Comme chacun sait, je suis de retour sur ma terre natale d'adoption, ou plutôt devrais-je dire ma terre d'adoption natale, bref la Chine. Durant ces longues journées de solitude que je passe près du lac, j'en profite pour méditer et approfondir quelques sujets métaphysiques, comme tout le monde pendant ses vacances, méditations coincées entre un roman Warhammer et un ouvrage technique sur le poker.

Ce que l'on n'imagine pas, c'est que je suis seul, vraiment seul (je veux dire sans compagnie féminine d'aucune sorte). C'est dans cet état d'abstinence appréciable que l'homme peut enfin laisser divaguer son esprit sur des sujets plus profonds les uns que les autres, laissant couler son regard sur quelques jeunes apparitions, qui sont autant de créatures divertissantes que ravissantes - étant précisé que les millénaires de différences culturelles rendent les relations de toutes sortes - ou presque - impossibles.

Décidant de m'atteler à un sujet plus profond, par sa nature même, que les autres, je me décide donc, en tant que sage, à résoudre l'énigme, le mystère suprême, la Grande Question. La Femme, en tant que question intérieure de l'homme, m'apparaît alors comme le problème à résoudre de la matinée. Après deux cafés et 47 pages de Warhammer, j'étais prêt à en découdre sec avec cette redoutable question : la femme est-elle autre chose qu'un objet sexuel ?

Le lecteur, masculin je l'imagine puisqu'une femme n'a que faire des questions philosophiques, remarquera que je ne rechigne pas à la tâche. Dès 10h40 du matin, s'atteler à répondre à une telle question, faisant fi de tous les lieux communs - voire peut-être de vérité culturelle - et de tous les préjugés imaginables, je prends le risque de reconsidérer l'un des plus grands acquis de l'humanité depuis la domestication du chien et du cheval. Il faut dire qu'avec les animaux, l'homme a toujours su s'y prendre. Néanmoins, une remarque liminaire s'impose : ce qu'il a réussi à faire avec les chiens et les chevaux, on l'attend toujours de la femme. Les techniques de domestication sont encore perfectibles... Ou alors la femme n'est pas un animal comme un autre.

Lorsque l'on fait une recherche scientifique ou philosophique, il faut s'attendre à quelques remises en question sérieuses. Et là, force est d'admettre que mon raisonnement débute très exactement au fait que la femme n'est peut-être pas un animal. Bien entendu, cela reste à démontrer, surtout lorsqu'on veut contredire une idée dont la réalité est fermement établie. Tout d'abord, qu'est-ce qu'un animal ? Voilà la première question qu'il faut se poser. Bien entendu, un animal se définit avant comme un non-homme. Et là, face à cette définition, la femme est inévitablement un animal, à n'en pas douter.

Affinons le concept d'animal... Quels sont les points communs des animaux qui les différencient des hommes ? Le premier point, que je relevais, est le contrôle de la pilosité. Les animaux subissent les variations de leur pilosité en fonction des saisons. Les hommes peuvent décider de raser et épiler leurs poils en fonction de leur humeur. Qu'en est-il des femmes? Et bien c'est très exactement pareil aux hommes!! En effet, elles peuvent se raser et s'épiler leurs poils en fonction de l'humeur de l'homme. Sur ce premier point, il semblerait donc que la femme n'est pas un animal. Cherchons tout de même d'autres différences. Il faut savoir ne pas se satisfaire de réponse simple.

Dans la nature, les animaux se nourrissent quant ils peuvent. Les hommes, quant à eux, peuvent décider de manger quand il leur plaît. En effet, Mère Nature a pourvu aux besoins des hommes en créant le Mc Do, ou encore le Burger King, ce qu'assurément les animaux n'ont pas... Et que rencontre-on au Mc Do si ce n'est également des femmes ? Là encore, la femme n'apparaît pas être comme un animal. Elles sont visiblement plus proches de l'homme que de la chèvre. Mais n'étant pas homme à chercher la facilité, je vais encore approfondir ma recherche.

Prenons la sexualité. Par exemple, hein, non pas que je sois porté particulièrement sur le sujet - surtout lorsque je pratique des exercices de réflexion métaphysique comme maintenant. Bref, la sexualité. Les animaux subissent les affres des cycles hormonaux et des saisons pour leur période de copulation. L'homme, ce grand gaillard, ce guerrier au glaive toujours prêt, peut à tout moment copuler - tant que ses forces physiques le lui permette et pour un peu que la femme y mette du sien, c'est-à-dire fasse l'effort de se maquiller. Il semblerait donc que la maîtrise de la sexualité soit vraiment la grande différence entre un homme et un animal. De là à dire que les hommes sont des cochons, c'est bien mal connaître les cochons et leur sexualité si pauvre. Cotoyez-en quelques uns et vous comprendrez ce que je veux dire. Pour ceux qui ne savent pas où en rencontrer, renseignez vous auprès de votre club échangiste le plus proche pour connaître la date de la prochaine soirée zoophile. Mais qu'en est-il de la femme ? Hm?!

A tout le moins, la femme a une sexualité qui correspond normalement à celle de l'homme. En effet, en fonction des désirs de l'homme, elle s'accouplera avec ce dernier. Parfois, répondant à un devoir de conscience, elle s'acquittera de son obligation naturelle de faire une fellation. De là à dire que le droit viendrait sanctionner les paroles "ce soir, mon chéri, t'auras une petite pipe." par la transformation de l'obligation naturelle en une obligation civile, il n'y a qu'un pas. On attend une confirmation de la Cour de cassation sur ce point. En tout cas, on peut conclure que la femme contrôle également sa sexualité en la lissant sur celle des hommes.

Mais parce que le droit reprend finalement des mécanismes culturelles ancrées, cette réflexion me conduit à penser que si la femme n'est pas un animal, elle n'est peut-être pas un homme pour autant. On remarque en fait qu'elle reste soumise à la volonté de l'homme, sans être parfaitement domestiquée. Sa pilosité varie en fonction de l'humeur de l'homme... Elle se restaure au Mc Do, souvent en présence d'un homme... Elle a une sexualité dépendante de celle de l'homme. Oui, je dis bien dépendante. A-t-on déjà vu une femme forcer un homme à faire l'amour contre son gré ? Et ben non. C'est bien la preuve que la dépendance est unilatérale. Et il est souhaitable qu'elle le reste, question de respect des droits de l'homme. Et pour les filles du fond, là-bas, oui, Albertine, je t'ai vu... Non on ne donne pas "envie" à un homme : on lui rappelle adroitement qu'il avait ignoré l'une de ses envies. Ça n'a rien à voir avec "donner envie"... La mauvaise foi, ça va bien un moment...

A bien y réfléchir... Les poils, la bouffe, le sexe : tout cela évoque bien une relation au corps. Et donc la sexualité, d'un point de vue certes un peu étendu - mais ce n'est pas Freud qui viendrait me contredire - mais la sexualité tout de même. Alors si la femme n'est ni un homme, ni un animal et qu'elle a un lien avec le sexe, la conclusion semble s'imposer d'elle-même : la femme est une chose. Je dirai même mieux pour être plus précis : un objet sexuel.

Il est alors 10h42 lorsque je sors exténué de cette profonde réflexion philosophique, moment pour moi d'être tiré de mes méditations métaphysiques par un objet sexuel en puissance qui se met à courir devant moi. L'innocence et la fraîcheur de cette petite fille me pousse alors à m'interroger à nouveau. Est-ce vraiment là la finalité de la femme ? Son appartenance au monde ? Je décide de replonger dans mes réflexions intérieures et de ne pas me satisfaire de cette réponse qui semble pourtant proche de l'évidence.

Il est un fait que le corps de la femme est parfaitement adaptée à la jouissance masculine. Prenons les différentes options offertes par la nature, une par une. La première, certainement d'ailleurs la plus importante, la bouche. Grâce à cet orifice, l'homme peut bénéficier de tout un ensemble de plaisirs qui sont à la fois visuels, sensuels et auditifs. Tout d'abord visuels, le mouvement de va et vient de la tête rappelle les douces ondulations des vagues et porte l'homme, naturellement prédisposé, à un état méditatif, presqu'extatique. A-t-on seulement vu un homme en train de discuter d'un match de foot à ce moment-là? C'est dire à quel point ce mouvement marin le repose et l'entraîne vers des abîmes philosophiques dont les femmes n'auront jamais idée. Plaisir sensuel, bien sûr, car les caresses prodiguées lui permettent de ressentir dans tout son corps de voluptueuses vagues de détente. Enfin, le summum du plaisir est atteint grâce à l'orifice buccale de la femme car, et c'est là une véritable exception aux deux autres organes utiles, le silence règne. Pour une fois, l'utilisation de sa langue ne fatigue pas l'homme. Véritablement, la femme permet à l'homme de se transcender lui-même grâce à la paix intérieure qu'elle crée en se taisant. Et si, par malheur, elle venait à vouloir dire des insanités amoureuses à ce moment-là - chose parfaitement inutile car les hommes se contentent alors fort bien de comprendre par les actes tout l'amour qu'on leur porte, inutile d'être redondantes, mesdames, avec des paroles : l'homme est un être qui apprécie la concision, fallait-il le rappeler - je reprends donc, si, par malheur, elle venait à vouloir dire des insanités amoureuses à ce moment-là, une caresse amoureusement appuyée sur la nuque lui fera comprendre délicatement (suce, cochonne!) qu'elle ne doit pas troubler la paix intérieure de l'homme tant qu'il n'a pas terminé sa réflexion.

Le second orifice est celui qui est classiquement utilisé par les débutants de l'amour, individu sans culture amoureuse et dont l'imagination sexuelle est aussi fertile que le désert d'Ethiopie... Il peut rendre quelques services et semblent satisfaire la femme. Peu importe, ce n'est pas notre propos : on a une conclusion philosophique à trouver. En plus, inutile de s'y attarder, bien d'autres plaisirs nous attendent ailleurs. Tournons-nous directement vers le petit dernier, présenté dans un écrin de fesse, qui est relativement plus exotique. Certains en font leur quotidien, ce qui me semble regrettable (pardonnez-moi cette digression subjective dans une étude scientifique), car ils risquent d'y perdre ce qu'ils viennent y trouver : l'étroitesse. Nécessitant une largeur d'esprit qu'on ne peut que louer, l'homme y trouvera un moelleux inconfort quelques instants pour ensuite bénéficier d'une vue imprenable sur l'ensemble de ces merveilles que recèlent le corps de la femme. Là encore, bien que l'on ne puisse encore expliquer pourquoi, la femme n'usera que très peu de sa bouche, si ce n'est que pour quelques cris incompréhensibles, ce à quoi l'homme répond généralement sur le même mode, par pure politesse entendons nous bien.

Ces réflexions pratique m'amenèrent à la réflexion suivante. Si la femme est un objet sexuel et que, pour cela, la nature l'ait doté de trois orifices, pourquoi l'homme n'a été pourvu que d'un seul membre ? Si la nature avait voulu faire bien les choses, elle aurait doté l'homme d'une "tribite". A n'en pas douter, dans ces conditions, l'évidence s'imposerait d'elle-même : la femme serait un objet sexuel. Or, force est de constater que l'homme a finalement trop à manger sur la femme puisqu'il ne peut utiliser que 33% de ce qui lui est offert. Dans un autre sens, on peut donc dire que la femme est privée, pour chaque sorte de plaisir sexuel, de 66% du bonheur que peut lui offrir son corps... C'est assez lamentable et on n'a plus à se demander pourquoi les migraines fleurissent le samedi soir... Tout simplement parce que, quitte à être amputées de son plaisir et de n'avoir que des bribes de début de quelque chose, les femmes préfèrent se passer du plaisir d'être frustrées.

A ce moment-là de ma réflexion, inutile de vous dire que j'étais complètement désemparé. Si la femme n'est pas un objet sexuel, n'est pas un homme et n'est pas un animal : mais alors qu'est-elle donc ? Et là, la réponse m'apparaît dans la lumière éclatante d'un soleil aveuglant. Une énorme masse sombre m'inondant de ténèbres pendant quelques instants. Puis, je recouvrais la vue. Une femme enceinte était passée devant moi. La femme est la femelle de l'homme. De toutes les hypothèses, c'est finalement celle qui me semble la plus probable. CQFD.

Romook, et hop! un coup de soleil de trop en Chine et voilà...