces coureurs qui court « scientifiquement », en respectant bien proprement leur temps de passage, n’accélérant et ne décélérant qu’en cas de très bonnes sensations ou très mauvaises. Le gps, en m’indiquant très exactement la distance parcourue, me donne donc des informations que je qualifie de « parfaite ».

Je passe le premier km en 5’ très exactement. Il me semble qu’il y a moins de monde que les autres années. Pas besoin de doubler partout et de se trouver un chemin pour se faufiler. Je repère d’ailleurs un homme aux cheveux blancs qui a l’air d’être calé sur le kilomètre en 5’. Je ne le perdrais qu’au bout de dix kilomètres.

Les sensations sont très bonnes. Je suis assez inquiet de la manière dont mon corps va réagir. Mais, aucun signal d’alarme. Rien. Presque désespérant. Les sensations sont idéales. En arrivant au niveau des ravitaillements, je m’aperçois que j’ai oublié mes gels énergétiques. Qu’importe. J’ai des barres énergétiques à la « banane. » Un produit que je ne connais pas et que j’ai pris à la place des barres de céréales. Quitte à courir avec le sac à dos, il faut que ça corresponde au mieux aux conditions futures de ma course. Donc, j’ai pris le parti de bouder tous les ravitaillements.

Au bout de 20’ environ, les premiers coureurs arrivent en sens inverse. Quelle grâce ! Quelle vitesse ! On dira qu’ils volent sur le bitume. L’année dernière, le premier a réalisé le temps de 59’45’’… Inutile de vous dire quel effet se produit lorsqu’ils passent. Tout le peloton les encourage et c’est vraiment pour moi une grande émotion. J’espère que pour eux c’est pareil, même s’ils ont l’air d’être sur une autre planète sportive…

Les kilomètres s’alignent avec une régularité de métronome : 5’, 10’, 15’, 20’… Au dixième kilomètre, je perds mon coureur aux cheveux blancs et il est remplacé par une coureuse qui présente l’avantage d’avoir des spécificités physiques esthétiques particulièrement attractives. Tout coureur mâle dont la vitesse semblait être choisie pour rattraper un retard semble pris de ralentissement subi à sa hauteur et ne peut s’empêcher de retenir son allure quelques centaines de mètre. Un de mes voisins de course que je surprendrai en flagrant délit d’observation de la foulée de la demoiselle me laissera un clin d’œil, voulant me rendre complice de sa turpitude. Or, je tiens à signaler mes honnêtes intentions à l’égard de cette aimable jeune femme, toute de noir vêtue, excepté une veste de course blanche, nouée maladroitement autour de sa taille. Le caractère maladroit du nœud n’était pas, bien entendu, sur le nœud en lui-même, mais bien sur le fait d’avoir posé un vêtement sur ses hanches, ce qui limitait la possibilité d’étudier à loisir cette foulée quasi parfaite à 12 km/h. Ne perdons pas de vue l’essentiel, je dois maintenir une allure régulière.

Arrivé au quinzième kilo, 1h 25’ of course, la jeune femme décide à la suite d’un ravitaillement d’accélérer. Confiant dans mes choix – et sachant que j’ai le 10km après cette course – je la laisse filer, décidant de rester un anonyme admirateur de cette foulée qui risque de me hanter quelques temps. Mais, que se passe-t-il donc ? Le tuyau de mon sac à dos est-il bouché ? Aurais-je épuisé 1,5 litres d’eau ? Impossible de me sustenter en eau. Je fais donc le seul crochet ravitaillement du semi marathon pour me saisir d’une boisson énergétique bleue – sûrement une invention des schtroumpfs. Et je poursuis mon chemin.

Le détour au ravitaillement avec l’arrêt (je suis revenu sur mes pas pour éviter les coureurs) que cela m’a imposé me fait perdre 2’30’’. Je reprends mon rythme à 12 km/h, bien déterminé à ne pas rattraper mon « retard ». Je continue donc à voir s’aligner les kilomètres avec une régularité surprenante, même lors de « dénivelé ». S’il vous plaît, il ne faut pas rire de ce dénivelé qui nous a fait prendre au moins 3 m en 400m. Lorsque tout est totalement plat, ce genre d’obstacle vous le ressentez, même si c’est surtout au niveau psychologique.

Au kilomètre 19, un coureur me demande s’il y en a encore « pour longtemps ». Je le renseigne. Ce sur quoi il m’informe qu’il a mangé une orange qui lui a donné des ballonnements. J’y vais donc de mon petit conseil en lui précisant qu’il est bien de se nourrir un peu pendant les entraînements pour habituer l’organisme à assimiler de la nourriture pendant que l’on court. Sur ce, je continue ma course tranquillement.

Un petit mot pour signaler que si les conditions météo étaient idéales pour les coureurs (15°C, nuageux, sans pluie), il n’en était pas de même pour les spectateurs qui ne bénéficiaient pas de la décharge énergétique de l’ATP pour les réchauffer. Et pourtant, ils étaient là avec leurs encouragements, que ce soit au bord de la route, sur le pas de leur porte ou à leur fenêtre. Merci à eux tous !

Et voici l’arrivée qui se profile. Je suis dans les temps : 1h47’30’’ à mon chrono. Il reste à comparer celui du dossard. D’ailleurs, c’est quelque chose d’énervant que de voir un grand panneau « Arrivée » et d’être touché par les raquettes du contrôle de temps presque trente mètres plus loin. Comme il y a plein de coureur, on ne le sait pas et on perd officiellement du temps…

Bref, pas de souci aux jambes. Je suis paré pour faire un 10km dans les mêmes conditions, à 12 km/h. Avant ça, il faut sortir du sas des coureurs, récupérer la médaille, oh ! voir la coureuse à la si gracieuse foulée et… Pas le temps. Direction le 10 km.

Romook, suite au prochain épisode

lundi 18 août 2008

Un nouveau défi

A l'heure des JO, le sport est omniprésent. Puisque mon prochain départ pour la Chine ne se fera pas avant le mois d'octobre, j'en ai profité pour reprendre un entraînement de course à pieds digne de ce nom. J'y prends beaucoup de plaisir, à tel point que je me demande s'il est possible de trouver des activités physiques me permettant de maintenir une forme physique suffisante pendant que je suis à l'hôtel... Cela m'éviterait de tout bonnement devoir arrêter le sport entre le mois d'octobre et le mois de mai... Et oui, le sport, c'est bon aussi pour l'épanouissement de notre être.

Premier constat : je ne reprendrai pas de licence d'aïkido. Les horaires de mon club ne sont pas adaptés à ma vie professionnelle. J'ai besoin de quelque chose de plus souple. Je crois donc que je vais reprendre une licence d'athlétisme et repartir sur des épreuves bizarres.

En ce moment, se déroule la Transgaule 2008, une course de 1150 km en 18 étapes à travers la France. Voilà le genre d'épreuves qui me fait rêver. Peut-être roomook sera-t-il sur la ligne de départ de l'édition 2009 ou 2010? On verra. Cla suppose un sacré entraînement. C'est-à-dire du temps et trouver la méthode permettant de maintenir le corps en bon condition, sans se blesser lors des déplacements en Chine. En effet, le décalage horaire finit par créer une fatigue récurrente qui est la condition sine qua non d'une bonne vieille tendinite. Peut-être trouverais-je le salut dans les positions de Yoga? Je vous tiendrais au courant de mes recherches dans ce domaine.

En attendant, à la braderie de Lille, je vais courir le semi-marathon, avec un objectif en dessous de 1h36' (mon record personnel). Puis, lorsque cette épreuve sera terminée, je vais me lancer sur un nouveau type d'épreuve que je n'ai jamais réaliser : le Trail. C'est une course qui se déroule en nature en partie avec un petit sac à dos contenant du ravitaillement et des objets de première nécessité. Le ravitaillement officiel se faisant tous les 20 km, il est évidemment important de transporter de l'eau et quelques vêtements en cas d'intempéries. C'est la première fois que je vais faire ce genre de course, donc c'est une découverte excitante qui m'attend.

La course fait 136 km et part de la côte de la Manche pour arriver à Lille. Je vais pouvoir ainsi découvrir des chemins de randonnées du Nord et différents villages dont j'ai toujours entendu le nom, mais où je n'ai jamais mis les pieds. Je suis déjà pressé d'y être. Les dates étant les 4 & 5 octobre, j'ai encore le temps de m'y préparer. Hier, j'ai passé la journée à découvrir ce qu'était un trail en courant 59 km (dont 19 km à travers la nature... bonjour le dénivelé!) dans l'Avesnois (temps : 8h44'). Ce fût une journée superbe et mes jambes m'ont porté jusqu'au bout. Voilà de quoi me rassurer sur ma capacité à arriver au bout de l'épreuve dans le délai imposé par l'organisation (32 heures maxi).

Ce qui est amusant, c'est qu'au départ, je voulais faire les 100 km de Millau et que je pensais ne pas être prêt à temps (fin septembre) alors que je me suis inscrit sur une épreuve plus longue et vraisemblablement tout aussi difficile. Peut-être un 24 heures au mois de décembre...

Romook, ultra runner

dimanche 13 juillet 2008

Meurtre du 13 juillet

Après avoir été rayé des fêtes impériales, puis enfin restauré, le 13 juillet aura lieu dans un lieu tenu secret et connu que des invités seuls.

Il y a dans cette soirée un brin d'amitié élitiste qui pourrait être réprouvé (par, tout à la fois, la morale et les conventions sociales) si cela ne provenait de moi... Comme je l'avais indiqué l'année dernière, mes invitations ont dépassé les frontières. Malheureusement, les étrangers touchées par l'invitation n'ont pas pu répondre présent. D'autres, comme mon collègue qui m'accompagne en Chine, le Sieur William pour ne pas le nommer, bien qu'étant invité depuis une année entière, n'a rien trouvé de mieux que de refuser mon invitation pour un week-end en amoureux, à Madrid, avec sa fiancée. Je suis toujours perplexe sur l'échelle des valeurs des gens...

Quant aux courageux qui vont se joindre à moi, leur soirée risque d'être assez noire, mais je les avais prévenu. Ainsi, le programme de ce soir, outre le rituel feux d'artifice (dont le manque de préparatif voisin m'inquiète), sera composé de fromages forts de l'Avesnois et de meurtre(s). Au moment où j'écris ces lignes, une seule personne ne sera occise, mais de toute façon, nous ne la connaissons pas - tout au moins pas dans la vie réelle. C'est d'ailleurs l'intérêt des relations intellectuelles, ça dépassionne les relations. Enfin bref. Une belle soirée sanguinolente en perspective.

Je tenais également à signaler que, dans un accès d'inconscience probablement total, j'ai amené ma guitare et qu'il n'est donc pas impossible que j'en joue. Comme vous le savez - ou ne le savez d'ailleurs pas - cela fait plusieurs années qu'elle reste dans son étui. Or, mon répertoire n'étant composé que de pièces du type "Asturias", "Variations sur le thème de la Flute en chantée" de Sor, etc... Il m'est évidemment difficile de remettre les doigts à la corde, le manque de pratique favorisant la naissance de volatils musicaux. Là encore, on peut espérer qu'une détente œnologique préalable permettra de détendre le corps afin qu'il puisse vivre la musique comme un automatisme...

Il fait beau, je vais en profiter pour faire une petite sortie avec mes chaussures de sport. Profitez bien de votre week-end national.

Romook, organisateur de meurtre

PS : Avant que vous ne préveniez la police, je tenais à indiquer qu'il s'agissait d'un jeu de rôle, qui est l'un de mes derniers centres d'intérêt. Mais, je vous en reparlerai.

lundi 7 juillet 2008

10 km, ça, au moins, c'est fait

Rendez-vous 18 heures. Nous sommes 65. On m’avait prévenu que c’était une petite course « bon enfant » avec 20 participants maximum. J’ai inscrit des temps de passage sur mes bras (sur une base de 44’ et une base de 42'30"), je crois que j'ai l’air bizarre au milieu de tous ces coureurs qui n’ont visiblement pas de préoccupations du chrono. Ce ne sera pas la première fois que mon étrangeté sera à l'honneur... Il fait beau et chaud (24°C). J’ai mis une casquette mouillée sur la tête et je me sens bien.

On part. Evidemment, c’est la galopade. Je pars en me préoccupant de trouver mon rythme sur 4’30" environ au kilomètre. Notre circuit est constitué d'une boucle fermée de 1, 850 m. Facile pour le repérage des kilomètres, y a du calcul mental dans l'air ;-) Heureusement, mon GPS accroché à mon poignet me permet de vérifier rapidement si le temps correspondant à la distance. Les deux premiers kilomètres sont courus en 8’50". Le rythme est parfait. Je me sens bien. Un seul problème : je ne respire pas. Enfin, si. Mais, c’est comme si j’étais assis dans un fauteuil complètement déconnecté de la course à pieds. J’entends la respiration de quelques coureurs autour de moi. C’est rythmé, profond, sportif. La mienne est profonde, calme avec un rythme complètement décalé de celui d’un souffle d’une personne en train de courir. Ca m’inquiète, je me demande si tout ne va pas se dérégler d’un moment à un autre. Vraiment, c’est bizarre.

13’40" au troisième kilomètre. Tout va bien. La respiration s’est mise en place. Le parcours est fait sur une boucle quasiment plate. C'est idéal pour maintenir une allure moyenne constante. Le seul hic, c'est qu'il n’y a aucun repère au sol et il est difficile de savoir où on en est. D'autant plus que le circuit étant enfermé dans des remparts, difficile d'avoir des points de repère sauf à être un expert en architecture ou en botanique : tout se ressemble.

La course se poursuit et au 5ème kilomètre, je suis très exactement à 22’30". Je suis contraint à un arrêt pipi. Evidemment, en d'autres circonstances, je vous cacherai ce fait de mon intimité, mais lorsqu'on est lancé sur une course de "vitesse", c'est typiquement le genre de contrainte qui font enrager. Conséquence : je perds 1’30". Grrrr… Je repars sur un rythme plus rapide pour rattraper le temps perdu. Le seul problème est que, du fait de cet arrêt idiot, je n’ai plus de point de repère sur mes temps de passage, ni sur mon rythme. Je cours à la sensation et, heureusement, elles sont bonnes.

8ème kilomètre à 37’. J’augmente encore un peu la vitesse. Je me sens bien, mais j’ai terriblement peur d’un "coup de pompe – essoufflement" sur la fin. Je n’ose pas pousser trop sur la semelle. Mon manque d'expérience physique sur ce type de course sur les 4 dernières années ne me permet pas de jauger mes capacités. Je garde le rythme. Dernier 500 m, j’accélère encore et j’arrive en 45’43".

J’ai réussi :- ) Je suis content. Je m’aperçois que j’ai fait mon second 5 000 m en 21’43". Alors, je me prends à rêver qu’on peut cumuler les deux 5000m - en supprimant l'arrêt - pour un total théorique de 43’43". Ben, c’est vraiment bien. Je suis très content. Ca m’encourage à continuer à courir vite. J’ai un peu mal aux jambes, mais rien de désastreux. Rien aux chevilles. Que des douleurs normales: tout va bien. Une amie, ma partenaire habituelle de squash, vient me féliciter pour ma régularité et mon allure décontractée, comme si je ne faisais aucun effort en courant. Elle était au ravitaillement et est surprise par ma manière de courir.

C’est encourageant de voir que, de l’extérieur, je n’avais pas l’air de souffrir non plus. C’est vrai que je me suis senti bien tout le long de la course. Peut-être que j’avais fixé des objectifs bien « raisonnables » et que je peux faire mieux. Mais, je préfère me garder en bon état que de tenter des objectifs trop difficiles à atteindre. Le but est de continuer à courir, pas de casser la machine. Le 1er a fait 39’42", pfff…

Bon, ben, prochain objectif : le semi-marathon de Lille le 6 septembre (avec ses routes en pentes, grrr… pour les chevilles pendant 3 km environ). On va essayer de s’entraîner pour battre le record personnel de 1h36’. Soit dit en passant, pour ceux qui veulent se frotter à un parcours sur lequel on peut faire une performance, c’est idéal. Que du plat sur tout le parcours, avis aux amateurs… et après c’est récupération bières - moules – frites ;-)

Romook, prochaine étape : les JO

samedi 28 juin 2008

10 kms : un challenge en deça de 45' ?

Alors, voilà. Je suis à moins d'une semaine de mon échéance du 10 km. Sur quelle base de course dois-je partir ? Telle est ma question intérieure. Au niveau de l'entraînement, je n'ai couru qu'un peu moins de 100 km depuis le 15 mai. Par ailleurs, comme je l'expliquais dans mon précédent billet, habitué à des allures lentes de l'ultrafond, mon corps a peur de la vitesse. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est simple. Si vous cessez de faire du vélo pendant un an ou deux et que vous reprenez, la première grande descente que vous faîtes à pleine vitesse vous remplit à la fois d'excitation et d'angoisse... La vitesse, dans ces conditions, fait peur. J'ai le même souci en courant, bien que la vitesse en question soit bien plus faible qu'en vélo ;-)

Ainsi, désirant sentir mes sensations pour un éventuel 10 km à 4' / km, je me lance dans un 6 km avec cet objectif. A la fin du premier kilomètre, je suis sur le bon rythme et le maintien pendant le second avec une angoisse qui grimpe, qui grimpe : comment vais-je tenir le rythme jusqu'au bout de 6 km ? Est-ce que mes muscles sont préparés? Le souffle va-il suivre? Les tendons vont-ils tenir ? Et hop, c'est la ronde des angoisses intérieures purement physiques qui débute... Mon rythme se met à ralentir dès les deux premières côtes. Pourtant, le terrain choisit n'en comprend que 4, et encore, parler de côte semble franchement exagéré... Dans tous les cas, je sais que le circuit de la course sera proche de celui sur lequel je m'entraîne à Lille. En théorie, des bonnes conditions pour faire un test.

Force est de reconnaître que des 6 km en 24' prévu, je n'arriverai qu'au bout de 27'50", soit grossièrement 4'30" / km, avec une fréquence cardiaque moyenne de 159. Bon, c'est pas mal. Mais n'était que 6 km. Je ne suis pas sûr que j'aurais réussi à tenir ce rythme là pendant 10 km... Donc, faisons une croix sur les 10 km à 4' / km. Là, ce n'est absolument pas possible. Bilan musculaire : je me suis arrêté après fait 6' de footing très lent (récupération) dans un état pitoyable. Ca manque de foncier également.

En bref, peu de souffle, peu de muscle, donc pas de vitesse. Les 10 km se profile sur une base de 45', avec une pointe "grande forme" potentiellement possible de 42'30". La bonne stratégie dans mon cas, restant celle applicable sur les longues distances, partir "lentement" à 4'30"/kilo et en accélérant sur les 4 derniers kilo si la forme le permet... D'abord, il faut récupérer un peu de forme. Ce n'est pas gagné. Hier soir, petite course tranquille (6km en 30'), j'ai mal sur le devant des jambes... Douleur que je connais bien puisqu'elle est annonciatrice de contracture si le repos n'est pas correctement réalisé. Aujourd'hui, pas de course, même lente. Demain, on verra en fonction de l'état des mollets. D'ici là, il y a les étirements à faire. Si ça récupère bien, j'aurais bien envisagé un petit 14 km pépère (6' / kilo) pour le principe. On verra bien.

Un déplacement impromptu à Versailles mercredi matin et venu franchement contrarié mon plan d'entraînement pour cette semaine en me provoquant une forte dose de fatigue. Mais, ainsi va la vie (professionnelle). J'ai déjà prévu que je ne courrais que 7 km max mardi, à un rythme tranquille (probablement 5'30") pour ne pas me fatiguer et pour me "rassurer" avant la course de vendredi (18h). Lundi et mercredi, squash. Comme ça, je fais du sport sans avoir l'air d'en faire.

Je tiens à préciser que je ne me préoccupe absolument pas de mon cœur qui est visiblement la partie de mon corps qui ne nécessite aucun entraînement. Quand je fais monter la machine, il suit toutes les inflexions sans problème. C'est un peu comme si j'avais un moteur Porsche monté sur une carrosserie de 2 CV. On sent qu'il y en a sous le pieds, le problème, c'est de savoir si le pare-brise et les roues vont tenir...

Vous pourrez donc classer ce billet dans la catégorie "ennuyeuse", je ne vous en voudrai pas. Mon blog, c'est aussi un carnet de bord de mon existence. Quand je serai vieux et décrépi, je serai probablement heureux de me rappeler que je me plaignais de ne courir le 10 km qu'en 45'. Sinon, pour parler d'autres choses, ça me donne envie de renouer avec mon objectif du 24h et de devenir, pour de bon cette fois, circadien (nom que l'on donne aux coureurs qui font des 24h).

Voilà, c'est dit. Je pense écrire au moins un autre billet, aujourd'hui, pour remonter le niveau de mon blog de ces derniers temps :-)

Romook

mardi 24 juin 2008

10 km à pieds...

Je n'ai jamais vraiment abordé, en ces lieux numériques, un des thèmes qui préoccupe pourtant ma vie quotidienne : le sport. Il faut que j'avoue tout de suite que je suis plutôt solitaire, étant assez éloigné de tout ce qui constitue de près ou de loin les sports collectifs, même par écran interposé. Comme ça, les choses sont claires. Ainsi, naturellement et depuis mon plus jeune âge, je me suis tourné vers la course à pieds. Pourvu d'une inaptitude naturelle à sprinter (18" au 100m si mes souvenirs sont bons), je me suis tourné rapidement vers le demi-fond qui semble être mon métier de coureur, d'après les dires des différentes personnes qui ont fait office d'entraîneur dans ma vie. Je me rappelle avoir fait un 6'56" au 2000 m quand j'avais 14 ans, qui correspond à l'année de ma prise de conscience de la course à pieds en tant que discipline. J'avais également fait un 12 km en 56' qui correspondait au franchissement d'un seuil psychologique du "je sais courir plus longtemps que 45' "... Aujourd'hui, ça me fait sourire, mais c'est vrai.

En dehors de la course à pieds, je fais régulièrement du squash (il faut dire qu'avec un cœur qui bat à 42 au repos, on a de la marge pour ce sport) et le semestre dernier de l'aïkido. Toutefois, mes nombreux déplacements en Chine viennent véritablement empiéter sur ma condition physique car le décalage horaire aidant, ainsi que les mauvaises conditions environnementales, me privent de la possibilité d'exercer un quelconque sport sur le territoire chinois. Lors de mes retour, je suis obligé d'attendre au moins une semaine avant de reprendre pour éviter tout risque d'accident dû à la fatigue... Bref, depuis trois ans, tout mon capital physique s'émiette et je ne sais plus trop où j'en suis aujourd'hui.

L'année 2004 a été le point culminant de ma carrière de coureur. 940 km alignés entre le mois d'août et le mois de décembre... Quelques belles performances : 11'01" au 3000 m, mon meilleur semi marathon (1h38'), mon premier marathon en 3h45', mon premier ultra de 4h en 44, 8 km, mon meilleur rapport perf/ km (5h30' sur 57,5 km)... Pour moi, une année où la course à pieds (CAP) était devenu une partie à part entière de ma vie, réglant les rythmes les plus basiques (manger, dormir) et mes relations sociales. A cette époque, l'objectif était de courir un 24h. J'ai échoué au 24h du Téléthon à Villepreux à cause d'un problème de ravitaillement qui a achevé mon moral qui était bien atteint par des petits soucis de santé au bout de 7h30 de course (je n'avais alors fait que 52 km, ce qui pouvait laisser supposer une performance à plus de 150 km ce qui aurait été déjà satisfaisant, malgré mon objectif initial de 200km).

Le problème de l'ultrafond (c'est ainsi que l'on appelle ces épreuves étranges qui consistent à courir plus qu'un marathon), c'est que l'on court à l'Allure Spécifique. C'est une vitesse très lente qui a pour but d'économiser un maximum les forces du coureur pour lui permettre d'arriver à franchir la ligne d'arrivée en bon état. La Reine de ces épreuves en France étant la Transgaule, course de 1166 km à travers la France à réaliser en 18 jours avec 64 km / j en moyenne. Un monde de la CAP un peu à part, avec beaucoup d'excentriques et d'originaux, les pieds pourtant bien accrochés à la terre, dont le but est simplement de se retrouver avec soi-même dans des conditions très particulières.

On peut trouver ridicule ou étrange de s'infliger plus de 100 km d'entraînement par semaine à une vitesse avoisinant les 9 km/h (vitesse déjà rapide pour un ultra!)... La vraie raison, c'est que l'on se retrouve face à soi-même et que l'on apprend à mieux se connaître. Le fait de courir relativement lentement ne doit pas faire oublier que ça fait mal. Une douleur diffuse, douce, mais inéluctable finit par apparaître au bout de trois heures de course... Et on continue à courir car on l'apprivoise, on la recherche, on l'aime... En franchissant cette limite physique, on se retrouve en pleine auto-psychanalyse, la tête part dans les sens, les émotions sont démultipliées. 2004, c'est une année où je n'allais pas bien du tout. J'ai trouvé mon salut dans la CAP, dans l'ultrafond.

Mon premier 4h a été le révélateur. Je faisais partie du Zoo (une liste de diffusion dédiée à la CAP) à l'époque et en publiant mon premier récit (CR = compte-rendu) de course, L'Papy m'avait dit que j'avais compris ce qu'était l'ultrafond lorsque j'avais senti monté l'envie irrépressible de pleurer vers la fin de la course, après 3h... (Voir le CR en question). Bref, l'ultrafond est une aventure intérieure. On appelle "UFO" (pour ultrafondus) les individus qui ont déjà couru plus de 42, 195 km. C'était simplement pour le vocabulaire.

Si j'en reviens à mes moutons initiaux, j'ai donc arrêté la CAP à cause d'un 24h qui m'a brisé le moral et d'un départ en Chine qui m'a empêché de poursuivre la CAP au sens où je l'entendais. Mais voilà, une petite course sans prétention me tend les bras le 4 juillet 2008. Je m'y suis inscrit officiellement hier. Ce n'est qu'un 10 km. Apprécions le "ce n'est qu'un..." tout à fait psychologique puisque je raisonne en terme de distance, en trouvant ça tout à fait ridicule à courir. Seulement voilà : c'est du demi-fond et ça se court vite... Je n'ai plus d'entraînement, ou quasiment pas, et donc aucun point de repère sur mes performances potentielles. L'année dernière, le 1er l'a couru en 40', soit une moyenne de 15 km/h. Théoriquement, je devrais être capable de faire la même chose. Je n'ai que trois semaines pour reprendre la CAP/ m'entraîner correctement/ faire du foncier/ faire de la vitesse. En 3 semaines, c'est un énorme programme - sans compter l'étape perdre du poids.

J'ai donc repris l'entraînement et j'ai aligné 95 km depuis le 15 mai - et perdu 3 kg. Je dois avouer que je suis partagé entre partir sur une base de 42'30" (qui semblerait être un bon temps compte tenu de mon passé et mon peu d'entraînement actuelle) et une base de 40', à modifier le cas échéant. Dans l'ultrafond, on part lentement et progressivement on peut augmenter la vitesse. Mais le demi-fond, c'est 85% de la VMA (Vitesse Maximale Aérobie) soutenu tout le long de la course... Rien à voir comme style. Alors, je ne vous cacherai pas que j'ai le trac pour cette future course.

On remarquera que je n'évoque même pas la possibilité de ne pas finir la course alors que, vu mon entraînement actuel (plus longue distance parcourue : 13,5 km en 1h12'), je devrais peut-être commencer par me poser ce type de question. Bref. Tout ça pour dire qu'en ce moment, je cours et ça fait du bien au moral.

Romook, running man

lundi 18 février 2008

Tokyo : une ville

Poursuivant ma ténébreuse et enrichissante aventure en B & W à travers un univers nippon totalement dépaysant, voici donc encore quelques clichés que j'admire également. J'étais dans un état d'exclusion complète de la société qui m'entourait. Je ne parle pas un mot de japonais - et l'anglais des japonais, lorsqu'il existe, est tellement étrange qu'aucune communication n'est possible.



Ainsi, les points de repères les plus évidents, nom d'une rue par exemple, n'existent même pas... Tous les quartiers sont numérotés, les rues sont elles-mêmes numérotées et les buildings aussi bien évidemment. La seule difficulté à lire 4-3 - 1 (4ème quartier, 3ème rue, numéro 1) est que ces chiffres ne sont jamais indiqués nulle part. Résultat : je me suis orienté dans Tokyo, pendant les trois jours où j'y ai vécu seul, avec un plan et ma boussole.



Le seul lien qui restait avec moi-même était l'écriture de mon blog et mes appareils photo (un EOS 500 couleur et un EOS 5 N&B). Ça donnait l'impression que j'étais un photographe professionnel... L'art a toujours été pour moi une sorte de refuge, je pense. Là encore, c'était tout ce qu'il me restait puisque je ne pouvais parler avec personne. Un voyage, seul, au Japon, est une expérience presque mystique.



Heureusement, il y avait des fils électriques :-) ... Et cette touriste anglaise, en transit pour l'australie, qui m'avait proposé de l'accompagner avec son guide (mais j'ai préféré poursuivre mon chemin seul pour faire des photo : ma seule occupation journalière, devenue presqu'une méditation mystique quotidienne). Lors de ma visite du musée d'art moderne de Tokyo, j'étais dans un état presque second. Vous aurez les photos (couleurs) un autre jour...

Romook, ex japanese tourist

dimanche 17 février 2008

Tokyo : les personnes

Chers lecteurs (Dear Ania),

En ce moment, mon temps libre ne me permettant pas de trouver la sérénité nécessaire à la création littéraire (I think you want to know some parts of my private life because you ask me to see some pictures), sans que M. Y. y soit pour quelque chose (@ Ania SaoulFifre : private joke), mais bien plutôt à cause d'une légère suractivité échiquéenne, je vous laisse en pâture quelques photos prises au Japon, lors de ce voyage mémorable dont vous retrouverez les archives en août 2005 (Maybe, Ania, when you think it's a long time ago I posted something, you could check archives with luck and comment all my precedent posts : probably you can discover some new things. As you know, when I left Msn for here, I lost the comments... Unfortunately :-( ).

Parmi toutes les photos que j'ai prises, sachez que je les considère comme le plus haut degré de maîtrise artistique que j'ai pu atteindre, ce qui s'explique - en partie - par les conditions particulières du voyage (I hope you won't be disappointed, Ania, because there is no tree in my pictures).



J'ai eu le coup de foudre pour ce couple. Comme quoi, "les différences s'attirent" (et "qui se ressemble, s'assemble" : l'une des plus belles contradictions de notre sagesse populaire).



Euh... Coup de foudre aussi... Pas les mêmes raisons. (I won't give a comment because I think it's just an elegant picture with a perfect body. And, my lovely Ania, I know you will be in troubled if I explained what I want to do, then I don't write anything about it. Just note you can not see her as clear as possible : so, it's charming... like a suggestion).



Juste une émotion.

Romook, people in a camera

vendredi 16 novembre 2007

Prime numbers are some of my computer friends...

For several days, I have write nothing on this famous place of my blog. Why ? I cannot answer for myself. I just can ask. It wass not because I had many things to do. It wasn't too because I had an hot babes with me. It wasn't for anything else, maybe, I just didn't want to write something. I want to make something different. And for different, I mean exactly - I need to precise to be rigorous - "to make something different". So I did.

I would to write a new program in Perl to do a new add-on for one of my softwares. For that, I need to find some prime numbers. So, one part of my program results are :

2,3,5,7,11,13,17,19,23... 4591,4597,4603,4621,4637,4639,4643,4649... 9871,9883,9887,9901,9907,9923,9929,9931, 9941,9949,9967,9973,10007... 44533,44537,44543,44549,44563,44579, 44587,44617,44621,44623... 61331,61333,61339, 61343,61357,61363,61379,61381... 99881,99901,99907,99923, 99929,99961,99971, 99989,99991,100003,100019... 199921,199931,199933,199961,199967, 199999,200003,200009,200017,200023 ... 499969,499973,499979, 500009,500029,500041,500057...etc...

You can note that was a very funny time to find the prime numbers from 2 to 1999979 (I have nobody to play with me, so I use my computer like my contemporaries).

If someone is interested in my results, to give a prime numbers as a christmas gift for example, I have a lot of them. I didn't count them, but I can count too. Exactly, it could be nice to do a new program to count my found prime numbers (the file is around 1,1 Mo on my floppy disk)...

I'm not dead. I just make some pleasant game with my computers : don't be afraid, dear reader :-)

Romook, crazy mathematician
PS : Today's evening, I will go in a concert at La Madeleine (59, near Lille), listen the music of Telemann, 20h30, Saint-Vital Church, performed by chamber orchestra Aliamens, free entry : everyone are welcome!

mardi 15 mai 2007

Ma passion secrète en photo

Aujourd'hui, je décide de vous avouer quelque chose de très intime, tant pis pour ma réputation. Il y a des années que je me suis mis à faire de la photo. Le premier oyage que j'ai fait et qui m'a donné ce goût et un voyage en Egypte. Alors que tous mes petits camarades prenaient en photo les pyramides, le sphinx et toutes les choss jolies choses dont regorgent l'Egypte, je me suis lancé dans la photo anti-touristique. Je prenais en photo tout ce que l'on ne trouverat jamais dans les guides touristiques. Les poubelles, les fils électriques, les gens pauvres dans la rue, les malades, les infirmes, les accidents, les charettes sur l'autoroute, les roues à eau, les "pizza huts", bref, tout sauf ce qui est "officielement" beau.

La raison? Parce que je me dis que ces belles photos, d'autres que moi les ont faites, certains ayant le temps à y consacrer. Bref, pour que ce soit parfait. Souvent, j'achète les ouvrages pour touristes. Comme ça, moi aussi, je les ai. Faire de la photo, c'est un métier - et ce n'est pas le mien malheureusement comme vous l'aviez remarqué (même si on me fait des compliments qui me touchent). Je vous inflige donc mes pauvres clichés en espérant que vous retrouverez l'émotion que j'ai pu ressentir en voyant certaines choses. Je me mets plutôt dans la peau de l'ethnologue faisant un reportage, voire un documentaire, je vise donc à faire de la photo historique. La photo du temps présent.

Parmi ses aspects du temps présent, il y a un aspect que je ne néglige dans aucun pays que je traverse. Et je revendique une certaine qualité artistique - un certain savoir-faire - pour ce type de photo. D'abord, c'est assez original d'après ce que je connaîs du monde photographique. Ensuite, ça correspond bien à mon état d'esprit documentaro-reportage du temps présent. Enfin, à mon sens, il s'agit d'un bon indice de civilisation.

Mon thème photographique préféré, ma spécialité est le pilone électrique ou le système des fils électriques. Toujours surprenant, plein de géométrie, il y a une qualité artistique indéniable. Si un éditeur de photo était intéressé, je suis sûr que je pourrais en faire un bel album maintenant entre ceux d'Egypte, du Mexique, du Guatemala, de Pologne, du Japon et de la Chine... Je dois confesser également que je m'aventure parfois, lors de journée de spleen, à photographier les systèmes de climatisation extérieurs, bien plus lourds, certes, mais toujours puissants sur une photo. Une certaine forme de majesté lourde.

Et voici donc deux extraits, en toute première, trouvés dans des rues de ShangHai :



Majestueux, aérien, rien à ajouter.



Bien dégagé derrière les oreilles, s'il vous plaît :-)

Romook, esthète du monde moderne

mercredi 18 avril 2007

Omaha v. old'hem

I learnt play Omaha's poker. I tried online some games, just to have fun... I'm very surprised by this play game because it was very interesting to have to think about a lot of possibilities in the same time. It's like a chess or a go game. At Old'Hem poker, you just have two pocket cards. On this sort of game, you will have four. But, as not an old' hem game, you need to use two pocket cards. You're not able to play only the board. It's two on your pocket cards and three on the board. So, at the firts time, if you want to know if you have a good hand, you need to make four evaluations.

You will play two cards on four. So, in this respect, you have the first card (A) + the second card (B) + the third card (C) + the fourth card (D) => (AB) / (AC) / (AD) / (BC) / (BD) / (CD). First step, you need to know if these two pocket cards are good. For me, I make a value of this kind of cards, one by one, and after in a whole. If i have four valuable on six playing cards (like in Old 'Hem), I play my hand. Else, I fold it. After, when you see the flop, you have a very interesting experience. At each new cards on the board, you have an opportunity to consider this new position... I can understand, it could be complex and boring for some players, but I think it was a great experience.

Romook, try it!

lundi 8 janvier 2007

395 kilomètres d'amour

Et bien, quand je les vois, qui m'invitent, en souriant, vers d'autres cieux, je ne peux m'empêcher de partir avec elles. J'étais venu avec elles en Angleterre et les avaient promenées dans Greenwich Park. Ne pouvant partir loin sans elles, je les avais ensuite emmenées à Beijing où elles se sont senties abandonnées... Là, je les ai emportées avec moi en Chine, au cas où... A Beijing, il avait neigé et je me suis dit qu'elles étaient (encore) venues pour rien.

Que nenni! Beau temps, soleil, temps frais mais pas froid. Je les ai donc emmenées faire le tour du lac tout à l'heure. Juste de quoi me rendre compte qu'il vaudrait mieux que je les emmène dans l'université. D'abord, elles ont l'habitude de cotoyer un intellectuel, ça ne devrait donc pas leur poser de problème. Ensuite, pour leur partenaire qui respire l'air des bus, camions et autres voitures automobiles, c'est absolument irrespirable. Mais il fallait au moins faire le test une fois. Bon, ben, ça, c'est fait.

Allez zou! A la douche pour le décrassage des poumons!

Je ne résiste pas à l'idée de vous les montrer. Elles sont mignonnes, nan? Ca fait déjà 395 kilomètres de bonheur que nous partageons ensemble. C'est pas beau les histoires d'amour qui dure ?



Romook, alias Forrest Gump

samedi 30 décembre 2006

Sexe, ça manque de sexe!

Je viens de prendre conscience que mon blog ne parlait quasiment plus de la chose la plus importante qui soit : le sexe.

Demain, je promets un vrai billet qui sera une justification à la mise hors ligne de mon blog.

Je vous aurai prévenu. Et j'estime que l'année finira bien si c'est dans de telles conditions.

Rendez-vous demain matin, 8h00.

Bonne soirée.

Romook, déchaîné hormonalement

mercredi 22 novembre 2006

Ecolo-billet

J'ai inventé un nouveau concept : le recyclage de billets électroniques sur mon blog... En effet, pour ceux qui ne suivent pas, je ferai remarquer que j'ai ENTIEREMENT réutilisé un billet déjà rédigé il y a quasiment un an dans le cadre de mes nouvelles définitions... Comme quoi, avec un bel habillage marketing, en écrivant "nouveau" dessus, tout le monde accepte tout. Et personne pour me crier "Imposteur!!" à la face. Seriez-vous déplorables chers lecteurs ?

Bon, l'un des intérêts des écolo-billets, et que normalement, s'ils sont strictement identiques, ils devraient permettre de faire gagner des places dans les moteurs de recherche sans rien faire, juste en publiant les mêmes billets. Ca me fait d'ailleurs penser à un nouveau type de blog, le "blog perpétuel"... Ca serait un blog, avec un seul billet, tous les jours réactualisé...

Quoi, quel intérêt me demandez-vous? C'est évident allons! Tous les jours les commentaires sont effacés, résultat : tous les jours on peut reprendre une nouvelle discussion.

Evidemment, dans mon cas, ça se justifie moins puisqu'en moyenne, seul quatre lecteurs sur la totalité représente 99% des commentaires présents sur mon blog : dans ces conditions, ça tournerait vite au monologue...

Bon, j'vais me coucher. Bonne nuit à tous!

Romook, alone in his blog

lundi 20 novembre 2006

Blog party

I don't understand why it's always on the other blogs, that are more funny than mine. That's a shame for me! I don't understand!! I know, maybe my visitors are more serious than other blogs... Or, my subjects are so boring - no one want to make fun with them. Or, my visitors are so clever and know if they comment my posts, perhaps i will lose all my time in response... Or, they just arrive on my blog by luck from a websearch engine - by luck, really?!... Or, some of them think they could find some very adult post because they have written "blowjob", "sex", or other sweety words... So i don't understand why it's so funny in other place. Perhaps i will just comment other blog - mine is not so funny maybe... Oh, no! I shouldn't say that! I know one little woman in Polonia wants everyday read a new part of my blog - as a new part of my life.

But, what's the reality ? Is it that i dream ? Is it that i've written? Or is it my actual life? For me, there is no hesitation : it's that i've written. I'm more sincere in this case. But, you cannot know if i'm single or not, but there is no difference for me, if you're pretty, hot to trot, know everything a man like and a little bit clever (but not so much!), contact me baby , male or female, lawyer or engineer, rich or poor... Only you can learn how my mind works on many subjects...

Then, now, i will create a new concept i think : it's a blog-party. One day a week, a blogger invite his friends to come on his blog to comment it for an evening. Every week, each man comment an another blog for an evening. That sounds nice, isn't it? This night, it's mine. Come in, come in! You're welcome on my first blog-party!

Let your comment!

Romook, crazy blogger