Tout d'abord, je tiens à présenter mes voeux à l'ensemble de mes lecteurs que j'ai longtemps négligé. Ne désirant pas m'engager dans des promesses que je ne pourrai pas tenir, je tiens à préciser que la situation ne s'arrangera probablement pas dans les semaines à venir...

La vie est pleine d'incertitude. J'ai rencontré une femme en Chine qui m'a troublé. N'ayons pas peur des mots : je pense avoir eu le coup de foudre. Certains se demanderont si le Romok nihiliste est aujourd'hui disparu ou non... Bonne question, il ne le sait pas lui-même. Tentons une réponse par la présentation de la situation.

Cette relation amoureuse, qui avait bien entendu tout ce qu'il faut d'idyllique et de romantisme dans les premières semaines (la distance, les différences culturelles, les problèmes de communication liés à l'usage de langues étrangères...), est devenue ces trois dernières semaines extrêmement éprouvante. Les montagnes russes émotionnelles ont été mon quotidien depuis ces derniers temps. Avec tout ce que cela entraîne de conséquences négatives sur le travail, les relations amicales, le moral, le physique... Bref.

Tout ça pour vous indiquer que l'année 2009 commencera pour moi sous l'angle de la sensation d'exister... Car, finalement, c'est quoi le but de la vie, si ce n'est de poursuivre le chemin. Qu'y a-t-il de mieux qu'une relation amoureuse pour ça? Bien sûr, on préfère que tout se passe bien, c'est le bonheur absolu et le monde de Walt Dysney nous entoure en permanence... Mais, ça, c'est ce que l'on suggère dans les contes de fée quant le prince a embrassé la princesse et qu'un

"ils se marièrent

Supprimer les mentions inutiles

1/ et eurent beaucoup d'enfants
2/ et vécurent heureux"

le 1 semblant incompatible avec le 2, même dans les contes de fée.

En regardant récemment, la Belle au bois dormant, je me suis aperçu que le Prince se battait pour la femme qu'il aimait, mais qu'au moment de ses épreuves, il le fait sans savoir pour quelle princesse il le fait, ni pourquoi vraisemblablement. "Mais Dieu que les hommes sont cons!", me suis-je dit, "Pourquoi subir tant d'emmerdements pour une potentialité de bonheur ?" Ma mère se retourne et me pose cette question redoutable : "Et pourquoi tu ne t'appliquerais pas ça également?" Voilà, ça c'est dit. Merci maman. Walt Dysney avait prévu les méchantes belle-mères, pas les mères attentionnées.

Pourquoi ? Pfff... Difficile de répondre. La question fait mouche, aucun doute. Allez on essaie de se justifier quand même. Parce que j'existe. Parce qu'en tant qu'être vivant, je persiste à exister. Parce que si je baisse les bras maintenant, je renonce à tous les rêves de prince et de princesse dont on m'a bourré l'imaginaire depuis ma plus tendre enfance. Parce qu'envers tout, contre la raison la plus élémentaire, je ne peux imaginer une seconde sans ressentir l'absence de sa présence dans mon quotidien, parce que les plats ont plus de saveurs depuis que je sais qu'elle existe, parce que j'ai envie d'être ce prince charmant qui combat le dragon, parce que je l'aime à en devenir con...

Et si le résultat, c'était un échec. Et bien j'aurais vécu un instant une illusion de plus qui renforcera mon nihilisme, je serai encore plus féroce avec la vie et ses illusions multiples. Mais j'aurai eu la sensation d'exister vraiment quelques intants. Donc, vous l'aurez compris, ça ne passe pas comme au pays de Candide... J'accumule les incertitudes et les propos contradictoires de ma princesse, la confiance est mise à mal, bref, le bateau est probablement en train de couler "normalement". Il y a des voies d'eau de toute part. "Normal après 10 semaines consécutives d'absence" me direz-vous. Mon Dieu, comme j'aimerais que vous ayez raison! Aujourd'hui, c'est le doute et l'angoisse qui m'oppressent en permanence, mais pas un doute philosophique, sain qui vous fait avancer. Non, le méchant doute qui ronge la nuit, vous serre le coeur, vous donne envie de crier pour ça cesse, vous fait simplement souffrir physiquement...

Vais-je changer quelque chose ? Non, bien sûr. Je suis courageux. J'aime la vie plus que tout et j'en fais une expérience magnifique, en permanence depuis quelques semaines... C'est le prix de l'amour. C'est aussi le prix à payer pour l'espoir d'un romantique qui ne sait pas être nihiliste lorsqu'il le faudrait. Lorsque j'étais rentré de Chine, je l'ai annoncé à mon ami nihiliste de cette manière :

"Salut the endgamer! J'ai eu une mauvaise nouvelle à t'annoncer.
- Tu crois en Dieu ?
- Pire. J'ai eu un coup de foudre et je crois que j'ai rencontré la femme de ma vie. Peut-être que je vais me marier.
- Mais c'est pas une mauvaise nouvelle ça...
- Quoi ? Je tombe dans le piège du romantisme, des concepts creux du genre "femme de la vie", "engagement éternel", etc.. et tu trouves ça bien??
- Mais non, mais il faut voir le bon côté de la situation. Une nouvelle histoire d'amour, c'est toujours le début d'une déception, d'un malheur. Tu m'appelleras un jour pour me dire à quel point tout ce que tu as cru était ridicule. Vois le bon côté des choses.
- Qu'est-ce qu'on va faire si j'arrive à rester avec elle dans l'illusion pendant toute ma vie ?
- Putain, t'es vraiment con là. Bah tant pis. Je ferais semblant de comprendre ce que tu me racontes lorsque tu me parleras d'amour, de fidélité, de confiance, etc... Pendant ce temps là, bah je serai probablement seul en me demandant pourquoi c'est toujours aux autres d'avoir le bonheur d'être dans l'erreur..."

Qu'on ne se méprenne pas, cete discussion est à prendre plusieurs degrés au dessus de ce qu'elle semble être. Voilà, je suis troublé. Elle connaît mon blog, mais ne lit, ni ne parle le français... Ca restera donc entre vous et moi ce billet en forme d'ode à la sensation d'exister.

"Romook nihiliste" a -t-il disparu ? Gageons que non. Il refera surface de temps en temps au gré des nuits blanches remplies de doute, d'incertitude, d'absence, etc... Je vous présente à tous mes excuses pour la gêne occasionnée par ce coup de foudre que je n'ai évidemment pas choisi. Pire, si je deviens heureux, vais-je continuer mon blog? Putain, ça fait froid dans le dos des perspectives comme ça. Désolé encore de vous avoir gâché votre début d'année avec mon futur bonheur. Je vais essayer de me reprendre.

Bonne année quand même.

Romook, charbons ardents