Rendez-vous 18 heures. Nous sommes 65. On m’avait prévenu que c’était une petite course « bon enfant » avec 20 participants maximum. J’ai inscrit des temps de passage sur mes bras (sur une base de 44’ et une base de 42'30"), je crois que j'ai l’air bizarre au milieu de tous ces coureurs qui n’ont visiblement pas de préoccupations du chrono. Ce ne sera pas la première fois que mon étrangeté sera à l'honneur... Il fait beau et chaud (24°C). J’ai mis une casquette mouillée sur la tête et je me sens bien.

On part. Evidemment, c’est la galopade. Je pars en me préoccupant de trouver mon rythme sur 4’30" environ au kilomètre. Notre circuit est constitué d'une boucle fermée de 1, 850 m. Facile pour le repérage des kilomètres, y a du calcul mental dans l'air ;-) Heureusement, mon GPS accroché à mon poignet me permet de vérifier rapidement si le temps correspondant à la distance. Les deux premiers kilomètres sont courus en 8’50". Le rythme est parfait. Je me sens bien. Un seul problème : je ne respire pas. Enfin, si. Mais, c’est comme si j’étais assis dans un fauteuil complètement déconnecté de la course à pieds. J’entends la respiration de quelques coureurs autour de moi. C’est rythmé, profond, sportif. La mienne est profonde, calme avec un rythme complètement décalé de celui d’un souffle d’une personne en train de courir. Ca m’inquiète, je me demande si tout ne va pas se dérégler d’un moment à un autre. Vraiment, c’est bizarre.

13’40" au troisième kilomètre. Tout va bien. La respiration s’est mise en place. Le parcours est fait sur une boucle quasiment plate. C'est idéal pour maintenir une allure moyenne constante. Le seul hic, c'est qu'il n’y a aucun repère au sol et il est difficile de savoir où on en est. D'autant plus que le circuit étant enfermé dans des remparts, difficile d'avoir des points de repère sauf à être un expert en architecture ou en botanique : tout se ressemble.

La course se poursuit et au 5ème kilomètre, je suis très exactement à 22’30". Je suis contraint à un arrêt pipi. Evidemment, en d'autres circonstances, je vous cacherai ce fait de mon intimité, mais lorsqu'on est lancé sur une course de "vitesse", c'est typiquement le genre de contrainte qui font enrager. Conséquence : je perds 1’30". Grrrr… Je repars sur un rythme plus rapide pour rattraper le temps perdu. Le seul problème est que, du fait de cet arrêt idiot, je n’ai plus de point de repère sur mes temps de passage, ni sur mon rythme. Je cours à la sensation et, heureusement, elles sont bonnes.

8ème kilomètre à 37’. J’augmente encore un peu la vitesse. Je me sens bien, mais j’ai terriblement peur d’un "coup de pompe – essoufflement" sur la fin. Je n’ose pas pousser trop sur la semelle. Mon manque d'expérience physique sur ce type de course sur les 4 dernières années ne me permet pas de jauger mes capacités. Je garde le rythme. Dernier 500 m, j’accélère encore et j’arrive en 45’43".

J’ai réussi :- ) Je suis content. Je m’aperçois que j’ai fait mon second 5 000 m en 21’43". Alors, je me prends à rêver qu’on peut cumuler les deux 5000m - en supprimant l'arrêt - pour un total théorique de 43’43". Ben, c’est vraiment bien. Je suis très content. Ca m’encourage à continuer à courir vite. J’ai un peu mal aux jambes, mais rien de désastreux. Rien aux chevilles. Que des douleurs normales: tout va bien. Une amie, ma partenaire habituelle de squash, vient me féliciter pour ma régularité et mon allure décontractée, comme si je ne faisais aucun effort en courant. Elle était au ravitaillement et est surprise par ma manière de courir.

C’est encourageant de voir que, de l’extérieur, je n’avais pas l’air de souffrir non plus. C’est vrai que je me suis senti bien tout le long de la course. Peut-être que j’avais fixé des objectifs bien « raisonnables » et que je peux faire mieux. Mais, je préfère me garder en bon état que de tenter des objectifs trop difficiles à atteindre. Le but est de continuer à courir, pas de casser la machine. Le 1er a fait 39’42", pfff…

Bon, ben, prochain objectif : le semi-marathon de Lille le 6 septembre (avec ses routes en pentes, grrr… pour les chevilles pendant 3 km environ). On va essayer de s’entraîner pour battre le record personnel de 1h36’. Soit dit en passant, pour ceux qui veulent se frotter à un parcours sur lequel on peut faire une performance, c’est idéal. Que du plat sur tout le parcours, avis aux amateurs… et après c’est récupération bières - moules – frites ;-)

Romook, prochaine étape : les JO