Romook, ectoplasme bloguique

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mercredi 30 mars 2011

Insoluble contradiction

Il est des moments où l'on revient sur soi, sur sa vie, sur son nombril. On compte le nombre de personnes qui ont traversé, avec plus ou moins de bonheur, notre existence. On se rappelle ses moments de vie passionnés où l'on aurait pu mourir pour un autre, une idée ou un plaisir. On se rappelle l'odeur de ses temps de jeunesse où le temps s'écoulait sans que l'on s'en aperçoive. Les après-midi où l'on séchait les cours, avec la sensation d'exister plus, mieux, de braver un pseudo "interdit" où personne pourtant n'était dupe... Des après-midi, soirée et nuit, à jouer au tarot, à la recherche d'une consécration éphémère, être le roi ou la reine de la table, juste une fois. Des répétitions de théâtre, pour un spectacle, deux représentations au mieux, dont les gens parleront une journée, peut-être deux. Tous ces souvenirs qui remontent à la surface, alors qu'on les croyait enfouis dans les limbes de l'oubli, ravivent de leurs éclats un pâle quotidien.

Et puis, à travers tous ces moments de vie qui nous ont enrichi, fait grandir - parfois briser - il y a ce sentiment d'être seul avec son existence, qu'elle ait été merveilleuse ou non. Dans ces moments-là, j'ai envie d'être seul. Jouir de ce plaisir retrouvé des émotions que j'ai vécues, émotions incommunicables par essence. Et puis, il y a le reste du temps.

Je mène une vie très remplie, joyeuse, riche d'expérience, entouré de gens qui m'aiment et qui me veulent du bien. J'enchaîne des expériences de vie tout aussi intéressantes qu'originales constamment. Je suis contraint de faire confiance à ma bonne étoile pour me sortir de situation invraisemblable. Et ça a toujours marché. Tout va bien. J'ai beaucoup de chance. Je suis heureux.

Pourtant, les turbulences professionnelles qui m'entourent, les personnes qui me veulent du bien et qui sont toujours à l'affût d'un moment de ma liberté pour le partager avec moi, mes allers-retours entre la France et la Chine : tout ça finit par m'user. J'ai besoin d'être seul avec moi-même et de prendre des vacances. M'éloigner de cette vie infernale pour me retrouver au calme, dans mon être intérieur, pour me poser, me reposer.

En même temps, si je suis seul, j'ai très envie d'aller voir certaines personnes que je n'ai pas vu depuis longtemps, appeler des amis, bref avoir l'activité sociale qu'en même temps je cherche à fuir... Je ne cherche pas où est l'incohérence, je la connais. Il y a un paradoxe en moi qui veut que je sois un solitaire qui aime vivre en groupe. Je ne sais pas dire non, ou presque, aux services que l'on me demande lorsque j'ai la réelle possibilité de le faire. Résultat : je me prive seul, en toute bonne foi et en connaissance de cause, de mes derniers rares instants de liberté...

Alors des fois, j'ai envie de prendre un baluchon et de partir dans un pays où je ne parle pas la langue, pour tout recommencer à zéro. Goûter à cette liberté que je chéris tant pour en connaître le vrai goût, même amer, qu'elle peut avoir parfois. Je ne le fais jamais. Ca reste une envie qui traîne. Si je ne pars pas, ce n'est pas par lâcheté. C'est parce que je sais que j'emmènerai avec moi ce que je veux fuir. Je suis le seul responsable des chaînes qui m'emprisonnent. Je me les suis mises moi-même. Tout quitter sera un moyen temporaire de me libérer. Je me les remettrais dès que j'aurais appris la langue et recréer un réseau social autour de moi. En conclusion, je suis condamné. L'enfer ce n'est pas les autres, c'est moi.

Romook, pffffff...

lundi 14 mars 2011

Attracteur étrange

Je suis un incorrigible chanceux, quoi que je fasse, je finis toujours par me retrouver au centre d’une tourmente vertueuse qui n’en finit pas de me mener vers des rencontres extraordinaires ou des opportunités presque magiques.

Je viens à Seoul dans le cadre d’une mission universitaire. Cette occasion m’est offerte car – rien n’arrive par hasard presque – j’ai une amie sud coréenne, qui étudiait avec moi le chinois, qui fait partie du personnel d’une grande université coréenne avec laquelle la mienne souhaiterait établir des relations. L’occasion fait le larron : je profite de ses connaissances locales pour mettre en place une démarche stratégique de création de coopération universitaire.

De ce fait, l’université me missionne, ce qui me permet à la fois de découvrir Séoul, de revoir mon amie et, à titre professionnel, d’étendre mon champs de connaissance en matière géographico - économique. Premières crises d’angoisse : une incompréhension énorme s’installe entre mon amie et moi. Elle ne comprend pas quel type de contact je cherche à avoir. De ce fait, je pars en aveugle dans cette mission, sans que mon arrivée ne soit vraiment prévue, ni annoncée.

Je prévois que mon séjour en Chine de 10 jours me permettra de peaufiner cette recherche de contact. Or, j’avais oublié que Facebook n’était pas accessible en Chine, le seul canal de communication que j’avais avec mon amie… S’en est suivi une bataille farouche avec de multiples proxy pour ne pas réussir à rétablir un contact. Pourtant, la solution était presque dans ma main : mon iphone qui permet de se connecter à Facebook, même de Chine. Je récupère quelques infos (adresse email notamment) et je lui écris… Le temps passe, j’envoie un second email, puis un troisième : pas de réponse !

Je reste confiant dans ma bonne étoile. Elle ne m’a jamais abandonné. Ca va aller. Quatre jours avant mon départ en Corée je reçois des réponses de mon amie qui s’excuse, étant en voyage au Japon pendant ses vacances, elle n’avait pas lu ses emails. J’arrive en Corée, je la retrouve, tout va bien.

Ce matin, muni de quelques plaquettes de présentation de mon université, de mon beau costume et de mon sourire, me voici en train de partir en missionnaire. J’arrive d’abord à la Faculté de droit où le doyen est trop occupé ces deux jours. Je repars demain soir. Je me dis que vraiment ça commence mal. Direction la faculté d’économie où il y a des cours de négociation en français. La troisième faculté, potentiellement intéressée, sera le « college of liberal arts ». Mon amie, travaillant pourtant dans cette université, n’a aucune idée de ce que c’est. Je ne peux pas l’aider, je ne connais pas le nom coréen. Nous sommes dans une impasse linguistique.

En cherchant la faculté d’économie, je tombe par hasard sur le centre de langue française. Puisque je suis là, autant les rencontrer. Une étudiante m’aborde, visiblement pour aider l’étranger qui a vraiment l’air de se demander où aller… Elle n’a pas tort : je n’ai toujours pas compris comment fonctionne le classement des salles. Elle me conduit vers un homme qui me demande ce que je veux. Je lui explique que je viens de France et je viens rencontrer des personnes pour voir s’il est possible… Là, il s’adresse directement à l’étudiante en coréen. Je ne comprends rien, malgré mon début d’apprentissage de cette langue (difficile). Il m’indique qu’il sait pourquoi je suis là et on me conduit très rapidement dans un bureau.

Une fois à l’intérieur, une femme coréenne m’accueille, en français, dans un bureau avec deux européens et un coréen. Il y a visiblement une réunion. On me présente en précisant que je suis l’ambassadeur qui vient d’arriver… Sur le moment, je ne comprends pas trop de quoi il s’agit. Lorsque j’explique que je viens de France, l’un des européens rectifie donc en disant « pardon, voici donc l’ambassadeur de France. » De toute évidence, je ne suis pas la personne attendue. Je m’empresse de rectifier, ce qui a pour effet de me reléguer au rang d’observateur présent. Puis arrive enfin le « vrai » ambassadeur, de Belgique… qui a lui aussi du mal à comprendre ce que je fais là. La réunion se clôture là et on m’invite à venir écouter une conférence sur Georges Simenon.

De toute évidence, il m’est impossible de refuser et je me laisse donc porter par les évènements. Rien d’inhabituel, comme d’habitude, rien ne se déroule de manière prévisible... Me voici donc en face du fils de Georges Simenon qui présente l’œuvre de son père en français. C’était l’un des européens présents dans le bureau. C’était extrêmement intéressant. J’ai découvert un auteur que je ne connaissais pas et le goût de le lire m’est venu très rapidement.

Une fois la conférence terminée, une petite séance de photo. Je me sens complètement incongru dans cette situation. Evidemment, on m’invite pour le déjeuner en me précisant qu’une fois ce dernier terminé, on pourra m’aider à accomplir ma mission. Qu’à cela ne tienne, continuons. L’une des enseignantes de français du Centre s’installe à côté de moi. Nous bavardons quelques instants sur le projet de coopération. Le temps du repas s’écoule et un rendez-vous est déjà pris avec le service des relations internationales.

A peine arrivé, on m’accueille comme un prince en déplacement. Un quart d’heure plus tard, tout était terminé. Il ne reste plus qu’à signer l’accord-cadre par mon université. Que dire de plus ? Résumons la situation : je suis arrivé sans rendez-vous et je repars avec ma mission pleinement accomplie. Entre temps, j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnalités incroyable, d’améliorer ma culture et quelques détails (esthétiques) qui dépassent le cadre de cet exposé, mais qui me laissent penser que les coréennes sont sûrement les plus belles femmes asiatiques que je n’ai jamais vues.

Alors, qui c’est qui est le plus chanceux de la terre ?

C’est Romooooooook !

Romook, Luckyman

samedi 12 mars 2011

Tremblements de terre au Japon, départ pour Seoul

Au moment où j'écris ces lignes, c'est avec une semi inquiétude que je m'apprête à me rendre à l'aéroport de Beijing (où je suis actuellement) pour prendre un avion qui me conduira en Corée du Sud. Cette nuit, vers deux heures du matin (heure chinoise), je pense qu'il y a eu une secousse quasi imperceptible. Néanmoins, les baromètres naturels que sont les animaux (notamment les oiseaux en l'occurence) se sont mis à crier au point de me réveiller. Sur le moment, je me suis dit : "on dirait des cadeaux qui se battent pour une charogne." Puis, toujours dans mon sommeil, je me suis dit que ce n'était pas possible car je n'avais jamais vu de corbeaux à Beijing. De toute évidence, le bruit venait de vautours...

Un peu plus réveillé, et toujours pas trop rassuré, je checke les news pour savoir si la situation est toujours "critique", non pas tant pour les conséquences qui le sont de manière évidente, mais sur la possibilité d'une nouvelle secousse. La Corée du Sud est juste en face du Japon. A l'échelle d'un tel tremblement de terre, 2000 kilomètres ne représentent pas grand chose. Paraît-il que des employés de bureau l'ont ressenti à Beijing. Tout comme un autre tremblement de terre qui avait eu lieu, je n'ai rien senti. Que voulez-vous, on ne peut pas être hypersensible à tout, mon corps a choisi d'être hypersensible aux charmes féminins, il ne reste plus rien pour les tremblements de terre.

En parlant de charmes féminins d'ailleurs, outre la mission diplomatique qui m'anime, je vais en profiter pour revoir une camarade de classe qui apprenait le chinois avec moi à Beijing. Notre langue de conversation sera le chinois. Visiblement, mon passage en classe l'a marqué étant donné tous les souvenirs qu'elle m'a relaté de notre expérience commune de l'apprentissage de la langue chinoise. Du coup, j'ai débuté l'apprentissage de la langue coréenne : cela ne fait que la sixième langue étrangère que je vais appprendre. C'est difficile, beaucoup plus à mon sens que le chinois, à cause d'une grammaire qui est extrêmement différente de nos langues occidentales. Je n'ai pas fini d'apprendre à lire le coréen, ce qui en soi n'est pas grave car cela ne sert à rien de savoir prononcer des mots dont on ne comprend pas le sens. Je suis à Seoul jusque mardi pour un séjour "retrouvaille - découverte - mission diplomatique". Si ça bouge là-bas, vous pourrez vous dire que je suis aux premières loges - en m'enviant j'espère bien.

Si Internet ne se coupe pas, je devrais avoir des choses à dire, pour une fois qu'il y a des évènements nouveaux à relater, je ne vais pas me gêner. Bien entendu, si je ne donne pas de nouvelles, en fonction des news internationales, vous serez en droit d'imaginer le pire. Dans ce cas, je lègue mon blog à JC, à charge pour lui d'en entretenir la ligne éditoriale.

Allez, je vous laisse, je dois aller finir ma valise.

Romook, au coeur de l'actualité

mercredi 9 mars 2011

Orange, OpenSource et Livebox

Peu de gens savent que la livebox d'Orange est constituée de logiciels libres, parmi les plus commun de Linux. Comme l'oblige la licence GNU/GPL, Orange est obligé de publier ses sources... Où sont ces sources? Tout simplement - et très officiellement - http://www.livebox-floss.com/

Pour ma part, ne souhaitant plus bénéficier des services de la livebox, je vais tenter de m'en affranchir en utilisant cet instrument (je viendrai donner un retour d'expérience ici même) :

Netgear 3500L dont les caractéristiques techniques me donnent presqu'envie de pleurer de bonheur...

Ce que vous ne savez peut-être pas, illustre lecteur, c'est que votre bien aimé Romook est aussi un informaticien, que dis-je un Geek, à certains moments perdus de sa vie. Souhaitant s'affranchir de l'accès restreint d'internet en Chine (je ne peux pas accéder à Facebook, ni à mon agenda internet, ni même à mon site internet professionnel...), je vais me mettre en place un serveur proxy à la maison, et pour cela, je pense que j'aimerais pouvoir "trifouiller" (j'aime ce terme qui me rappelle avec délice ma jeunesse et mes premières conquêtes féminines) dans le routeur pour installer les logiciels qui m'intéressent. Ainsi, un accès total à la configuration du routeur me paraît indispensable. Quid de la TV?

Normalement, comme il s'agit d'une connexion ethernet, pas de problème. En revanche pour le téléphone qui passe par le protocole SIP, c'est plus délicat. Il n'y a pas le fameux port RJ11 sur le routeur en question (celui où on branche le téléphone à la prise murale dans l'ancien temps préhistorique d'avant l'apparition des box) alors qu'il est présent sur la box. Résultat, pas possible de conserver le téléphone. Néanmoins, je devrais pouvoir m'abstenir de louer la box à 3 euros mensuel, ce qui me permet de prendre un abonnement téléphonie SIP chez OVH - (mon bien aimé hébergeur depuis 1999!...), à 0,99 euro mensuel et me passer du forfait international illimité que j'ai chez Orange de 7 euros mensuel. Neuf euros d'économie par mois. Si tout fonctionne comme prévu, dans neuf mois, j'ai amorti mon matériel et je bénéficie d'une substantielle réduction - tout en ayant acquis la Liberté numérique.

Evidemment, on pourra compléter mon raisonnement en m'indiquant que je pourrais tout aussi bien quitter mon opérateur historique (client FT, puis Orange depuis 1998 pour le mobile et internet) et bénéficier d'autres réductions. D'une part, je suis parfaitement satisfait des prestations (je bénéficie de la fibre optique depuis 3 ans déjà...). D'autre part, je ne vois pas pourquoi j'irai chez d'autres opérateurs dans la mesure où mes amis qui m'expliquent régulièrement à quel point je suis idiot de rester et de payer cher, n'ont pas la pertinence de se rendre compte que je ne leur ai jamais parlé une seul fois d'un souci de connexion internet depuis 1998, alors que, chez eux, les problèmes sont toujours présents, de manière plus ou moins régulière en fonction des fournisseurs...

Dans la mesure où je vais installer un serveur proxy chez moi, sur lequel j'hébergerai d'ailleurs un blog "geek" (pour éviter le mélange des genres au niveau éditorial et éviter de renverser du coca et de la pizza sur romook.eu), j'ai besoin d'une connexion fiable à 99,99%. D'autant plus si j'utilise cette machine comme station de travail à distance...

Voilà quelques news rapides. Y a pas à dire, la Chine motive vraiment pour mettre en place des trucs parfois. Pour information, j'essaierai de tourner sur une Linux Debian Squeeze sur le serveur, et je ferai cohabiter également un OpenBSD (pour mon bonheur cryptographique).

Pour finir, une plaisanterie geek :

the unix way of sex

gunzip strip touch finger mount fsck more yes umount sleep.

Pour ceux qui ne comprendrait pas, chacun des mots ci-dessus est le nom d'un programme sous unix.

Romook, vivant