La loi du 3 avril 1955 a été déterrée... Que peut-on penser de la presse étrangère qui fustige cette disposition permettant d'instaurer un couvre-feu? "On ne tire pas sur une mouche avec un bazooka". Bien sûr, cette remarque est fort judicieuse... Néanmoins, totalement inappropriée à mon sens. Le gouvernement a choisi de mettre en oeuvre une voie relativement pacifique. Les principales mesures de cette loi étant la possibilité d'instaurer un couvre-feu par le préfet pendant 12 jours. Dès lors que les affrontements ont lieu la nuit, l'impossibilité pour quiconque de sortir à partir d'une certaine heure, dans les zones qui auront été spécialement délimitées par les préfets, devrait avoir pour effet de permettre un retour au calme rapidement, sans affrontement entre les forces de l'ordre et les émeutiers.

Ce journaliste aurait-il préféré que l'armée soit envoyée ? Qu'il y ait des affrontements violents ? Le manque de bon sens de la remarque du journaliste a pour corollaire son désir de voir les affrontements perdurés.

Le fait de sortir pendant le couvre-feu sera une infraction punissable de deux mois d'emprisonnement et d'une amende pouvant aller jusqu'à 3750 euros d'amende. Ainsi, on évitera d'avoir des relaxes dues à l'impossibilité de caractériser les infractions des individus pour des faits commis en bande, de nuit.

S'il y a un message à faire passer, il est important qu'ils utilisent les voies de droit existantes. Le travail associatif, qui n'a peut être pas été suffisamment pris en compte par les gouvernements successifs, est un moyen de faire entendre sa voix. Le fait de faire respecter ses droits est également un moyen d'affirmer son identité dans un Etat comme le nôtre qui ne fait pas de ségrégation entre les français.

Pour connaître ses droits, il y a des personnes, oeuvrant sur le terrain, qui apporte une aide intellectuelle et morale. Ces émeutes sont-elles le résultat d'un travail qui a été mal perçu, mal entendu, mal accueilli ?

Après les grèves de 1936, les syndicats ont été pris au sérieux.
Après les émeutes de 2005, les associations auront-elles plus de légitimité ?

Va-t-on repenser également la politique urbaine ? La création de logements sociaux en des grands ensembles immobiliers est également une source de ces émeutes. Plutôt que de dépenser de l'argent à faire construire ces logements sociaux, pourquoi l'Etat n'achète-il pas des appartements dans des ensembles qui mêleraient des logements sociaux en minorité et des appartements détenus par des personnes privées ? Cela permettrait de faire fonctionner l'intégration dans les deux sens. D'une part, les bénéficiaires des logement sociaux pourront se sentir plus intégrés. D'autre part, le regard porté par les français, qui sont inclus dans le système, pourraient évoluer sur ces personnes qui sont parfois stigmatisées par des préjugés. Une double éducation des français, les "exclus" et les "intégrés", serait le ferment d'une cohésion sociale qui doit apparaître un jour si on ne veut pas se retrouver dans des situations extrêmes à long terme. Par ailleurs, une telle proximité serait d'autant plus souhaitable que cela aurait, à mon sens et c'est mon intuition qui me le dit, un effet bénéfique sur l'éducation et la scolarisation de ces enfants parfois rapidement marginalisés dans notre système scolaire.

Mais bon, personne ne détient la vérité et nulle part à ma connaissance, il n'existe de lieu où l'on peut se permettre de prétendre avoir résolu ce type de problème.

La recherche d'une solution est toujours difficile : les préjugés sont forts, les idées sont abstraites, les problèmes sont concrets.

A quand la fée clochette pour les cités ?

Romook, point de vue d'un humble citoyen