Romook, ectoplasme bloguique

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lundi 21 janvier 2008

Demain, nulle part dans le monde

Une fois n'est pas coutume, je vais vous annoncer un changement dans ma vie personnelle. D'une part, parce que ce changement est automatique et je ne peux pas lutter contre l'inéluctable, je serai donc humble devant l'évènement : une fois n'est pas coutume. D'autre part, cette situation met fin à une période d'une année assez difficile sur le plan psychologique parce que ça ne tombait pas rond.

J'en vois déjà qui froncent les sourcils... Oui, oui, j'ai bien écrit "qui ne tombait pas rond". Le seul moyen pour que ça ne tombe pas rond, et bien c'est que ce soit un nombre premier... Voilà, vous commencez à comprendre? Je dois développer plus en détail ? Ok, je continue. Il y a à peu près un an, je passais d'un état de calme, de tranquilité et de sérénité à un nouvel état fait de "rien". Oui, car c'est que m'a fait la quasi-totalité de l'année 2007 puisque je n'ai jamais réussi à trouver correctement, du premier coup, la réponse à "quel âge as-tu?".

L'année dernière, j'ai eu 31 ans. Pendant un an, j'ai trouvé que cet âge n'avait pas d'allure. Quand on répond "j'ai 30 ans" et bien, dans le regards des autres, on débute la trentaine, on est installé dans la vie (plus ou moins). Bref, pas mal de rêve ne se réaliseront plus : on commence à être "réaliste et responsable" (c'est-à-dire que l'on adopte le pessimisme raisonnable des adultes qui n'ont plus vraiment envie que les choses changent car ils se sont installés dans leurs habitudes...). Dès lors, on inspire beaucoup plus le respect à ses aînés. En effet, à la différence d'eux, il y a encore l'espoir de réaliser une brillante carrière.

Mais, quand on a 31 ans, ce n'est pas pareil. Ca n'inspire rien à personne. Ni aux femmes, ni aux hommes. 31 ans, c'est l'âge fantôme. Celui où on a tout dit sur le jeune trentenaire de l'année précédente, mais qui n'est finalement pas assez installé dans la trentaine pour pouvoir être vraiment respectable. Bref, 31 ans, comme dirait ma grand-mère, "ça ne ressemble à rien."

J'oserai sur ce point la contredire, car s'il est un âge qui ressemble également à rien, c'est celui de 13 ans. Curieusement, il s'agit également d'un nombre premier. Plus étonnant encore, il est composé des mêmes chiffres que 31, à savoir 1 et 3 (He! Romook, faut pas prendre tes lecteurs pour des débiles!). Je pose donc le postulat suivant : "tout âge qui correspond à un nombre premier ne ressemble à rien." Vous connaissez ma pugnacité en matière de démonstration, nous allons donc essayer de démontrer ce postulat.

Tout d'abord, il faut agir avec méthode - l'épistémologie, la science noble de toutes les sciences, nous enseigne qu'il faut construire ses hypothèses de travail avec soins - le lecteur, tout à la fois attentif et soucieux de l'objectivité de ma proposition, aura d'emblée relevé que le postulat pourrait se formuler de la manière suivante : "tout âge composé des chiffres 1 et 3 ne ressemble à rien." Or, il n'y a que les âges de 13 ans, 31 ans, 113 ans et 131 ans qui sont visés. La catégorie est toute petite (dans un souci de simplication, contestable j'en ai bien conscience, on négligera les forces temporelles agissantes sur la personne au delà de 131 ans). Et surtout, il existe l'âge de 113 ans qui est très respectable.

On se limitera à étudier (délimitation du champ de recherche, méthode de l'entonnoir) les nombres qui correspondent à cette double limite : l'âge de 100 ans que l'on prendra comme limite acceptable et le fait que ce soit un nombre premier. Par ailleurs, on ne tiendra pas compte du sexe de la personne pour éviter de prendre en considération les résultats du Docteur Karen Weatherby qui ont permis de mettre en évidence le fait qu'un homme qui regarde la poitrine des femmes pendant trente minutes par jour (si elles sont bien garnies a priori) allongerait son espérance de vie (il s'agit d'une force négligeable). D'ailleurs, cette étude m'inquiète car je suis plutôt attirer par les fesses que je regarde régulièrement et

Ainsi, les nombres à considérer correspondent à cette liste :

2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, 97

On peut adopter un raisonnement par récurrence. Les conditions du raisonnement par récurrence sont, je le rappelle, tout d'abord, avoir un raisonnement sur une proposition. C'est bien le cas en l'espère. Ensuite, il faut qu'elle soit vraie pour l'entier le plus petit. Enfin, il faut démontrer que si on a une proposition vraie contenant un des entiers, automatiquement, par un raisonnement, on aboutit à la conclusion qu'elle est également vraie également pour l'entier suivant (méthode de l'induction, on parle aussi de raisonnement héréditaire). Dans ces conditions, le raisonnement est valable pour tous les entiers et tout est démontré. Allons-y.

2 est un nombre premier. Est-ce que cet âge-là ressemble à rien ?

Il paraît indéniable que, du strict point de vue psychologique de l'enfant, la notion du temps n'étant pas parfaitement établie, il n'a pas conscience de ce que signifie avoir deux ans plutôt que quatre ou huit. Pour les parents, maintenant, qu'en est-il? Un enfant de deux ans a-t-il un poid supérieur dans leur coeur plutôt que s'il en avait dix ou vingt ans : assurément non! L'amour est un sentiment qui ne se réduit pas à l'âge et, de ce fait, 2 ans ne représentent pas plus, ou moins, d'amour que trois ou quatre dans les yeux des parents (en amour, on ne compte pas). Qu'en est-il du reste de la société ? Cette dernière diverge dans son appréciation puisqu'elle utilise à la fois l'expression 24 mois et celle de deux ans. Etant imprécise quant à la dénomination qu'elle entend utiliser, c'est bien la preuve qu'elle n'en a rien à faire. De tout ce qui précède, il paraît évident d'affirmer que pour le nombre premier 2, la proposition est vraie.

Plus difficile maintenant, il faut prouver que l'on avait un nombre premier (comme âge) qui, par hypothèse ne ressemblait à rien, entraîne automatiquement que l'âge (en nombre premier) suivant ne ressemble à rien lui aussi.

Tout d'abord, il faut remarquer que l'année pendant laquelle il y a un âge "sans goût, sans saveur", qui ne fait frémir personne, et rapidement suivi d'un âge qui va être respecté par soi ou par les tiers. J'en vois quelques enfants terribles qui me disent qu'il y a un contre-exemple... Mais non, dans le cas du passage de 2 à 3 ans, l'âge psychologique de l'enfant ne change rien et ce n'est qu'à quatre ans qu'il va commencer à exprimer sa satisfaction d'être grand ou petit par rapport aux autres, ce qui correspond très exactement à un âge qui ressemble à quelque chose. Ainsi, il paraît clair qu'entre deux âges qui ne ressemblent à rien, il existe toujours une période pendant laquelle les choses ont psychologiquement un poid que ce soit chez les uns ou chez les autres. Dans ces conditions, comment expliquer le craquement psychologique relatif à des nombres?

Tout d'abord notre système métrique basé sur le nombre dix en est responsable. En effet, avoir treize ans en base treize serait un grand moment puisqu'il correspondrait au passage de la dizaine dans notre système métrique. Comme quoi, tout est relatif... Par ailleurs, certains nombres correspondent à des étapes de la vie (14/15/16 ans : perte de la virginité, premier grand amour et autres trucs importants, 18 ans : majorité, 25 ans : Sainte Catherine...). Bref, tout autant de choses qui font que les moments sont vécus plus intensément dès lors que l'on se rapproche d'un âge où il va se passer quelque chose.

On peut donc en déduire que s'il existe bien une période pendant laquelle il se passe quelque chose dans la vie, entre deux âges en nombre premier, il faut bien qu'il y ait des temps de relaxation psychologique. Or, les nombres premiers sont des nombres sur lesquels on travaille peu, à moins de faire une carrière mathématique spécialisée dans ce domaine, ils constituent donc un choix idéal pour l'esprit qui, pour une fois, se retrouve dans un territoire numérique quasi-inconnu.

En conséquence, si un âge en nombre premier est bien un état de repos psychologique qui se traduit par un vague sentiment d'inutilité et de non-représentation, il apparaît clairement au vu de ce qui précède que l'âge immédiatement suivant en nombre premier induit le même sentiment.

De là, on peut en déduire que le postulat "tout âge qui correspond à un nombre premier ne ressemble à rien." étant vraie pour n=2 et que la proposition vraie pour n entraîne le fait que la proposition est vraie pour n' (n' étant le nombre qui suit immédiatement n dans la liste de notre champ de recherche), alors cette proposition est vraie pour tout nombre appartenant à la liste 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, 97.

CQFD.

Ainsi, il s'agit d'un théorème, démontré par récurrence. Reformulons le, "Pour tout âge inférieur à 100 ans, tout âge qui correspond à un nombre premier ne ressemble à rien." J'appelerai ce théorème, le théorème de Romook.

Pour qu'un théorème soit intéressant, il faut qu'il y ait des répercussions. Je propose donc qu'une loi soit passée pour qu'il y ait une prise en charge psychologique, remboursée par la Sécurité Sociale, pour toutes les personnes qui passeront le cap difficile de ces âges-là. Vous constaterez que j'oeuvre dans un état d'esprit désintéressé puisque demain, j'aurais 32 ans. Je serai installé dans la trentaine. Rien à voir avec l'âge de 31 ans.

Inutile de me demander de garder les pieds sur terre, demain ce ne sera pas possible. En effet, demain mon avion décollera de Beijing et arrivera en France vers 17h00 environ (heure française). Je passerai donc la majeure partie du temps les jambes et la tête en l'air, nulle part dans le monde. Je traverserai successivement les pays de Chine, Mongolie, Russie, Pologne, Allemagne, Belgique et le Nord-pas de calais avant d'atterrir à Paris. Quand on me demandera "où étais-tu pour ton anniversaire ? Je répondrai indifféremment : en transit ou nulle part, ce qui correspondra à la très exacte réalité des choses. C'est un privilège magnifique que j'ai là.

J'espère qu'Air France va me faire cadeau d'ailleurs, à l'occasion de mon anniversaire, de mon excédent de bagage.

Romook, bientôt sorti du tunnel

samedi 5 janvier 2008

Bien arrivé...

Chers lecteurs impatients, je vous informe, presque minute par minute, de l'évolution de ma vie grâce à ce blog international.

Je vous avais promis de vous livrer un petit morceau du libraire avant ce soir minuit (de votre heure locale bien sûr). Hier soir (enfin mon hier soir, pour vous, c'est toujours votre aujourd'hui), après un repas rapide, je décidais que j'étais trop fatigué pour rédiger quelque chose de correct et suis allé me coucher. Mais maintenant, voilà, je suis réveillé et je travaille sur le "vieux libraire". Donc, probablement, ce soir (de votre aujourd'hui qui est aujourd'hui mon demain, mais je peux aussi dire aujourd'hui car c'est vrai aussi, mais le matin), avant minuit (de votre minuit, sinon j'aurais dit demain, de votre demain c'est-à-dire de mon aujourd'hui), vous en aurez un morceau...

Pour vous faire patienter, un intermède photographique : Aurore sur la Mongolie enneigée.



Voilà, j'espère que j'ai été clair.

Romook, La fuite du temps