Me voici arrivé sur ma terre d'accueil, la Chine, depuis presqu'une semaine. Je suis épuisé. Physiquement, on s'entend. Chaque matin, je trouve la force et l'énergie pour donner mon cours. Quand midi arrive, je n'ai qu'une envie: aller dormir. Bien sûr, le décalage horaire de sept heures avec la France y est pour quelque chose. Mais, surtout, c'est parce que je conserve le même rythme professionnel qu'en France. Je ne suis pas en Chine en vacances, loin s'en faut. En fait, je fais la même chose qu'en France, ce à quoi s'ajoute trois heures de cours par jour et le temps de préparation, qui se case entre 0h et 5h du matin, heure française...

Je n'arrive pas à me reposer, ni à dégager du temps pour faire quoique ce soit. De plus, je dois ajouter cette difficulté supplémentaire de parler chinois. En soi, c'est un plaisir. Mais c'est aussi une fatigue qui vient en plus... L'effort de concentration, rechercher les mots oubliés, les expressions, retrouver le bon accent, essayer d'avoir de l'humour, etc... Tout ça est très difficile.

Quand il est 19h00 en France, il est 2h00 du matin ici. Ma ligne professionnelle a un renvoi sur mon portable français (que je garde allumer en Chine). Evidement, ça sonne plutôt en fin de soirée (française). Ca casse ma nuit... Donc, je sais quoi écrire pour "Le vieux libraire", le XII est en cours de rédaction, mais la fatigue rend l'écriture pauvre, sans relief. Hors de question que je vous donne quelque chose qui relâcherait la tension de ce texte. J'attends des jours meilleurs pour rédiger correctement, quelque chose de bon.

Ceci explique aussi pourquoi je ne suis pas très loquace alors qu'habituellement, en Chine, j'ai plutôt une poussée de blogorrée. J'ai une centaine de copies à corriger, un examen de rattrapage à fabriquer, un cours sur l'arbitrage international et le droit des contrats français à préparer en anglais. Rien de tout ça n'a pas été débuté car les impératifs professionnels en provenance de la France et de mes cours chinois (que je n'ai bien sûr pas eu le temps de préparer entièrement lorsque j'étais en France) me prennent mon temps libre au fur et à mesure qu'il apparaît. Ce week-end, j'espère bien réussir à me reposer un peu et trouver l'énergie pour tordre le coup à ses quelques dossiers en suspens(et d'autres amenés avec moi dans ma valise).

Hormis ces désagréments matériels, le moral est bon : je suis en Chine. C'est très agréable. Je me suis aperçu que plusieurs membres du personnel m'attendaient dans l'hôtel et guettaient ma venue. Je crois que je suis un peu un phénomène de foire ici. Je suis le seul étranger avec lequel ils peuvent réellement communiquer car ils ne sont pas obligés d'utiliser la langue anglaise. Tant mieux, je ne viens pas en Chine pour parler anglais. Une des serveuses du bar, qui fait d'aileurs un très bon bloody mary, m'a invité à son mariage le 26 janvier. Dommage, je ne mangerai pas les "xi tang", bonbons de la joie et du bonheur, je serai déjà rentré en France lorsqu'elle s'engagera. Avis à la population : Tu Ni Ni se marie, une jolie femme de moins disponible sur terre.

Romook, sur les rotules...