Romook, ectoplasme bloguique

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lundi 31 mars 2008

Promenade dans Beijing

Hier après-midi, après avoir déjeuné dans mon restaurant japonais préféré (un comble : je n'ai été qu'au restaurant japonais lorsque j'étais à Beijing, mais ça tient en fait à la manière de concevoir le repas en Chine au restaurant. Seul il y a trop de choses à manger), je suis sorti voulant profiter du soleil pour faire des photos. Direction XiDan ShuDian. Là, déjà, ça coince. Il est 13h30, me voici parti dans une librairie : la grande librairie. La plus grande de Chine, presqu'aussi grande que le Furet du Nord à Lille.

Il faut, en effet, que je confesse que je suis un rat de librairie. Impossible de me lâcher dans une ville sans que j'entre dans la première que je croise et ressorte pourvu de tout un tas de livres. Là, techniquement, c'est plus difficile : le poids des bagages. Je passe dans le rayon des livres d'art. Ça fait longtemps que je ne me suis pas rincé l'œil dans la calligraphie. Puis, de livre en livre, me voici dans le rayon "Art". O mon Dieu! Comment résister! Des livres d'art, par tonnes, d'une grande qualité à partir de 1,5 euros pièces jusqu'à 5 euros pour le plus cher... J'ai craqué. J'en ai pris quelques livres, à probablement 10 euros le kilo. Mettez m'en pour 40 euros. Les plus beaux, je les ai pris en double pour offrir à mon ami Yogi Tougoudou, qui y trouvera des sources d'inspiration c'est certain, et même en triple espérant refaire retomber dans le dessin mon amie Karo. Retour à l'hôtel.

Les pinceaux, c'est mon autre truc. En Chine, ils sont d'une très grande qualité pour un prix défiant toute concurrence. Je pars à LiuLiChang (pas le meilleur moyen d'avoir des bons prix, mais on y trouve parfois - rarement - des pinceaux rares). Manque de bol, le chauffeur de taxi ne comprend/connaît pas et me conduit à l'autre bout de la ville. Il me débarque dans un quartier que je n'avais jamais vu. La lumière du soleil commençait à tomber. Je rentre dans une galerie de calligraphie contemporaine. Magnifique. Faut que je m'y remette.

Je décide de retourner vers mon ancienne université. Là, il y a un marché dans lequel je peux me pourvoir en matériel pinceaux en tout genre - et vu que je suis bon client : j'ai des prix (des prix sur des prix!). Coup de fil à ma superbe prof de lecture. Nous dînerons ensemble. Quelques pinceaux, mp3 et adaptateurs électriques plus tard, il fait complètement nuit. Il faut aller dîner. Nous rentrons à mon hôtel pour des raisons de commodité (faut quand même préparer les bagages). Dîner arrosé sympathique.

Elle repart en taxi après que nous nous soyons donné en spectacle pour celui-ci. J'ai oublié de lui donner l'argent du taxi au restaurant, comme un idiot. Je lui avais promis de lui payer le taxi (4 euros) pour qu'elle retourne chez elle. Je lui ai donné sur le trottoir, en public. Elle a refusé. S'en est suivi 5 bonnes minutes à se donner et rendre l'argent. J'ai gagné en courant après le taxi et jetant l'argent à l'intérieur du taxi qui roulait par le biais de la porte du passager. Normalement, c'est comme ça pour le paiement de la note du restaurant à chaque fois entre les hommes. Là, j'ai compris que trop tard (après son départ) que probablement j'étais en train de la faire passer pour une femme de petite vertu aux yeux du public. C'était un dîner assez arrosé, rappelons-le.

Résultat : des bagages lourds et aucune photo, mais quelle belle journée. Bon, allez, j'ai mon avion qui décolle dans trois heures. J'y vais. Probablement une participation tardive au sablier de Kozlika (je serai à Lille vers 18 heures). Mais là, ce matin, je séchais complètement. Peut-être dans l'avion...

Romook, Beijing, 6h15, sur le départ : minuit et quart pour vous.

mardi 4 mars 2008

La soupe aux oignons

Trois jours dans une ville où il a floconné un peu aujourd'hui. Trois jours qui passent vite, mais où les soirées paraissent interminables. La première fois que je suis venu, on m'avait dit que c'était une ville presque morte. 100 000 habitants environ, d'après les données démographiques, je me dis que ça doit bouger un peu (quand même). J'arrivais un dimanche soir dans l'hôtel et la ville était déserte. Je ne m'inquiétais pas outre mesure, Lille est beaucoup plus grande et reste très peu active le dimanche (disons que l'activité humaine se densifie dans certains quartiers et laisse place à beaucoup de vide dans d'autres habituellement plus animés).

Le lundi soir, après six heures de cours sur le droit anglais, je partais à la recherche d'un resto (resto du soir, espoir dit le proverbe). Je rencontrais alors des bars vides où, première fois que je voyais ça, des barmans était seul dans leur bar, sans musique. Pourquoi ouvrir dans de telles conditions? Mais bon, je m'étais vite ravisé : lundi soir, 19h30, pas trop de vie, c'était normal. Je rentrais alors dans une pizzeria, vide. L'ambiance était presque chaleureuse, sans musique, sans personne dans la salle hormis moi. Je me risquais à demander si c'était ouvert. "Vous êtes entré, non ?! Donc, ça doit être ouvert." Bonne ambiance.

Je ne m'attardais pas le repas terminé et rentrais vite dans le cocon de ma chambre d'hôtel. En passant à la réception, je me hasardé à une question qui, avec le recul, me paraît maintenant frisée l'outrecuidance la plus absolue : Il est où le quartier sympa dans la ville ? L'endroit où ça bouge un peu? La réponse fût sans appel : En semaine, il n'y a rien. Faut attendre vendredi. Encourageant.

Le lendemain, je prenais attache avec des personnes que je connaissais et qui étaient à une heure de route de là. Ca peut paraître loin (trois heures aller - retour), mais plutôt que d'avoir l'impression que vous êtes dans une ville où quand vous cherchez un resto, les habitants vous guettent derrière leur fenêtre et sont prêts à appeler la police car il y a un individu qui vagabonde dans les rues, seul, croyez-moi, ça occupe le temps - et vous passez en plus une bonne soirée.

Quatre ans plus tard, j'arrive à mieux organiser mon temps et j'ai repréré quelques restos sympa. Je prévois toujours des trucs à faire : j'ai le temps. Aujourd'hui, j'ai fait des blitz à l'heure du midi avec deux joueurs d'échecs rencontrés sur Facebook. C'était inattendu et super (en plus, y avait un ch'ti mi expatrié). Hier soir, j'étais chez un ami et on a déconné sur les femmes (normal, on était entre hommes). Ayant réservé mon hôtel trop tard, tous les hôtels étaient pleins. Résultat : j'ai une chambre familiale avec un lit "King Size". Un must, me direz-vous, quand on dort seul. Sauf quand il fait froid. C'est un autre débât.

Je suis allé dîner seul. Petit menu sympa avec mon bouquin sur les remedies. En entrée, je choisis la soupe à l'oignon. Mon ami me demande, via sms, si je vais bien. Je lui indique que mon repas prend une tournure solitaire. Comme dirait mon cousin, les oignons, c'est bien, mais ça fait péter. Ainsi, pour justifier ma solitude de manière gombrowiczéenne, je me décide à manger quelque chose qui me met dans une situation telle que je ne pourrai pas être en société. Ainsi, je péterai seul, en solitaire, sans mauvaise conscience.

Mon ami me répond que j'ai bien raison de vouloir tester l'acoustique de ma grande chambre. Je lui rétorque tout aussi net qu'il s'agit également d'en éprouver les distances. On a beau être le producteur des effluves malodorantes, on n'en reste pas moins un être qui peut souffrir de ces incommodités. Ainsi, je rentabiliserai le King size en voyageant d'un bord à l'autre en espérant que le méthane ne m'endorme pas à tout jamais.

Romook, un masque à gaz à la main (pour le moment)