Romook, ectoplasme bloguique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 30 avril 2008

Chaud les marrons!

Me voici arrivé depuis maintenant 5 jours en Chine. Contrairement à mon habitude, je ne suis pas très prolixe. Pourtant, j'ai beaucoup moins de travail qu'habituellement. Que se passe-t-il donc? se demandera mon lecteur (et bien souvent ami) inquiet de son Romook. Et bien, j'essaie de me reposer, de lire, d'apprendre des nouvelles choses, de dormir, respirer l'air fleuri, laisser le vent chaud souffler sur mon visage et discuter avec mes amis chinois.

A peine arrivé, j'ai l'occasion de rencontrer l'une de mes connaissances qui m'assaille de question sur l'appréciation française sur le Tibet. J'étais surpris. Tout d'abord, après avoir entendu l'existence de manifestation anti-françaises en Chine (et notamment à Wuhan), j'étais un peu inquiet, je dois le reconnaître. Ensuite, il n'est pas habituel pour un chinois de parler de politique, qui plus est en public (ce qui était le cas) et surtout en chinois... Après avoir exposé brièvement la situation que les reproches adressés au gouvernement chinois par les français, mon interlocuteur commence à m'exposer qu'il est tout à fait d'accord, qu'il trouve que le gouvernement chinois n'est pas correct et qu'il ne comprend pas les manifestations de la jeunesse chinoise qui se fonde uniquement - à ses yeux, c'est lui qui précise - sur un nationalisme exacerbé par une méconnaissance des choses.

Je connais cette personne depuis plusieurs années et, là, je découvre qu'elle a des opinions politiques tranchées. Il est vrai que nous avions plutôt une relation basée sur des échanges relatifs à la vie quotidienne ou l'appréciation des différences culturelles entre l'Europe (en général) et la Chine, ce qui est sa spécialité, sans jamais aborder les questions politiques. Son attitude m'avait vraiment surpris.

Je lui demandais donc si son opinion était partagé par le peuple chinois ou non. Elle m'assura que ce n'était malheureusement pas le cas. Ses amis, qui pourtant ont souvent fait les mêmes études qu'elle (sur les différences culturelles entre peuple), lui avaient si durement reproché son attitude lorsqu'elle avait évoqué une possible désinformation du gouvernement et une manipulation éventuelle de la situation politique qu'ils lui avaient demandé si elle était chinoise... Comprenant que le dialogue n'était pas possible, cette personne s'était donc murée dans un silence persistant avec ses proches et ses amis sur ce type de sujet. J'étais une sorte de havre de paix de discussion. Elle voudrait écrire ce qu'elle pense. Je lui ai répondu que, techniquement, c'était possible sans trop de risque. On va étudier ça.

Je prends l'avion le lendemain pour me rendre à Wuhan. Mon voisin, un ingénieur, engage rapidement la conversation en anglais. Contrairement à mon habitude, je lui réponds en anglais. Je lui indique rapidement que je suis français. Il me répond qu'en ce moment la situation entre les gouvernements chinois et français n'est pas très bonne, mais que les peuples sont toujours amis. Les protestations faites contre Carrefour proviennent simplement du fait qu'il y a des rumeurs selon lesquels les magasins Carrefour auraient donné de l'argent à des indépendantistes tibétains. Les entreprises n'ont pas à faire de la politique, d'où les protestations chinoises. Là encore, je suis un peu surpris de la discussion. C'est peu habituel, en public et d'autant plus avec un inconnu, d'évoquer ce type de sujet.

Il m'indique alors que la Chine a mis en place une façade de démocratie pour que certains bénéficiaires du pouvoir puissent se maintenir au pouvoir. Que ce sont des personnes qui datent d'une génération précédente et qu'il faudrait que ça change avec des jeunes au pouvoir. Seulement la structure du pouvoir ne permet pas ce renouvellement. Ses idées me surprennent, pas tant par leur contenu, que par le fait qu'il les énonce comme s'il parlait d'évidence. Je m'enquiers évidemment de savoir s'il pense être le seul à penser ça. Très clairement, il me répond qu'une petite partie de la classe moyenne pense ces choses. Les riches bénéficiant du système n'ont aucun intérêt à le changer. Les individus des classes sociales défavorisées, quant à eux, bénéficient également d'avantage qui ne les incitent pas à changer le cours des choses. Il doute d'ailleurs qu'ils aient conscience de cette situation.

La discussion se poursuivit sur le problème de l'information en Chine. Le fait qu'il ne peut pas croire les médias car ils sont sous la tutelle du gouvernement. Il a visiblement soif d'information. Je lui donne l'adresse de Wikipédia, comme étant une nouvelle source d'information pour lui, autorisée par le gouvernement chinois depuis une dizaine de jours. Par ailleurs, je lui indique que les grands médias internationaux sont - et ont toujours été à ma connaissance depuis trois ans - accessibles par Internet (New york times, the Guardian). Il en est ravi. Il ne connaissait pas leur existence.

Voilà mon premier compte-rendu culturel chinois. Ses informations sont venues à moi sans que je les cherche. Hier soir, j'ai donné mon premier cours de droit : aucun des étudiants n'a abordé ces thèmes. Ils m'ont accueilli avec beaucoup de chaleur - et je ne doute pas de leur sincérité les ayant déjà eu en cours l'année dernière et sachant que j'en ramènerai 11 avec moi à Lille pour la rentrée universitaire prochaine.

J'ai la sensation que quelque chose a changé, ici, en Chine. Je ne saurais pas dire quoi. J'ai essuyé des regards lourds depuis mon arrivée. Les "hello!" qui fusaient normalement de toutes parts ont disparu. Je crois bien que deux civilisations se sont bien dressées l'une contre l'autre. Avec leurs incompréhensions mutuelles et leur incapacité à communiquer l'une avec l'autre. Le seul point commun est sûrement celui que chacune est sûre d'avoir raison.

Romook, point de vue de Chine

dimanche 27 avril 2008

Wikipedia accessible en Chine

Depuis la première fois depuis trois ans que je vais en Chine, le site internet Wikipedia est accessible. Initialement, son blocage était mis en place par les autorités chinoises pour promouvoir un site équivalent en chinois avais-je entendu. Une sorte de concurrence déloyale organisée en quelque sorte. Aujourd'hui, le fait est que le site internet est accessible en partie (notamment les pages sur le Tibet en français, mais pas en anglais).

Quel plaisir.

Romook, une brève

mercredi 9 avril 2008

Aujourd'hui, je commente...

Dans ma pause écriture, je ne peux m'empêcher d'aller lire autrui. Alors je poste des commentaires en forme de billet sur : "Comment peut-on être chinois?". Comme je suis fainéant , je vous laisse vous rendre sur ce billet haut en couleurs.

Romook, un fainéant averti en vaut deux