Romook, ectoplasme bloguique

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mercredi 23 juillet 2008

Romooker

v., divers sens sont admissibles en fonction du contexte :

1°/ en langue ch'ti, remarquer;
2°/ phil., Action d'hypertrophier de manière nihiliste des théories philosophiques communément admises;
3°/ soc., Action de réunir des individus dans le but d'en observer les interactions;
4°/ drt, Action de confronter des concepts établis à de nouveaux objets juridiques;
5°/ sex., Déstabiliser sentimentalement un être en utilisant de manière exclusive de vils procédés sexuels;
6°/ comm., Enoncer de manière sérieuse des inepties dans le but de découvrir jusqu'à quel point un interlocuteur nous prend pour un con.
7°/ psy., Etre ébloui naturellement par les faits et gestes d'un individu.
8°/ pvr, Action de diriger ses sujets sans intervention.

Romook, en poche

P.S : Les lecteurs de ce blog sont invités à formuler des phrases quotidiennes à titre d'entraînement jusqu'à introduire de manière naturelle ce verbe encore peu connu dans leur vocabulaire quotidien.

jeudi 17 juillet 2008

Gombrowiczer

v., psy. : action de porter son attention sur une infime partie de la réalité.

Romook, en poche

dimanche 13 juillet 2008

Meurtre du 13 juillet

Après avoir été rayé des fêtes impériales, puis enfin restauré, le 13 juillet aura lieu dans un lieu tenu secret et connu que des invités seuls.

Il y a dans cette soirée un brin d'amitié élitiste qui pourrait être réprouvé (par, tout à la fois, la morale et les conventions sociales) si cela ne provenait de moi... Comme je l'avais indiqué l'année dernière, mes invitations ont dépassé les frontières. Malheureusement, les étrangers touchées par l'invitation n'ont pas pu répondre présent. D'autres, comme mon collègue qui m'accompagne en Chine, le Sieur William pour ne pas le nommer, bien qu'étant invité depuis une année entière, n'a rien trouvé de mieux que de refuser mon invitation pour un week-end en amoureux, à Madrid, avec sa fiancée. Je suis toujours perplexe sur l'échelle des valeurs des gens...

Quant aux courageux qui vont se joindre à moi, leur soirée risque d'être assez noire, mais je les avais prévenu. Ainsi, le programme de ce soir, outre le rituel feux d'artifice (dont le manque de préparatif voisin m'inquiète), sera composé de fromages forts de l'Avesnois et de meurtre(s). Au moment où j'écris ces lignes, une seule personne ne sera occise, mais de toute façon, nous ne la connaissons pas - tout au moins pas dans la vie réelle. C'est d'ailleurs l'intérêt des relations intellectuelles, ça dépassionne les relations. Enfin bref. Une belle soirée sanguinolente en perspective.

Je tenais également à signaler que, dans un accès d'inconscience probablement total, j'ai amené ma guitare et qu'il n'est donc pas impossible que j'en joue. Comme vous le savez - ou ne le savez d'ailleurs pas - cela fait plusieurs années qu'elle reste dans son étui. Or, mon répertoire n'étant composé que de pièces du type "Asturias", "Variations sur le thème de la Flute en chantée" de Sor, etc... Il m'est évidemment difficile de remettre les doigts à la corde, le manque de pratique favorisant la naissance de volatils musicaux. Là encore, on peut espérer qu'une détente œnologique préalable permettra de détendre le corps afin qu'il puisse vivre la musique comme un automatisme...

Il fait beau, je vais en profiter pour faire une petite sortie avec mes chaussures de sport. Profitez bien de votre week-end national.

Romook, organisateur de meurtre

PS : Avant que vous ne préveniez la police, je tenais à indiquer qu'il s'agissait d'un jeu de rôle, qui est l'un de mes derniers centres d'intérêt. Mais, je vous en reparlerai.

vendredi 11 juillet 2008

Silence

n. m., educ. : Espace de réflexion.

Romook, en poche

lundi 7 juillet 2008

10 km, ça, au moins, c'est fait

Rendez-vous 18 heures. Nous sommes 65. On m’avait prévenu que c’était une petite course « bon enfant » avec 20 participants maximum. J’ai inscrit des temps de passage sur mes bras (sur une base de 44’ et une base de 42'30"), je crois que j'ai l’air bizarre au milieu de tous ces coureurs qui n’ont visiblement pas de préoccupations du chrono. Ce ne sera pas la première fois que mon étrangeté sera à l'honneur... Il fait beau et chaud (24°C). J’ai mis une casquette mouillée sur la tête et je me sens bien.

On part. Evidemment, c’est la galopade. Je pars en me préoccupant de trouver mon rythme sur 4’30" environ au kilomètre. Notre circuit est constitué d'une boucle fermée de 1, 850 m. Facile pour le repérage des kilomètres, y a du calcul mental dans l'air ;-) Heureusement, mon GPS accroché à mon poignet me permet de vérifier rapidement si le temps correspondant à la distance. Les deux premiers kilomètres sont courus en 8’50". Le rythme est parfait. Je me sens bien. Un seul problème : je ne respire pas. Enfin, si. Mais, c’est comme si j’étais assis dans un fauteuil complètement déconnecté de la course à pieds. J’entends la respiration de quelques coureurs autour de moi. C’est rythmé, profond, sportif. La mienne est profonde, calme avec un rythme complètement décalé de celui d’un souffle d’une personne en train de courir. Ca m’inquiète, je me demande si tout ne va pas se dérégler d’un moment à un autre. Vraiment, c’est bizarre.

13’40" au troisième kilomètre. Tout va bien. La respiration s’est mise en place. Le parcours est fait sur une boucle quasiment plate. C'est idéal pour maintenir une allure moyenne constante. Le seul hic, c'est qu'il n’y a aucun repère au sol et il est difficile de savoir où on en est. D'autant plus que le circuit étant enfermé dans des remparts, difficile d'avoir des points de repère sauf à être un expert en architecture ou en botanique : tout se ressemble.

La course se poursuit et au 5ème kilomètre, je suis très exactement à 22’30". Je suis contraint à un arrêt pipi. Evidemment, en d'autres circonstances, je vous cacherai ce fait de mon intimité, mais lorsqu'on est lancé sur une course de "vitesse", c'est typiquement le genre de contrainte qui font enrager. Conséquence : je perds 1’30". Grrrr… Je repars sur un rythme plus rapide pour rattraper le temps perdu. Le seul problème est que, du fait de cet arrêt idiot, je n’ai plus de point de repère sur mes temps de passage, ni sur mon rythme. Je cours à la sensation et, heureusement, elles sont bonnes.

8ème kilomètre à 37’. J’augmente encore un peu la vitesse. Je me sens bien, mais j’ai terriblement peur d’un "coup de pompe – essoufflement" sur la fin. Je n’ose pas pousser trop sur la semelle. Mon manque d'expérience physique sur ce type de course sur les 4 dernières années ne me permet pas de jauger mes capacités. Je garde le rythme. Dernier 500 m, j’accélère encore et j’arrive en 45’43".

J’ai réussi :- ) Je suis content. Je m’aperçois que j’ai fait mon second 5 000 m en 21’43". Alors, je me prends à rêver qu’on peut cumuler les deux 5000m - en supprimant l'arrêt - pour un total théorique de 43’43". Ben, c’est vraiment bien. Je suis très content. Ca m’encourage à continuer à courir vite. J’ai un peu mal aux jambes, mais rien de désastreux. Rien aux chevilles. Que des douleurs normales: tout va bien. Une amie, ma partenaire habituelle de squash, vient me féliciter pour ma régularité et mon allure décontractée, comme si je ne faisais aucun effort en courant. Elle était au ravitaillement et est surprise par ma manière de courir.

C’est encourageant de voir que, de l’extérieur, je n’avais pas l’air de souffrir non plus. C’est vrai que je me suis senti bien tout le long de la course. Peut-être que j’avais fixé des objectifs bien « raisonnables » et que je peux faire mieux. Mais, je préfère me garder en bon état que de tenter des objectifs trop difficiles à atteindre. Le but est de continuer à courir, pas de casser la machine. Le 1er a fait 39’42", pfff…

Bon, ben, prochain objectif : le semi-marathon de Lille le 6 septembre (avec ses routes en pentes, grrr… pour les chevilles pendant 3 km environ). On va essayer de s’entraîner pour battre le record personnel de 1h36’. Soit dit en passant, pour ceux qui veulent se frotter à un parcours sur lequel on peut faire une performance, c’est idéal. Que du plat sur tout le parcours, avis aux amateurs… et après c’est récupération bières - moules – frites ;-)

Romook, prochaine étape : les JO

jeudi 3 juillet 2008

Demain, c'est la course

Bon, et bien voilà, demain, c'est la course que j'attends. 10 petits kilomètres à parcourir, ce n'est pas le bout du monde. Aujourd'hui, je suis serein tout en étant excité et impatient... Drôle de sensation. Je n'ai pas couru depuis dimanche. J'avais prévu d'aller courir mardi, juste un peu, comme ça, pour le principe. Mais lundi et hier soir ont été occupés par du squash. Inutile de se fatiguer inutilement : je me repose et recharge les batteries. Eau, fruit, glucides en tout genre. Voilà mes futurs repas. Mes affaires sont presque prêtes. Le temps devrait être idéal pour une performance, si performance il doit y avoir. Je pense tenter de faire un 1er kilomètre à 13 km/h (environ 4'35" / km) pour conserver des batteries pour la fin et augmenter progressivement la vitesse. La stratégie est bonne, mais que je sais qu'il est difficile de partir lentement quand tout le monde part à toute vitesse! On verra.

Romook, un peu angoissé quand même

mardi 1 juillet 2008

Le yaourt à la chicorée

Parmi les nombreux hobbies de mon existence, il y a aussi celui de la cuisine, pourtant délaissé à cause d'un manque de temps croissant... Je tiens pourtant à vous livrer ma recette originale du yaourt à la Chicorée, recette qui a été inventée par votre blogueur préféré. Savoir faire des yaourts est un préalable nécessaire à la réussite de cette recette. Vous constaterez à la lecture de cette recette qu'il y a pas mal d'ingrédient en plus... Mais la chicorée a un côté acide qui ressort encore plus dans le cadre d'un yaourt. C'est pourquoi l'ensemble de ces autres ingrédients me semble nécessaire pour obtenir ce délicieux yaourt et atténuer l'acidité naturelle de la Chicorée (je pars du principe que les doses sont pour un litre de lait entier environ).

Faites chauffer le lait à une température de 60° C environ, puis ajoutez de la chicorée (EN GRAINS! une cuillère à soupe environ) et de l'extrait de vanille (moins qu'une cuillère à café, ce n'est pas un yaourt à la vanille, je le rappelle à tout hasard). Laissez refroidir naturellement pendant que la chicorée infuse... Au bout de deux minutes environ, ajoutez un clou de girofle. Remuez doucement le précieux breuvage qui se forme sous vos yeux...

Pendant ce temps, vous pouvez déguster un délicieux chapitre de l'Ethique de Spinoza, sauf si vous n'aviez pas pensé à préparer le récipient qui recevra le liquide chauffé auquel cas dépêchez vous et arrêtez de lambiner devant ce blog... Dans ce récipient, vous jetterez environ 100 grammes de sucre et vous ajouterez également un peu de noix de muscade (attention, juste un tout petit peu), un peu de cannelle, un peu de ras el nout, un peu de curry.

Pour les esprits scientifiques qui aiment les précisions, je dirai qu'un peu de noix de muscade correspond très exactement à trois petits coups de rappe (si vous avez une noix entière) ou à un tapotement léger sur de la poudre de muscade (surtout si elle est très récente et pas encore aglomérée par l'humidité - oui, je sais, mais j'habite dans le Nord, chacun fait avec ses conditions climatiques). Pour la cannelle, c'est pareil, mais ce n'est pas grave si vous doublez la dose. Pour le Ras El Nout, même traitement que pour la noix de muscade, mais évitez de doubler la dose. Idem avec le curry.

Ben voilà, on touille tout ça un peu pour avoir un mélange homogène. A priori, quand on le regarde, ça semble être du sucre un peu sale, mais c'est franchement plus proche du blanc comme couleur. A ce moment-là, cela fait déjà bien 4 minutes que votre mélange infuse, vous posez l'Ethique de Spinoza et vous filtrez votre lait chaud à travers une passoire directement dans votre récipient.

Là, vous reprenez votre Ethique de Spinoza. C'est le moment de souligner vos passages préférés. Pour ma part, un de ceux que je préfère est celui-ci :

CHAPITRE XIX
L’amour libertin, en d’autres termes, la passion d’engendrer qui naît des sens, et en général tout amour qui a une autre cause que la liberté de l’âme, se change facilement en haine, à moins, ce qui est pire, qu’il ne devienne une sorte de délire ; et dans ce cas, la discorde lui sert d’aliment bien plus que la concorde (voyez le Coroll. de la Propos. 31, part. 3).

CHAPITRE XX
Quant au mariage, il est certain qu’il est d’accord avec la raison, à condition que le désir de l’union sexuelle ne vienne pas seulement du corps, mais qu’il soit accompagné du désir d’avoir des enfants et de les élever avec sagesse. J’ajoute encore cette condition, que l’amour des deux époux ait sa cause principale, non dans le sexe, mais dans la liberté de l’âme.

Lorsque vous avez fini de méditer sur l'Ethique de Spinoza, c'est-à-dire que la température du mélange est tombée en dessous de 20°C, je vous conseille d'ajouter le yaourt / ferment qui vous permettra de transformer cette mixture en un yaourt original qui régalera petit et grand et de bien fouetter le tout (énergie que vous tirerez du passage sur l'union sexuelle qui naît du désir de s'élever l'âme). Ensuite, juste avant de reprendre votre lecture, remplissez vos pots de yaourt et mettez en route la yaourtière (ou votre procédé habituel si vous faîtes autrement).

Laissez fermenter pendant 8 heures.

Sortez vos yaourts de la yaourtière et mettez les au réfrigérateur pendant 4 heures. Finissez la lecture de l'éthique pendant ce temps.

Bienvenue dans l'univers gustatif romookien!

Romook, quelqu'un peut m'expliquer pourquoi j'ai choisi de mettre en place le dictionnaire automatique polonais de Firefox?
PS : La recette fonctionne aussi avec "La philosophie dans le boudoir" de Sade. Vous rapprocherez le passage suivant, en une utile comparaison, avec le précédent cité de Spinoza, juste avant d'utiliser le fouet bien sûr.

Eugénie, rougissant : Oh, ciel ! je suis d'une honte !

Dolmancé : Éloignez de vous ce sentiment pusillanime ; toutes nos actions, et surtout celles du libertinage, nous étant inspirées par la nature, il n'en est aucune de quelque espèce que vous puissiez la supposer, dont nous devions concevoir de la honte. Allons, Eugénie, faites acte de putanisme avec ce jeune homme ; songez que toute provocation faite par une fille à un garçon est une offrande à la nature, et que votre sexe ne la sert jamais mieux que quand il se prostitue au nôtre : que c'est, en un mot, pour être foutue que vous êtes née, et que celle qui se refuse à cette intention de la nature sur elle ne mérite pas de voir le jour.