Romook, ectoplasme bloguique

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mercredi 21 janvier 2009

La roulotte

"Dis, grand-père, tu m'avais parlé d'un secret. C'est quoi?
- Mon secret... Tu es peut-être encore trop jeune pour que je te le dise.
- Non, non, je veux savoir. Je te promets, je le raconterai à personne.
- Tu sais, il y a des secrets que l'on peut répéter. Un secret est parfois juste quelque chose que l'on garde précieusement au fond de son cœur, que l'on n'a jamais dit à personne...
- C'est quoi ton secret?
- C'est l'histoire de ma vie... J'ai voyagé toute ma vie et je voudrais que tu devienne voyageur aussi.
- Moi, je veux aller en Australie. Je veux voir des kangourous.
- C'est bien. C'est un beau projet de voyage. Mais, pour partir, tu as besoin d'une roulotte.
- C'est quoi une roulotte ?
- Tu as déjà vu des escargots ?
- Oui.
- Il transporte leur maison sur leur dos. Et bien, pour un homme, c'est la même chose. Pendant son voyage, il utilise une roulotte.
- Il peut prendre un avion aussi.
- Non, parce que ça va trop vite. Moi, même quand je prends l'avion, j'utilise ma roulotte. La vitesse tue trop de chose. Avec une roulotte, le temps ne s'écoule plus de la même manière. Il y a un cheval, devant, que tu guides pour aller où tu veux. Tu avances lentement. Comme ça, tu as le temps de rencontrer des gens sur ton chemin, de sentir les changements de saison, de vibrer au son des feuilles qui bruissent dans les arbres et de manger les fruits que tu croises. Tu peux arrêter ta roulotte où tu veux, quand tu veux.
- Mais, ça sert à quoi la roulotte. Tout ça, on peut le faire sans roulotte.
- Non, la roulotte est indispensable car tu y caches ton coffre à trésor dans lequel tu vas ranger tous les objets que tu vas rencontrer tout au long de ton voyage. A chaque nouvelle étape, tu veux y mettras les nouvelles choses que tu as découvertes. De temps en temps, tu t'arrêtes et tu contemples ce que tu y as caché.
- Il y a beaucoup de choses dans ton coffre, grand-père ?
- Il y a tout ce que j'y ai mis au cours de mon voyage.
- Wahou! Ca doit faire beaucoup alors... Je peux voir tes trésors?
- Non. le coffre à trésor restera secret pour toujours. C'est le principe même du coffre à trésor. Même si je te dis tout ce que j'y ai mis, il en restera toujours dedans que tu ne connaîtras jamais.
- Pourquoi?
- Parce que mon coffre à trésor reste caché dans ma roulotte et personne ne peut entrer dans la roulotte de quelqu'un.
- Moi aussi, je peux avoir une roulotte ?
- Tu as déjà une roulotte. Et tu as déjà commencé à remplir le coffre à trésor, je le sais.
- Comment tu le sais ? Moi, je sais bien que je n'ai pas de roulotte, ni de coffre à trésor.
- Si, si... Tu en as une. Je vais t'expliquer. Le dernier trésor que j'ai mis dans ma roulotte, c'est toi. Dans mon coffre, j'y mets tous les moments que je passe à discuter et à m'émerveiller avec toi. Ces instants sont gravés dans ma mémoire et ces images-là, personne ne pourra jamais me les voler. Toi aussi, tu as déjà commencé à remplir ton coffre, tu sais, et tu promènes déjà ta roulotte. La vie est un long voyage que l'on fait tous en roulotte. Le secret est qu'il faut savoir s'arrêter de temps en temps pour ne pas oublier d'y mettre les souvenirs dans son coffre. Tout ce que tu auras mis dedans n'appartiendra qu'à toi. Il faut savoir aussi redémarrer sa roulotte. Parfois, on trouve un bel endroit, on pense qu'on peut s'y arrêter toute sa vie, mais, en fait, il faut poursuivre son chemin.
- Mamie aussi, elle avait une roulotte ?
- Oui, mamie aussi. Pendant un moment, on avait la même roulotte et on y avait caché chacun notre coffre à trésor. C'est parfois la question qu'on se pose... Savoir si la personne que l'on rencontre sur le bord du chemin doit nous accompagner et conduire la roulotte à nos côtés, ou si on doit ranger cette rencontre comme un trésor dans notre petit coffre. Tu comprendras mieux ce que je dis avec le temps. Bon voyage avec ta roulotte."

Romook, en chemin avec sa roulotte...

samedi 17 janvier 2009

Rien n'est impossible en Chine

Mardi, muni de mes fichiers informatiques contenant mes futures cartes de visite, je me rends chez un petit imprimeur en qui j'ai toute confiance car j'ai déjà travaillé avec lui. Je lui donne les fichiers et, quelques trente minutes d'explication plus tard, je le quitte, songeur, en espérant que mes cartes de visite seront prêtes pour le jeudi. Je partais de Wuhan le samedi matin à 6h45, inutile de penser lui donner un délai supplémentaire.

Le jeudi à 15h30, coup de téléphone. Les cartes de visites ne sont pas faîtes car il ne peut pas les imprimer : c'est en anglais. "Mais, monsieur, je ne vois pas le rapport. Vous m'en avez déjà imprimées qui étaient en anglais! - Non, non, pas pareil, pas pareil." Force est de constater que les autres fois, j'avais eu affaire à sa femme qui semblait beaucoup plus dégourdie que lui. Je lui demande s'il a une solution de rechange, il me dit que oui. Ouf, je suis sauvé. J'arrive alors à sa boutique (16h15) et il me rend mon argent. C'était ça la solution de rechange. Je lui demande où je peux en faire imprimer d'autres : "Je ne sais pas."

Je monte dans un taxi. "Bonjour, vous allez où? - Je ne sais pas. Vous pouvez me conduire chez un imprimeur qui fait des belles cartes de visite ?" Le premier chauffeur me répond que ce n'est pas possible car il vient de l'autre côté de la ville et il ne connaît pas ce quartier. L'autre côté de la ville, c'est Hankou, à 20 km de là, étant rappelé que Wuhan est une ville d'à peu près 8,5 millions d'habitants. Le second chauffeur, plus conciliant, sillonne les rues à la recherche d'une enseigne. Eurêka! On en trouve une... Je rentre dans la boutique : "désolé on ne fait pas de cartes de visite car c'est le nouvel an chinois la semaine prochaine."

J'essaie le coup de fil à un ami. Je me renseigne pour savoir si Yan Pei connaît un endroit où on fait de belles cartes de visites (le prix n'est pas important : en Chine, les cartes de visites, très bonne qualité, en couleur quadrichromie et chère, se négocie autour de 6 euros la boîte, faîte en moins de 24 heures normalement... Qui dit mieux?). Elle se renseigne et ne trouve rien. En marchant par hasard, je tombe dans la rue sur une imprimerie dont le sérieux semble irréprochable. Je leur explique ce que je veux et montre les fichiers. Pas possible de les faire avant dimanche midi à cause de la couleur bleue qui va mettre du temps à sécher. Il est 17h45. J'abandonne et retourne à l'hôtel.

Devant l'hôtel, une magnifique imprimerie, grand standing. Un peu dépité de mes différentes aventures de l'après-midi, je tente quand même l'expérience. "Est-il possible de faire faire des cartes de visite en couleur ? - oui, bien sûr, mais il vous faudra attendre un peu. - Combien de temps ? - Environ 20 minutes."

Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à faire imprimer : 3 x 100 cartes de visite (3 modèles différents, dont 2 recto - verso), 400 pages de papier à entête en couleur et 1000 faire-parts en couleur, pour la somme totale de 920 yuans (100 euros environ). Le tout m'a pris moins de deux heures. Happy guy! En Chine, rien n'est impossible.

Romook, essayant de se changer les idées

mardi 13 janvier 2009

Fidélité

n. f., ethn. : 1° psy. Excuse morale pour justifier son inaptitude à la séduction. 2° soc. Abstinence nécessaire à la conservation de la sensation amoureuse.

Citation d'un homme marié : "Y a des personnes qui pensent que chaque début de relation amoureuse leur donne une nouvelle chance. En fait, chaque fin de relation me laisse surtout une nouvelle chance d'être fidèle."

Romook, en poche

lundi 12 janvier 2009

Le cri du silence






















Romook, Romook, PjB, même combat

dimanche 11 janvier 2009

Incertitude

n. f., psy. : Oscillation irrégulière de l'être, passant alternativement d'un état de doute euphorique à celui de douloureux, en vue de résoudre définitivement la question de la prévisibilité des êtres, de la vie et de l'univers.

Romook, en poche

samedi 10 janvier 2009

Attente

n. f., psy. : Période d'incubation des émotions.

Romook, en poche

jeudi 8 janvier 2009

L'existence de la sensation

- Allô... Allô... MD... MD... Tour de contrôle... Vous m'entendez?
- Nous vous recevons "Romook XY". A vous.
- Protocole d'urgence à mettre en œuvre... Répétons... Protocole d'urgence à mettre œuvre... Demandons communication simplifiée "cellules grises". A vous.
- Protocole accordé. Que se passe-t-il?
- Notre vaisseau romookien a dévié sa trajectoire. Aujourd'hui, nous nous dirigeons vers la planète rose "romanticae". Avons besoin d'instruction de guidage pour redresser trajectoire. Brouillard total, ondes parasites présentes.
- Quel est le type de votre vaisseau romookien? Déclinez tout élément d'identification pertinent.
- Romook, 1er modèle, construction 1976, à combustion nihiliste, mise en service nietzschéenne 1992, révisions qualité luxe "cioran schopenhauer" effectuées en 2002, 2004, 2006. Début des incidents : octobre 2008.
- Pouvez-vous décrire les problèmes ?
- D'abord, des crachats émotionnels, puis une poussée de fièvre d'abstinence d'une semaine, suivie d'une fidélité de 10 semaines.
- Mais, putain! Qu'est-ce que vous avez foutu? C'est maintenant que vous réagissez?!
- Désolé, on s'est fait surprendre. Au début on a cru à un flash sexuel. Ca arrive souvent avec les modèles de cet âge-là. En fait, ça doit être un coup de foudre. On est désolé.
- On va voir ce qu'on peut faire. Désespérez pas. Rien d'autres à signaler comme incident ?
- Désir d'engagement durable et continuation de la relation par la monogamie.
- Dites donc. Vous l'avez salement amoché votre jouet. Pour un peu, ça frisait le mariage.
- Pourquoi? Ca change quelque chose?
- Ce n'est pas le même protocole.
- Ok. Le mariage était dans l'air.
- Bon. Restez calmes. Je change de manuel.
- Quoi? Qu'est-ce qui se passe ?
- Avec des modèles de cet âge-là, faut se méfier. Le moteur s'emballe et il faut redescendre en douceur. On ne peut pas faire de changement brusque. Vous en êtes où là?
- Difficile de le dire... 3 semaines d'incertitudes, d'incompréhensions. Y a du grabuge qui a été fait, mais on n'avait pas remarqué le nouveau cap. Depuis trois jours, on a du mal à retrouver les anciennes routes. On est un peu perdu.
- Côté sexe, ça se passe comment ?
- C'est un des problèmes. Ca se passe bien.
- Pfff... Vous ne nous facilitez pas la tâche. Degré du magnétisme esthétique sur l'échelle de Cupidon.
- 9,8 / 10.
- Ca va pas être facile de s'en sortir. Vous avez essayé d'insérer les disquettes de sauvegardes ?
- Oui, de ce côté-là, ça va. On avait anticipé avant notre départ.
- Mais vous êtes où là?
- Loin de l'environnement habituel... Les disquettes de sauvegarde sont chargées, mais les programmes doivent attendre notre retour pour être lancés.
- On peut dire que vous choisissez les difficultés. Je lance le calcul de l'ordinateur. Bon. Cap : Sexae.
- Ca veut dire quoi?
- Pour vous en sortir, vous devez d'abord prendre le cap de la planète Sexae. Un changement brutal, hors du cadre habituel, peut provoquer des secousses désagréables. C'est trop dangereux. Vous avez été trop loin. Est-ce que vous avez la planète Solitudae dans votre orbite ?
- Non. Il n'y a plus rien du tout hormis Romanticae.
- Ok. Suivez bien les instructions. 1 - Enclenchez les rétro-sentiments. 2 - Allumez les bougies de détresse amicales.
- On a un problème. On a un problème!
- Qu'est-ce qui se passe ?
- On perd le contrôle. Ca tremble partout. La destination n'est plus claire. Y a des nouvelles destinations qui apparaissent!
- Lesquelles ? ... Lesquelles ? ... Allô?!... Allô... M'entendez-vous ?... Stéphane, branche le convecteur de communication d'urgence. Dépêche-toi!
- Ok, ok, je le fais... Ca y est... Je les ai. Ils sont en communication avec le vaisseau Wangien xl YY. Ca parle de mariage, de tromperie, de manque de respect. C'est pas clair... Y a des sacrées secousses. Ca y est, on a récupéré la ligne.
- Vous m'entendez? Ici, tour de contrôle, vous m'entendez ?
- Réception ok. Avons été coupé. Planète Solitudae en vue.
- Il faut redresser le cap tout de suite sur Sexae. Sinon, vous êtes perdus!
- Comment on fait? Aidez-nous!
- Enclenchez le module "complementary partner".
- Ok... L'ordinateur recherche... Y a le cap Solitudae qui se scinde en trois : Sexae, Amicae et Romanticae....
- Super! Pointez sur la destination entre Sexae et Amicae, et gardez le cap jusqu'au retour dans votre environnement habituel. Ca devrait être plus cool maintenant. Méfiez-vous du cap Romanticae qui refera surface de temps à autre. Surveillez bien vos écrans de contrôle.
- Si ça braque vers Romanticae, qu'est-ce qu'on fait ?
- Vous prenez la boîte noire et vous la faites défiler. Ca devrait suffire à garder le cap.
- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
- Les deux vaisseaux vont rester en liaison pendant quelques jours. Normalement, les relations seront amicales calées sur le mode "amants". Ca permet de garder une stabilité émotionnelle complète, avec une satisfaction des besoins primaires essentiels.
- Mais le vaisseau ne risque pas de se dérégler en cours de route.
- Normalement, non. C'est quand même un Romook 1976, mise en service 1993. Régulièrement révisé, ça devrait tenir le coup sans problème.
- Qu'est-ce qui se passe si les communications entre les deux vaisseaux reprennent sur un mode "rose" ?
- Normalement, rien. Mais vous avez attendu tellement longtemps avant de réagir qu'il est possible d'avoir des secousses.
- Merci pour votre aide.
- On est là pour ça. Merci d'avoir utilisé les services de "SOS Nihiliste en détresse". Bonne fin de route et n'oubliez pas la révision. Il sera temps de la faire après votre retour. Terminé.
- Encore merci. Terminé.

Romook, fabricant d'amie ++

dimanche 4 janvier 2009

La sensation d'exister

Tout d'abord, je tiens à présenter mes voeux à l'ensemble de mes lecteurs que j'ai longtemps négligé. Ne désirant pas m'engager dans des promesses que je ne pourrai pas tenir, je tiens à préciser que la situation ne s'arrangera probablement pas dans les semaines à venir...

La vie est pleine d'incertitude. J'ai rencontré une femme en Chine qui m'a troublé. N'ayons pas peur des mots : je pense avoir eu le coup de foudre. Certains se demanderont si le Romok nihiliste est aujourd'hui disparu ou non... Bonne question, il ne le sait pas lui-même. Tentons une réponse par la présentation de la situation.

Cette relation amoureuse, qui avait bien entendu tout ce qu'il faut d'idyllique et de romantisme dans les premières semaines (la distance, les différences culturelles, les problèmes de communication liés à l'usage de langues étrangères...), est devenue ces trois dernières semaines extrêmement éprouvante. Les montagnes russes émotionnelles ont été mon quotidien depuis ces derniers temps. Avec tout ce que cela entraîne de conséquences négatives sur le travail, les relations amicales, le moral, le physique... Bref.

Tout ça pour vous indiquer que l'année 2009 commencera pour moi sous l'angle de la sensation d'exister... Car, finalement, c'est quoi le but de la vie, si ce n'est de poursuivre le chemin. Qu'y a-t-il de mieux qu'une relation amoureuse pour ça? Bien sûr, on préfère que tout se passe bien, c'est le bonheur absolu et le monde de Walt Dysney nous entoure en permanence... Mais, ça, c'est ce que l'on suggère dans les contes de fée quant le prince a embrassé la princesse et qu'un

"ils se marièrent

Supprimer les mentions inutiles

1/ et eurent beaucoup d'enfants
2/ et vécurent heureux"

le 1 semblant incompatible avec le 2, même dans les contes de fée.

En regardant récemment, la Belle au bois dormant, je me suis aperçu que le Prince se battait pour la femme qu'il aimait, mais qu'au moment de ses épreuves, il le fait sans savoir pour quelle princesse il le fait, ni pourquoi vraisemblablement. "Mais Dieu que les hommes sont cons!", me suis-je dit, "Pourquoi subir tant d'emmerdements pour une potentialité de bonheur ?" Ma mère se retourne et me pose cette question redoutable : "Et pourquoi tu ne t'appliquerais pas ça également?" Voilà, ça c'est dit. Merci maman. Walt Dysney avait prévu les méchantes belle-mères, pas les mères attentionnées.

Pourquoi ? Pfff... Difficile de répondre. La question fait mouche, aucun doute. Allez on essaie de se justifier quand même. Parce que j'existe. Parce qu'en tant qu'être vivant, je persiste à exister. Parce que si je baisse les bras maintenant, je renonce à tous les rêves de prince et de princesse dont on m'a bourré l'imaginaire depuis ma plus tendre enfance. Parce qu'envers tout, contre la raison la plus élémentaire, je ne peux imaginer une seconde sans ressentir l'absence de sa présence dans mon quotidien, parce que les plats ont plus de saveurs depuis que je sais qu'elle existe, parce que j'ai envie d'être ce prince charmant qui combat le dragon, parce que je l'aime à en devenir con...

Et si le résultat, c'était un échec. Et bien j'aurais vécu un instant une illusion de plus qui renforcera mon nihilisme, je serai encore plus féroce avec la vie et ses illusions multiples. Mais j'aurai eu la sensation d'exister vraiment quelques intants. Donc, vous l'aurez compris, ça ne passe pas comme au pays de Candide... J'accumule les incertitudes et les propos contradictoires de ma princesse, la confiance est mise à mal, bref, le bateau est probablement en train de couler "normalement". Il y a des voies d'eau de toute part. "Normal après 10 semaines consécutives d'absence" me direz-vous. Mon Dieu, comme j'aimerais que vous ayez raison! Aujourd'hui, c'est le doute et l'angoisse qui m'oppressent en permanence, mais pas un doute philosophique, sain qui vous fait avancer. Non, le méchant doute qui ronge la nuit, vous serre le coeur, vous donne envie de crier pour ça cesse, vous fait simplement souffrir physiquement...

Vais-je changer quelque chose ? Non, bien sûr. Je suis courageux. J'aime la vie plus que tout et j'en fais une expérience magnifique, en permanence depuis quelques semaines... C'est le prix de l'amour. C'est aussi le prix à payer pour l'espoir d'un romantique qui ne sait pas être nihiliste lorsqu'il le faudrait. Lorsque j'étais rentré de Chine, je l'ai annoncé à mon ami nihiliste de cette manière :

"Salut the endgamer! J'ai eu une mauvaise nouvelle à t'annoncer.
- Tu crois en Dieu ?
- Pire. J'ai eu un coup de foudre et je crois que j'ai rencontré la femme de ma vie. Peut-être que je vais me marier.
- Mais c'est pas une mauvaise nouvelle ça...
- Quoi ? Je tombe dans le piège du romantisme, des concepts creux du genre "femme de la vie", "engagement éternel", etc.. et tu trouves ça bien??
- Mais non, mais il faut voir le bon côté de la situation. Une nouvelle histoire d'amour, c'est toujours le début d'une déception, d'un malheur. Tu m'appelleras un jour pour me dire à quel point tout ce que tu as cru était ridicule. Vois le bon côté des choses.
- Qu'est-ce qu'on va faire si j'arrive à rester avec elle dans l'illusion pendant toute ma vie ?
- Putain, t'es vraiment con là. Bah tant pis. Je ferais semblant de comprendre ce que tu me racontes lorsque tu me parleras d'amour, de fidélité, de confiance, etc... Pendant ce temps là, bah je serai probablement seul en me demandant pourquoi c'est toujours aux autres d'avoir le bonheur d'être dans l'erreur..."

Qu'on ne se méprenne pas, cete discussion est à prendre plusieurs degrés au dessus de ce qu'elle semble être. Voilà, je suis troublé. Elle connaît mon blog, mais ne lit, ni ne parle le français... Ca restera donc entre vous et moi ce billet en forme d'ode à la sensation d'exister.

"Romook nihiliste" a -t-il disparu ? Gageons que non. Il refera surface de temps en temps au gré des nuits blanches remplies de doute, d'incertitude, d'absence, etc... Je vous présente à tous mes excuses pour la gêne occasionnée par ce coup de foudre que je n'ai évidemment pas choisi. Pire, si je deviens heureux, vais-je continuer mon blog? Putain, ça fait froid dans le dos des perspectives comme ça. Désolé encore de vous avoir gâché votre début d'année avec mon futur bonheur. Je vais essayer de me reprendre.

Bonne année quand même.

Romook, charbons ardents