Romook, ectoplasme bloguique

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dimanche 25 juin 2006

Erotisme

L'érotisme est l'art de la suggestion. C'est bien ça?

Romook, esthète

mardi 20 juin 2006

Non bouleversement

Et si un jour, je me mettais à compter tous les gens que j'ai rencontré qui ne m'ont rien apporté dans la vie, qui n'ont eu aucune impact sur ma vie... Probablement que je n'y arriverai pas : ils sont trop nombreux et, pour la plupart, je les ai oublié.

Voilà un vrai challenge pour exercer sa mémoire, répondre à la question : qui est la personne la plus insipide que j'ai rencontré ?

Vous pouvez me remercier de vous faire partager mes bons tuyaux pour faire travailler la mémoire.

Romook, à la pointe de la recherche

Droit de réponse

Certain individu profite du web pour exprimer des opinions qui leurs sont toutes personnelles et que je ne laisserai pas sans remarque afin que la vraie vérité vraie soit rétablie. Je ne nommerai pas ce vil personnage en raison de ma moralité judéo chrétienne qui m'interdit de nuire à mon prochain. Toutefois, je vous enjoins à cliquer sur ce lien pour connaître l'étendue de ces méfaits Suite à des bouleversements numériques inattendues, le blog a disparu. Après un grand moment de solidarité entre tous les bloggeurs du monde, la page a été retrouvée, celle-ci étant devenu temporairement inaccessible. La voici, in extenso, et c'est avec l'aimable authorisation de l'auteur que nous la citons, même si le droit de citation, je pense aurait pu s'appliquer. Bref, la voici :

La séquence du spectateur

L’amour dans le cinéma chinois.

Hier soir, j’ai regardé le film « HERO » en chinois, sans sous-titres. Pourquoi tant de difficultés ajoutées les unes aux autres me direz-vous et bien parce qu’étant donné mon niveau de chinois, si j’avais choisi chinois pour l’audio et les sous-titres j’aurais du regarder le film deux fois : une fois pour écouter les dialogues et une fois pour lire les sous-titres. J’en entends qui persiflent : « et une fois pour regarder les images ». Et bien là je réponds : « parfaitement » ; en effet la photographie de ce film est si belle qu’il m’arrivera de le regarder sans le son, ni les sous-titres. En outre, mon pote Romook avait apporté une bonne bouteille de rouge chinois, ce qui ajouté à son intransigeance intellectuelle, sa pratique de la calligraphie style « herbe », sa collection de dictionnaires de toutes sortes dont il m’est tout simplement impossible de lire le titre me firent répondre « oui » à la suggestion très brièvement décrite ci avant. L’histoire est assez simple : un homme qui dit ne pas porter de nom parce qu’il était déjà assez chargé comme ça, et puis merde c’est pas toi qui t’es tapé tout l’trajet à s’faire ballotter dans une charrette grossièrement aménagée en dolly chinoise, qui bien qu’issue d’un concept intéressant à la base reste pour le moins tape-cul, un homme donc vient à la rencontre de l’Empereur afin de lui apporter les armes de 3 individus qu’il a occis au cours de combats, que d’aucuns diraient homériques s’il n’était qu’il s’agit là d’une autre culture. L’Empereur écoute avec attention le récit de l’inconnu puisqu’il s’agissait de dangereux terroristes qui s’opposaient à son règne et fomentaient, Confucius seul sait quels plans, dont la sournoiserie et l’hostilité sont telles qu’il m’est ici impossible d’évoquer par le détail ces actes sans tomber dans l’abjection la plus abjecte, ce qui ne saurait être sur ce blogue où la variété des thèmes abordés le dispute au caractère jovialement primesautier, renouant ainsi habilement avec l’ambiance franchement « hype » de l’époque où se déroule le film. Jusque-là donc, rien de bien compliqué…

Nonobstant l’éloquence du mystérieux inconnu, l’Empereur qui semble ne pas l’être devenu par hasard – je salue au passage le jeu d’acteur dont la finesse m’a permis cette constatation – flaire le subterfuge. Sans nom reconnaît et échappe à une mort certaine conséquemment à la pratique de supplices, tortures et autres joyeusetés qui font là bien évidemment tout le charme de l’écotourisme, grâce à une habile manœuvre qui consiste, en quelques mots, à lui dire la vérité qui bien que n’étant pas nécessairement la vérité VRAIE n’en est pas moins la sienne, ce qui compte tenu du budget alloué aux costumes est bien la moindre des choses d’autant que jusqu’ici le film n’a démarré que depuis 10 minutes. Mais bon, je vous passe les détails.

A ce moment là des flèches s’abattent sur le toit d’une école dédiée à l’étude de la calligraphie. Inutile de vous demander si j’ai raté mon copier coller, c’est bien une scène du film, parmi d’autres dont, en vrac celle où ils jouent au tennis avec une goutte d’eau en guise de balle et leurs sabres en guise de raquette qui se pose sur la joue de l’une des vedettes féminines (la goutte) dont le gentil héros qui fait partie des 3 méchants, puisque le héros fourbe lui est encore en train de papoter avec l’Empereur, s’approche dangereusement de la surface du lac de et pis y’a des feuilles qui sont jaunes mais qui tourbillonnent suite à des mouvements de sabre et pis il lui arrache ses vêtements qui sont rouges mais elle meurt pas à cause des feuilles étant donné que le héros lui fait l’amour sauvagement tandis que celle qui finira par lui ouvrir le bide (sa femme, au héros) fait mine de rien alors qu’elle matte à travers l’entrebâillement d’une porte et là… j’ai compris UNE phrase du film : « tu marches… » dit le gentil terroriste après avoir émergé d’un fatras de draperies à dominante mauve d’où s’élèvent quelques râles qui en disent long sur la qualité de l’isolation phonique de l’époque, émerge donc avec la prestance d’une brosse à chiottes de relais routier. Pas de réaction de la donzelle qui visiblement n’en est pas encore tout à fait à lui demander comment qu’ça fait qu’il soit assez con pour même pas être capable d’lire une liste de courses puisqu’il a oublié la wassingue à inverseurs de poussée autonettoyants, mais lui fait comprendre avec force grognements et regards humides qu… « Marche ! » répète-t-il alors, visiblement pas enclin au devoir adultère à répétition. Elle se lève, se redonne une contenance, non sans mal puisque l’aut’brute a transformé son kimono en bandes Velpeau, mais bon c’était bien, c’est pas grave sale con.

J’en conclue donc plusieurs choses : tout d’abord que ma compréhension du chinois progresse à un rythme que je qualifierais de serein puisqu’une phrase sur 2 heures de film ça semble peu, en effet, mais cette phrase étant la clé de l’énigme concernant la polygamie chez les calligraphes rebelles en zone désertique, j’estime pouvoir en toute humilité m’estimer assez content de moi, n’en déplaise à Romook qu’a pas arrêté d’faire son intéressant en resservant du vin pour ensuite faire diversion avec des considérations sur la calligraphie comme faisant partie des arts martiaux, non mais j’vous d’mande un peu, hein ? Si ça se trouve Jacques Prévert c’est Bruce Lee avec une Gitane maïs ?

C’est dire l’effort de concentration que j’ai dû fournir. Ensuite je dirais sobrement, et pour conclure cet hommage au cinéma asiatique de haute facture une bonne fois pour toutes, que dire à une femme « va-t-en » puis « casse-toi » après avoir fait de ces vêtements une charpie, ni plus ni moins, alors qu’elle était venue là de son plein gré vaporiser quelques phéromones, est pour le moins indélicat, a fortiori lorsqu’elle reste sur sa faim qui reste un problème majeur, surtout en Chine d’alors. Je tenais à le souligner de la même manière qu’il faut que le monde sache que Romook pue des pieds, voilà c’est dit.

J’adore ce pays.

Kai Ye

Récapitulons donc le moment en question.

Samedi, ayant en vue une soirée artistique, pendant que d'aucun s'amuse avec le reste de l'humanité à suivre un championnat de ballon - ou un autre sport qui se joue à plusieurs 10, 11, 12?... je ne sais plus - je proposais à Sieur Kai Ye (dont le pseudonyme Larry ne trompe personne, moi, je sais bien que c'est Kai Ye son vrai nom) de déguster un Dragon Seal rouge en visualisant un chef d'oeuvre esthétique chinois intitulé "Hero". Bien entendu, le véritable objectif de cette visualisation était pédagogique. Il a évidemment acquiescé rapidement à ma proposition. Je le soupçonne d'ailleurs d'avoir été plus attiré par ma présentation du breuvage sus mentionné, le film devenant un prétexte superflu de rencontre. Bref. Nous avions éprouvé notre chinois en visualisant ce film deux mois auparavant, uniquement en chinois. Le résultat ne s'était pas fait attendre: les grands films se passent aisément de dialogue. C'était avec une concentration toute religieuse que nous avions alors écouté ce film. Pour ma part, je me souviens avoir troublé la sérénité du Sieur Kai Ye qu'à de brefs instants, ceux dans lesquels je croyais reconnaître le sens d'un mot ou d'une phrase. Mon agitation intellectuelle ne semblait toutefois pas désarçonner mon camarade de visualisation dont la pseudo somnolence ne traduisait qu'une profonde méditation intérieure face à une introspection artistico martial. La preuve: il ne ronflait même pas fort.

Chez lui - une fois n'est pas coutume - le lieu était calme, paisible, sans bruit parasite pouvant troubler la sérénité de notre démarche artistique. Très vite, il me parla d'un autre film à visualiser ensuite : Mémoire d'une Geisha. Vous connaissez mon attrait pour les curiosités culturelles et l'idée m'a paru évidemment magnifique. Probablement que derrière cela, se glissait l'idée perfide et sournoise de vouloir me faire éluder le premier film sous prétexte que cela aurait duré trop longtemps dans la soirée. Que nenni! C'est bien mal me connaître que de croire qu'on peut lasser ma curiosité artistique. Et nous voici lancés dans notre marathon cinématographique asiatique.

Hero

Je ne reprendrais pas l'histoire de Hero puisque Kai Ye l'a très clairement résumé sur son blog. Juste pour les lecteurs qui n'auraient pas eu le temps (le courage?) d'aller lire son billet avant de se lancer dans l'analyse du mien, il faut juste retenir que :

C'est l'histoire d'un soldat qui vient rendre hommage à son Empereur après avoir été combattre trois personnes dans des combats d'une esthétique rare. A chaque fois, il a pris l'épée (剑) de ces personnes. Et à chaque fois qu'il raconte le combat, y a des morts, des pluies de feuilles, des pluies de flèches, des chevaux qui courrent, du vent, des gouttes d'eau, des zi (=des caractères chinois). Il semble qu'il gagne les combats à chaque fois, mais, en fait, on s'aperçoit rapidement que ce sont des êtres doués de pouvoirs surnaturels, car ils meurent tous plusieurs fois dans des scènes différentes. Ceci permet au cinéaste d'essayer toutes les couleurs de l'arc en ciel, une sorte de brouillon cinématographique, juste pour voir comment ça rend au grand écran. Mais s'arrêter à des détails comme ceux-ci ne rendrait pas justice à ce film qui montre qu'il y a fort longtemps les chinois avaient bien compris les choses de l'amour. Par exemple - et c'est sur ce point que je ne rejoindrai pas l'analyse un peu "cul béni" de Sieur Kai Ye - après avoir dépucelé une jeune fille (ben oui, les draps ne sont pas mauves, mais rouges), sous l'oeil autoritaire de sa femme qui contrôle que l'opération de décapsulage se déroule correctement, l'homme parfait l'éducation sexuelle de la jeune femelle de la manière la plus exemplaire. A la fin de l'acte, où elle a été visiblement comblée, il lui annonce d'une voix claire - et sans un regard : "Maintenant, tu peux partir." Evidemment, ma traduction est différente de Sieur Kai Ye, mais notre niveau de chinois n'étant pas tout à fait au même niveau, je comprends des finesses linguistiques différentes. Afin que tout le monde puisse goûter cet instant, je vais retranscrire le dialogue de la scène dans son intégralité. Vous pourrez juger par vous-même.

(L'homme se redresse, la jeune femme reste enfouie sous les draps rouges)
L'homme : 你走!(ni zou)
(un instant se passe. La jeune sort la tête des draps, les cheveux tombant de toute leur longueur érotique. Elle est visiblement décidée à remettre le couvert)
L'homme : 走吧! (zou ba)

Bien évidemment, le rapprochement linguistique et trivial que l'on a envie de faire au prime abord entre le "zou" chinois et le "zou" français de notre "allez zou!" est un contresens linguistique total. Le verbe 走 signifie "marcher", mais est utilisé pour signifier "partir". "Ni" est absolument intraduisible en toute autre langue, mais pour faire une approximation imparfaite qu'il désigne la personne à qui on s'adresse, une espèce de "tu, toi". Bref, une notion complexe. L'intonation de la phrase est importante car elle est porteuse de sens et permet de déterminer si l'homme dit :

- Tu peux partir...
- Maintenant (que j'en ai fini avec toi) tu peux partir.
- Tu veux partir ?
- Pars!

A mon sens, dans ce contexte - et la langue chinoise est une langue contextuelle - il énonce le sens de "- Maintenant (que j'en ai fini avec toi) tu peux partir.".

La seconde phrase de deux mots : 走吧! correspond soit à la mise à l'impératif du verbe 走, soit à une invitation. L'intonation est également importante car elle permet de déterminer si l'homme dit :

- Pars!
- Tu as compris ce que je t'ai dit, casse toi!
- Va-t-en!
- Tu pars ?



Dans le contexte d'un dépucelage en bonne et due forme réalisée par un guerrier calligraphe, dans la Chine ancienne, au milieu des steppes, et sous l'oeil sévère de sa femme, il me semble évident qu'il veut simplement dire :

- Tu as compris ce que je t'ai dit, casse toi!

En clair, il lui explique par les faits ce qui l'attendra toute sa vie de femme. Plutôt que de rentrer dans des grandes considérations sur la décroissance des sentiments amoureux de l'homme immédiatement après avoir réalisé l'acte qui maintenait toute sa patience et sa douceur en éveil, comme un fauve guettant sa proie, et qui a fait s'évanouir en elle les hormones de l'amour, il garde cette attitude toute martiale du maître qui montre à son élève un mouvement sans lui expliquer pourquoi. A lui découvrir tout seul. A elle de comprendre toute seule. Il n'y a rien à attendre d'un homme après l'acte sexuel : il ronfle, il est désagréable ou au mieux indifférent à sa compagne qui présente pour lui à cet instant qu'un incombrant paquet avec lequel il va devoir passer du temps. Là, en l'occurence, elle est chanceuse car elle obtient des milliers d'années auparavant ce que toutes les européennes férues de droit de l'homme espèrent entendre un jour, un homme qui leur parle après l'amour, qui leur permettrait d'oublier un instant qu'elles ne sont qu'un outil passager sur le chemin des hormones. Non seulement cet homme lui parle, mais il lui enseigne aussi la philosophie. Et c'est dans cette interprétation toute philosophique de cette scène qu'il faut apprécier le sens du "- Tu as compris ce que je t'ai dit, casse toi!". C'est beau :-)

Je suis heureux d'avoir restitué à cet instant la rigoureuse beauté de ce moment que le Sieur Kai Ye avait tenté de soudoyer avec des considérations d'une nature que je ne saurais rattacher qu'à une extrapolation fallacieuse des droits de l'homme à la femme, au détour d'une interprétation européano centriste, au lieu de reconnaître simplement le droit de l'homme sur la femme tel qu'il est pratiqué depuis la nuit des temps. Ce n'est pas parce que notre société occidentale, sous l'impulsion judéo chrétienne, espère renverser l'ordre établi par la nature qu'il faut cautionner cette idée qui rend malheureuse des milliers de femmes qui croient encore qu'un autre monde est possible. Dieu soit loué, il y a encore des sociétés sur terre qui perpétuent ces traditions. Il était bon que ce fut expliqué

Mémoire d'une geisha

Second moment esthétique de la soirée. Version anglaise, sans sous titre. C'est l'histoire d'une jeune fille qui est vendue à une maison de Geisha et elle est amoureuse d'un type. Le film se déroule à Kyoto. J'ai reconnu des endroits et j'en profite pour faire la pub du quartier des Geishas de Kyoto, un vrai lieu ancien où les maisons traditionnelles sont très jolies. D'ailleurs, si vous aimez les choses anciennes, pour un voyage au Japon prévoyez de 5 à 7 jours à Kyoto. Je n'y suis resté que 4 jours et j'ai passé 3 jours à Tokyo. Si c'était à refaire, je n'irais pas à Tokyo qui m'a paru sans aucun intérêt. Bref. Pardonnez moi cette légère digression... L'homme qu'aime la jeune fille a beaucoup d'aventures avec des jeunes femmes de petites vertus. Et elle attend qu'un jour il la choisisse. Si ça c'est pas de l'amour... Sinon, à part ça, il y a des superbes photographies dans ce film. Merci Sieur Kai Ye ne m'avoir fait découvrir ce film. A part ça, il n'y a pas de détail m'ayant marqué plus particulièrement, hormis que la bouteille de vin était terminée lorsque nous avons démarré ce film.

En fait, cette soirée tentait de répondre à la question : comment l'homme doit exprimer la nature profonde de ses sentiments pour une femme?

Une soirée romantique en soi. Entre deux hommes sensibles qui s'interrogent encore, malgré leur âge avancé, sur le sens du mot "amour". Sortez vos mouchoirs.

Conclusion de notre soirée : une bouteille de vin rouge n'est pas suffisant pour deux films. Avec deux bouteilles, on aurait eu davantage de plaisir.

Romook, même pas vrai que je sens des pieds!

jeudi 8 juin 2006

Mal de tête

News en vrac pour informer tout le monde, mais le temps de Wu Han ne me convient pas du tout et j'ai un mal de tête qui ne cesse pas... Rencontres professionnelles très fructueuses. Mon chinois est très useful. Aujourd'hui, j'ai parlé 5 heures sans interruption. Les choses avancent à la vitesse de l'éclair. Demain, repas au Consultat de France et formalisation des accords avec l'université de Wu Han pour les échanges avec l'université de droit. L'année prochaine, je vais enseigner le droit des contrats au mois de mai dans une école appelé WTO. Ca ressemble à une espèce d'HEC chinois. Unique en Chine. Bref, que du bonheur.

Suis gaoxing (content). Vais faire dodo.

Romyangookalong