Romook, ectoplasme bloguique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 20 mars 2008

Jeudi, bien arrivé

Au terme d'un voyage de 24h, je suis bien arrivé. Il m'aura donc fallu très exactement 24 heures de marche à pieds, train, d'avion, d'attente, d'avion, de voiture pour faire le trajet qui mène de mon appartement lillois à mon hôtel, dans le centre de la Chine, à Wuhan.

Pendant ce voyage, j'ai eu l'occasion de :

(i) faire découvrir le camembert et le crumble de pommes à deux chinois (mes deux voisins dans l'avion),
(ii) discuter du bouddhisme et de l'utilité des religions dans le monde,
(iii) raconter pourquoi j'allais en Chine et, bien sûr, pourquoi j'avais appris le chinois,
(iv) constater qu'en avion, ce ne sont pas mes chevilles qui enflent, mais bien les pieds (qui ne voulaient plus rentrer dans les chaussures : les bougres),
(v) lire les deux pièces de Bertolt Brecht "le procès de Jeanne d'Arc à Rouen, 1431" et "Coriolan",
(vi) écrabouiller l'ordinateur d'échecs d'Air-France, à son plus haut niveau (?!) par deux parties qui n'ont même pas suscitées l'envie de lui laisser une chance de se refaire dans une troisième partie,
(vii) boire un bloody mary,
(viii) discuter avec l'un des stewarts, très sympa d'ailleurs, et lui confirmer que le personnel Air-France est toujours d'une extraordinaire bonne humeur et que c'est toujours un plaisir que d'être dans l'avion,
(ix) aider un couple italien à se retrouver ensemble en expliquant à un chinois qu'en cédant sa place il permettrait à un couple de se retrouver (alors qu'il avait refusé catégoriquement avec l'hôtesse qui lui avait demandé gentiment en anglais),
(x) découvrir que le nombre "666" dans la culture chinoise signifie "sans problème, avec facilité" après avoir interrogé mon chauffeur à propos d'un restaurant qui s'appelait le "666"
(xi) être stupéfait par le fait que la fatigue aidant, lorsque je m'adresse à un français qui me parle en français alors que je suis en train de parler chinois, j'utilise la langue anglaise,
(xii) m'apercevoir que le personnel de l'hôtel est toujours aussi accueillant avec moi et que ça a l'air d'être vraiment sincère,
(xiii) j'ai vraiment une sale tête au bout de douze heures d'avion et que ça ne sert à rien de sourire aux femmes, elles n'ont aucun égard pour vous. Comme quoi, les femmes, elles aussi, jugent sur les apparences, quoi qu'elles en disent concernant les sentiments amoureux.

Tout ça pour vous dire que je suis bien arrivé, que ce court voyage (retour le 31 mars) s'annonce très éprouvant, que je suis parti en Chine avec des pieds de plomb à cause de la fatigue qui se profile, mais que quelques minutes après être effectivement en communication avec mes deux voisins chinois (de l'avion), j'étais déjà très heureux et que, pour le moment, je n'échangerai ma place pour rien au monde, sauf peut-être pour passer une nuit avoir le bonheur de rencontrer avec Nicole Kidman. De toute façon, je ne prends pas beaucoup de risque à écrire ça, personne ne me le proposera.

Romook, bien arrivé (enfin!)

lundi 17 mars 2008

Mercredi, c'est fini

Je sais que la nouvelle va tomber brutalement. Alors, je le dis brutalement. D'abord, parce que je ne crois pas aux vertus des lendemains qui chantent après la tempête. Quand c'est mort, c'est mort. Quand c'est fini, c'est fini. Voilà.

Et on ne pourra pas dire que je ne vous aurais pas prévenu. Evidemment, dans mon entourage proche, on est déjà au courant de la nouvelle depuis un moment. Je sais que ça va en embêter plus d'un, mais c'est comme ça la vie d'un blog. Y a des moments d'euphorie, et puis les autres. Ceux qui ressemblent à ces moments intimes et calmes des vieux couples. Encore qu'il y a des instants où l'on peut s'interroger sur l'existence éventuelle d'une forme de tendresse larvée dans le silence. Bref. Il fallait que je le dise. Il fallait que je l'écrive.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas de ce changement brutal. Je sais que l'on s'habitue à tout, mais mes amis savent très bien que je suis l'ennemi de la monotonie. Ainsi, quand j'ai commencé à sentir que ça partait en vrille, je me suis dit : "Ca y est, c'est le moment!" Et dans ces cas là, il ne faut pas y aller par quatre chemins.

Mercredi, c'est fini. Je quitte la France. Je pars en Chine. Je retourne vivre en Chine. Les conséquences sont importantes et nombreuses, surtout dans un tel contexte d'actualités. Donc, je vais fort probablement reprendre une écriture plus régulière de mon blog. Et puis, je vais enseigner le droit fiscal. En fait, jusqu'au 31 mars, jour de mon retour, vous devrez vous réhabituer à venir plusieurs fois par jour sur mon blog. J'en suis désolé. Mais bon, faut assumer vos passions pour mon blog. Sinon, il fallait en trouver un autre moins bizarre. Encore désolé et à très bientôt.

Romook, sur le départ...

lundi 3 mars 2008

Flemme

Oui, je sais. Pas de panique SVP, tout va bien. Débordé : bah nan, pas trop. Pas envie d'écrire : ben si. Qu'est-ce qui ne va pas? Euh... J'ai la flemme de me mettre à mon ordinateur pour écrire les quelques lignes de prose qui ravissent votre quotidien. Je n'ai rien contre les lecteurs (d'ailleurs, sinon je ne prendrai pas le temps d'écrire pour expliquer que j'ai plus (+) envie de ne rien faire que d'écrire). Même, j'ajouterai - et ça vient vraiment du fond du cœur - que j'avais projeté de vous faire écouter "le p'tit quinquin" dans une interprétation toute personnelle au ErHu (l'espèce de violon chinois qui tient plutôt du violoncelle à bien y regarder de près, en fait : voir billet antérieur pour mieux comprendre) et de vous coller une série de leçon - en podcast - de langue ch'ti pour faire honneur au film de chez "mi" (ce n'est pas une faute de frappe, moi = mi en ch'ti. De là à dire que parler le ch'ti reviendrait à faire des fautes de frappe à l'oral, y a qu'un pas).

Voilà, j'ai la flemme. Faut pas chercher plus loin. Qu'est-ce qui me pousse à écrire sur mon blog ce genre de chose?... Je sais, ça sent la schizophrénie à plein nez... Le type écrit sur son blog que s'il n'écrit pas c'est qu'il a la flemme d'écrire : le paradoxe du flemmard auto-égocentrique satisfait de lui-même. J'en vois déjà certains qui vont aller pérorer sur la place publique qu'ils m'ont pris en flagrant délit d'incohérence.

A ceux-là, je vais leur annoncer une autre nouvelle. Bah j'ai autre chose à faire de plus important que d'écrire sur mon blog. Là, maintenant. Avant, ça allait. Y avait des trucs à faire et puis surtout y avait l'envie de ne rien faire qu'était supérieure. Là, mon envie de ne rien faire est toujours là. Sauf que j'ai un truc à préparer pour demain matin. C'est pas pour me vanter mais à partir de demain je dois donner 18 heures de cours de droit anglais en trois jours (pour faire simple, 6h x 3j). C'est pas un nouveau cours, ça fait quatre ans que je le fais. Mais, cette année, j'ai des idées pédagogiques nouvelles. Toutefois, je n'ai pas eu vraiment le temps de les préparer comme je voulais. Du coup, je sais que c'est foutu pour cette année et que c'est reporté à l'année prochaine (l'année dernière ça avait été aussi le cas... avec d'autres idées pédagogiques moins brillantes que cette année).

Le problème est autre. Demain, il faut quand même que je fasse 6 heures de cours. Et mardi aussi. Demain soir, je vais voir un ami que je n'ai pas vu depuis un an (bah justement l'année dernière, même époque, même problématique). Et mardi midi (dieu sait que le midi j'aime préparer mes cours dans l'intervalle entre 12h et 14h), je vais déjeuner avec deux joueurs d'échecs rencontrés sur Internet. Du coup, ça sent le roussi. Mon envie de rien faire est donc dépassée par la nécessité d'agir.

La solution m'apparaît alors simple, claire, lumineuse : écrire sur mon blog pour expliquer que j'ai envie de ne rien faire. D'abord, ça explique mon silence et rassure mes lecteurs soucieux de mon être. Ensuite, ça me permet de retarder, tout en agissant, l'inévitable échéance de la préparation... Voilà, vous savez tout.

Maintenant, il faut que je me plonge dans les affres de la constitution anglaise (mes notes de cours sont en anglais : quel andouille!), puis de l'organisation judiciaire (argh!) avant de pouvoir entamer tout l'intérêt du droit anglais les remedies du droit des contrats (rien que pour ça, j'aurais aimé être juriste de droit anglais : peut-être un jour, je me reconvertirais juge en Common Law). Objectif : finir en faisant faire des cas pratiques aux étudiants. En général, le cours finit comme ça. Ce n'est pas que je n'ai plus rien à dire sur le cours. Je pourrai poursuivre sur le droit des sociétés, l'habeas corpus et autres joies juridiques. Seulement, les cas pratiques sont interactifs et plaisent vraiment aux étudiants. Et c'est comme ça que je m'aperçois que le droit anglais est vraiment complexe pour les français... Ca permet d'expliquer et de réexpliquer sans donner la sensation de redire la même chose. Enfin bref. Ca, c'est ma tanbouille de prof.

Sinon, j'ai internet dans mon hôtel. Peut-être que si je suis vraiment débordé, je vous écrirai la suite du vieux libraire (ou autre chose).

Bon début de semaine à tous.

Romook, "putain putain putain" (cf. "4 mariages et un enterrement", Hugh Grant)