Romook, ectoplasme bloguique

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mardi 26 août 2008

Ils arrivent...

Mes nouveaux étudiants chinois arrivent demain matin... Prévenu trop tard de leur arrivée à Paris, je ne pourrais pas aller les accueillir à l'aéroport. J'en suis tout malheureux rien que d'y penser. Je me rappelle ma première arrivée en Chine, après toutes ces heures de vol, la fatigue, l'environnement nouveau et complexe... Comme on se sent bien dans ces conditions d'être accueilli par quelqu'un qui vous déblaie le terrain de toutes les petites difficultés pratiques qui se présentent... Ils ont mon numéro de téléphone, mais pas de monnaie pour téléphoner, ni de téléphone portable... Je commence à stresser pour leur arrivée. J'espère que mon université va pouvoir envoyer quelqu'un les chercher.

L'année redémarre. Ca y est. Pour de bon. Je ne suis pas vraiment parti en vacances, mais j'ai réussi à bien me reposer. J'ai continué à travailler au rythme des vacances... Je ne sais pas si j'arriverais à maintenir ce rythme encore très longtemps, mais qu'est-ce que cela serait agréable... Un à deux jours de travail par semaine, hmmmmm... c'est un peu comme pouvoir être sous la couette en sachant qu'il y a un impératif qui est de se lever, mais qu'à part ça, aucune contrainte horaire ne pèse sur vous... Quel bonheur! J'ai vraiment beaucoup de chance de faire un métier qui me permet d'être aussi cool parfois.

Il faut absolument que je note cette dernière phrase quelque part car, dans quelques semaines, je suis certain de trouver cette réflexion très drôle. En attendant, la braderie de Lille qui approche marque la fin de cette période de léthargie... Gare à vous, Romook revient!

Romook, sortant de la torpeur estivale

dimanche 24 août 2008

Dictionnaire

n. m., phil. : Outil de manipulation de la pensée.

"Si le monde se réduisait à l'ensemble des choses que l'on connaiît, alors il serait bien petit." aurait probablement commenté mon ami Kai Ye. Cette phrase que je l'ai vu utiliser à propos de certaines personnes sûres de leur savoir semble être particulièrement adaptée ici et c'est pourquoi je m'autorise cette citation empruntée à mon ami philosophe qui restera méconnu...

Romook, en poche

lundi 18 août 2008

Un nouveau défi

A l'heure des JO, le sport est omniprésent. Puisque mon prochain départ pour la Chine ne se fera pas avant le mois d'octobre, j'en ai profité pour reprendre un entraînement de course à pieds digne de ce nom. J'y prends beaucoup de plaisir, à tel point que je me demande s'il est possible de trouver des activités physiques me permettant de maintenir une forme physique suffisante pendant que je suis à l'hôtel... Cela m'éviterait de tout bonnement devoir arrêter le sport entre le mois d'octobre et le mois de mai... Et oui, le sport, c'est bon aussi pour l'épanouissement de notre être.

Premier constat : je ne reprendrai pas de licence d'aïkido. Les horaires de mon club ne sont pas adaptés à ma vie professionnelle. J'ai besoin de quelque chose de plus souple. Je crois donc que je vais reprendre une licence d'athlétisme et repartir sur des épreuves bizarres.

En ce moment, se déroule la Transgaule 2008, une course de 1150 km en 18 étapes à travers la France. Voilà le genre d'épreuves qui me fait rêver. Peut-être roomook sera-t-il sur la ligne de départ de l'édition 2009 ou 2010? On verra. Cla suppose un sacré entraînement. C'est-à-dire du temps et trouver la méthode permettant de maintenir le corps en bon condition, sans se blesser lors des déplacements en Chine. En effet, le décalage horaire finit par créer une fatigue récurrente qui est la condition sine qua non d'une bonne vieille tendinite. Peut-être trouverais-je le salut dans les positions de Yoga? Je vous tiendrais au courant de mes recherches dans ce domaine.

En attendant, à la braderie de Lille, je vais courir le semi-marathon, avec un objectif en dessous de 1h36' (mon record personnel). Puis, lorsque cette épreuve sera terminée, je vais me lancer sur un nouveau type d'épreuve que je n'ai jamais réaliser : le Trail. C'est une course qui se déroule en nature en partie avec un petit sac à dos contenant du ravitaillement et des objets de première nécessité. Le ravitaillement officiel se faisant tous les 20 km, il est évidemment important de transporter de l'eau et quelques vêtements en cas d'intempéries. C'est la première fois que je vais faire ce genre de course, donc c'est une découverte excitante qui m'attend.

La course fait 136 km et part de la côte de la Manche pour arriver à Lille. Je vais pouvoir ainsi découvrir des chemins de randonnées du Nord et différents villages dont j'ai toujours entendu le nom, mais où je n'ai jamais mis les pieds. Je suis déjà pressé d'y être. Les dates étant les 4 & 5 octobre, j'ai encore le temps de m'y préparer. Hier, j'ai passé la journée à découvrir ce qu'était un trail en courant 59 km (dont 19 km à travers la nature... bonjour le dénivelé!) dans l'Avesnois (temps : 8h44'). Ce fût une journée superbe et mes jambes m'ont porté jusqu'au bout. Voilà de quoi me rassurer sur ma capacité à arriver au bout de l'épreuve dans le délai imposé par l'organisation (32 heures maxi).

Ce qui est amusant, c'est qu'au départ, je voulais faire les 100 km de Millau et que je pensais ne pas être prêt à temps (fin septembre) alors que je me suis inscrit sur une épreuve plus longue et vraisemblablement tout aussi difficile. Peut-être un 24 heures au mois de décembre...

Romook, ultra runner

mardi 5 août 2008

La négation de la vie

En conduisant, j'écoutais du fado (une sorte de flamenco portugais). Je ne comprenais rien, bien évidemment, ce qui ne m'empêchait pas de deviner qu'il s'agissait pour la plupart de chansons d'amour... Et puis, comme une musique en entraîne une autre, je me suis interrogé sur mes goûts musicaux. Bien entendu, ils sont variés. Mais j'apprécie particulièrement les musiques authentiques : flamenco, fado, chansons corses, musique du moyen-orient et la musique chinoise traditionnelle... Rien de bien étonnant pour un individu comme moi, me direz-vous. Certes.

Je passerai sur mon goût particulièrement prononcé pour la musique classique, qui me rend presqu'autiste de la musique pop de notre société. Je n'évoquerai également pas ma perversion musicale qui se traduit en une quasi adoration de la musique d'Ohana (flamenco oblige!) et de Ligeti. Mis bout à bout, tous ses goûts musicaux me plongent dans un univers sonore qui, globalement, est assez original compte tenu des goûts moyens actuels. Bref.

En m'interrogeant sur tout ça, et notamment sur le caractère authentique - voire rustique - de ces musiques qui me font vibrer je me suis aperçu que, finalement, ce qui est beau en général, d'un point de vue romantique, est la négation de la Vie. La vie est "évolution" par essence. En effet, un bel amour, c'est un amour qui triomphe de dfficulté, mais surtout, qui après n'évolue plus. Il stagne. Les deux invidus entrent dans une bulle littéraire dans laquelle leurs personnalités respectives semblent ne plus évoluer. Leur amour devient infini, car ne finissant jamais. Larmes, svp, c'est beau.

De même, les amis pour la vie, ce sont des individus qui se connaissent jeunes et qui poursuivent ensemble leurs chemins tout au long de leur existence, sans faille. Magnifique. Et pourtant, là encore, on ne prend pas en compte le fait qu'ils ont des personnalités qui évoluent et qui, surtout, peuvent finir par avoir des divergences de point de vue philosophiques ou politiques. Bien que ces divergences ne soient pas nécessairement des motifs de divorces amicaux (heureusement sinon je n'aurais plus d'amis depuis longtemps je pense), rien ne prouve que l'un ou l'autre d'entre eux ne peut pas en faire une cause de rupture de la relation amicale...

Or, il n'y a rien de plus vrai et de plus fondamental que l'évolution permanente d'une personnalité, de ses désirs, de ses objectifs de vie, de sa morale ou de ses principes philosophiques. Finalement, les possibilités que deux êtres, qu'ils soient amants ou amis, qui se sont rencontrés à 15 ans puissent encore être en relation à 30 ans sont infimes. Les exemples autour de chacun d'entre nous sont nombreux. Et pourtant, l'esthétique d'une histoire d'amour ou d'amitié repose sur la négation de ce fait. Probablement parce que cela fait partie des rêves de notre inconscient collectif.

Afin de contrecarrer mon propre raisonnement, qui laisse sous-entendre que tout ça c'est du pipeau et que ça ne marche jamais, sachez que ma plus vieille amie (on ne va pas faire rentrer là dedans les relations familiales car c'est évidemment un sujet tabou), je la connais depuis l'âge de 12 ans. Comme quoi, ça peut toujours arriver comme dans les films ou dans les livres. Voilà. Mais si on fait le compte de toutes les personnes que j'ai rencontrées avant elle ou dans les dix années qui ont suivi...

Romook, plongé dans les limbes du romantisme

lundi 4 août 2008

Tornade à Hautmont

Pendant que je visionnais, hier soir, "le temps des gitans", j'ai été dérangé par les multiples éclairs qui zébraient le ciel... Le vent s'était également levé avec un drôle de souffle. Je sortis et constatais qu'aucune pluie ne tombait du ciel. Non, c'était un temps étrange avec des éclairs qui étaient très réguliers, mais sans bruit de tonnerre... C'était étonnant.

Il paraît même que des baraques à frites ont été retrouvés dans les champs. C'est pratique, comme ça on est sûr que les patates du champs pourront directement être utilisées pour fabriquer de bonnes frites bien de chez nous. Le problème c'est que dans le coin, ce sont surtout des céréales dans les champs. Peut-être l'occasion de revisiter la recette...

Mais pour ceux que ça inquiète, de la tornade, je n'aurais vu que des effets visuels à l'horizon. Etant à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau, j'étais trop éloigné pour profiter du spectacle. De toute façon, il semblerait que le sort s'acharne sur moi. J'ai loupé le tremblement de terre en Chine et maintenant je loupe la tornade dans l'Avesnois. Pourtant, à chaque fois, j'étais sur place. Pfffffffffffffff........

Romook, dans la partie de l'Avesnois non sinistré

vendredi 1 août 2008

Le vieux libraire - (XVII)

Le premier épisode...

Episode précédent (XVI)


Comment la machine avait-elle pu relier les deux systèmes de référence, à savoir celui de la logique et celui des mots subjectifs ? La vie est un paradoxe. Chacun des chercheurs autour de Jean attendait de lui la réponse. Il était seul face au problème. Tout d’abord, l’utilisation d’un terme par lequel on décrivait un objet : la vie. En effet, dans le programme, la « vie » n’avait pas plus de sens qu’une « chaise. » Il fallait bien définir le monde d’une manière. « La vie était susceptible de destruction, comme tout objet. Elle en était donc un »… Voilà le raisonnement qui avait préludé à la première catégorisation des choses et Jean en sourit. La vie lui paraissait aujourd’hui beaucoup plus riche qu’au moment de cette cataloguisation.

Enfin, le paradoxe. Paradoxe. C’est la conclusion d’un raisonnement logique qui aboutit à contredire les prémisses de ce dernier. Incompréhension, sentiment d’étrange, folie, les termes décrivant l’état dans lequel se retrouve une personne qui en rencontre ne manque pas... Et il repensait au paradoxe du menteur qui annonce qu’il ne ment jamais. De toute évidence, la vie ne pouvait pas être un paradoxe. Tout ce qui touche à la vie – objet – ne peut être relié qu’à d’autres objets ou à des sentiments portant sur ces objets. Pas à une conclusion logique. L’ordinateur avait donc transgressé les bases fondamentales du programme. D’une certaine manière, c’était comme s’il avait fait structurellement un néologisme conceptuel en posant l’assertion : la vie est un paradoxe.

Le rêve d’un chercheur en intelligence artificielle est de créer cette véritable étincelle d’incertitude où un comportement va surgir de l’inconnu, l’inconnu étant tout comportement non prévu dans la boucle logique du programme. Ce rêve se produisait sous ses yeux. Maintenant, il comprenait qu’il était face à la question de Dieu… Pourquoi quelque chose est-il sorti du néant ? Pourquoi l’imprévisible s’est-il produit ? Autant de questions qu’il aurait dû se poser avant…

Thérèse surgit alors dans sa conscience. Il la revoyait à ses côtés dans la Cité Interdite, au Palais d’Eté, dans la chambre d’hôtel. Tout se mélangeait : le téléphone, le laboratoire, les caresses, les paroles échangées, les chercheurs, la lettre, le départ, les espoirs, l’incompréhension, Dieu, le désespoir, l’aveu. L’aveu, l’aveu… L’aveu d’un amour impossible, mais qui a tout de même été vécu quelques instants d’une vie, comme une parenthèse volée à l’espace-temps… L’aveu d’un mensonge, sans lequel rien ne se serait probablement produit... L’affirmation d’une sincérité, porte ouverte à la déculpabilisation, mettant parallèlement un terme élégant à une histoire qui n’avait, de fait, aucun sens…

Pourquoi un être qui prétend en aimer un autre le trompe-t-il ? Pourquoi cette double trahison du conjoint et de l’amant à qui on cache son véritable statut de femme mariée ? Pourquoi Thérèse l’avait-il laissé espérer de construire cette histoire dont il avait toujours rêvé ? Parce que l’ordinateur avait raison. Parce que la vie est un paradoxe. Parce que ces comportements ne sont dictés que par des désirs et que ces derniers n’ont pas de catégorie logique ou morale à respecter, parce que la vie s’écoule à travers les instincts et que l’un des plus forts est la sexualité, parce que personne ne peut pas lutter contre ses forces invisibles qui agissent au fond de l’être…

Jean regardait les chercheurs autour de lui. Ils attendaient toujours la réponse, l’explication. Il sourit, il avait compris. « Nos deux interlocuteurs fictifs se sont chamaillés sur la définition même que l’on a donné au mot « paradoxe » dans notre programme. Ils n’ont fait que dérouler les étapes du programme. En définissant le mot « vie », nous avons inclus un lien logique avec tous les autres termes contenus dans les bases de données. Or, il y a des objets ou des concepts qui sont opposées les uns aux autres. L’ordinateur n’a fait que remarquer la contradiction interne des individus, à savoir leur manque de logique. Ce qui est vivant n’est pas logique, surtout dans le domaine de la psychologie... La conclusion à laquelle aboutit le programme : la vie est un paradoxe n’a donc rien de surprenant. Ceux qui ont été surpris sont ceux qui pensaient que les êtres humains étaient réductibles à des machines. En fait, ce résultat est simplement la preuve que nous avons correctement modélisé l’univers. »

Romook, à suivre...