Hong Kong est vraiment en endroit surprenant. A la rencontre de l'Asie et de l'Europe, on trouve cette île. De toutes les villes de Chine que je connaisse, c'est la seule où j'aurais vraiment envie de vivre. D'abord, ça bouge. On n'a pas cette sensation de temps qui se suspend comme en Chine où les voitures sont toujours bloqué dans des embouteillages ou rouent à 20 km/h en produisant du dioxyde de carbone en quantité telle qu'à chaque seconde, le trou de la couche d'ozone s'élargit. D'un point de vue écologique donc, Hong Kong est moins dangereux pour l'humanité, ce qui n'est pas le cas pour le piéton irrespectueux de la signalisation routière. D'un point de vue occidental, un environnement plus conforme à nos modes de vies sur l'environnement immédiat

Par ailleurs, les habitants de Hong Kong ont l'air moins "niais" que les chinois continentaux. Ce sont certes des roublards, prenant votre argent sans vergogne, en se trompant en rendant la monnaie, 1 $ par ci, 2 $ par là... Néanmoins, connaissant notre culture occidentale et notre éducation, on ne risque pas de tomber par terre de surprise avec des phrases du style : "L'euro est plus faible que la monnaie chinoise maintenant, c'est parce que Nicolas Sarkozy n'est vraiment pas un bon président." Le chinois continental, très nationaliste par nature, a toujours une explication sur tout, n'ayant aucune éducation ( presque) sur rien. Ce qui fait que discuter avec un chinois continental revient à peu près à discuter avec un enfant de 12 ans en Europe dans la majorité des cas, qu'il ait été ou non à l'université. Avec, en prime, une condescendance sur son interlocuteur européen, qu'il considère comme moins intelligent puisque la Chine progresse plus vite que l'Europe. Jamais il ne prend conscience que si c'est le cas, cela ne tient pas à sa personne.

Cela dit, si j'ai l'air acerbe dans mon analyse, il ne faut pas oublier qu'après plus de deux ans de séjour mis bout à bout en Chine, le fait que je parle couramment le mandarin, je continue à y aller. C'est justement parce que j'apprécie ces personnes qui sont d'une extrême gentillesse avec les étrangers. Justement, ce n'est pas le cas à Hong Kong. A Hong Kong, vous êtes une personne comme une autre, pas une curiosité, pas un pigeon, juste un autre.

J'aime bien me sentir l'égal de l'autre, tout simplement. C'est plus agréable pour tout le monde. Moi, qui suis un amoureux de la campagne, j'apprécie Hong Kong pour la tranquillité d'esprit qu'elle me procure, contrairement à une ville comme Wuhan, qui pourtant est plus aérée, avec des arbres, son grand lac... Pourquoi? Peut-être parce que l'on ne se fait pas bousculer dans les rues par les gens, alors qu'ils sont trois fois plus petits qu'en Chine, parce que l'on a des points de repères occidentaux : des feux rouges qui servent à quelque chose, tout type de restaurant, un internet non bridé...

Hong Kong, à première vue, c'est un croisement entre Monaco, Londres et Shanghai. Le cadre est agréable. La mer est proche, on peut mettre prendre une bière en terrasse, ce qui n'est pas possible (ni souhaitable compte tenu de la pollution) en Chine continentale. Alors, oui, à chaque venue ici, je me dis, et pourquoi pas ne pas aller vivre à Hong Kong ? Avec mon métier d'enseignant, je pense que je pourrais trouver une place dans une université. Je pourrais également créer une entreprise de prestations de services informatiques. Dernière idée: je fais l'école de médecine traditionnelle de Beijing et je viens m'installer ici dans une dizaine d'année. En même temps, je suis bien en France. Les allers-retours entre les deux me fatiguent mais correspondent plus sûrement à mon désir de vie.

En tout cas, j'ai décidé d'apprendre le cantonais. Apprendre une cinquième langue n'a pas vraiment de sens en soi, mais j'aimerais mieux connaître la vie hong kongaise en profondeur. Je vais donc apprendre une langue régionale (que 300 millions de locuteurs dans le monde!), mais quand on aime, on ne compte pas.

Romook, hong kong mon amour