Romook, ectoplasme bloguique

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mercredi 14 janvier 2015

... Pour Charlie!

Suce Sus pour Charlie!



Merci à Binook pour cette aimable autorisation de publier.

Romook, amateur d'art

mardi 11 janvier 2011

Enlèvement et coca spermicide

News (toujours) fraîches en direct du front :

Enlèvement d'étudiant

Je fais ma pause à 9h30, dans les bureaux de l'administration (ceux du karaoké). Grande émulation. J'avais emmené "Le royaume des devins" que je voulais terminer (quel livre super! Je ne connaissais pas Clive Barker, mais je vous le recommande si vous aimez les livres fantastiques)... J'avais jamais vu une telle agitation. Ça discutait tellement vite en chinois autour de moi que je ne comprenais rien. Une enseignante française présente sur les lieux avant que je n'arrive m'expliqua la situation : un étudiant a été enlevé.

Ma première réaction a été d'abord de vouloir sourire de cette situation que je trouvais extraordinaire, mais je me suis vite ravisé en pensant aux conséquences. Les informations affluaient en désordre : le père du garçon aurait reçu un coup de téléphone d'un homme indiquant qu'il avait enlevé son fils et demandant une rançon en échange. En fond sonore, le père entendait quelqu'un qui criait : "papa! papa!"... On m'informa donc qu'en Chine il arrive souvent que des demandes de rançon soient demandées aux parents d'enfants étudiants. En fait, l'agitation autour de moi ne correspondait pas à l'urgence de la situation, mais simplement à la mise en branle de la procédure habituelle : localiser l'étudiant.

Les parents reçoivent visiblement les demandes de rançon lorsque l'enfant est en cours. De ce fait, il ne peut pas - en théorie - répondre à son téléphone portable. Ce faisant, je peux attester que c'est faux. Tout comme en France, les échanges de sms pendant les heures de cours sont perpétuels. Dans notre cas, après vérification du personnel de l'administration, l'étudiant n'était effectivement pas en classe. L'agitation était donc maximale. Pour une fois, cela ne semblait pas être une alerte à la bombe tarte à la crème. Néanmoins, pour une raison ignorée de l'administration, ce dernier était simplement rentré dans sa chambre (au sein de la faculté) pendant les cours. Lorsqu'ils ont procédé à cette vérification, ils l'ont donc retrouvé, tout sourire... Encore une fausse alerte. Bilan : ma pause s'est terminée sur une bonne nouvelle, si ce n'est que je n'avais pas lu une page de mon livre. Les parents en Chine ont un super filon pour faire vérifier que leur enfant est bien en cours.

Coca cola spermicide

Ce midi, je déjeunais avec deux étudiantes. Elles ont toutes les deux 20 ans et ont toutes les deux un petit ami. L'une d'entre elles m'indiqua que, pour moi (Romook), ce ne sont pas des petits amis. Ne voyant pas où elle voulait en venir, je lui demandais d'expliquer mieux sa pensée. Elle m'annonça alors qu'un enseignant français qu'elle avait rencontré lui avait dit que, s'il n'y avait pas de relations sexuelles, on ne pouvait pas parler de "petit ami." Bon. Les hostilités étaient déclenchées. C'était parti pour une heure de discussion sur le thème de l'amour en Chine.

Nous devisions donc gaiement des différences culturelles jusqu'au moment où, me resservant du coca chaud au gingembre (faîtes chauffer du coca avec des rondelles de gingembre, c'est délicieux), les deux étudiantes se mirent à pouffer de rire. Hmm. Je leur demandais de m'expliquer leurs comportements : le coca cola diminue les "capacités" de l'homme. Hein? Je leur demandais plus d'explications. Elles m'annoncèrent que tout le monde savait, en Chine, que les hommes qui buvaient du coca avaient des moins bonnes performances sur un plan sexuel. Bien que n'étant pas particulièrement cocacolaïnomane, je leur indiquais immédiatement qu'il me semblait que cette information était fausse. Elles m'annonçaient que ce sont des études scientifiques qui l'ont prouvé et qu'elles ont lu ça sur les sites internet en Chine.

Je ne voyais évidemment pas quel pouvait être le lien entre la vigueur masculine et le coca. L'une d'entre elles m'annonça alors qu'il ne s'agissait pas de vigueur, mais d'efficacité en terme de reproduction (quantité de sperme). Bon. Là je séchais, mais connaissant la composition du coca (des milliers de kilomètres de course à pieds ça forge une forme d'intérêt scientifique pour des questions du genre : "quel est la composition chimique du coca?"), je ne vois pas comment il pourrait y avoir une influence entre le sperme et le coca, sur le long terme (ni même à court terme d'ailleurs). A ce moment-là, le repas s'achevait.

Recherches faites sur Internet, je constate qu'une équipe danoise aurait mis en évidence une moindre qualité du sperme chez des hommes buvant plus d'un litre de coca par jour. Mais il semblerait que cette absorption quotidienne s'accompagne également d'un style de vie et d'une alimentation déséquilibrés. Bref, le coca serait plutôt un point commun que le coupable. En revanche, le coca semble être un excellent spermicide et pourrait même aller jusqu'à tuer le virus du sida. Prenons cette information avec des pincettes, d'autant plus que je ne vois pas comment aller vider une bouteille de coca entre les jambes d'une femme, juste après avoir fait l'amour, sous prétexte de lui éviter d'être enceinte. Et encore moins comment lui expliquer que si elle se remplit le vagin de coca avant de baiser, ça lui évitera de prendre la pilule...

Romook, reporter scientifique

lundi 10 janvier 2011

Froid, étudiantes, administration : un cocktail de Chine

Pêle-mêle en direct du front, voici quelques news fraîches.

Froid

A Wuhan, il fait froid. C'est l'hiver, jusque là, rien d'anormal. Sauf que je fais 6 heures de cours par jour. Vous ne voyez pas le rapport ? Pourtant... Imaginez être enseignant, faisant cours en Chine lorsqu'à l'extérieur il y a du vent et -3°C... Et que la salle de cours n'est presque pas chauffé. Au bout de 4 heures de cours, il doit faire pas loin de 12°C. Donc, vous faîtes cours avec votre écharpe, votre manteau et les étudiants sont calfeutrés jusqu'à ne plus voir ni leurs yeux, ni leurs oreilles. Entre 12h30 et 14h, vous avez une pause bien mérité au restaurant, lequel est aussi chauffé que la salle de cours. Mais avec le va et vient des clients, le froid s'engouffre dans le restaurant et vous laisse un baiser glacé. Ensuite, vous retournez en cours où la température est complètement redescendue. Heureusement, celle de l'extérieur est remontée. Vous débutez votre cours à 2°C et vous le terminerai deux heures plus tard à 10°C. Puis, direction l'hôtel où votre chambre à 18°C ne vous permet pas de vous réchauffer.Au petit matin, le chauffage à fond toute la nuit, vous avez réussi à vous réchauffer (en dormant habillé avec une couette), il fait 21°C dans la chambre. Alleluiiia! C'est l'heure d'aller faire cours.

Etudiantes

Dans la salle de classe, on voit des choses que l'on ne verrait pas ailleurs. L'une de mes étudiantes a glissé l'une de ses mains dans l'entrecuisse de sa voisine. Lorsque je m'en aperçois, je suis un peu interloqué.

"Elle a froid monsieur, je la réchauffe.
- Oui, je vois ça.
- C'est l'endroit que j'ai le plus chaud vous savez.
- Je n'en doute pas un instant."

Pour ceux qui sont déjà en train de rigoler sous cape, je rappelle que mon étudiante a 20 ans. A cet âge-là, en Chine, on a des crayons "Hello Kity", une trousse rose bonbon et un bonnet en tête de lapin avec des oreilles sur la tête (c'est bientôt l'année du lapin). Sa phrase est donc à prendre à un innocent premier degré (s'il y en avait un en dessous, c'est celui-là qu'il faudrait choisir). Je pense qu'elle ne sait même pas que cet endroit peut réchauffer autre chose que des mains. Et là, aussi désespérant que cela puisse être, je ne travestis pas la réalité, c'est suffisamment dramatique comme ça.

Administration

A la pause, je viens me réchauffer dans les bureaux de l'administration. Il doit faire un bon 20°C. Suffisamment chaud pour que l'on ouvre une fenêtre pour donner de l'air frais. Résultat : ils ont tous leurs manteaux sur le dos. Le bureau est un open space, dont la séparation avec le couloir est une grande vitre géante qui fait office de mur. 4 mètres de large sur 2,2 mètres de hauteur. Pendant je longe cette vitre, je vois la totalité des membres (7 personnes) du bureau regroupés derrière un ordinateur (soit engonssés sur un mètre carré), musique à fond, en train de chanter. En France, il y a des pauses café, ici, c'est la pause Karaoké. Y a pas à dire, ça réchauffe l'atmosphère.

Comme dirait feu mon ami Kai Ye, "j'adore ce pays".

Romook, entre rires et larmes

jeudi 25 mars 2010

Exhortation citoyenne

"Ne vous fâchez point, je vous en conjure, si je vous dis la vérité. Non, quiconque voudra lutter franchement contre les passions d'un peuple, celui d'Athènes, ou tout autre peuple; quiconque voudra empêcher qu'il ne se commette rien d'injuste ou d'illégal dans un Etat ne le fera jamais impunément. Il faut de toute nécessité que celui qui veut combattre pour la justice, s'il veut vivre quelque temps, demeure simple particulier, et ne prenne aucune part au gouvernement. Je puis vous en donner des preuves incontestables, et ce ne seront pas des raisonnements, mais ce qui a bien plus d'autorité auprès de vous, des faits."

Platon, Apologie de Socrate, 32a

vendredi 20 mars 2009

Le printemps est là

Chers lecteurs, chères lectrices,

Voilà maintenant plusieurs semaines que le come-back est annoncé... Voilà plusieurs semaines que j'entretiens à ce sujet un suspens tout aussi hâletant que l'improbable arrivée de Paul Prébois dans "Sébastien, c'est fou"... Bref, il est temps que ce blog, à la dérive numérique depuis trops longtemps, soit repris en main. Je ne vous fais pas de promesse à la légère. Je vais juste essayer de reprendre un rythme de croisière naturel...

Pour commencer, reprenant l'esprit originel de ce blog, je vais vous prouver que le printemps est bien revenu, en ces jours ensoleillés.



Je vous l'avais dit que ça finirait par arriver...

Romook, la sève qui monte...

lundi 23 février 2009

Le printemps revient ! (sous-titre polonais : Wiosna wraca !)

NB : Jest polska czytelniczka przeto mogę użytkować polski. Jest dobry ćwiczenie. Anieszka może być zadowolona : jest napisy :-)

Depuis quelques semaines, j'étais troublé par l'hiver qui ne finissait pas. Je désespérais de voir, dans ma salle de bain, mon porte-serviettes sans vie, sans activité. Il faut dire que, sans femme à mes côtés, tout paraissait plus froid, plus désert. Jugez-en par vous-même :

Sous-titres : W ostatnich tygodniach byłem smutnych przez zimę, że nie ostatecznie. Byłem zdesperowanych aby zobaczyć, w mojej łazience, mój wieszak na ręcznik wolnego życia, bez działalności. Należy stwierdzić, że kobieta nie przez mego boku, wszystko wydawało się chłodniejsze, bardziej pustyni. Widz dla siebie:



Ce matin, je me réveille et je me rends compte que mon porte-serviette a bourgeonné. Il semblerait donc que la vie me sourit à nouveau et que les émois de cette période hivernale se soient envolés. Il y a des indices qui ne trompent pas.

Sous-titres : Ten obudził, budzię i widzię że moje wieszak na ręcznik ma pączeky. Dlatego wydaje się, że życie uśmiecha się do mnie ponownie i emocje tej zimy mają górę. Istnieją wskazania, że nie kłamię.


Dans moins d'une semaine, je serai de nouveau en Chine. J'espère bien en revenir indemne. Dans tous les cas, mon blog se remplira de nouvelles feuilles pendant cette période là, preuve que le printemps est bien revenu...

Sous-titres : W jeden tydzień, będę z powrotem w Chinach. Mam nadzieję, że wróci bez szwanku. W każdym razie, mój blog jest pełna nowych liści w tym okresie jest dowód na to, że wiosną znowu ...

Romook, de nouveau sur pieds

samedi 17 janvier 2009

Rien n'est impossible en Chine

Mardi, muni de mes fichiers informatiques contenant mes futures cartes de visite, je me rends chez un petit imprimeur en qui j'ai toute confiance car j'ai déjà travaillé avec lui. Je lui donne les fichiers et, quelques trente minutes d'explication plus tard, je le quitte, songeur, en espérant que mes cartes de visite seront prêtes pour le jeudi. Je partais de Wuhan le samedi matin à 6h45, inutile de penser lui donner un délai supplémentaire.

Le jeudi à 15h30, coup de téléphone. Les cartes de visites ne sont pas faîtes car il ne peut pas les imprimer : c'est en anglais. "Mais, monsieur, je ne vois pas le rapport. Vous m'en avez déjà imprimées qui étaient en anglais! - Non, non, pas pareil, pas pareil." Force est de constater que les autres fois, j'avais eu affaire à sa femme qui semblait beaucoup plus dégourdie que lui. Je lui demande s'il a une solution de rechange, il me dit que oui. Ouf, je suis sauvé. J'arrive alors à sa boutique (16h15) et il me rend mon argent. C'était ça la solution de rechange. Je lui demande où je peux en faire imprimer d'autres : "Je ne sais pas."

Je monte dans un taxi. "Bonjour, vous allez où? - Je ne sais pas. Vous pouvez me conduire chez un imprimeur qui fait des belles cartes de visite ?" Le premier chauffeur me répond que ce n'est pas possible car il vient de l'autre côté de la ville et il ne connaît pas ce quartier. L'autre côté de la ville, c'est Hankou, à 20 km de là, étant rappelé que Wuhan est une ville d'à peu près 8,5 millions d'habitants. Le second chauffeur, plus conciliant, sillonne les rues à la recherche d'une enseigne. Eurêka! On en trouve une... Je rentre dans la boutique : "désolé on ne fait pas de cartes de visite car c'est le nouvel an chinois la semaine prochaine."

J'essaie le coup de fil à un ami. Je me renseigne pour savoir si Yan Pei connaît un endroit où on fait de belles cartes de visites (le prix n'est pas important : en Chine, les cartes de visites, très bonne qualité, en couleur quadrichromie et chère, se négocie autour de 6 euros la boîte, faîte en moins de 24 heures normalement... Qui dit mieux?). Elle se renseigne et ne trouve rien. En marchant par hasard, je tombe dans la rue sur une imprimerie dont le sérieux semble irréprochable. Je leur explique ce que je veux et montre les fichiers. Pas possible de les faire avant dimanche midi à cause de la couleur bleue qui va mettre du temps à sécher. Il est 17h45. J'abandonne et retourne à l'hôtel.

Devant l'hôtel, une magnifique imprimerie, grand standing. Un peu dépité de mes différentes aventures de l'après-midi, je tente quand même l'expérience. "Est-il possible de faire faire des cartes de visite en couleur ? - oui, bien sûr, mais il vous faudra attendre un peu. - Combien de temps ? - Environ 20 minutes."

Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à faire imprimer : 3 x 100 cartes de visite (3 modèles différents, dont 2 recto - verso), 400 pages de papier à entête en couleur et 1000 faire-parts en couleur, pour la somme totale de 920 yuans (100 euros environ). Le tout m'a pris moins de deux heures. Happy guy! En Chine, rien n'est impossible.

Romook, essayant de se changer les idées

lundi 4 août 2008

Tornade à Hautmont

Pendant que je visionnais, hier soir, "le temps des gitans", j'ai été dérangé par les multiples éclairs qui zébraient le ciel... Le vent s'était également levé avec un drôle de souffle. Je sortis et constatais qu'aucune pluie ne tombait du ciel. Non, c'était un temps étrange avec des éclairs qui étaient très réguliers, mais sans bruit de tonnerre... C'était étonnant.

Il paraît même que des baraques à frites ont été retrouvés dans les champs. C'est pratique, comme ça on est sûr que les patates du champs pourront directement être utilisées pour fabriquer de bonnes frites bien de chez nous. Le problème c'est que dans le coin, ce sont surtout des céréales dans les champs. Peut-être l'occasion de revisiter la recette...

Mais pour ceux que ça inquiète, de la tornade, je n'aurais vu que des effets visuels à l'horizon. Etant à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau, j'étais trop éloigné pour profiter du spectacle. De toute façon, il semblerait que le sort s'acharne sur moi. J'ai loupé le tremblement de terre en Chine et maintenant je loupe la tornade dans l'Avesnois. Pourtant, à chaque fois, j'étais sur place. Pfffffffffffffff........

Romook, dans la partie de l'Avesnois non sinistré

jeudi 22 mai 2008

Quand la réalité se fait virtuelle...

Internet n'est pas tout à fait la réalité. Internet permet de créer des relations sociales intéressantes - et peut même permettre de développer de nouvelles amitiés et /ou de faire migrer ses amités sur de nouveaux plans. Mes lecteurs habituels se sentiront probablement visés et ils auront raison... Néanmoins, il ne faut pas croire que les relations hydilliques soient les seules que l'on rencontre. Parfois, on est agressé. On peut être déçu. On peut en mourir.

C'est ce que nous apprend l'actualité avec une effroyable nouvelle. J'écoutais la BBC lorsque ce cas international m'a intéressé. Une jeune américaine (13 ans) s'est suicidée suite à la rupture de la relation virtuelle qui était entretenue avec un jeune américain de 16 ans rencontré grâce à MySpace...

Mais l'affaire n'est pas aussi simple : la perversité humaine reste encore un sujet d'exploration qui nous réserve ici encore bien des surprises... Evidemment, j'aurais pu disserter sur une application pratique de Gombrowicz de sa fameuse phrase : "Il y a quelque chose dans la conscience qui en fait un piège pour elle-même." Subrepticement, je vous aurais abreuvé de théories complexes sur la notion de réalité, sur celle de relations subjectives interpersonnelles, sur l'emprise de l'image que l'on se fait de la réalité sur l'esprit, mais aussi de la notion de virtualité, sans oublier de parler - puisque le sujet s'y prête allégrement - de l'amour platonique (qui est finalement un condensé de tous ces concepts réunis).

Mais non, pour votre plus grand désolement, je ne traiterai pas de tout ça. Pour les curieux qui auront fait l'effort de l'article en anglais, ils sauront déjà de quoi je vais parler. Pour les anglophobes - ou les fainéants ou les non-curieux, les différentes catégories pouvant être cumulées - sachez que le garçon de 16 ans n'existe pas. Non, a priori, c'est une femme américaine de 49 ans, voisine de la petite jeune fille, qui se faisait passer pour ce jeune garçon de 16 ans. Amusant, non?

Evidemment, j'en vois déjà qui se courroucent devant tant d'infamie. Toutefois, il faut encore monter un cran dans l'horreur en précisant que cette femme était une voisine de la jeune fille... Le Procureur de la République (son équivalent américain) s'est donc saisi de l'affaire. Reconnaissant que cette petite affaire est riche en potentialité d'exploration. Je me contenterai de vous livrer l'information de manière brute, sans plus d'analyses romookiennes. Pas le courage...

Force est de constater que l'actualité est riche d'évènements dramatiques.

Romook, relais de l'information internationale

lundi 12 mai 2008

Tremblement de terre à Beijing

J'en profite tant que je ne suis pas dans les décombres d'une ville ensevelie pour vous indiquer que je prends l'avion demain matin pour la France - si tout se passe bien. Pourquoi ai- je l'air méfiant, voire suspicieux, alors que je suis d'ordinaire si optimiste et joyeux ?

Rappelez-vous donc... Mon arrivée à l’aéroport de Paris avait été difficile… Me rappelant la fois où j’ai loupé deux avions consécutifs, deux jours en suivant : je pouvais être excusé car c’était la faute des personnes qui m’accompagnaient.

Cette fois, j’arrive à la gare de Lille pour prendre mon TGV, j’arrive très exactement sur le quai au moment où le train part. Connaissant mon emploi du temps chargé, la personne qui m’avait fait les réservations ne m’avait laisser qu’une infime marge de sécurité. J’étais censé arriver une heure et quart avant le décollage de l’avion. Ceci s’explique par le fait que le TGV arrive directement dans l’aéroport Charles de Gaulle et il ne faut alors que 7 / 8 minutes pour arriver au comptoir d’enregistrement. Bref. Je vous ai raconté comment j’ai réussi à avoir mon avion.

Il semblerait que ce voyage soit placé sous le signe des turbulences car, grâce au nombreux mariages chinois le samedi et à leurs cortèges de voitures enrubannés, j’ai réussi à louper mon avion pour un vol intérieur Wuhan - Beijing. Par ailleurs, histoire de corser la difficulté, ils ont construits un nouvel aéroport : le chauffeur de taxi m'a conduit à l'ancien. La totale.

Je me dis donc "Tiens une belle aventure à raconter sur mon blog, ça change." Contrairement à ce que j'imaginais, il n'y a aucune difficulté à modifier mon billet pourtant non modifiable... 5 minutes après mon arrivée au comptoir d'enregistrement - à l'heure du décollage - j'étais pourvu d'un nouveau titre de transport pour l'avion suivant, sur une autre compagnie, à peine une heure et demi plus tard. Le rêve.

C'était sans compter sur un incident bizarre. L'avion qui devait me conduire à Beijing était sur la piste. Devant la porte d'embarquement, des hurlements, des pleurs et des cris fusaient de toutes parts. Malgré mon incompétence linguistique, je saisis rapidement qu'il y a un problème. J'essaie de comprendre de quoi il retourne et je n'arrive pas à savoir grand chose, hormis le fait que c'est très étrange.

Je m'enquiers de la situation auprès d'une autochtone, juste à côté de moi. Elle m'annonce que les personnes qui ont l'air enragées manifestent assez violemment leur mécontentement contre la compagnie d'avion. Truisme. L'avion devait les conduire à Shanghai. Malheureusement, il a dû rester au sol pour souci technique. On leur avait proposé un vol de remplacement qui comportait une escale et qui leur faisait perdre toute la journée. Leur refus pouvait se comprendre. Là où la situation semblait plus croustillante, c'est que c'était mon avion qui était resté au sol. Donc, celui qui aurait dû partir était là, sous leurs yeux, et on leur annonçait que celui-là - oui, oui, précisément celui-là, le mien - partait pour Beijing, sans problème technique... La colère était à son comble.

L'incident permit de retarder mon avion d'une heure et quart. Inutile de vous dire à quel point j'étais heureux de monter à son bord. Jusque là, plus rien de nouveau sous le soleil - ou plutôt la pluie car il pleut depuis deux jours à Beijing. Demain matin, je quitte la Chine pour quatre mois. Pour une fois, j'ai réussi à me détendre et à me reposer.

Oooops! Je viens de recevoir un sms d'une amie chinoise qui me souhaite bon voyage et qui en profite pour me dire que ce soir, à Beijing, entre 22h et 24h, un tremblement de magnitude 2 / 6 est prévu, soit 3 sur l'échelle de Richter. Qu'il faut donc que je fasse attention. La question est : vais-je donc pouvoir prendre mon avion normalement demain? Suspens.

Si je ne devais pas revenir, j'étais heureux de faire votre connaissance à tous.

Romook, un peu de fatalisme, ça donne tout de suite une dimension dramatique intéressante

mercredi 30 avril 2008

Chaud les marrons!

Me voici arrivé depuis maintenant 5 jours en Chine. Contrairement à mon habitude, je ne suis pas très prolixe. Pourtant, j'ai beaucoup moins de travail qu'habituellement. Que se passe-t-il donc? se demandera mon lecteur (et bien souvent ami) inquiet de son Romook. Et bien, j'essaie de me reposer, de lire, d'apprendre des nouvelles choses, de dormir, respirer l'air fleuri, laisser le vent chaud souffler sur mon visage et discuter avec mes amis chinois.

A peine arrivé, j'ai l'occasion de rencontrer l'une de mes connaissances qui m'assaille de question sur l'appréciation française sur le Tibet. J'étais surpris. Tout d'abord, après avoir entendu l'existence de manifestation anti-françaises en Chine (et notamment à Wuhan), j'étais un peu inquiet, je dois le reconnaître. Ensuite, il n'est pas habituel pour un chinois de parler de politique, qui plus est en public (ce qui était le cas) et surtout en chinois... Après avoir exposé brièvement la situation que les reproches adressés au gouvernement chinois par les français, mon interlocuteur commence à m'exposer qu'il est tout à fait d'accord, qu'il trouve que le gouvernement chinois n'est pas correct et qu'il ne comprend pas les manifestations de la jeunesse chinoise qui se fonde uniquement - à ses yeux, c'est lui qui précise - sur un nationalisme exacerbé par une méconnaissance des choses.

Je connais cette personne depuis plusieurs années et, là, je découvre qu'elle a des opinions politiques tranchées. Il est vrai que nous avions plutôt une relation basée sur des échanges relatifs à la vie quotidienne ou l'appréciation des différences culturelles entre l'Europe (en général) et la Chine, ce qui est sa spécialité, sans jamais aborder les questions politiques. Son attitude m'avait vraiment surpris.

Je lui demandais donc si son opinion était partagé par le peuple chinois ou non. Elle m'assura que ce n'était malheureusement pas le cas. Ses amis, qui pourtant ont souvent fait les mêmes études qu'elle (sur les différences culturelles entre peuple), lui avaient si durement reproché son attitude lorsqu'elle avait évoqué une possible désinformation du gouvernement et une manipulation éventuelle de la situation politique qu'ils lui avaient demandé si elle était chinoise... Comprenant que le dialogue n'était pas possible, cette personne s'était donc murée dans un silence persistant avec ses proches et ses amis sur ce type de sujet. J'étais une sorte de havre de paix de discussion. Elle voudrait écrire ce qu'elle pense. Je lui ai répondu que, techniquement, c'était possible sans trop de risque. On va étudier ça.

Je prends l'avion le lendemain pour me rendre à Wuhan. Mon voisin, un ingénieur, engage rapidement la conversation en anglais. Contrairement à mon habitude, je lui réponds en anglais. Je lui indique rapidement que je suis français. Il me répond qu'en ce moment la situation entre les gouvernements chinois et français n'est pas très bonne, mais que les peuples sont toujours amis. Les protestations faites contre Carrefour proviennent simplement du fait qu'il y a des rumeurs selon lesquels les magasins Carrefour auraient donné de l'argent à des indépendantistes tibétains. Les entreprises n'ont pas à faire de la politique, d'où les protestations chinoises. Là encore, je suis un peu surpris de la discussion. C'est peu habituel, en public et d'autant plus avec un inconnu, d'évoquer ce type de sujet.

Il m'indique alors que la Chine a mis en place une façade de démocratie pour que certains bénéficiaires du pouvoir puissent se maintenir au pouvoir. Que ce sont des personnes qui datent d'une génération précédente et qu'il faudrait que ça change avec des jeunes au pouvoir. Seulement la structure du pouvoir ne permet pas ce renouvellement. Ses idées me surprennent, pas tant par leur contenu, que par le fait qu'il les énonce comme s'il parlait d'évidence. Je m'enquiers évidemment de savoir s'il pense être le seul à penser ça. Très clairement, il me répond qu'une petite partie de la classe moyenne pense ces choses. Les riches bénéficiant du système n'ont aucun intérêt à le changer. Les individus des classes sociales défavorisées, quant à eux, bénéficient également d'avantage qui ne les incitent pas à changer le cours des choses. Il doute d'ailleurs qu'ils aient conscience de cette situation.

La discussion se poursuivit sur le problème de l'information en Chine. Le fait qu'il ne peut pas croire les médias car ils sont sous la tutelle du gouvernement. Il a visiblement soif d'information. Je lui donne l'adresse de Wikipédia, comme étant une nouvelle source d'information pour lui, autorisée par le gouvernement chinois depuis une dizaine de jours. Par ailleurs, je lui indique que les grands médias internationaux sont - et ont toujours été à ma connaissance depuis trois ans - accessibles par Internet (New york times, the Guardian). Il en est ravi. Il ne connaissait pas leur existence.

Voilà mon premier compte-rendu culturel chinois. Ses informations sont venues à moi sans que je les cherche. Hier soir, j'ai donné mon premier cours de droit : aucun des étudiants n'a abordé ces thèmes. Ils m'ont accueilli avec beaucoup de chaleur - et je ne doute pas de leur sincérité les ayant déjà eu en cours l'année dernière et sachant que j'en ramènerai 11 avec moi à Lille pour la rentrée universitaire prochaine.

J'ai la sensation que quelque chose a changé, ici, en Chine. Je ne saurais pas dire quoi. J'ai essuyé des regards lourds depuis mon arrivée. Les "hello!" qui fusaient normalement de toutes parts ont disparu. Je crois bien que deux civilisations se sont bien dressées l'une contre l'autre. Avec leurs incompréhensions mutuelles et leur incapacité à communiquer l'une avec l'autre. Le seul point commun est sûrement celui que chacune est sûre d'avoir raison.

Romook, point de vue de Chine

dimanche 27 avril 2008

Wikipedia accessible en Chine

Depuis la première fois depuis trois ans que je vais en Chine, le site internet Wikipedia est accessible. Initialement, son blocage était mis en place par les autorités chinoises pour promouvoir un site équivalent en chinois avais-je entendu. Une sorte de concurrence déloyale organisée en quelque sorte. Aujourd'hui, le fait est que le site internet est accessible en partie (notamment les pages sur le Tibet en français, mais pas en anglais).

Quel plaisir.

Romook, une brève

mercredi 9 avril 2008

Aujourd'hui, je commente...

Dans ma pause écriture, je ne peux m'empêcher d'aller lire autrui. Alors je poste des commentaires en forme de billet sur : "Comment peut-on être chinois?". Comme je suis fainéant , je vous laisse vous rendre sur ce billet haut en couleurs.

Romook, un fainéant averti en vaut deux

lundi 31 mars 2008

Promenade dans Beijing

Hier après-midi, après avoir déjeuné dans mon restaurant japonais préféré (un comble : je n'ai été qu'au restaurant japonais lorsque j'étais à Beijing, mais ça tient en fait à la manière de concevoir le repas en Chine au restaurant. Seul il y a trop de choses à manger), je suis sorti voulant profiter du soleil pour faire des photos. Direction XiDan ShuDian. Là, déjà, ça coince. Il est 13h30, me voici parti dans une librairie : la grande librairie. La plus grande de Chine, presqu'aussi grande que le Furet du Nord à Lille.

Il faut, en effet, que je confesse que je suis un rat de librairie. Impossible de me lâcher dans une ville sans que j'entre dans la première que je croise et ressorte pourvu de tout un tas de livres. Là, techniquement, c'est plus difficile : le poids des bagages. Je passe dans le rayon des livres d'art. Ça fait longtemps que je ne me suis pas rincé l'œil dans la calligraphie. Puis, de livre en livre, me voici dans le rayon "Art". O mon Dieu! Comment résister! Des livres d'art, par tonnes, d'une grande qualité à partir de 1,5 euros pièces jusqu'à 5 euros pour le plus cher... J'ai craqué. J'en ai pris quelques livres, à probablement 10 euros le kilo. Mettez m'en pour 40 euros. Les plus beaux, je les ai pris en double pour offrir à mon ami Yogi Tougoudou, qui y trouvera des sources d'inspiration c'est certain, et même en triple espérant refaire retomber dans le dessin mon amie Karo. Retour à l'hôtel.

Les pinceaux, c'est mon autre truc. En Chine, ils sont d'une très grande qualité pour un prix défiant toute concurrence. Je pars à LiuLiChang (pas le meilleur moyen d'avoir des bons prix, mais on y trouve parfois - rarement - des pinceaux rares). Manque de bol, le chauffeur de taxi ne comprend/connaît pas et me conduit à l'autre bout de la ville. Il me débarque dans un quartier que je n'avais jamais vu. La lumière du soleil commençait à tomber. Je rentre dans une galerie de calligraphie contemporaine. Magnifique. Faut que je m'y remette.

Je décide de retourner vers mon ancienne université. Là, il y a un marché dans lequel je peux me pourvoir en matériel pinceaux en tout genre - et vu que je suis bon client : j'ai des prix (des prix sur des prix!). Coup de fil à ma superbe prof de lecture. Nous dînerons ensemble. Quelques pinceaux, mp3 et adaptateurs électriques plus tard, il fait complètement nuit. Il faut aller dîner. Nous rentrons à mon hôtel pour des raisons de commodité (faut quand même préparer les bagages). Dîner arrosé sympathique.

Elle repart en taxi après que nous nous soyons donné en spectacle pour celui-ci. J'ai oublié de lui donner l'argent du taxi au restaurant, comme un idiot. Je lui avais promis de lui payer le taxi (4 euros) pour qu'elle retourne chez elle. Je lui ai donné sur le trottoir, en public. Elle a refusé. S'en est suivi 5 bonnes minutes à se donner et rendre l'argent. J'ai gagné en courant après le taxi et jetant l'argent à l'intérieur du taxi qui roulait par le biais de la porte du passager. Normalement, c'est comme ça pour le paiement de la note du restaurant à chaque fois entre les hommes. Là, j'ai compris que trop tard (après son départ) que probablement j'étais en train de la faire passer pour une femme de petite vertu aux yeux du public. C'était un dîner assez arrosé, rappelons-le.

Résultat : des bagages lourds et aucune photo, mais quelle belle journée. Bon, allez, j'ai mon avion qui décolle dans trois heures. J'y vais. Probablement une participation tardive au sablier de Kozlika (je serai à Lille vers 18 heures). Mais là, ce matin, je séchais complètement. Peut-être dans l'avion...

Romook, Beijing, 6h15, sur le départ : minuit et quart pour vous.

mardi 4 mars 2008

La soupe aux oignons

Trois jours dans une ville où il a floconné un peu aujourd'hui. Trois jours qui passent vite, mais où les soirées paraissent interminables. La première fois que je suis venu, on m'avait dit que c'était une ville presque morte. 100 000 habitants environ, d'après les données démographiques, je me dis que ça doit bouger un peu (quand même). J'arrivais un dimanche soir dans l'hôtel et la ville était déserte. Je ne m'inquiétais pas outre mesure, Lille est beaucoup plus grande et reste très peu active le dimanche (disons que l'activité humaine se densifie dans certains quartiers et laisse place à beaucoup de vide dans d'autres habituellement plus animés).

Le lundi soir, après six heures de cours sur le droit anglais, je partais à la recherche d'un resto (resto du soir, espoir dit le proverbe). Je rencontrais alors des bars vides où, première fois que je voyais ça, des barmans était seul dans leur bar, sans musique. Pourquoi ouvrir dans de telles conditions? Mais bon, je m'étais vite ravisé : lundi soir, 19h30, pas trop de vie, c'était normal. Je rentrais alors dans une pizzeria, vide. L'ambiance était presque chaleureuse, sans musique, sans personne dans la salle hormis moi. Je me risquais à demander si c'était ouvert. "Vous êtes entré, non ?! Donc, ça doit être ouvert." Bonne ambiance.

Je ne m'attardais pas le repas terminé et rentrais vite dans le cocon de ma chambre d'hôtel. En passant à la réception, je me hasardé à une question qui, avec le recul, me paraît maintenant frisée l'outrecuidance la plus absolue : Il est où le quartier sympa dans la ville ? L'endroit où ça bouge un peu? La réponse fût sans appel : En semaine, il n'y a rien. Faut attendre vendredi. Encourageant.

Le lendemain, je prenais attache avec des personnes que je connaissais et qui étaient à une heure de route de là. Ca peut paraître loin (trois heures aller - retour), mais plutôt que d'avoir l'impression que vous êtes dans une ville où quand vous cherchez un resto, les habitants vous guettent derrière leur fenêtre et sont prêts à appeler la police car il y a un individu qui vagabonde dans les rues, seul, croyez-moi, ça occupe le temps - et vous passez en plus une bonne soirée.

Quatre ans plus tard, j'arrive à mieux organiser mon temps et j'ai repréré quelques restos sympa. Je prévois toujours des trucs à faire : j'ai le temps. Aujourd'hui, j'ai fait des blitz à l'heure du midi avec deux joueurs d'échecs rencontrés sur Facebook. C'était inattendu et super (en plus, y avait un ch'ti mi expatrié). Hier soir, j'étais chez un ami et on a déconné sur les femmes (normal, on était entre hommes). Ayant réservé mon hôtel trop tard, tous les hôtels étaient pleins. Résultat : j'ai une chambre familiale avec un lit "King Size". Un must, me direz-vous, quand on dort seul. Sauf quand il fait froid. C'est un autre débât.

Je suis allé dîner seul. Petit menu sympa avec mon bouquin sur les remedies. En entrée, je choisis la soupe à l'oignon. Mon ami me demande, via sms, si je vais bien. Je lui indique que mon repas prend une tournure solitaire. Comme dirait mon cousin, les oignons, c'est bien, mais ça fait péter. Ainsi, pour justifier ma solitude de manière gombrowiczéenne, je me décide à manger quelque chose qui me met dans une situation telle que je ne pourrai pas être en société. Ainsi, je péterai seul, en solitaire, sans mauvaise conscience.

Mon ami me répond que j'ai bien raison de vouloir tester l'acoustique de ma grande chambre. Je lui rétorque tout aussi net qu'il s'agit également d'en éprouver les distances. On a beau être le producteur des effluves malodorantes, on n'en reste pas moins un être qui peut souffrir de ces incommodités. Ainsi, je rentabiliserai le King size en voyageant d'un bord à l'autre en espérant que le méthane ne m'endorme pas à tout jamais.

Romook, un masque à gaz à la main (pour le moment)

lundi 21 janvier 2008

Demain, nulle part dans le monde

Une fois n'est pas coutume, je vais vous annoncer un changement dans ma vie personnelle. D'une part, parce que ce changement est automatique et je ne peux pas lutter contre l'inéluctable, je serai donc humble devant l'évènement : une fois n'est pas coutume. D'autre part, cette situation met fin à une période d'une année assez difficile sur le plan psychologique parce que ça ne tombait pas rond.

J'en vois déjà qui froncent les sourcils... Oui, oui, j'ai bien écrit "qui ne tombait pas rond". Le seul moyen pour que ça ne tombe pas rond, et bien c'est que ce soit un nombre premier... Voilà, vous commencez à comprendre? Je dois développer plus en détail ? Ok, je continue. Il y a à peu près un an, je passais d'un état de calme, de tranquilité et de sérénité à un nouvel état fait de "rien". Oui, car c'est que m'a fait la quasi-totalité de l'année 2007 puisque je n'ai jamais réussi à trouver correctement, du premier coup, la réponse à "quel âge as-tu?".

L'année dernière, j'ai eu 31 ans. Pendant un an, j'ai trouvé que cet âge n'avait pas d'allure. Quand on répond "j'ai 30 ans" et bien, dans le regards des autres, on débute la trentaine, on est installé dans la vie (plus ou moins). Bref, pas mal de rêve ne se réaliseront plus : on commence à être "réaliste et responsable" (c'est-à-dire que l'on adopte le pessimisme raisonnable des adultes qui n'ont plus vraiment envie que les choses changent car ils se sont installés dans leurs habitudes...). Dès lors, on inspire beaucoup plus le respect à ses aînés. En effet, à la différence d'eux, il y a encore l'espoir de réaliser une brillante carrière.

Mais, quand on a 31 ans, ce n'est pas pareil. Ca n'inspire rien à personne. Ni aux femmes, ni aux hommes. 31 ans, c'est l'âge fantôme. Celui où on a tout dit sur le jeune trentenaire de l'année précédente, mais qui n'est finalement pas assez installé dans la trentaine pour pouvoir être vraiment respectable. Bref, 31 ans, comme dirait ma grand-mère, "ça ne ressemble à rien."

J'oserai sur ce point la contredire, car s'il est un âge qui ressemble également à rien, c'est celui de 13 ans. Curieusement, il s'agit également d'un nombre premier. Plus étonnant encore, il est composé des mêmes chiffres que 31, à savoir 1 et 3 (He! Romook, faut pas prendre tes lecteurs pour des débiles!). Je pose donc le postulat suivant : "tout âge qui correspond à un nombre premier ne ressemble à rien." Vous connaissez ma pugnacité en matière de démonstration, nous allons donc essayer de démontrer ce postulat.

Tout d'abord, il faut agir avec méthode - l'épistémologie, la science noble de toutes les sciences, nous enseigne qu'il faut construire ses hypothèses de travail avec soins - le lecteur, tout à la fois attentif et soucieux de l'objectivité de ma proposition, aura d'emblée relevé que le postulat pourrait se formuler de la manière suivante : "tout âge composé des chiffres 1 et 3 ne ressemble à rien." Or, il n'y a que les âges de 13 ans, 31 ans, 113 ans et 131 ans qui sont visés. La catégorie est toute petite (dans un souci de simplication, contestable j'en ai bien conscience, on négligera les forces temporelles agissantes sur la personne au delà de 131 ans). Et surtout, il existe l'âge de 113 ans qui est très respectable.

On se limitera à étudier (délimitation du champ de recherche, méthode de l'entonnoir) les nombres qui correspondent à cette double limite : l'âge de 100 ans que l'on prendra comme limite acceptable et le fait que ce soit un nombre premier. Par ailleurs, on ne tiendra pas compte du sexe de la personne pour éviter de prendre en considération les résultats du Docteur Karen Weatherby qui ont permis de mettre en évidence le fait qu'un homme qui regarde la poitrine des femmes pendant trente minutes par jour (si elles sont bien garnies a priori) allongerait son espérance de vie (il s'agit d'une force négligeable). D'ailleurs, cette étude m'inquiète car je suis plutôt attirer par les fesses que je regarde régulièrement et

Ainsi, les nombres à considérer correspondent à cette liste :

2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, 97

On peut adopter un raisonnement par récurrence. Les conditions du raisonnement par récurrence sont, je le rappelle, tout d'abord, avoir un raisonnement sur une proposition. C'est bien le cas en l'espère. Ensuite, il faut qu'elle soit vraie pour l'entier le plus petit. Enfin, il faut démontrer que si on a une proposition vraie contenant un des entiers, automatiquement, par un raisonnement, on aboutit à la conclusion qu'elle est également vraie également pour l'entier suivant (méthode de l'induction, on parle aussi de raisonnement héréditaire). Dans ces conditions, le raisonnement est valable pour tous les entiers et tout est démontré. Allons-y.

2 est un nombre premier. Est-ce que cet âge-là ressemble à rien ?

Il paraît indéniable que, du strict point de vue psychologique de l'enfant, la notion du temps n'étant pas parfaitement établie, il n'a pas conscience de ce que signifie avoir deux ans plutôt que quatre ou huit. Pour les parents, maintenant, qu'en est-il? Un enfant de deux ans a-t-il un poid supérieur dans leur coeur plutôt que s'il en avait dix ou vingt ans : assurément non! L'amour est un sentiment qui ne se réduit pas à l'âge et, de ce fait, 2 ans ne représentent pas plus, ou moins, d'amour que trois ou quatre dans les yeux des parents (en amour, on ne compte pas). Qu'en est-il du reste de la société ? Cette dernière diverge dans son appréciation puisqu'elle utilise à la fois l'expression 24 mois et celle de deux ans. Etant imprécise quant à la dénomination qu'elle entend utiliser, c'est bien la preuve qu'elle n'en a rien à faire. De tout ce qui précède, il paraît évident d'affirmer que pour le nombre premier 2, la proposition est vraie.

Plus difficile maintenant, il faut prouver que l'on avait un nombre premier (comme âge) qui, par hypothèse ne ressemblait à rien, entraîne automatiquement que l'âge (en nombre premier) suivant ne ressemble à rien lui aussi.

Tout d'abord, il faut remarquer que l'année pendant laquelle il y a un âge "sans goût, sans saveur", qui ne fait frémir personne, et rapidement suivi d'un âge qui va être respecté par soi ou par les tiers. J'en vois quelques enfants terribles qui me disent qu'il y a un contre-exemple... Mais non, dans le cas du passage de 2 à 3 ans, l'âge psychologique de l'enfant ne change rien et ce n'est qu'à quatre ans qu'il va commencer à exprimer sa satisfaction d'être grand ou petit par rapport aux autres, ce qui correspond très exactement à un âge qui ressemble à quelque chose. Ainsi, il paraît clair qu'entre deux âges qui ne ressemblent à rien, il existe toujours une période pendant laquelle les choses ont psychologiquement un poid que ce soit chez les uns ou chez les autres. Dans ces conditions, comment expliquer le craquement psychologique relatif à des nombres?

Tout d'abord notre système métrique basé sur le nombre dix en est responsable. En effet, avoir treize ans en base treize serait un grand moment puisqu'il correspondrait au passage de la dizaine dans notre système métrique. Comme quoi, tout est relatif... Par ailleurs, certains nombres correspondent à des étapes de la vie (14/15/16 ans : perte de la virginité, premier grand amour et autres trucs importants, 18 ans : majorité, 25 ans : Sainte Catherine...). Bref, tout autant de choses qui font que les moments sont vécus plus intensément dès lors que l'on se rapproche d'un âge où il va se passer quelque chose.

On peut donc en déduire que s'il existe bien une période pendant laquelle il se passe quelque chose dans la vie, entre deux âges en nombre premier, il faut bien qu'il y ait des temps de relaxation psychologique. Or, les nombres premiers sont des nombres sur lesquels on travaille peu, à moins de faire une carrière mathématique spécialisée dans ce domaine, ils constituent donc un choix idéal pour l'esprit qui, pour une fois, se retrouve dans un territoire numérique quasi-inconnu.

En conséquence, si un âge en nombre premier est bien un état de repos psychologique qui se traduit par un vague sentiment d'inutilité et de non-représentation, il apparaît clairement au vu de ce qui précède que l'âge immédiatement suivant en nombre premier induit le même sentiment.

De là, on peut en déduire que le postulat "tout âge qui correspond à un nombre premier ne ressemble à rien." étant vraie pour n=2 et que la proposition vraie pour n entraîne le fait que la proposition est vraie pour n' (n' étant le nombre qui suit immédiatement n dans la liste de notre champ de recherche), alors cette proposition est vraie pour tout nombre appartenant à la liste 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, 97.

CQFD.

Ainsi, il s'agit d'un théorème, démontré par récurrence. Reformulons le, "Pour tout âge inférieur à 100 ans, tout âge qui correspond à un nombre premier ne ressemble à rien." J'appelerai ce théorème, le théorème de Romook.

Pour qu'un théorème soit intéressant, il faut qu'il y ait des répercussions. Je propose donc qu'une loi soit passée pour qu'il y ait une prise en charge psychologique, remboursée par la Sécurité Sociale, pour toutes les personnes qui passeront le cap difficile de ces âges-là. Vous constaterez que j'oeuvre dans un état d'esprit désintéressé puisque demain, j'aurais 32 ans. Je serai installé dans la trentaine. Rien à voir avec l'âge de 31 ans.

Inutile de me demander de garder les pieds sur terre, demain ce ne sera pas possible. En effet, demain mon avion décollera de Beijing et arrivera en France vers 17h00 environ (heure française). Je passerai donc la majeure partie du temps les jambes et la tête en l'air, nulle part dans le monde. Je traverserai successivement les pays de Chine, Mongolie, Russie, Pologne, Allemagne, Belgique et le Nord-pas de calais avant d'atterrir à Paris. Quand on me demandera "où étais-tu pour ton anniversaire ? Je répondrai indifféremment : en transit ou nulle part, ce qui correspondra à la très exacte réalité des choses. C'est un privilège magnifique que j'ai là.

J'espère qu'Air France va me faire cadeau d'ailleurs, à l'occasion de mon anniversaire, de mon excédent de bagage.

Romook, bientôt sorti du tunnel

samedi 5 janvier 2008

Bien arrivé...

Chers lecteurs impatients, je vous informe, presque minute par minute, de l'évolution de ma vie grâce à ce blog international.

Je vous avais promis de vous livrer un petit morceau du libraire avant ce soir minuit (de votre heure locale bien sûr). Hier soir (enfin mon hier soir, pour vous, c'est toujours votre aujourd'hui), après un repas rapide, je décidais que j'étais trop fatigué pour rédiger quelque chose de correct et suis allé me coucher. Mais maintenant, voilà, je suis réveillé et je travaille sur le "vieux libraire". Donc, probablement, ce soir (de votre aujourd'hui qui est aujourd'hui mon demain, mais je peux aussi dire aujourd'hui car c'est vrai aussi, mais le matin), avant minuit (de votre minuit, sinon j'aurais dit demain, de votre demain c'est-à-dire de mon aujourd'hui), vous en aurez un morceau...

Pour vous faire patienter, un intermède photographique : Aurore sur la Mongolie enneigée.



Voilà, j'espère que j'ai été clair.

Romook, La fuite du temps

dimanche 30 décembre 2007

Courage : lisons Romook au boulot!

Certains de mes lecteurs m'ont indiqué offline qu'il était impossible de lire mon blog au bureau sans éveiller l'attention. En effet, difficile de faire passer Bob l'éponge pour un site d'information sur la physique quantique (quand bien même Schrödinger serait dans le titre) et encore moins pour un site d'information juridique (même si le billet s'appelle "biens en indivision").

Afin de faciliter la vie de mes lecteurs, je leur laisse donc la possibilité de choisir leur thème. Ainsi, plus rien à craindre d'un regard au-dessus de l'épaule. J'espère que cette initiative sera justement saluée par toutes les personnes qui m'en avaient fait la requête.

Ave.

Romook, à la pointe du progrès

mercredi 31 octobre 2007

Vente d'un bien en indivision et vente de la chose d'autrui

Le Monde.fr : Aux Pays-Bas, le père biologique d'un bébé vendu par sa mère est débouté

Le droit offre des problématiques complexes qu'il faut savoir expliciter. C'est pourquoi, en tant que Professeur Romook, je vais vous expliquer clairement une solution juridique pour le moins complexe. Heureusement, une application pratique sera donnée afin de permettre une parfaite compréhension des problématiques en présence. N'ayons pas peur des mots : je vais faire oeuvre de vulgarisation.

L'indivision est un état de la propriété par laquelle cette dernière se trouve être divisée en plusieurs parties, chaque partie étant considérée comme ayant pour propriétaire une personne différente (appelée alors "indivisaire"). Ces droits sont alors appelés "droit indivis". Bien souvent, cette situation d'indivision se crée par le biais d'une succession qui, d'un point de vue strictement juridique, correspond à la transmission du patrimoine d'une personne décédée à ses héritiers. D'autres situations sont envisageables et l'une d'entre elles, nouvelle à ma connaissance, sera explicitée dans l'application pratique.

Un problème de droit se trouve être posé par l'article 1599 du Code civil (français) : "La vente de la chose d'autrui est nulle : elle peut donner lieu à des dommages-intérêts lorsque l'acheteur a ignoré que la chose fût à autrui." Ainsi, le lecteur attentif me voit venir, que faire dans le cas où l'un des indivisaires vend la chose sur laquelle il possède une partie. Concrètement que faire si l'un des indivisaires d'un bien immobilier vend les droits portant sur la totalité de l'indivision à un tiers ? Peut- on dire qu'il y a vente de la chose d'autrui ?

En fait, celui qui agit dans le cadre d'une indivision doit obtenir l'accord de tous les indivisaires pour faire un acte portant sur celle-ci. Donc, dans notre exemple, il y a bien réellement vente de la chose d'autrui, c'est-à-dire vente des parts indivises n'appartenant pas à l'indivisaire fautif... Et bien, rassurez-vous chers lecteurs, la Cour de Cassation, dans un arrêt limpide de 1987, nous a donné la solution dans un attendu extrêmement explicite : " Vu l'article 883 du Code civil ;

Attendu qu'il résulte de ce texte que la cession d'un bien indivis par un seul des indivisaires n'est pas nulle ; qu'elle est seulement inopposable aux autres indivisaires et que son efficacité est subordonnée au résultat du partage ; (...)" (Cour de Cassation, 1ère Chambre civile, 7 juillet 1987, N° de pourvoi : 85-16968, publié au Bulletin Civile, I, n° 221).

Dans un souci de parfaite transparence, il me paraît indispensable de vous mettre l'article 883 du Code civil sous les yeux afin que vous puissiez bénéficier, en toute connaissance de cause, des éléments vous permettant de comprendre dans toute sa clarté la décision de la Cour de Cassation : "''Chaque cohéritier est censé avoir succédé seul et immédiatement à tous les effets compris dans son lot, ou à lui échus sur licitation, et n'avoir jamais eu la propriété des autres effets de la succession.

Il en est de même des biens qui lui sont advenus par tout autre acte ayant pour effet de faire cesser l'indivision. Il n'est pas distingué selon que l'acte fait cesser l'indivision en tout ou partie, à l'égard de certains biens ou de certains héritiers seulement.

Toutefois, les actes valablement accomplis soit en vertu d'un mandat des coïndivisaires, soit en vertu d'une autorisation judiciaire, conservent leurs effets quelle que soit, lors du partage, l'attribution des biens qui en ont fait l'objet.''"

Au vu de ce texte législatif, il me semble que l'attendu, que je rappelle : "Attendu qu'il résulte de ce texte que la cession d'un bien indivis par un seul des indivisaires n'est pas nulle ; qu'elle est seulement inopposable aux autres indivisaires et que son efficacité est subordonnée au résultat du partage ;", est on ne peut plus clair.

Ô joie du droit écrit français, dont la lumière tombe sur nous quand on te lit,
point d'explications ésotériques nécessaires pour comprendre dans toute clarté
Les solutions juridiques que la Cour de Cassation nous transmet à l'envie.

Bref. La notion importante à retenir de cet attendu est l'inopposabilité de la cession aux autres indivisaires. Qu'est-ce que l'inopposabilité me direz-vous ? Pour un non juriste, c'est une notion extrêmement simple à appréhender. N'importe quel juriste vous le confirmera sans doute... Oops! Je me suis trompé. Il ne fallait pas lire simple, mais complexe. Dans cet arrêt, l'inopposabilité signifie que, tant que le partage de l'indivision n'est pas réalisé, les autres indivisaires peuvent se considérer comme étant toujours indivisaires sur le bien. Mais, après le partage, si lors de cette opération on attribue le bien à l'indivisaire ayant vendu l'immeuble au tiers, alors la vente sera valable. Dans le cas contraire, la vente sera inopposable, ce qui veut dire en français de tous les jours nulle (et attention, hein, pas "nulle" au sens juridique, mais "nulle" au sens de "mal foutue").

Ce que ne dit évidemment pas la Cour de Cassation car la distinction entre la vente nulle et la vente inopposable dans notre hypothèse juridique correspond simplement au fait que la vente nulle (au sens juridique cette fois) peut être invoquée par n'importe qui, alors que la vente inopposable peut être annulée par l'un des indivisaire à qui elle serait opposée. Encore que le terme "la vente peut être annulée par l'un des indivisaires" est encore incorrectement formulée car il faudrait simplement dire que la vente serait privée d'effet à son égard, mais resterait valable à l'égard de ceux qui ne la contesterait pas. Ainsi, on arrive à cette situation ubuesque, typique du droit français, où une vente ne serait pas possible à l'égard de l'acheteur car l'un des indivisaires s'y opposerait alors qu'elle serait parfaitement valable au regard des autres indivisaires. C'est clair ? Ce concept s'appelle l'inopposabilité. Mais ce n'est pas l'objet de mon propos d'aujourd'hui.

Concentrons-nous sur une application pratique évidente. Un individu donne les plans d'un objet à un tiers pour que ce dernier puisse construire celui-ci. Ils se mettent d'accord sur le transfert du bien réalisé par la suite. Après réalisation de l'objet, le "fabricant" vend l'objet à d'autres personnes. Celui qui a donné les plans conteste la vente en arguant de son droit sur l'objet fabriqué. Il est débouté.

Y a-t-il un problème de vente de la chose d'autrui qui rend nulle la cession ? Y a-t-il un problème d'indivision ? A voir comme ça, il paraîtrait que nous devions nous référer aux règles de la propriété intellectuelle pour nous en sortir. Rassurons-nous, l'objet en question est très simple : un bébé.

Le cas pratique est donc le suivant : un homme donne son sperme pour une insémination auprès d'une mère porteuse. Cette dernière déclare avoir fait une fausse couche. Mais, en fait, comme elle a le sens des affaires, elle vend son bébé au plus offrant (une belle somme : 15 000 euros, un peu moins cher que ma voiture, mais quand même). Le père, donneur de sperme, l'apprend et fait une procédure en revendication du bien... enfin du bébé. Il vient d'être débouté par le Tribunal d'Utrecht en Belgique.

Mettons un peu nos connaissances en pratique. S'agit-il de la vente du bien d'autrui ? Donc, d'une vente nulle au sens juridique du terme? Et bien non, comme tu l'as deviné, heureux lecteur, il ne s'agit pas d'une vente nulle. En effet, la mère est également propriétaire de l'enfant. Bien, c'était un petit piège pour se chauffer.

Il nous reste donc l'indivision qui semble parfaitement applicable. Le père donneur de sperme et la mère porteuse sont coindivisaires sur le bien indivis qu'est l'enfant. Ainsi, ils ont des droits concurrents sur ce bien. En droit français, la Cour de Cassation, au vu de l'arrêt que nous avons évoqué, proposerait comme solution juridique, l'inopposabilité de la cession du bien indivis (du bébé) au coindivisaire n'ayant pas participé à l'acte. Ainsi, la cession serait valable à l'égard de la mère, mais non à l'égard du père. Néanmoins, cette cession ne peut être appréciée qu'après le partage. Or, partage, il n'y eut point. Comment résoudre le dilemme ?

Et bien en fait, comme il y avait eu une convention antérieure à la réalisation de la production (la naissance de l'enfant) attribuant l'ensemble des droits au père, la solution correcte serait l'attribution préférentielle du bien au père. Ce n'est pourtant pas compliquée juridiquement. La question de l'indivision ne semble pas être importante ici puisque la mère a finalement cédé deux fois les mêmes droits qu'elle détenait sur le bien, enfin l'enfant. Elle pouvait les céder car elle était indivisaire potentielle, indivisaire future. La grande différence avec la vente de la chose d'autrui est qu'au départ, elle détient des droits sur le bien. Ha! Ha! Ca change tout... (Si! si! en droit français, il faut être précis).

Donc, le Tribunal d'Utrecht a rendu une décision pour le moins choquante, non respectueuse des règles juridiques de base : on ne peut céder plus de droit que l'on en détient. C'était le deuxième piège... J'espère bien qu'en juriste aguerri vous n'étiez pas tombé dedans.

Je suis donc choqué par cette décision belge. Inutile de développer davantage... Après les belges vont encore se plaindre que les français se moquent d'eux. Pfff! Y en a vraiment qui tendent le bâton pour se faire battre, non?

Romook, pédagogue

vendredi 26 octobre 2007

Appel au boy cott du tome 7 d'Harry Potter

Le Monde.fr : La révélation de l'homosexualité du directeur de l'école de sorcellerie d'Harry Potter agite le Web

Votre Romook préféré vient de saisir une information capitale pour l'histoire de l'humanité. Le directeur de la fameuse école de Sorcellerie d'Harry Potter serait homosexuel... A priori, ça s'emballe fort sur cette nouvelle polémique qui pourtant est tranchée par l'auteure de l'univers, à savoir J.K Rowling. Car c'est bien de ça qu'il s'agit, Dieu annonce que la mer est douée en math.

Par principe, on ne peut pas le vérifier, puisqu'aucun de nos sens ne peuvent contrôler l'information. De plus, ce n'est pas une information scientifique au sens popperien du terme puisqu'il n'est pas possible de mettre en place une expérience permettant de tester la théorie. <digression>Ca me fait d'ailleurs penser que cette information est à peu près aussi vérifiale que "Dieu existe", enfin, je voulais dire "Romook existe" (c'est pour un autre billet, ça vient). Amusant d'ailleurs que les associations catholiques américaines mettent au ban cette nouvelle (je parle de Dumbledore). Y a pas un truc à dire sur le foutre dans l'oeil?...</digression>

Par principe, et surtout dans les ouvrages de fiction pour enfant / adolescent, les personnages n'ont pas de sexualité anormale, c'est-à-dire non-ordinaire. Un petit baiser du Prince à la Princesse et puis c'est fini. Mais, aujourd'hui, on nous apprend que ces personnages ne sont pas pour autant dénués de préférences sexuelles a priori. J'imagine un peu l'effet de surprise si on nous apprenait que Blanche-Neige était en fait une fan de Gang Bang, Le Petit Chaperon Rouge adepte du SM, le Chat Botté fétichiste ou encore que la petite marchande d'allumettes était surtout une tailleuse de pipe hors pair.

Alors que je suis toujours enclin à polémiquer sur les sujets les plus étranges - et vous connaissez mon penchant secret et pervers pour ça - je m'insurge cette fois contre l'intrusion du monde adulte dans un univers féérique. Dans notre univers moderne dans lequel les repères disparaissent si vite, que restera-t-il à nos enfants pour rêver si on leur dévoile toute la misère du monde tout de suite ?

Ils n'auront même plus d'idéaux en grandissant. Ils seront habitués et résignés avant même d'avoir été révoltés. Ainsi, je considère que J.K Rowling est une criminelle, un ennemi du bien public car portant atteinte dans sa démarche à la moralité même de nos chers petits chérubins. Peu importe que le directeur soit homosexuel ou non, puisque, de toute façon, il ne l'exprime pas en public. Chacun a droit au respect de sa différence. Vous l'aurez compris, si je suis en colère, c'est bien parce que l'auteure n'a pas respecter le choix de Dumbledore de ne pas dévoiler son homosexualité si tel est le cas.

Si j'étais avocat, j'irai proposer à Dumbledore d'aller défendre son droit à la vie privée et de faire cracher les millions d'euros que va se faire sur son dos sa créatrice. Car, enfin de compte, un personnage à stature publique comme lui, directeur d'une école, mérite le droit au respect de sa sphère intime. S'il avait voulu que ça se sache, il l'aurait dit, nom de nom! Sans vouloir faire de parallèle trop audacieux, une telle révélation pourrait lui coûter son poste. Rappelons nous l'affaire de Garfield.

Soyons clair, J.K. Rowling, en donnant l'exemple à nos enfants que rien ne doit être tu, prône le déchirement familial, l'éclatement de la relation parentale, l'insubordination des étudiants à leur professeur, le non-respect des règles élémentaires du respect et de la courtoisie, la révolte contre l'ordre établi. Bref, en un mot comme en cent, le Chaos, l'Anarchie. Et je pèse mes mots, vous me connaissez.

L'immoralité de cette auteure devrait donc être mis en avant sur le débât de la place publique - alors que là le débât est biaisé. Je pense que le Président de la République serait bien inspiré de créer une cellule de crise avec des psychologues et des couvertures dorées pour les enfants qui ne manqueront pas d'être choqués par un tel manque de réserve sur la vie intime d'autrui. Sans compter que la sanction la plus adéquate serait évidemment la mise au pilori de tous les Harry Pother, ça faisait longtemps que l'on nous avait pas proposé un petit autodafé. Ca tomberait bien, le temps se rafraîchit en ce moment.

En conséquence, je prône le boycott pur et simple du tome 7 d'Harry Potter.

PS : Aujourd'hui je peux bien l'avouer, je me suis toujours demandé si Barbe Bleue n'était pas un super machiste qui ne supportait pas d'être un éjaculateur précoce. Ne riez pas, c'est très sérieux, on a déjà vu des tueurs en série pour moins que ça.

Romook, choqué (Hein?! Choqué?! 8-O )