Romook, ectoplasme bloguique

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mardi 11 juillet 2006

China Honta : épisode 18

Dernier épisode en direct de la Chine de notre saga de blog réalité commencée il y a maintenant 18 semaines! Notre petit Romook a bien mérité ces vacances!! Comment a-t-il donc rempli sa semaine, voilà la question intéressante!! Après avoir terrassé la plupart des difficultés de la langue chinoise et avoir entrevu qu'il y en avait des pires encore qui l'attendaient au détour des multiples phrases de la vie quotidienne, avoir triomphé des examens, réussi à dompter ces redoutables traits - à la fois avec le crayon à bille et le pinceau - que lui restait-il à faire à part visiter Beijing qu'il n'avait pas eu le temps de découvrir?

Retour sur la semaine en bref :

Lundi : rendez-vous avec une entreprise
Mardi : Visite de Chang Cheng (la grande muraille)
Mercredi : Cours de calligraphie. Tentative d'impression d'un fichier informatique pour l'envoyer par fax.

Jeudi: Préparation de la valise : 18 kg de surcharge a priori... Cours de calligraphie. Impression du fichier informatique.



Vendredi : Cours de calligraphie. Envoi du fax et envoi par la poste de 21 kg de livres et vêtements. Réparation du vélo. Visite de l'équivalent de l'INPI et rencontre avec la directrice ( ;-) ). Second rendez-vous avec l'entreprise vue Lundi. Samedi : Envoi par la poste de 12 kg de peintures chinoises, de livres et de matériel calligraphique.

Dimanche : Préparation de la valise. Visite-photo du temple des lamas avec Kai Ye. Petite soirée amicale. Fin de l'histoire chinoise.

Alors, petit Romook, quelles impressions pour cette dernière semaine pékinoise?

"Le temps est passé trop vite. J'ai trouvé le temps d'aller visiter la Grande Muraille et le temple des Lamas de Beijing. 4 mois en Chine, bilan touristique : La Cité Interdite et son petit parc public juste à côté), les Hutongs, Le Palais d'Eté, la Grande Muraille, La place Tian An' Men, la Pagode de la grue jaune (Wu Han), le musée de Wu Han, encore quelques endroits dans lesquels j'ai été flâné accompagné de Kai Ye.

Dans la Chine actuelle : une boite de nuit (point trop n'en faut), bars pour occidentaux, librairieS (ce n'est pas une erreur de frappe), pistes cyclables de Beijing, restaurants chinois chics et également destinés uniquement aux chinois, toilettes chinoises (on pensera toujours à cette photo que l'on n'a pas faite, mon cher Kai Ye, dans les hu tong... et moi, à cette inoubliable rencontre au sous sol du CRC, lors des premiers temps de mon séjour).

Dans la Chine "professionnelle", mon enseignement aux étudiants chinois, les multiples contacts professionnels réalisés et les inestiables sources d'informations dont j'ai bénéficié. Dans la Chine relationnelle, mes amis chinois que je n'oublierai jamais et qui, par leur traditionnalisme, m'ont permis de découvrir en profondeur l'âme chinoise, mes enseignants de chinois qui ont tous été des sources de motivation quotidienne et ont su me donner le moral lorsque je pensais que je n'y arriverai pas, qui ont également su s'adapter à l'élève gourmand que je suis en sortant volontiers du programme pour m'expliquer les choses en relation avec la culture (sans cela, apprendre une langue étrangère n'a parfois aucun sens). Une spéciale dédicace pour mon prof de calligraphie qui, malgré l'obstacle de la langue, a su me transmettre l'amour de la calligraphie, le sens esthétique de cet art et surtout une pratique que je qualifierai chinoisement de "pas trop mauvaise", qui se traduirait en langage européen par "suffisamment belle pour être qualifié d'art, mais qui nécessite encore d'être murie pour passer au stade du véritablement original et unique". Toutefois, il m'a montré comment me perfectionner seul. Au stade où j'en suis, je peux continuer sans prof. Je ne suivrai probablement pas son conseil d'être prof de calligraphie en France, à la fois parce que je pense que je n'aurais pas le temps et aussi car enseigner la calligraphie à des gens qui ne parlent pas chinois, c'est comme vouloir faire écrire de la musique à des sourds. Je ne pense pas que ce soit dénué de plaisir pour les gens qui s'y adonneraient, mais je ne peux pas moralement enseigner quelques choses dont les exigences artistiques seraient simplement imcompréhensibles par manque de "culture"... Merci donc à ce "grand" professeur qui nous a gratifié d'un enseignement de Kai, Cao, Li et Zhuan shu...

Une spéciale dédicace pour mon compagnon de fortune - car d'infortune il n'y eut point - Kai Ye. Je m'étais promis de faire une galerie de portrait de mes amis. Et puis, pour bien des raisons, notamment relationnelles, j'y ai pour le moment renoncé. Toutefois, je vais trangresser cet interdit que je me suis posé et en faire une quand même. C'est un homme au physique tranquille, plein de bonhomie. Son air parfois sévère - et ces remarques qu'il sait rendre acerbes - n'est rien d'autre que son amour de l'autre et sa peur de n'être pas compris. Il frappe vite au coeur de son adversaire pour éviter d'être lui-même désarçonné. Il camoufle sous des airs parfois bourrus une profonde sensibilité. Kai Ye est un artiste. Toutefois, il n'a pas encore trouvé le chemin qui mène à lui-même : non pas que ce soit inaccessible, mais plutôt par ce qu'il n'a pas pris conscience qu'il est déjà sur ce chemin et croit encore qu'il faut aller le chercher ailleurs. Il touche du bout du doigt tout ce qu'il lui permettrait d'être ce "lui-même" qu'il voudrait être. Bref. C'est aussi un humaniste, comme on en faisait au XVIIIème siècle, qui traverse le XXIème siècle en se demandant pourquoi les gens trouvent étrange de s'intéresser à plusieurs choses différentes, pourquoi les gens regardent avec suspicion quelqu'un qui n'a pas de fil conducteur apparent dans sa vie, pourquoi les gens sont aveugles alors qu'ils pensent avoir un oeil d'aigle, prenant pour maxime " la première impression est la bonne." Deux autres de ses interrogations : pourquoi faut-il avoir un bon "job"? Pourquoi faut-il avoir des enfants? C'est donc mon ami. Pour conclure sur cet homme incompris dont l'intelligence et la sensibilité sont au-delà de l'entendement de ceux qui le "critiquent", je vous donnerais une image. Kai Ye est sur son vélo rose, une épée chinoise en bandoulière, en chantant "I'm a poor lonesome cow boy..." avançant droit vers le soleil couchant parce que les gens disent qu'il y a quelque chose d'intéressant à voir du côté où le soleil se lève...

En définitive, je suis parti le coeur gros de laisser derrière moi cette petite vie chinoise que je n'aurais probablement plus. J'aurai d'autres aventures, avec ou sans la Chine, intellectuelles et humaines. Je le sais. Je pars en sachant que je reviens, la seule question en suspens est : quand? De ce fait, je ne regrette pas de ne pas avoir visité plus la Chine. Je suis venu apprendre le chinois et découvrir une culture. J'ai fait les deux. Je pense que l'on ne découvre pas une culture en visitant les monuments touristiques d'un pays. C'est une opinion personnelle qui - je sais - ne rencontre pas un franc écho. Toutefois, la culture chinoise se trouve dans cet art de vivre faisant cotoyer le confucianisme, le taoisme et la calligraphie dans toutes les fibres des chinois, sans même qu'ils en aient conscience parfois... En me plongeant dans la relation avec l'autre en Chine, j'ai découvert certaines de ces arcanes. Je sais qu'il y en a plein d'autres qui me sont restés inaccessibles. Je les approfondirai dans le futur.

J'appréhendais mon premier contact avec la France. Et bien, j'ai été content de voir mes champs qui se déroulaient sous mes yeux dans le TGV. J'étais dans mon pays et j'étais content de revenir. En fait, dans mon coeur, il y a de la place pour deux endroits, l'Europe et la Chine. Je me définirai maintenant comme un européano chinois, ou comme un sino-européen, sachant que cela n'a de sens que pour moi et pour Kai Ye... Bref, je suis pressé de revoir les gens que j'aime en France. Je suis content d'être revenu et triste d'être parti. Espérons que cette agréable expérience du retour va se poursuivre..."

Merci Romook pour ces délicats détails plein de sincérité... Nous rendons définitivement l'antenne. China Honta est maintenant terminé et nous savons maintenant que Romook a triomphé du challenge qui lui avait été lancé. Il a appris 1000 caractères en 4 mois de travail intensif. Une bonne introduction à la langue chinoise a été faite. Une belle introduction à la culture chinoise également. Elève romook, vous devez persévérer dans vos efforts maintenant!

jeudi 6 juillet 2006

China Honta: épisode 17

Et voici arrivé votre émissiiiiion préféréééééée!En direct de la Chine, avec ses cocktails de chaleur, ses frémissements de pollution, ses bibliothèques où les livres sont indéchiffrables, les hamburgers du dernier repas, les femmes fines en mini short et les taxis plein les routes!!! La Chine, la vraie, celle qu'on trouve pas dans les livres, où la calligraphie côtoie les fils électriques, où les temples lancent vers le ciel des dragons qui cherchent leur chemin dans les buildings!!!La chiiiiiiiiiiiiiiiiiine!!!

Lancé dans cet univers hostile, un vaillant jeune homme a tenté l'expérience de s'immerger dedans dans le double objectif de comprendre cet univers et de parler la langue chinoise. Cette semaine 17 est la semaine où l'heure de vérité va sonner. Et oui, au programme: examens, "au revoir" avec les enseignants, début des paquets et donc des formalités de toute sorte pour le départ...

Allez Yang Fa Long, alias Romook, étonne nous et raconte nousoù tu en est arrivé :

"Yahou! Semaine décoiffante et très riche... Les examens se sont déroulés tranquillement. Lundi : examen de caractère. Quelques grosses bourdes, mais dans l'ensemble, c'était assez correct. Le vendredi, il y avait eu un galop d'essai avec le cours d'oral qui s'était a priori plutôt bien passé. Mardi : révision, mais un rendez vous surprenant est arrivé. Suite à ce rendez-vous des perspectives de travail dans de bonnes conditions me sont offertes. L'avenir nous dira le reste : rendez-vous est pris pour lundi. Mercredi : Exercice d'écoute. Tout le long de l'examen, je me suis demandé comment on écrivait hopital... c'est pourtant facile, c'est 医院!Mais bon, c'est la vie... Jeudi : lecture analytique. La bête noire. C'est là où il y a les points de grammaire, le vocabulaire difficile (genre : aspirateur, comment voulez-vous que je retienne ça? Je suis un homme) et nombreux (à peine 35 mots de deux caractères en moyenne par leçon, c'est à dire tous les deux jours). Le résultat ne se fera pas attendre : la catastrophe totale... Passons directement au vendredi, examen de lecture. Ben c'est comme lecture analytique sans la grammaire mais avec des mots de vocabulaire de la vie de tous les jours genre "bataille de boule de neige" et autre "presqu'île"... Globalement, vu mon niveau en arrivant, ça s'est bien passé. De toute façon, ces examens sont sans enjeux pour moi, puisque je compte utiliser mon chinois pour travailller, pas pour obtenir un diplôme ou quelque chose comme ça... Je sais que quand je demande d'aller à un endroit à un chauffeur de taxi, j'arrive à bon port.Je sais que quand je veux manger du poulet aux cacahouètes dans un restaurant, c'est ce qu'on m'apporte.Quand je veux expliquer les problèmes de la traduction des documents juridiques, on comprend mes idées. Evidemment, tout ça uniquement en chinois, fallait-il le préciser... Je peux aussi me passer d'un dictionnaire pour parler en chinois. A priori, tout va bien. Reste plus qu'à attendre les résultats des examens."

Merci Romook pour ce petit tour d'horizon fort sympathique et rendez vous très prochainement pour China Honta épisode 18, dernier épisode!!

dimanche 25 juin 2006

China Honta : épisode 15 et 16

Chers internetospectateurs et spectatrices, Une fois n'est pas coutume, nous faisons une émission spéciale destinée à rattrapper le retard accumulé par les précédentes équipes techniques qui ont manifesté leur incompétence de manière flagrante et chaque fois plus importante. Vous aurez deux épisodes en une seule fois. Gageons que cela n'arrivera plus à deux épisodes de la fin de notre émission...

Les semaines se sont déroulées sans aucun fait marquant à signaler. Les enseignants se dépêchent d' enseigner le plus de trucs possible en un temps record à leurs pauvres petits étudiants qui voient arriver les examens avec inquiétude... Avec un peu plus de 1500 caractères à "revoir", ça en fait des lignes d'écriture à faire... Surtout qu'à la différence des autres langues, l'alphabet n'est d'aucuns secours ce qui explique que l'on puisse lire un mot qu'on ne sache pas écrire, que l'on puisse prononcer un mot également sans savoir le lire et l'écrire, et même de connaître le sens d'un mot à l'écrit en ayant totalement oublié sa prononciation!!! L'asile, c'est par où l'entrée ?

Parmi les révisions qui se réalisent tant bien que mal au jour le jour, le petit Romook a déjà un pied en France par le biais de ses recherches professionnelles, le pesage de ses bagages (21kg de surcharge!!) et la création de son programme d'apprentisso révision du chinois journalier auquel il sait qu'il va devoir s'adonner pour maintenir un niveau correct. A la différence de l'anglais que l'on peut ne travailler que périodiquement, sans perte majeure et une reprise très rapide, le chinois ne tolère aucun écart. Mais qu'allait donc -t-il faire dans cette galère? Donnons lui la parole qu'il nous explique tout ça :

"Je suis très content d'avoir appris les heureux évènements qui se déroulent en France. Les naissances affluent dans mon entourage et c'est avec plaisir que je vois arriver ces nouvelles. A tous félicitation!! Par ailleurs, j'ai commencé à draguer le marché lillois pour trouver une place qui me corresponde. Ma volonté de me fixer définitivement est forte. Je sais que je peux aller facilement à Paris et je n'hésiterai pas à le faire, même si ce sera à contrecoeur. A Lille, vais-je trouver une place pour m'accueillir qui me permettra de mettre en oeuvre mes projet? A priori, ça a l'air bien parti, puisque j'ai déjà reçu une proposition de rencontre parmi les 9 que j'ai envoyé. Le tout étant de savoir ce que l'on veut et pourquoi on le veut... Pour ma part, c'est un peu par "fainéantise" puisque l'idée de faire deux heures par jour de chinois en rentrant en France, simplement pour maintenir le niveau me paraît simplement démentiel... Donc, il faut que je trouve un moyen d'en faire dans mon travail régulièrement, ce qui me permettra d'être plus à l'aise dans la vie à côté.

Dans les choses intéressantes que j'ai apprises ces derniers temps, il y a l'expression 听不懂 "tingbudong" : "entendre pas comprendre" qui est utilisée pour la musique occidentale par les chinois. J'avais eu un grand débat avec plusieurs chinois sur ce thème en défendant l'idée européanno centriste - quoiqu'on dise on est bien le fruit de sa culture - de l'universalité des sentiments et émotions musicales. Ce à quoi on m'avait répondu, ce qui me paraissait évident bien sûr, qu'ils savaient seulement déterminer si une musique leur plaisait ou non, si elle était jolie à écouter ou non. Bien, alors pourquoi utiliser l'expression 听不懂 ? La réponse semble être qu'en Chine, il n'existe pas un seul morceau de musique qui ne soit pas lié à un conte chinois ancien. En clair, toute musique raconte une histoire déjà connue de tous... Ce qui fait qu'évidemment, un impromptu de Schubert est fatalement un objet dénué de sens, ce qui permet d'utiliser en toute humilité l'expression 听不懂.

Par ailleurs, on m'a raconté l'histoire de la grande muraille. Comme on me la raconté en chinois, peut être que la transposition en français va se faire avec des erreurs pardonnez moi par avance. Il y avait un homme et une femme qui s'aimaient éperdûment. L'un des empereurs a décidé de construire la grande muraille et a réquisitionné des hommes à travers le pays. L'homme a donc quitté cette femme avec laquelle il devait se marier. Le travail sur la grande muraille était très difficile et très loin. il n'était pas possible de donner des nouvelles à cette époque. La femme l'attendait avec impatience. Des années plus tard quand l'Empereur considéra que les travaux avaient bien avancés et que les gens pouvaient rentrer chez eux. Tout le monde était heureux de revoir son compagnon. Néanmoins, l'homme que cette femme aimait était mort pendant les travaux. Elle l'a attendu, l'a cherché partout dans le pays et ne l'a jamais retrouvé. Un jour, quelqu'un lui a annoncé qu'il était mort et sa douleur fut si forte, ses pleurs si important que la grande muraile elle-même s'est émue et s'est mise à pleurer... Voilà ce qu'il y a dans la tête d'un chinois lorsqu'il regarde la grande muraille.

Ces deux exemples me paraissent hautement significatif du degré d'incompréhension qui existe entre un chinois et une personne d'un autre monde. Et ces incompréhension se retrouvent évidemment dans les relations sociales, dans les propos, dans le vocabulaire de la langue, dans les constructions de phrase. Il y a des choses que je peux dire en chinois qui sont d'une grande beauté mais qui serait d'une platitude extrême en français ou nécessiterait un talent d'écriture incroyable pour dire ces choses très simples. Mon niveau de chinois n'est pas très élaboré, mais la manière de penser de la langue facilite grandement la capacité à créer des pensées poétiques.

Après trois mois et demi plongé dans l'univers chinois, mon bilan est mitigé parce que je me suis sinisé. J'ai conscience de mon niveau de chinois. On m'a dit que je savais écrire comme un chinois de douze ans environ et que je parle comme un chinois de seize ans. Je peux être content. C'est déjà une belle avancée. Je sais aussi que je touche en ce moment du bout des doigts la porte de l'accès à la culture... La lecture des livres chinois va bientôt être possible. En survolant un journal, je peux déjà dire en gros de quoi parle un article la plupart du temps. Hier, je discutais avec Kai Ye des premières heures de cours de chinois que j'ai subi. Il me rappelait que j'étais blême et que je lui avais dit que c'était la première fois que je rencontrais un "problème" dans ma vie que je ne savais pas comment surmonter. Et c'est vrai, je m'en rappelle. Les 4 premières semaines ont été une immense traversée du désert comme je n'en aurais jamais plus, c'est évident. Il faut dire que je suis allé directement dans un cours qui n'était foncièrement pas de mon niveau, je le sais. C'était au-dessus de mon niveau de chinois d'alors, notamment au niveau de l'écriture. J'ai fait confiance dans ma capacité de travail et mon obstination dans le travail (acharnement?). Dans ce cas, il fallait connaître parfaitement 400 caractères de chinois (lire et écrire) pour pouvoir suivre. J'en connaissais 160. J'avais donc 240 caractères de retard sur mes petits camarades. Aujourd'hui, j'ai rattrappé le retard et, a priori, je force l'admirationde tous mes enseignants par ma compréhension de la langue et de la culture chinoise. Pour ma part, sans faire part d'orgueil, j'ai conscience que par rapport aux européens communs qui apprennent le chinois ici, il y a effectivement une énorme différence entre moi et eux. Ils sont venus apprendre une langue. Ils n'ont pas compris que ça signifie également s'imprégner d'une autre mentalité pour parler correctement cette langue. Les phrases ne sont pas complexes, mais étranges si on ne fait pas attention à leur véritable signification culturelle. Toutefois, sans fausse modestie cette fois, j'ai la pleine conscience de cette phrase de Socrate : "Je sais que je ne sais pas." Chaque jour, chaque chose que je comprends sur les idées et la philosophie à l'oeuvre dans cette langue et cette civilisation (les deux étant intimement lié, preuve en est : la calligraphie) me permets de mesurer l'impossibilité totale d'affirmer un jour : "je connais et comprend la culture chinoise. Je sais parler chinois" En une vie, je n'arriverai pas au bout, je le sais. Pour le moment, j'ai des comportemets réflexes sociaux comme un singe à qui on a appris des trucs. Je sais appuyer sur les boutons de la relation sociale pour qu'un chinois comprenne ce que je dis, ce que je veux, qu'il soit en confiance. Mais je ne comprends pas la plupart du temps pourquoi ça marche. Comment expliquer ensuite dans un entretien d'embauche qu'au lieu d'apprendre du vocabulaire juridique et du vocabulaire commercial j'ai préféré apprendre la calligraphie? Surtout comment expliquer que, pour une transaction commerciale, il est plus important de savoir écrire des caractères avec un pinceau que de savoir les mots spécifique de ce domaine d'activité ? Imaginons la situation suivante : entretien pour un poste dans le commerce international. Question : "Et vous savez dire 'garantie à première demande' en chinois ?" Réponse : "Non mais je sais écrire un caractère chinois d'un mètre cinquante avec un pinceau." Imaginez l'incompréhension du recruteur alors qu'un chinois en face considérerait que je suis vraiment quelqu'un avec lequel il a envie de travailler. Cette énigme se trouve synthétiser dans cette phrase que l'a dite mon prof de calligraphie cette semaine, seul à seul :" Yang Fa Long, vous pouvez travailler en Chine et vous réussirez. Vous connaissez votre domaine de compétence, votre chinois n'est pas mauvais et vous connaissez la calligraphie. Vous savez écrire le style Kai et le style Cao. Vous seriez le meilleur dans votre domaine d'activité en Chine. Les chinois ne savent pas écrire le style Cao." Je vous laisse dans quel état dubitatif m'a laissé ces propos. Quel lien entre le fait d'être capable d'écrire des zi et être le meilleur dans son domaine ?

J'ai laissé fonctionner ma machine à compréhension culturelle, qui est surentraînée depuis mon arrivée en Chine, et un semblant de réponse est arrivée. Une enseignante passe dans un cours et me dit, publiquement - le détail est d'importance -, que ma calligraphie est jolie (j'ai affiché mon nom sur la porte de ma chambre) et qu'elle aimerait en avoir une de moi. ?. Derechef, l'enseignante avec laquelle j'étais m'a aussi réclamé une calligraphie, bien qu'elle n'ait jamais vue ce que je fais. Quelques heures plus tard, je vais voir cette enseignante qui m'avait complimenté et lui propose de venir visiter ma chambre. Elle vient de bon gré. Et là, elle a commencé par me demander si c'était bien moi qui avait fait tout ça. Elle a été toute troublée au point qu'elle est allée toucher et inspecter le papier et l'encre de mon zi d'1, 50 mètre au dessus de mon lit. Puis, rougissante, elle m'a dit que "ce n'était pas mauvais (traduction littérale)", c'est à dire "bien" et est repartie.

Le lendemain soir, je reçois un appel téléphonique d'une chinoise qui parle français. Elle me félicite pour mon travail calligraphique (le nom affiché sur la porte de ma chambre) et me dit qu'au départ, elle pensait que j'avais acheté cette calligraphie. Elle voulait savoir où et a demandé à cette enseignante où je me l'étais procuré. Cette dernière lui a répondu que je l'avais fait moi-même et blablabla... Bref, est-ce que je pouvais lui en faire une? Et derrière ça, un rendez-vous d'affaire pour le business a priori... Alors qu'au départ, elle pensait plutôt que j'étais plus fait pour faire des études de comique que d'exercer le métier auquel je me destine... Bref. Tout ça pour démontrer que l'impact de la pratique de la calligraphie fait résonner dans l'imaginaire collectif des chinois des choses qui sont encore au-delà de ma compréhension culturelle. Je vais me risquer à donner une réponse toutefois : dans les examens pour être mandarin, il y avait une épreuve de calligraphie. La calligraphie est un art hautement intellectuel. Pour un occidental qui n'en comprend pas la signification, il s'agit d'une forme de dessin. Pour l'étudiant en chinois, il s'agit d'un passe-temps agréable permettant de réviser ses zi. Si on pousse plus loin la compréhension, notamment à travers l'étude du style Cao, on s'aperçoit qu'il y a un art du déguisement et de la suggestion du zi qui permet de supprimer des traits mineures et d'exacerber d'autre, rendant difficile le déchiffrage du zi, mais pas impossible. La lecture de la calligraphie en style Cao est aussi un moyen de tester plusieurs choses je pense, le niveau de culture de la personne, sa connaissance des caractères (nombre et ordre des trats) et sa capacité d'abstraction. Dès lors, quand on allie la concentration, la patience et l'endurance aux exercices, la rigueur dans l'exécution et la continuité des efforts pour aboutir à ue belle calligraphie. Il n'y a pas de gens doués pour la calligraphie, il y en a qui travaillent plus que les autres. Sans compter que le résultat n'est rien d'autres que d'écrire ce que d'autres ont déjà fait. L'art de l'inutilité poussé à son extrême beauté esthétique ("C'est bien plus beau lorsque c'est inutile!", Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand). On se retrouve alors face à cette phrase de confucius qui disait d'un de ces étudiants : "Je l'ai toujours vu en progrès et en même temps ne jamais relâcher ces efforts". Voilà mon explication de la résonnance culturelle de la pratique de la calligraphie pour un chinois. N'oublions pas qu'il s'agit d'une tentative de réponse d'un européen ne faisant que ses premiers pas dans la culture chinoise.

Un pseudo regret : ne pas avoir commencé ce voyage culturel plus tôt dans mon existence. J'ai aussi cette conscience de l'inutilité d'un tel voyage qui aurait été fait plus tôt dans ma vie. Sinon, je serai venu - à l'image de beaucoup d'autre - apprendre le chinois et serait passé à côté de l'essentiel. Les études que j'ai faite auparavant m'ont préparé à faire de ces quatre mois la plus riche expérience de ma vie. Devrais-je conseillé à quiconque veut venir apprendre le chinois de se plonger d'abord dans la culture chinoise pendant 15 ans en abordant pêle mêle : les arts pictoriaux, la musique, la poésie, la littérature, l'histoire, les contes anciens. Grand absence de cette étude préalable : la calligraphie que je n'avais jamais envisagé comme un art jusqu'à alors. Maintenant, ça me paraît fondamentale. Mais sans parler chinois, ni lire et écrire les caractères, apprécier la calligraphie a quelle signification?

Je suis content de rentrer en France. Ici, je suis un étranger et le resterait toute ma vie. Avec ce voyage en Chine, je pense qu'une porte s'est ouverte dans ma vie, qui ne se refermera pas mais qui exclue que je puisse développer d'autres passions que l'étude de la culture chinoise. Je n'étudierais plus d'autres langues étrangères, je travaillerai celle que je connais déjà (ça paraît être une évidence pour tout le monde, sauf pour ceux qui me connaissent bien, d'où ma précision). Je n'abordrai plus de nouvelles cultures, je me contenterai de celles qui sont immédiatement à ma portée culturelle, et elles restent nombreuses : allemande, anglaise, chinoise, euroépenne, française, polonaise. De quoi remplir toute une vie :-)

Et pour conclure, je finirai par cette phrase de Confucius : "N'aie pas peur d'être incompris par les autres, craint seulement de ne pas les comprendre." J'aime cette phrase, même si je trouve que lorsque des amis font des réflexions qui en disent sur leur degré de méconnaissance de vous, c'est toujours quelque chose qui rend triste, même si on connait les raisons profondes qui animent leur propos. En écho, je reprendrai cette phrase de Marguerite Yourcenar, dans"Anna Sorror...", "elle avait le regard triste des gens qui se savent aimé, mais incompris." Demain, début de la semain d'examen. Hop! Retour au travail d'écriture! "

Merci Romook et à la semaine prochaine

jeudi 15 juin 2006

China Honta : épisode 14

Chhhhhhiiiiiiiiina Hooooooontaaaaaaaa!!!!!! Le Blog réalité unique en son genre, avec un public aux quatre coins de la France et même en Chiiiiiiinneeeee!!!Waaaaaahooooooouuu! Plus que 4 épisodes avant la fin de notre blog réalité!!! Et que s'est-il passé dans cet Empire du Milieu pendant cette semaine trépidante qu'a vécut notre Romook préféré!!Dans un instant, cher interneto lecteur, vous saurez tout!! Juste après une page de publicité.

Voici la crème miracle que vous pouvez acheter en Chine, mesdemoiselles, vous qui souffraient d'une poitrine trop petite à votre goût! Vous utilisez le spray magique en deux applications par jour. Vous devez vaporiser ce produit sur les parties mammaires de votre petit corps. Le produit miracle pénètre sous la peau quasi instannément et, avec ces petits bras musclés, repère votre cellulite, casse les molécules de la cellulite pour les transporter à travers le réseau sanguin, les déplace jusqu'à l'endroit qui jusqu'à alors vous empêchez de mettre des décolletés à faire chavirer le Titanic, reconstitue les molécules en gros morceaux (mais attention, ça n'est plus de la cellulite qui vient se loger dans les seins: ça, ça serait dégoûtant) et vous fait gonfler la poitrine comme si vous aviez subi une opération de chirurgie esthétique. D'ailleurs, on ne voit pas la différence dans le résultat entre une fausse poitrine rajoutée et celle de notre produit, c'est pour dire. Et, en plus, nous ça marche, la preuve, ça passe à la télévision!!!!!

Après cet intermède justifié par le bien être esthétique mondial - masculin, il faut quand même le souligner - revenons au cas de Romook... Alors, cette semaine, que s'est-il passé d'intéressant ? La suite expliquée en texte jour par jour :

Lundi : début de semaine normal, en cours de caractère, c'est la grande forme on dirait... Et on fait même rougir la prof avec des blagues gauloises!! Et ben alors Romook, la France te manque!!??

Mardi : RAS en cours, si ce n'est que le prof de calligraphie s'est lâché et apprend le style CAO à ses petits étudiants européens... Il explqieu mêm qu'il ne l'enseigne pas aux étudiants chinois car c'est trop compliqué!! Je crois bien que le Romook et le Kai Ye, derniers survivants du cours de calligraphie, sont le désespoir du prof qui a beau leur expliquer que le président Chirac adore la calligraphie et qu'en tant que français, ils doivent nécessairement avoir des aptitudes spéciales pour la caligraphie. En terme d'aptitude spéciale, signalons Kai Ye qui a réclamé au prof le retour au style traditionnel : KAI. Proposition simplement ignoré par l'enseignant. Pourtant au vu de ses soupirs en voyant les caractères de ses élèves, on se demande si à ce niveau là ce n'est pas de l'acharnement thérapeutique...

Mercrdi : départ pour Wu Han. Matin 'achat de vêtement'. Rencontre avec la délégation de l'Univerté française. Retard de l'avion. L'attente a permis de faire fabriquer les cartes de visite bilingues - français et chinois - de l'un des membres. Romook, quelle bonne idée d'avoir emmener son ordinateur portable!!

Jeudi : Rencontre avec les premières personnalités de WTO. Le programme est chargé et très vite le romook se met à parler chinois. Grande impression à table le midi. Et voilà qu'il raconte même une blague en chinois!! Les gens de Wu Han sont conquis. Les membres de la délégation française également. Tout le monde aime Romook : c'est le monde merveilleux de Dysney!! Et le voilà enseignant en droit des contrat l'année prochaine pendant une à deux semaines au mois de mai à WTO!!

Vendredi : prise des accord pour l'université de droit. Les choses se précipitent. Le soir, repas avec le consul général de France à Wuhan. Prise de contact professionnel intéressant. Alors comme ça, il y aurait des perspectives de travail dans ton domaine d'activité à Wu Han Romook? Mais qui te suivra dans cette aventure ?

Samedi : matin rencontre avec le président de l'université et achat d'antiquité dans Wu Han. Après midi culturel, visite du musée, concert, visite de la pagode de la grue jaune. Et il y a même des photos : il était temps!! Et le soir repas rencontre avec les étudiants de Wu Han

Dimanche : retour à Beijing et dodo...

Et le romook en pense quoi de cette folle semaine ?

"Quelle semaine!! Moi qui l'appréhendais un peu car j'allais ne pas faire de chinois pendant 4 jours, je me suis retrouvé à parler plus qu'à Beijing. Une journée, j'ai parlé pendant presque 5 heures sans interruption!! Incroyable, je comprenais l'accent de la plupart des gens de Wu Han. Mais ils faisaient un effort pour prononcer les sons clairement... Je me suis aperçu que je suis capable de plaisanter avec des chinois en chinois et ils comprennent mes blagues!! Quel bonheur!! A mon hôtel, on m'a dit que c'était la première fois qu'ils pouvaient communiquer uniquement en chinois avec un étranger... Pas d'épisode particulier à relater puisque c'éit un voyage d'affaires qui a été plus que fructueux. Je suis revenu avec dans ma valise : un contrat pour les trois prochaines années, plus une série de contacts professionnels incroyables, plus des perspectives d'établissement professionnel, plus un contrat d'enseignement chez WTO et la faculté de droit de Wu Han... Bref, je suis comblé!! Tout ça c'est que du bonheur. J'ai aussi rencontré des gens avec qui j'ai eu un réel plaisir de partager ses 4 jours... Au plan humain, c'était donc aussi très riche. Je suis content. J'espère seulement que je rencontrerai des gens en France pour me suivre dans tous mes projets. Il me reste trois semaines pour les fignoler en Chine pour arriver en France avec dans ma valise tout ce qu'il faut pour négocier Et la négociation, ça me connaît "

Hmmm... Bon, ben espérons qu'il n'y aura pas trop de voyage d'affaires car, je sens que pour l'audimat, ce n'est pas très bon. Alors, voilà, on fait des efforts pour rendre le blog dynamique et y en a qui plombe l'ambiance avec des considérations professionnelles. Si ça continue, moi, je démissionne...

Suite à un problème technique, le blog réalité est interrompu. Dans quelques instants, la suite de votre blog reprendra son cours normal. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

samedi 10 juin 2006

China Honta : épisode 13

Hellllooooooooooooo!!!!!!!!

Et oui, notre émission arrive avec quelques jours de retard sur vos ondes préférées!!!!!! Mais c'est pour mieux vous retrouver et surtout pour vous rassasier de nouvelles croustillantes!!!!!!! Qu'y a-t-il au programme ? Ah ahaha!!!

Un rapide tour d'horizon en image :

Lundi : Seul en cours. 6h de cours puis 1h30 che le coiffeur + 2h de restaurant avec une amie chinoise = 9h de conversation chinoise intensive en cours particulier.

Mardi : Point fort : La calligraphie, style CAO, a été abordé encours avec des exercices... Un nouveau continent graphique a été découvert.

Mercredi : Mon enseignant d'écoute m'offre une petite bouteille qui contient son adresse email.

Jeudi : Ma professeur d'oral est absente et rempacée par deux heures avec le "dragon", soit 4h consécutives de lecture analytique.

Vendredi : Cours de lecture analytique et après discussion en cours de lecture avec la prof de caractère ( :-)) ) sur les différences culturelles entre la France et la Chine, notamment sous l'angle des relations amoureuses.

Samedi : Sortie "livres".

Dimanche : Crise internationale avec la France à cause d'un billet mal compris sur mon blog. Le mal est réparé dans la nuit.

Et alors, petit Romook, quel commentaire pour tout ça?

"Les choses se bousculent effectivement et le temps passe de plus en plus vite. J'ai déjà un pied en France dans ma tête. Je ne suis plus triste de rentrer car je sais que je reviendrais régulièrement en Chine : mon intuition me parle. J'ai vraiment apprécié ce premier lundi de solitude, sans aucun camarade de classe. Non pas que je ne les aime pas, mais plutôt que ça m'a permis de constater qu'avec 9h de conversation uniquement en chinois, j'étais fatigué mais de manière raisonnable. Le mardi, j'étais remis. D'ailleurs, le mardi, quel bonheur d'étudier ce nouveau style calligraphique! Un vrai bonheur. Je sais donc écrire Yang Fa Long, mon nom, dans le style CAO, c'est à dire le style herbe. C'est très impressionnant pour les chinois qui ne l'étudient parfois pas. Mais bon, mon prof est très gentil et nous fait étudier ça car il sait que nous ne pourrons pas l'étudier ailleurs qu'en Chine. Je suis très heureux de pouvoir écrire dans ce tyle. J'ai compris comment fonctionnait ce style d'écriture, tout au moins effleurer du bout de l'esprit une forme de contour de ces caractères, chose qui paraît être impossible. En efet, j'ai demandé qu'elle était la méthode pour trouver comment écrire un caractère en CAO et on m'a répondu qu'l fallait regarder dans le dictionnaire "CAO"... Sauf que pour créer le dictionnaire, il a bien fallu créer le style et que ce style est né sous le style de plusieurs calligraphes. J'ai inventé une manière d'écrire un caractère - vous connaissez mon caractère inventif et avide de faire des découvertes - et je l'ai montré à plusieurs chinois qui l'ont reconnu en me disant que c'était très beau. Et en ajoutant, "je ne connaissais pas cette manière de l'écrire". Je suis donc calligraphe dans l'âme, les réalisations graphiques étant régulièrement approximativement et souvent proches, par certains aspects, aux magnifiques traits de l'apprenti peintre du dimanche à sa troisième toile. Autant dire que je n'ai pas les moyens de mes ambitions au niveau calligrahique. Pas grave, j'en ferai rien que pour moi, je n'exposerai pas mes oeuvres et, dans le secret de mon âme, je sais que mes zi (caractères) sont les plus beaux, les plus fantastiques n'ayant jamais existés!!! Après une semaine de cours particulière, puisque ma prof d'oral était absente, je me suis fait une sortie "livres" pour préparer mon retour en France, ainsi que mon futur matériel pédagogique pour apprendre le chinois en France. Bon, ben c'est sûr qu'il y a des choses que je vais laisser en Chine pour pouvoir emmener mes livres. La semaine prochaine, je suis à Wu Han, avec des membres de mon université, j'espère bien glisser quelques objets dans leurs valises!!! L'avenir se présente sous les meilleurs auspices. Probablement que mon voyage en Chine sera la chose la plus 'profitable' que j'aurais faite jusqu'à maintenant. Mais c'est à l'épreuve du temps qu'on le saura..."

Merci Romook pour toutes ces impressions et à bientôt pour l'épisode 14!!!!!

jeudi 1 juin 2006

China Honta : épisode 12

Après une semaine qui s'est déroulée à la vitesse de l'éclair, vous retrouvez, cher blog spectateur, votre feuilleton de votre blog réalité préféré : China Hontaaaaaaaa!!!!!!!!!!! Et que s'est donc -t-il passé durant ces longues journées de suspens qui vous ont tenus en haleine ? Pas d'inquiétude, nous vous révèlerons tout ce qui est avouable sur un plateau de blog aux heures de grande lecture! Un rapide résumé en texte :

Lundi : Résultat d'examen de romook. Peut mieux faire. Parole réconfortante de l'enseignante : "en travaillant très dur et régulièrement, vous pourrez peut être améliorer vos résultats." C'est la fête à Romook !!

Mardi : Découverte de la calligraphie, style "Cao" (herbe). C'est le style qu'est incompréhensible pour les européens : genre n'importe quoi... Pour les asiatiques, c'est tout aussi difficile à lire : pas d'inquiétude!!!!

Mercredi : Bilan de l'examen de la veille. Y a des caractères absents. Que faire contre l'absenthéisme ? Alors, Romook, une solution, une idée ?

Jeudi : Il pleut. Mais pourquoi faire?

Vendredi : Conversation à caractère cuturel avec la prof de caractère (). Elle ne comprend pas la musique occidentale. Ca veut dire quoi au juste ?

Samedi : Photos avec Kai Ye. En exclusivité sur son blog. A découvrir d'urgence!!

Dimanche : test pré - HSK. Un examen pour savoir quel examen on peut présenter

Et Romook pense quoi de tout ça?

"La chaleur grimpe progressivement et l'une de mes meilleurs idées de la semaine a été d'acheter une paire de sandale. Exit les chaussettes rouges et jaunes (les initiés comprendront) dan les chaussures en cuir. A moi le pantacourt du japon et ma petite chemissette... Evidemment, maintenant, la vie est encore plus agréable. J'irai probablement investir dans une casquette pour éviter le front rouge crevisse. Bien sûr, culturellement, le rouge est la couleur impériale ainsi que le symbole de la joie, il est fort à parier qu'un front rouge serait très apprécié par les chinois(es). Mais bon, que vont penser les européen(ne)s qui vivent à mes côtés... De ce fait, je resterai fidèle à ma tradition européenne et j'éviterai le front rouge.

L'autre point important de la semaine est bien sûr l'examen d'examens. Alors, là, il faut suivre. Cette semaine, il y a eu deux examens. Mardi, examen, qui a permis de poser une hypothèse de base : plus tu connais de caractère, moins tu en retiendras, plus tu en oublieras, plus tu les mélangeras. Cette hypothèse semble en concordance avec les dernières théories scientifiques, notamment celle selon laquelle "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." Je suis à la recherche de la méthode miracle d'apprentissage du chinois. Je dévoilerai ma technique de travail un peu plus tard. En test clinique actuellement. Il y a eu les résultats des examens d'avant mon départ à Wu Han (tiens au fait, j'y retourne du 7 au 11 juin). Je suis assez satisfait de la plupart de mes résultats. Là, encore, ces *§!?*§*? de caractères chinois m'ont mis dedans. Evidemment, je sais bien que les caractères suivants n'ont rien en commun entre eux, hormis la prononciation :

情, 晴

et ceux là qui se prononcent à peu près pareil (les tons sont différents) :

请,清,氰,氢 et 青

Ce qui doit, en transposant dans notre langue, être équivalent à pin, pain, peint ou fête, faîtes, fait... Bref. Encore du travail en perspective. Enfin, on retiendra que je suis content de mes résultats. Et, enfin, l'examen du dimache matin : un test préparatoire pour déterminer dans quel niveau d'examen on peut s'inscrire pour passer le HSK, équivalent du Toefl anglais. J'ai trouvé franchement trouvé ça facile, comme mes petits camarades de classe. En revanche, des camarades français d'une autre classe ont trouvé ça vraiment difficile. Tout est question de niveau. J'attends les résultats : peut être que tout est faux

La découverte de la calligraphie en style "CAO" a été une grande découverte esthétique et une leçon d'humilité. Une chose est sûr, pour aborder la calligraphie, il faut au moins connaître les 1000 caractères les plus courants. Et savoir les écrire. Sinon, ça ressemble à vouloir dessiner avec un oeil bandé. Le sens des traits est quelque chose de très important, ainsi que l'ordre des traits dans les caractères. Après un exposé d'une demi heure pour nous montrer les différences entre les styles de calligraphie, nous sommes retournés en style KAI. Un peu la sensation de retourner au bac à sable après avoir vu qu'on pouvait jouer sur la plage

Sinon, il s'est mis à pleuvoir une journée, mais rien à voir avec les pluies du Japon ou de mon pays natal. Quelque chose de très légers, beaucoup de tonnerre, mais c'était de l'esbrouffe. Beaucoup de bruit pour pas grand chose. A moi, on ne me l'a fait pas

Voilà, plus que six semaines, mais encore six semaines d'apprentissage!! J'espère que mon progrès vont encore être importants! Je mets cap sur l'île aux caractères."

Merci Romook pour ce palpitant résumé d'une semaine incroyable!!!

A la semaine prochaine pour l'épisode 13 de China Honta!!

dimanche 21 mai 2006

China Honta : épisode 11 (version 2)

Après une semaine comme à l'accoutumée, vous retrouvez, cher blog spectateur, votre feuilleton de votre blog réalité préféré : China Hontaaaaaaaa!!!!!!!!!!! Et oui, que s'est donc -t-il passé durant ces longues journées d'attente? Voilà bien l'une des nombreuses questions qui restent en suspens... Et nous lèverons le voile sur ces zones d'ombre et vous dévoileront tout ce qui est avouable sur un plateau de blog aux heures de grandes écoutes! Un rapide résumé en image :

Lundi : en lecture analytique, romook et ses petits camarades de classe ont eu un nouveau livre en cours de lecture analytique. Regardez comme ils ont un grand sourire . Un beau livre tout neuf à barbouiller de commentaire, de mots nouveaux à chercher dans le dictionnaire... Oh! Comme c'est beau. Il paraîtrait qu'Antonio a failli verser une larme, c'est pour dire!

Mardi : étude de la première leçon de lecture analytique pour romook. Hmmmm. Bon, on va passer à mercredi. Oh! Non! C'est vrai que le prof de calligraphie a gratifié tous les étudiants de deux calligraphies chacun, mais c'est romook qui a eu les plus belles!! Of Course!!!

Mercredi : Prise en main au niveau de la santé. A l'aide de son compère Kai Ye (et vous pouvez découvrir le blog de Kai ye en exclusivité sur le web grâce à notre sponsoring, en cliquant sur le lien du blog de Kai Ye, Larry...!!), le voilà résolûment décidé à réduire les problèmes gastriques persistants depuis 15 jours. Ne voyant aucune autre solution sur place, il tente le Bloody Mary. Et ça marche!! Aaaaaaaaaah, sacré Romoooooook!!!

Jeudi : Tempête en cours. Une incompréhension culturelle évidente est née entre les français présents en cours et lui, résultat : naufrage. Incapable de maîtriser sa colère autrement que par un mutisme important le voilà privé tout à la fois de la possibilité de suivre le cours et de parler chinois. Quel idiot ce Romook. Serait-il devenu caractériel? Il se gâterait avec l'âge, à l'inverse du bon vin? Ou alors, la patience était-elle à bout après 10 semaines de demande répétée? A la décharge des deux fautives - à ses yeux - elles parlent nettement moins souvent qu'au début, et nettement moins fort. Enfin bref, le romook a été fâché toute la journée et ce n'est que tard dans la soirée que la tension est redescendue. A noter que Kai Ye n'a même pas voulu prendre le café du midi quotidien avec lui sous couvert de : "A mon avis, t'as besoin d'être seul là." Vraisemblablement, au vu des évènements qui ont suivi, il avait raison. Sacré Kai Yeeeeee!!!!!

Vendredi : L'avenir professionnel français de romook se dessine. Quelques news se contrebalancent et lui permette tout à la fois d'être content et triste. Pauvre petit gars, y a des déceptions qu'on a du mal à cacher et la joueuse de Pipa (luth chinois) qu'il a rencontré le soir même n'a pas su le dérider plus que ça. Vendredi soir dodo à 23h après un chocolat chaud. Ben alors, papi Romook, qu'est-ce qui se passe?

Samedi : journée studieuse et reposante. Ecriture de caractère, calligraphie, premier cours de français pour une chinoise, discussion avec Kai Ye. Rien d'intéressant.

Et les impressions de Romook alors sur ce beau parcours de la semaine 11...

"Une appréciation en demi teinte cette semaine. Je vais retourner à Wu Han ce qui devrait permettre d'éclairer une partie de mon horizon professionnel pour les trois années qui viennent. C'est donc le moment des choix. Pour ma part, je me demande si je pourrais trouver un lieu pour exercer mon activité de causeur dans ma chère ville du Nord, je veux dire un lieu qui me convienne parfaitement. Il y en avait un qui avait toutes mes faveurs, mais malheureusement ce n'est plus possible Je suis tout triste. Quant j'aurais fait le tour des possibilités régionales, si je ne trouve rien qui me convient, je prendrais donc les choses en main : Paris, Londres, Bruxelles, Lyon. Dans le pire des cas, c'est dans ces autres villes que j'irai. Je suis sûr d'y trouver mon "bonheur" professionnel. Il y a un lieu où je sais que j'y trouverai une partie de mon bonheur proessionnel (travail à l'international) dans ma ville mais je pense que l'ambiance et les locaux ne me conviendront pas.

Dans mon petit sac, j'ai des outils en mains qu'il faut que je retravaille. Et après, je pourrai négocier. Il faut juste que je trouve le temps de m'y mettre. Mais, comme je suis ici pour travailler mon chinois, évidemment je mets l'accent dessus. Et c'est une langue difficile. Mais ça progresse. L'anglais régresse, mais le chinois progresse. J'en suis à un point où je pense que mon anglais (ou mon chinois oral) est identique à mon niveau oral de chinois (d'anglais). C'est plutôt bon. C'est aussi pour ça que mes billets en anglais vont se mutiplier avec ceux du chinois, le blog étant pour moi - outre un instrument de communication permettant de montrer à tous ceux qui m'apprécient (et aux autres aussi) que tout va bien et qu'il ne faut pas s'inquiéter - un cahier d'exercice électronique pour pratiquer mes langues. Comme je ne veux pas écrire des choses plates, etc... Me voilà obligé de travailler mes langues pour me permettre d'exprimer une pensée parfois trop complexe pour mon niveau de langue. Pour la langue chinoise, il me reste 7 semaines pour peaufiner tout ça et être en mesure de travailler seul (ou accompagné ) le chinois en revenant en France. Cette semaine, plutôt des préoccupations d'ordre post -Chine donc. Ca sent la phase de transition tout ça. Et comme toute période de transition, ça met mal à l'aise. Contrairement à mon habitude, j'y suis plutôt mal à l'aise. Comme quoi, même le "romook" ça vieillit. De toute façon, de nos jours, tout se perd ;-)

A noter une discussion intéressante sur la peine de mort avec la joueuse de pipa.

- Mais pourquoi vous n'avez pas la peine de mort en France?
- On l'a eu, mais on ne l'a plus.
- C'est bizarre, et pourquoi?
- Parce qu'on considère que c'est inutile de tuer quelqu'un et en plus s'il y a une erreur judiciaire, ça fait deux morts au lieu d'un. Et le meurtrier court toujours.
- Mais, si quelqu'un est tué, pourquoi on laisserait le meurtrier vivant ?
- Ben, je viens de t'expliquer.
- Mais comment la police peut se tromper?
- ... (!)

FLASH SPECIAL : Un OVNI vient de se poser à Wu Dao Kou. Je répète : un OVNI vient de se poser à Wu Dao Kou

Merci Romook pour toutes ces informations croustillantes et palpitantes! Et bien, cher blog spectateur, nous vous retrouverons pour l'épisode 12 de China Honta la semaine prochaaaaaine!!!

samedi 20 mai 2006

China Honta : épisode 11

Et la semaine s'achève avec beaucoup de trépidations dans la vie de notre petit romook. Trépidations qu'il taira puisque peut être trop personnelles. Mais bon, il y a toujours un os à ronger et il est certain que, des choses, il en a à raconter. A se demander d'ailleurs s'il n'en invente pas pourqu'il y en ait autant! Et si notre émission n'était que mise en scène de la société du spectacle!! Aha, Guy Debord semble nous tenir en haleine et...

/ ***

Couic

***/ Suite à un incident sur notre plateau, nous sommes au regret de vous annoncer que l'émission qui devait être diffusée maintenant sera reportée à demain. Vraisemblablement la présentatrice a été pris d'un malaise et sera remplacée dès demain. Elle ira dès lundi pointer à l'ANPE.

mardi 16 mai 2006

China Honta : épisode 10

Et oui cher blog visiteur, les épisodes se succèdent avec un nombre d'épisodes oscillant entre ceux de la série de la "Star Wars" et ceux de "Santa Barbara"... Nous vous rappelons que notre China Honta s'éteindra avec l'épisode 18 qui sera rédigé depuis la France... Alors, cette semaine de rentrée a-t-elle été remplie d'évènements attrayants?

"Retour de Wu Han. Lundi : repos et rédaction de compte rendu à mon université de ma mission. Décrassage des neurones et remise en route de la langue chinoise en alant discuter avec une ami chinoise en fin d'après midi. Et puis, le mardi est arrivé avec ma prof de lecture analytiqe (que nous avions surnommé le dragon) qui était dans une forme éblouissante et n'avait qu'une envie: plaisanter. Rentrée très agréable. Le soir même, il falait que j rédige un texte de trois pages pour elle le lendemain et là je décide de raconter mon lundi après midi avec mon amie chinoise. Pourquoi? Au niveau culturel, j'en ai beaucoup appris sur moi même, les concepts européens et la culture chinoise. J'ai traduit en chinois ma phrase qui allie poétiquement la notion d'éternité et la sexualité. Je voulais voir si ma phrase était compréhensible. Réponse positive : ma traduction est bonne. Grand succès pour moi Ca prouve que mon chinois s'améliore bien. Toutefois, elle ajoute que la phrase est "bu hao", c'est à dire "pas bien".

Je l'interroge pour savoir s'il y a un problème de grammaire ou autre. Réponse : autre. Lequel ? La signification est mauvaise et elle est choquée. Romook aurait-il commis quelqu'impair culturel? La phrase était déjà e ligne sur mon blog à ce moment -là. Angoisse Pour elle le sens de la phrase est très triste et très mauvais car cela signifie qu'un homme n'aurait vraiment envie d'une femme que tant qu'il ne la connaît pas... Hmm... Voici la phrase en français : "La notion d'éternité effleure l'esprit d'un homme lorsqu'une femme se dénude pour la première fois sous ses yeux." La traduction chinoise donnerait : "L'idée d'un moment sans commencement, ni fin n'est en l'homme qu'au moment où la femme se déhabille pour la première fois.". Je lui demande de m'expliquer pourquoi...

Elle me répond que l'idée d'un moment sans début ni fin lui semble étrange. Je prends conscience qu'il s'agit d'un concept chrétien européen. La radio lance un flash spécial : "Tremblement de terre autour de la zone de Wu Dao Kou." Et que c'est triste cette phrase car, lorsque l'on prend en compte qu'ils vont rester ensemble toute leur vie. "Deuxième flash spécial : il s'agit en fait d'un débarquement d'extraterrestre, directement à Wu Dao Kou" et, en plus, ça voudrait dire que les hommes n'auraient pas de plaisir voir leurs femmes dans d'autres circonstances. En bref, le seul mment où un homme se sent bien avec son épouse, c'est la première fois où il la voit se déshabiller "Allo, Wu Dao Kou? Répondez s'il vous plaît! Wu Dao Kou? ci, la tour de contrôle. Yang Fa Long, alias Romook, serait à l'origine d'un champignon atomique. Probablement un extraterrestre terroriste en provenance d'Europe "

-Ca te choque comme phrase?
- Oui.
- Tu as quel âge ?
- 24 ans.

"Wu Dao Kou! Tenez bon! On envoie les secours!"


Il est environ 16h52. Elle est à trente centimètres de moi, ce qui représente, à vu de nez, environ 2000 ans de tradition chinoise. Maintenant, il faut expliquer pourquoi, en Europe, ce n'est pas une phrase choquante et même assez jolie. Première étape : comprendre pourquoi ce n'est pas choquant en Europe et que l'on trouve ça jolie.

"Le masque à oxygène, vite! On va la perdre!"

Deuxième étape : comment expliquer ce que j'aurais compris de ma propre culture dans une langue que je ne maîtrise pas, c'est à dire que je ne connais pas le sens exact des mots et des concepts que j'emploie et pour laquelle je ne connais pas non plus les traditions. Elle ne parle ni l'anglais, ni le français. D'un seul coup, je me sens tout seul avec mon dictionnaire de poche.

"Allo la Terre, répondez! Répondez!"

Quelques deux heures et demi plus tard, après moultes tâtonnements culturels pour expliquer ce que veut dire la finitude de l'esprit, la notion mathématique d'infini traduit par Eternité, soit le sans commencement ni fin chinois, les relations sexuelles possibles dans le cadre d'une simple relation amoureuse, le culte artistique du corps de la femme en Europe, etc... Elle avait compris. L'incident était clôs.

Pour ne pas rester sur une mauvaise impression, j'y retourne quelques jours plus tard et au détours d'une blague, voilà que l'on aborde le féminisme. Malgré des prouesses de pédagogie pendant deux heures, le concept est resté hermétique à son esprit. Et ce n'est pas un problème linguistique. Comme dirait Kai Ye, j'adore ce pays.

A signaler aussi une sortie à l'opéra de Beijing, samedi soir. Beaux costumes, belles prouesses acrobatiques. Un sentiment étrange d'être à l'écart de cette culture qui m'échappait. J'étais très content de voir ce spectacle.

Vendredi, cette semaine, rencontre prévue avec une bloggeuse de Wu Dao Kou qui joue de la pipa, genre de luth chinois. Et puis, des hanzi à écrire, plein, plein..."

Et bien merci à toi Romook pour avoir fait l'effort de nous donner quelques renseignements intéressants sur ta vie. Et à la fin alors? Elle est amoureuse? Elle l'est pas? On aurait voulu des détails croustillants!!!!

A la semaine prochaine pour le prochain épisode de China Honta !

dimanche 7 mai 2006

China Honta : épisode 9

Romook a eu une semaine de vacance !! En a-t-il profité ? Il est parti en voyage sous les tropiques chinoises : Wu Han. Le climat le plus difficile de Chine d’après les chinois. Pourquoi ? Il fait très chaud, humide et le temps peut changer très vite au cours d’une journée… Mais demandons lui plutôt ses impressions :

« Alors, Romook, ces vacances, c’était bien ?

- Oui, Super ! Même si ce n’était pas des vacances !! En effet, j’ai enseigné le droit français du lundi au samedi à raison de 5h théorique par jour. Toutefois, mon désir de leur faire un cours sérieux allié à leur soif de compréhension et de connaissance nous ont conduit à avoir cours 5h30 à 6h tous les jours, sauf le dernier. Là, ça a été 7h. Evidemment, je suis épuisé. En plus, je n’ai pas pu pratiqué mon chinois car, ayant rencontré un enseignant de l’université qui était français, je suis resté dans un cadre uniquement francophone. La seule communication que j’ai eu en chinois était avec une serveuse : ce fut l’épreuve du jour. Non pas que mon chinois était rouillé, mais il a fallu que je comprenne son accent du Putonghua (comprendre la langue commune). En effet, les zhi, c’était des sons à mi chemin entre le chi et zi, et le shi entre le si et zi, ce qui donnait une tonalité différente au discours, sans compter quelques mots où les tons sont modifiés. Quant on est perdu au milieu d’une phrase comprenant des mots que l’on ne connaît pas, et bien ça devient un véritable exercice que de comprendre une phrase simple. Comme en plus, ils n’ont pas l’impression de parler vite, mais que tout le monde parle toujours trop vite lorsque l’on ne maîtrise pas une langue : c’était le crash test pendant 10 minutes. Elle me comprenait parfaitement, ce qui était plutôt rassurant… La réciproque était identique à l’accoutumée, c’est à dire fausse

Dernier soir, les étudiants m’ont invité à passer la soirée et m’ont fait découvrir Wu Han que je ne connaissais pas, n’ayant pas eu le temps de visiter. Repas chinois avec uniquement des étudiants chinois, dans un restaurant chinois. Spécialité : Topi (ma mémoire est-elle bonne ?) : galette de riz mélangé à de l’œuf. Jarret de mouton grillé. « kebab » de mouton (ça se rapproche de ça visuellement, mais ça n’a rien à voir au niveau du goût), salade de racine de lotus (pas trop de goût) et une salade de « … » : le mot n’existant pas en français et le légume ne ressemblant à rien de connu, je n’ai pas retenu le nom. Pas d’incident gastrique majeur à signaler malgré le fait que certains plats avaient été achetés dans la rue. Puis promenade le long du fleuve Yangsé (le troisième plus grand fleuve du monde), mais qui en fait s’appelle Chang Jiang. Ce sont les occidentaux qui l’ont baptisé ainsi, a priori, car il s’agit du nom de l’un de affluents. Probablement parce que Chang Jiang (prononcé tchang tiang) n’est pas évident à prononcer dans notre langue. Hypothèse que je soumets à la sagacité scientifique de mes lecteurs, dont la lecture de Karl Popper ne fait pas défaut, et qui accepteront mon explication en absence de réfutation scientifique…

Cette semaine a été très enrichissante au niveau de la connaissance de la Chine. Les étudiants en droit m’ont fait part de quelques remarques sur leur propre système juridique. Une était intéressante en droit pénal, mais reste à vérifier car l’étudiant était confus en m’en parlant et une ambiguïté subsiste. En cas de conflit de preuve entre la police et l’avocat, a priori, l’avocat pourrait être accusé de falsifier les preuves… Hmmmm… Possible. L’autre alternative de sa phrase était que c’était les preuves apportées par la police qui prévalaient. Si quelqu’un a des infos, qu’il se signale dans la salle ou se taise à jamais… J’irai vérifier. Hormis ce point de détail insignifiant, ils étaient de féroces défenseurs des droits de l’homme et m’ont surpris avec leur capacité d’assimilation du droit français. Ils ont même posé des questions intéressantes sur la distinction entre cession de créance et délégation…

La Chine de demain va poser des problèmes bien plus important que ceux que l’on connaît aujourd’hui. Il me semble qu’en occident, nous ne sommes pas armé pour faire face à une telle capacité de travail. Le cours que j’ai donné d’introduction au droit commercial, environ 35h en une semaine, était entièrement assimilé pour le lendemain en terme de vocabulaire et de concept. Si j’avais fait travailler des étudiants français de cette manière là, il y aurait eu des grèves des camionneurs par solidarité en France. Lorsque je donnais mes TD en licence de droit commercial, je faisais travailler suffisamment les étudiants pour qu’ils râlent Les étudiants chinois avaient une soirée de préparation pour le lendemain, plus l’assimilation des choses faites en cours le jour même (sans compter que tout était en français). La semaine de cours, pendant leurs vacances scolaires. Pas de problème, ils sont même restés 7h en classe avec moi au lieu de 5h vendredi car ils voulaient en savoir plus. J’étais triste de partir. Une expérience extraordinaire pour un enseignant :-)

Et maintenant, c’est de nouveau moi l’étudiant. Demain, apprentissage du chinois. Et je n’ai pas encore préparé le texte. »

Et bien, merci Romook de ces explications, finalement, ça s’est bien passé… On peut dire que l’auditoire va finir par être déçu et ne va plus venir. Et les filles sont comment ? Est-ce qu’il y a des bars avec des Margarita ? Y avait plein de sujet croustillant à aborder et le Romook ne profite même pas de ses vacances pour essayer les spécialités locales. Déception, nous sommes déception….

Allez à la semaine prochaine !

samedi 29 avril 2006

China Honta : épisode 8

Chers blogspectateurs,

Bienvenue dans notre émission hebdomadaire de China Honta. Pas besoin de faire de rappel des épisodes précédents, c'est très simple : Romook, enfermé en Chine pour apprendre le chinois, travaille dur, mange des baozi, n'a pas d'équipement spécial, simplement quelques dictionnaires de langue... La semaine qui vient de s'écouler était très intéressante puisqu'il s'agissait tout à la fois de la semaine des examens ET de la semaine préparatoire à l'enseignement des étudiants chinois dans l'Université de WuHan. Réflexion rétrospective de notre petit Romook :

"Ouf! Les examens sont terminés! Pas facile, mais on peut faire un bilan intéressant. D'une part, mon niveau de caractères a progressé de manière faramineuse ces 3 dernières semaines, ce qui est évidement encourageant. D'autre part, mon vocabulaire s'étoffe également petit à petit. En contrepartie de cette progression, mon niveau d'oral s'améliore en fluidité, mais se déprécie en terme de prononciation et de tons. Ce dernier petit problème n'est en soi, pour une langue comme le chinois, que simplement catastrophique. Mis à part ces légers détails, rien à noter d'amusant pendant les examens. 2 se sont très bien passés, 2 autres sont relativement bons, 1 est franchement mauvais (j'espère simplement avoir plus que 24, pour me dire que j'ai quand même progressé).

Deuxième point, ma réparation des cours de Wu Han n'a pas facilité mes révisons. En soi, ce n'est pas très grave je pense. Rétrospectivement, je me dis que réviser plus aurait eu un impact faible sur le résultat. Gros soulagement en voyant arriver les billets d'avion :-))

Dans la rubrique "inconguité", hier, j'ai mangé des abeilles fries. Délicieux. Evidemment, la première bouchée est surprenante et le petit insecte qui me regardait avec ses yeux fries ne me faisait pas trop envie à la base. A la recherche de la nouvelle sensation, weishenme bu (why not)? Un petit goût de cacahouète, voilà ce que j'ai ressenti en premier. En fait, lla consistance est le goût était quasi identique à ses petits biscuits apéritifs qu'on appelle "cahouète" je crois... Déception, les yeux n'ont pas en soi un goût particulier. Sinon, j'ai mangé des escargots aussi. Préparation épicé, ça change de la préparation française. Mais c'était très bon.

Dimanche départ pour Wu Han. Je fais mes petits paquets. J'y en emmène quelques lois chinoises rédigées en anglais. Mon bouquin pour travailler mes caractères et mon écriture. deux dico : chinois - français - anglais. Mon ordinateur et mon appareil photo. Normalement c'est 6h/ jour pendant 6 jours. Cependant, j'ai reçu un email hier qui m'annonçait 9h de cours pour lundi. Là, je dis non. Mon expérience me fait dire que je ne pourrais pas supporter ça... Enfin, ma voix bien sûr.

Je ne sais pas encore si j'aurais une connexion internet sur place, mais j'espère bien. Sinon, ça risque d'être très difficile d'être pour moi, car je pense que j'aurais besoin de cette connexion pour aller glâner des compléments pour mes cours. J'ai lu l'organisation constitutionnelle de la Chine et de son système judiciaire et j'en suis arrivé à la conclusion que le système français était beaucoup plus simple. J'ai juste 36h pour inculquer 3 ans d'études de droit français à des chinois. Mission impossible. Tout va bien.

Evidemment, comme d'habitude, mon vendredi soir a été d'une pauvreté irrémédiable, que j'ai passé à améliorer mon blog. Trop fatigué pour sortir.Voilà tout ce que je peux raconter de marrant d'une semaine d'examen, de préparation de cours, etc... On peut dire que, mis à part que mes neurones se sont centrés sur ma condition humaine et la réflexion de mon être - que d'aucun traduirait simplement par une intense vie intérieure - mon existence a été relativement pauvre, ce qui explique probablement la pauvreté de mes commentaires."

Merci Romook ppour ce billet effectivement ennuyeux. On espère bien que la semaine à Wu Han se passera mal, histoire qu'il y ait des trucs à raconter!

dimanche 23 avril 2006

China Honta : épisode 7

Le temps défile à tout allure et le travail, les révisions, les lignes d'écritures, les mots de vocabulaire, les non-sorties, les non-soirées, les non-rencontres s'accumulent! Le Romook semble avoir passé un cap dans son organisation du travail, toujours débordé, mais cette fois, la tête haute, il regarde au loin, et tel un marin semble jauger la tempête qui arrive avec la résignation de celui qui sait qu'il n'échappera pas à son destin. Périr ou survivre, pas d'autres alternatives possibles. Réflexion binaire sur un monde en ébullition, tant intérieur qu'extérieur. Reste à se diriger sur les étoiles, en espérant que la bonne ne l'aura pas abandonné. Les données du problème sont simples, il n'existe pas de moyen concret de faire toutes les choses correctement et en temps. Reste au joueur de Go de faire ses choix pour maximiser ses choix. "Choisir, c'est renoncer." a dit un vieux philosophe de Beijing, prénommé Laurent, 37 ans. Bon indicateur du moral : l'adversité l'a rendu euphorique dans le travail, ce qui permet de travailler mieux et plus. Un vrai régal pour lui! Ca semble impossible et désespéré, donc, à son habitude, il réagit en se disant que c'est la meilleure situation qui pouvait lui arriver... Mais laissons lui la parole... Alors, Romook, what's about cette semaine?

"Sur la brèche et les résultats arrivent... Après la découverte d'une méthode d'apprentissage intensif de la lecture chinoise que j'essaie tant bien que mal de suivre en plus de mes cours quotidiens, je remarque que mes résultats en terme de compréhension écrite sont bientôt au niveau de la plupart de mes camarades de classe... Rien de bien étonnant, je pense, je travaille énormément. Quoique, l'étonnant serait finalement que ma capacité à mémoriser ces fichus caractères semblent s'améliorer... Je ne crie pas encore victoire car la langue chinoise est vraiment l'école de l'humilité. Exemple simple :je peux écrire et comprendre pas mal de choses à l'écrit ("beaucoup" est à prendre évidemment avec des pincettes, car si je sais écrire 500 caractères sur 50 000, est-ce vraiment beaucoup de choses?), ma prononciation et ma compréhension des tons s'en est envolée dans le même temps. L a méthode de travail idéal sera évidemment de coupler oral et écrit. M'enfin, dans tous les cas, je peux discuter avec un chinois, quelque soit son sexe, en chinois, sans qu'il ne paraisse s'ennuyer. Evidemment, mon sens de l'huour n'y est pas pour peu de chose...

Sinon, les cours pour Wu Han se préparent également. Le seul petit problème est de savoir si les billets d'avion qui arrivent par la Poste seront là à temps. Sinon, Plan B. Quel est-il? J'ai demandé à l'Université qui m'a dit: pas de plan B. Bon, ben, le plan A doit fonctionner. On va se fier aux étoiles ;-)

Beau résultat cette semaine : 86 / 100. Suis dernier, encore, mais cette fois à 2 points de l'avant dernière et non pas à 15 points... Y a du progrès!

Et puis, merci à la serveuse de mon petit lieu de recueillement (qui fera l'objet d'un billet particulier car son ambiance est extraordinaire, un lieu magique propice aux langues qui se délient et aux coeurs qui s'ouvrent, en résumé : un catalyseur des plantes émotionnelles) qui m'a traduit plus de deux cents caractères chinois, perdant ainsi Trois heures de repos à la fin de sa journée. Une femme assez jolie et très douce (voir photo) qui répète à l'envie qu'elle est stupide. Je trouve pas, mais peut être que mon chinois ne permet pas de tout comprendre : elle ne parle pas un mot d'anglais et de français. Pratique pour exercer mon chinois.

Pour la remercier, on l'a emmené dans un restaurant avec Laurent hier soir. Fondue chinoise au programme, suivie d'une salade de fruit. Puis, un dernier verre dans un café (pas le sien, bien sûr, pour la changer de son quotidien) où nous avons pris une Corona pendant qu'elle dégustait un milk shake à la fraise. On a bien rit et mon appréhension des échanges linguistiques s'est trouvé infondée. Laurent a fait des progrès incroyable en chinois et il a une oreille incroyable. Moi, je dois être un peu sourd de temps en temps je pense... Y a des sons que j'entends pas, enfin, que je ne reconnais pas. Pourtant, elle a une prononciation très claire, ça me rappelle d'autres personnes de ma connaissance

Bon, voilà, pour les news de cette semaine. La semaine prochaine 5 examens. Lundi : un examen de caractères (interrogation sur 240 caractères). Les 4 autres sont prévus pour jeudi et vendredi je pense. Sameid et dimanche : y a cours. Je crois que je vais sécher pour finir de préparer ma semaine à Wu Han. On verra bien.

Sinon, je pense beaucoup à toutes les personnes qui me sont chères et j'aimerais bien partager avec elles quelques délicieux instants dans mon café ou au milieu d'un parc. Bref, on fera ça en france : plus que 9 semaines. Le temps passe vite. J'ai déjà l'impression qu'il va falloir que j'organise mon retour... Sinon, y a mon prof d'écoute qui m'a proposé de chercher du travail ici en m'expliquant qu'il pourrait m'aider. Quand on sait qu'il a travaillé pour le gouvernement chinois plusieurs années, on peux se dire que son coup de main ne serait pas sans valeur. Je suis plutôt pour retourner à Lille et travailler sur les deux pays en même temps. M'enfin, c'est maintenant que je dois prendre des décisions pour mon avenir car j'ai un dossier à rendre pour le 1er mai si je veux travailler l'année prochaine à l'université. Tout s'entrechoque alors que je n'ai pas le temps de me poser pour évaluer les choses. Et puis, si je ne trouve pas à Lille un cabinet qui me convient, beaucoup de choses risquent de devoir changer dans ma vie, ce dont je n'ai pas trop envie. Le Romook, malgré son expatriation, reste casanier et appprécie ses petites habitudes Ou alors, il faudrait que je puisse emmener dans ma valise tout ce qui m'est cher.. Je n'ai pas trouvé de valise assez grande "

Et bien le Romook, merci pour ses explications de la vie extérieure et intérieure, ce qui était instructif mais en même temps, on n'est pas sûr dans la production que les bloglecteurs seront tous intéressés. Faudra faire un effort la prochaine fois pour être moins nombrilistes et raconter quelques anecdoctes croustillantes comme ce proverbe appris en cours : "nan ren bu huai, nu ren bu ai (= 男人不坏, 女人不爱)" qui signifie, comme chacun sait : "si les garçons ne sont pas mauvais, les femmes ne les aiment pas", garçon de mauvaise vie, of course! Bref, la réciproque est vraie bien sûr. Bref. Alors que l'un de vos profs vous apprend cette phrase - et vous incite à ne pas l'utiliser - vous allez la répéter en cours avec l'une de vos profs.

A sa question : "Et vous, Yang Fa Long, êtes un bad boy (huai nan ren) ?", le Romok répond triomphalement : "Bien sûr, et toutes les femmes m'aiment!"
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Chin chou yan, vous aimez Yang Fa Long.
- Non.
- Lili, vous aimez Yang Fa Long ?
- Non.
- Wei zhen, vous aimez Yang Fa Long ?
- Non.
- Et vous, professeure, vous m'aimez ?

La non réponse de l'enseignante doit être effectivement interprétée, mais comment?

Evidemment, la provocation est intéressante, mais les faits posent une alternative : soit le romook n'est pas un bad boy, soit ce dicton chinois est faux. Pourquoi taire celà Yang Fa Long ? Ca intéresse sûrement plus les bloglecteurs que les résulats de l'examen oou l'histoire des billets d'avion... Il faut penser à l'audimat!!

Allez, à la semaine prochaine pour un prochaine épisode de votre blog réalité préféré!!

dimanche 16 avril 2006

China Honta : épisode 6

Cette semaine ressemble à toutes les autres... Vocabulaire, grammaire, etc... Le romook, sentant la difficulté poindre, a décidé de mettre le turbo. Bien lui en a pris puisqu'il aura un premier examen la semaine prochaine... Alors, qu'en pensez-vous jeune homme?

"Bon, ben là, j'ai la tête qui va exploser. En fait, mon vendredi soir, je l'ai passé à écrire des caractères. Mon samedi soir aussi. Quelle différence avec les autres jours de la semaine, je n'avais pas de devoir à faire. J'ai rencontré une coréenne par l'intermédiaire d'un ami coréen rencontré à Londres. Vive les contacts! Quel bonheur de jouer au Go avec un vrai joueur de Go. Prochaine rencontre : dans 3 semaines. Nous sommes tous les deux très occupés... Apprentissage du chinois pour les deux et hop! voilà ce que ça donne... Et pourtant, d'après la carte de beijing, je suis à 8 - 10 minutes de vélo de chez elle. Vive le chinois :-( Dans les bonnes nouvelles, je n'ai pas été à la Grande Muraille non plus car je n'avais pas le temps. Le week end prochain, le samedi je vais m'organiser quelque chose parce que, là, c'est trop dommage...

Sinon, mes rapports avec les chinois sont toujours aussi sympas. Ils sont vraiment super gentils, quoi que puissent en penser les horribles personnages qui viennent d'arriver. Je veux parler des 20 jeunes françaises en voyage linguistique dans mon immeuble. Evidemment, en bon français, elles critiquent tout ce qui les entourent. Les chinois ne sont pas gentils parce qu'ils ne répondent pas à leur "ni ao", ou alors seulement avec des "hello". Faut dire que vu leur prononciation, je comprends que les chinois se demandent ce qu'il faut répondre... Bref.

Cette nuit, le jeu c'était cache cache en hurlant dans les couloirs à 2h du matin. Avec ça, les chinoises de l'immeuble vont apprécier les français, c'est clair. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est que quand on leur explique qu'elles se lèvent à 6h du matin tous les jours et se couchent à 23h, les françaises, dans leur bon droit, répondent du haut de leur 17 ans qu'elles ont bien le droit de s'amuser un peu. Deux mondes s'affrontent: l'Europe, ses droits de l'homme et son culte de l'individualisme, l'Asie, son calme et la primauté de la société sur l'individu...

La semaine prochaine, un examen et mes cours à préparer pour Wu Han... Plus beaucoup de temps pour tout ça. Je suis très fatigué, mais il y a des progrès... Bon tout ça c'est encourageant, faut juste serrer les dents et ça va aller Et puis, les jeunes françaises ne restent que 18 jours..."

Bon, ben allez, à la semaine prochaine!

lundi 10 avril 2006

China Honta : Episode 5

L'audimat n'en finit plus de grimper et le producteur est parti au Bahamas en profiter un peu... Ceci explique la non régularité des épisodes de cette émission suivie à travers le monde entier. On pense même en faire une version anglophone et pourquoi pas une chinoise...

Pendant que certains se la coulent douce, d'autres triment et n'en finissent pas de travailler. A la suite d'un week end bien rempli, Romook, plus motivé que jamais, nous raconte la semaine dernière. Quel suspens !

"La semaine dernière, hmmmm.... Le cours pour l'université de Wu Han à préparer. 36h de cours ce n'est pas rien. Je sais par expérienque je n'aurai pas le temps de préparer sur place. Fort probablement, je ferai du chinois pour me détendre, notamment écrire, écrire..."

Note de la rédaction : pour les nouveaux arrivés, l'un des obstacles majeurs que va rencontrer Romook lors de ce challenge est d'apprendre environ 1200 mots chinois, soit 1000 caractères en 4 mois. He, he he, bon courage à lui

"...écrire, écrire et lire aussi bien sûr... Bref, j'ai déjà réalisé deux documents de travail sur le droit constitutionnel et les concepts fondamentaux du droit pour un total de 20 pages. Il en reste à vue de nez 60 à faire environ... Comme si ce n'était pas suffisamment dur comme ça. Le seul truc rassurant c'est que ma prof du matin, la terrible (que nous avons surnommé gentiment le dragon), m'a dit que, hormis mon écriture digne d'un analphabète et ma lecture tout aussi minable et hésitante, ma compréhension orale, ma prononciation et ma grammaire était bonne. Elle n'a pas précisé si c'était de manière générale ou si c'était en comparaison avec le reste qui était si mauvais. Bref, elle a fait un examen blanc. Résultat : 24 /100. Hmmm... Bref.

Sinon, pas grand chose à signaler. Les chinois sont très très gentils. Si on était aussi gentil avec les étrangers, ça se saurait. Une belle leçon. Sinon, le temps, identique à lui-même. Ah non, il y a 2 jours, il y avait mon temps du Nord. Hmmm Retour aux sources, la pollution en plus. Faut quand même une touche d'exotisme. Sinon, à quoi ça sert d'aller à l'étranger ;-)

Bon, allez j'y retourne, encore 35 mots de vocabulaire pour demain matin 8h, il est 22h39. Tout va bien. J'y arriverai pas. Comme d'habitude."

Bravo Romook! Et bon courage!

lundi 3 avril 2006

China Honta : épisode 4

En vue de la cinquième semaine, vous retrouvez votre émission de blog réalité en direct, bien que décalé par rapport aux horaires habituels... 4 semaine, n'est-ce pas l'heure des bilans ? L'euphorie des premiers instants passés, comment notre champion va-t-il égayer son quotidien, bientôt devenu routinier... Laissons lui la parole :

"Le premier point marquant, c'est mon premier examen de chinois où j'ai eu 75 / 100. Note qui me paraît honorable puisque c'était un examen écrit, sans l'aide d'un dictionnaire.. Quand on sait qu'au mois de septembre, je ne connaissais encore aucun caractère... Que de progrès! C'est très encourageant. Néanmoins, je n'ai eu que 75 /100 car j'ai encore beaucoup de lacune à combler. Je suis en retard sur mes camarades en terme de lecture et d'écriture : heureusement qu'à l'oral je me débrouille bien. Cette semaine j'ai même réussi à faire cette phrase en chinois : "Si je comprends bien, professeur, lorsque vous me demandez combien de temps j'ai passé sur mon travail et que je n'ai pas envie de vous dire que c'est peu de temps, je vous dis 'un certain nombre' heures." Le point de grammaire portait sur l'utilisation d'un mot qui permet de donner un ordre d'idée d'une durée, sans que l'on puisse l'exprimer complètement, soit parce qu'on l'a oublié, soit parce qu'on n'a pas envie de répondre. La prof était saisie de la complexité de ma phrase, mais certainement pas tant que moi!!

Sinon, je me suis amusé à écrire quelques poèmes en chinois. Effet garanti sur les chinois(es)! Sûrement qu'il y a des nuances que je ne maîtrise pas mais qui leurs parlent...

风抚爱花.
风是谁 ?
风去哪儿 ?

Evidemment, je vais vous dire que c'est intraduisible. C'est surtout que le français est beaucoup plus précis et que l'on perd en ambiguité en traduisant. Sinon, ça donnerait ça :

Le vent caresse les fleurs.
Qui est le vent?
Et où va-t-il?

Il faut savoir que la dernière phrase correspond à une phrase que l'on entend partout dans la rue et qui demande où quelqu'un se dirige. L'idée de cette phrase semble être une sorte de "comment ça va?" qui n'appelle pas de réponse. le vent (风) peut aussi être un prénom. En fait, il existe une ambiguité dans le poème sur le fait que l'on parle d'une personne ou du vent personnifié... Bref, vous saisissez toute l'ampleur de ce poème qui restera probablement un des fleurons de la littérature chinoise du XXIème siècle ;-)

Sinon, il y en a un autre, intraduisible aussi, je n'essaierai d'ailleurs pas :

树在草原.

大的树,更大的山.

小的树,更小的花.

那高高的树是什么?

Bref, sinon, à part ces délicieux moments de joie littéraire, je vais goûter cette semaine au plaisir de la calligraphie. Je suis impatient, ça débute demain.

Le point noir de ce voyage semble la pollution. J'ai l'impression d'avoir une légère intoxication alimentaire permanente et parfois, du mal à respirer : c'est tout simplement incroyable. On ne sait tout simplement pas s'il faut laisser la fenêtre ouverte ou, au contraire, la laisser fermer pour améliorer les choses. Dans mes rêves les plus fous, j'avais imaginé plein de choses sur la Chine, jamais je n'avais pensé à la pollution. Tout simplement parce que je n'avais jamais imaginé qu'il existerait un endroit sur terre où l'on peut attraper un mal à la tête en marchant dans la rue. Quand je pense que je trouvais Londres polluée, ça me paraît être un bol d'air frais en montagne maintenant."

Merci cher Romook de toutes ses impressions variées... Maintenant, nous rendons l'antenne. A vous cognacq jay!

dimanche 26 mars 2006

China Honta : épisode 3

Troisième semaine achevée et notre candidat se porte bien. Il a réussi moyennement les petites dictées du matin, réussi à assimiler quelques mots de vocabulaire et sait maintenant lire et écrire un plus grand nombre de caractère... suffisamment pour pouvoir comprendre un texte (simple) sans recourir au dictionnaire. Une enseignante l'a même pris en cours particulier pour l'aider à progresser plus vite. Merci Laoshi (=professeur)! Laissons la parole à Romook :

"Bonjour..Euh.. Ca avance, pas de baisse de moral cette semaine. On serre les dents et ça avance tranquillement. Pas trop de sortie, je me suis mis un peu à l'écart des français, j'essaie de fréquenter les chinois un peu plus. Hier, visite du Palais d'été en compagnie de mon ami Laurent et de trois jeunes chinoises. Une chinoise m'a d'ailleurs dit quemon chinois était vraiment "commun, ordinaire, moyen" mais qu'en travaillant dur, il finirait par ne pas être mauvais Ca fait plaisir Au moins, on peut être sûr qu'elle ne drague pas... Sinon, j'ai une drôle d'impression, d'un chinois à un autre, le niveau de compréhension de ma prononciation a l'air très différent. De temps en temps, ils comprennent parfaiement et de temps en temps, ils ont l'air de faire des gros efforts pour comprendre. On ne peut pas se fier aux enseignants qui ont l'habitude de parler avec des étrangers et qui nous comprennent évidemment...

Enfin, voilà, une semaine très positive dans l'ensemble, tout va bien. Y a du travail, c'est sûr, mais ça fait son petit bonhomme de chemin."

Merci Romook, pour ces impressions à chaud. Sinon, vous connaissez les tarifs, mais cette fois on a innové, soit vous envoyez"Tiens bon Gamin!", soit vous n'envoyez rien du tout. C'est plus simple à gérer pour nous puisque personne n'a envoyé de "T'es foutu!".

Romook, promenade en Chine

vendredi 17 mars 2006

China Honta : episode 2

Ala fin de la seconde semaine, le sieur Romook semble exténué, avec une baisse de régime dans le travail assez impressionnante. A priori, il est difficile de remonter la pente et cette semaine a réservé bien des surprises. Par exemple, mercredi, dans un sursaut de désespoir, il s'est jeté dans un travail personnel, uniquement destiné à l'aider le lendemain. Une simple préparation de la leçon suivante (2 cours différents) et du travail personnel à faire. Le tout a réclamé 9 heures de travail continu (incluant 2 pauses déjeuner et dîner qui, cumulées, avoisinaient 1 heure)... bilan : extrêmement mitigé puisque tous les caractères appris s'étaient envolés pendant la nuit. Le cours était simpe à suivre, mais les enseignants ont considéré qu'il fallait travailler plus pour AU MOINS apprendre à lire et à écrire... Bref, notre valeureux candidat se retrouve actuellement en lettres sup', mais sans savoir lire et écrire. A quoi ça sert de savoir courir le marathon si on ne sait pas lacer ses chaussures? Le problème est que, là, il avait appris à lacer ses chaussures pendant 3 heures. Et le lendemain, il ne savait même pas trouver les lacets sur les chaussures... Laissons lui la parole :

"Hmmmmm... Que dire de cette semaine? Pas facile. En fait, je suis dans une aventure personnelle passionnante car je suis analphabète. Après tant d'année d'étude, c'est une sensation étrange que de se retrouver à annoner les mots, les uns après les autres, avec des hésitations et un non sens complet de la phrase. Quand je connais tous les mots, iln'y a qu'une fois la fin de la phrase lue que je perçois à peu près le sens général. Si je me la répète à voix haute, je la comprends. Si on me demande de l'écrire, la plupart du temps, je suis incapable d'en écrire la moitié. Les attitudes corporelles sont très révélatrices du degré de méconnaissance de ma capacité à lire. J'ai mon nez à 5 centimètres du livre, je suis avec mon doigt les caractères, penché sur la table... Bref, j'ai l'air d'un enfant du CP qui débute la lecture et commence seulement à découvrir l'univers des sons écrits.

Par ailleurs, mes mots prononcés sont parfois à la limite de la bonne prononciation, ce qui rend difficile l'appréhension des mots prononcés par autrui. D'une manière générale, je n'ai pas trop à me plaindre. Mais bon, le moral est plutôt bas : je n'ai pas encore trouvé la méthode de travail qui me permet d'assimiler correctement les caractères. J'essaie de dormir un peu plus. et de couper mon travail pour essayer d'assimiler mieux.

J'ai rencontré une chinoise qui apprend le français et qui m'aide à déchiffrer les textes (ça va plus vite que le dictionnaire) et me fait faire de la prononciation. Ca finira peut être par polir mon chinois. Le problème est qu'elle passe tellemment de temps à m'aider que je n'ai que peu de temps à consacrer à son français, ce qui me mets mal à l'aise. Gageons que cela finira par porter ses fruits et que je pourrais à mon tour l'aider.

Sinon, je passe beaucoup de temps avec mes camarades français, ce qui nuit peut être à la qualité de l'assimilation de mon chinois. La semaine prochaine, je vais tenter une plus profonde immersion. Avec un écossais, un salvaorien et une coréenne (camarade de classe), nous ne parlons qu'en chinois en dehors des cours, c'est mieux que l'anglais ou le français. Je vais réserver ces deux dernières langues pour les loisirs.

C'est dur et je serre les dents..."

Mêmeprincipe que la semaine dernière, "T'es foutu" (50 euros le sms) si vous pensez qu'il n'y arrivera pas et "Tiens bon gamin" si vous voulez manifester votre sympathie (0,01 euro le sms) au 0800900813. On a changé les tarifs car le producteur pense gagner plus de pognon avec la pub, donc l'audimat. Si on soutient le romook, l'émission durera plus longtemps, donc il s'en mettra encore plus plein les fouilles. Voilà pour l'explication de la différence de prix.

Romook, anaphalbète : "c'est pas drôle."

samedi 11 mars 2006

China honta : épisode 1

Cher blogspectateurs et blogspectatrices,

Après une semaine de cours et de travail intensif, notre candidat romook a réussi à ne pas craquer... Il reste pour la seconde semaine. Mais laissons lui plutôt la parole :

"Les deux premiers jours, j'étais vraiment très démoralisé parce que le rythme des cours était vraiment très nouveau pour moi. La technique d'apprentissage est basé sur la répétition et l'apprentissage par coeur des textes et des dialogues. On avait peu la possibilité si ce n'est pour former des phrases dont la structure était entièrement imposée. De plus, les textes sont rédigés en chinois et il n'y a pas la prononciation des caractères, ce qui fait qu'il est très difficile de suivre parfois ou de se raccrocher aux branches au cas où l'on est perdu. Les enseignants ne sont pas vraiment traumatisés si les étudiants ne comprennent pas, à eux de travailler de manière personnelle en dehors du cours. Ca ressemble à une classe prépa comme ambiance. C'est très difficile, mais c'est vraiment très efficace. En une semaine, j'ai fait d'énorme progrès, mon vocabulaire s'est trouvé renforcé de pas mal de mots en finalement très peu de temps. Pour donner une comparaison, je pense que cela reviendrait à faire 5 leçons assimil par jour... J'ai compris que l'enseignant voulait que l'on prépare le texte (c'est à dire qu'on l'étudie seul à fond avant de venir en cours, avec seulement des questions sur ce que l'on n'a pas compris), donc je le fais. Dès le troisième jour, ma vie en cours a été transformé et je comprenais 90% de ce qui se disait en cours. Si bien que le cours de conversation où la prof parle beaucoup en anglais m'ennuie maintenant, car il n'est pas exclusivement en chinois. Mes deux camarades françaises s'accrochent aux branches, l'une arrivera à suivre, l'autre j'en suis moins sûr. Ce n'est pas une question d'intelligence qui est en cause, mais le problème de la capacité à fournir un travail intense et régulier pendant 4 mois. C'est une question d'endurance pure et simple.

Le cours de tai ji juan sera pour ça une vraie pause au milieu de la semaine. De toute façon, y a qu'à serrer les dents, et ça va aller. Je comence à être vraiment enthousiaste au vu des progrès effectué par les cours de chinois et j'ai déjà envie d'être lundi pour y retourner."

Merci Romook de ces impressions prises sur le vif du petit matin. On te souhaite bien du courage parce que c'était la semaine d'initiation et que la semaine prochaine, les profs vont s'attendre à ce que le week end ait servi à fignoler l'apprentissage...

Si vous pensez que romook ne tiendra pas, vous pouvez envoyer un sms en tapant "T'es foutu" au 0800900813 (50 euros / sms). Si vous pensez qu'au contraire, ça va aller, envoyez "Tiens bon gamin!" au même numéro et au même prix. Nous vous rappelons que l'intégralité des gains récoltés sont entièrement reversé au producteur pour l'aider à payer sa ferrari. Si vous ne le faites pas pour romook, faites le pour le producteur. Merci de votre généreuse participation et à bientôt pour le second épisode de China Honta.

Romook, au taquet

mercredi 8 mars 2006

China Honta : présentation

Notre candidat a été abandonné dans une université chinoise, en plein coeur de Beijing. Pour survivre, il devra manger des baozi et des jiaozi tous les jours, accompagnés en cas de grande faim un bol de riz ou d'une soupe. Sa boisson sera le thé.

Ses outils : un petit bagage linguistique composé de quelques mots de chinois, d'un livre de grammaire et d'un ordinateur.

Son objectif : acquérir une bonne maîtrise de la langue chinoise, ainsi qu'un peu plus de 1000 caractères, lus et ECRITS.

Son handicap : les textes ne sont pas traduits et n'a aucun moyen de trouver la prononciation des mots hormis celui de demander aux autochtones ou en cherchant dans un dictionnaire.

Ses atouts : une grande force de travail et une grande volonté.

L'Empire du Milieu arrivera-t-il au bout de sa ténacité?

C'est ce que vous saurez dans notre prochain épisode de China Honta.

Romook, candidat à la maîtrise de la langue chinoise