Mardi, muni de mes fichiers informatiques contenant mes futures cartes de visite, je me rends chez un petit imprimeur en qui j'ai toute confiance car j'ai déjà travaillé avec lui. Je lui donne les fichiers et, quelques trente minutes d'explication plus tard, je le quitte, songeur, en espérant que mes cartes de visite seront prêtes pour le jeudi. Je partais de Wuhan le samedi matin à 6h45, inutile de penser lui donner un délai supplémentaire.

Le jeudi à 15h30, coup de téléphone. Les cartes de visites ne sont pas faîtes car il ne peut pas les imprimer : c'est en anglais. "Mais, monsieur, je ne vois pas le rapport. Vous m'en avez déjà imprimées qui étaient en anglais! - Non, non, pas pareil, pas pareil." Force est de constater que les autres fois, j'avais eu affaire à sa femme qui semblait beaucoup plus dégourdie que lui. Je lui demande s'il a une solution de rechange, il me dit que oui. Ouf, je suis sauvé. J'arrive alors à sa boutique (16h15) et il me rend mon argent. C'était ça la solution de rechange. Je lui demande où je peux en faire imprimer d'autres : "Je ne sais pas."

Je monte dans un taxi. "Bonjour, vous allez où? - Je ne sais pas. Vous pouvez me conduire chez un imprimeur qui fait des belles cartes de visite ?" Le premier chauffeur me répond que ce n'est pas possible car il vient de l'autre côté de la ville et il ne connaît pas ce quartier. L'autre côté de la ville, c'est Hankou, à 20 km de là, étant rappelé que Wuhan est une ville d'à peu près 8,5 millions d'habitants. Le second chauffeur, plus conciliant, sillonne les rues à la recherche d'une enseigne. Eurêka! On en trouve une... Je rentre dans la boutique : "désolé on ne fait pas de cartes de visite car c'est le nouvel an chinois la semaine prochaine."

J'essaie le coup de fil à un ami. Je me renseigne pour savoir si Yan Pei connaît un endroit où on fait de belles cartes de visites (le prix n'est pas important : en Chine, les cartes de visites, très bonne qualité, en couleur quadrichromie et chère, se négocie autour de 6 euros la boîte, faîte en moins de 24 heures normalement... Qui dit mieux?). Elle se renseigne et ne trouve rien. En marchant par hasard, je tombe dans la rue sur une imprimerie dont le sérieux semble irréprochable. Je leur explique ce que je veux et montre les fichiers. Pas possible de les faire avant dimanche midi à cause de la couleur bleue qui va mettre du temps à sécher. Il est 17h45. J'abandonne et retourne à l'hôtel.

Devant l'hôtel, une magnifique imprimerie, grand standing. Un peu dépité de mes différentes aventures de l'après-midi, je tente quand même l'expérience. "Est-il possible de faire faire des cartes de visite en couleur ? - oui, bien sûr, mais il vous faudra attendre un peu. - Combien de temps ? - Environ 20 minutes."

Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à faire imprimer : 3 x 100 cartes de visite (3 modèles différents, dont 2 recto - verso), 400 pages de papier à entête en couleur et 1000 faire-parts en couleur, pour la somme totale de 920 yuans (100 euros environ). Le tout m'a pris moins de deux heures. Happy guy! En Chine, rien n'est impossible.

Romook, essayant de se changer les idées