Alors, voilà. Je suis à moins d'une semaine de mon échéance du 10 km. Sur quelle base de course dois-je partir ? Telle est ma question intérieure. Au niveau de l'entraînement, je n'ai couru qu'un peu moins de 100 km depuis le 15 mai. Par ailleurs, comme je l'expliquais dans mon précédent billet, habitué à des allures lentes de l'ultrafond, mon corps a peur de la vitesse. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est simple. Si vous cessez de faire du vélo pendant un an ou deux et que vous reprenez, la première grande descente que vous faîtes à pleine vitesse vous remplit à la fois d'excitation et d'angoisse... La vitesse, dans ces conditions, fait peur. J'ai le même souci en courant, bien que la vitesse en question soit bien plus faible qu'en vélo ;-)

Ainsi, désirant sentir mes sensations pour un éventuel 10 km à 4' / km, je me lance dans un 6 km avec cet objectif. A la fin du premier kilomètre, je suis sur le bon rythme et le maintien pendant le second avec une angoisse qui grimpe, qui grimpe : comment vais-je tenir le rythme jusqu'au bout de 6 km ? Est-ce que mes muscles sont préparés? Le souffle va-il suivre? Les tendons vont-ils tenir ? Et hop, c'est la ronde des angoisses intérieures purement physiques qui débute... Mon rythme se met à ralentir dès les deux premières côtes. Pourtant, le terrain choisit n'en comprend que 4, et encore, parler de côte semble franchement exagéré... Dans tous les cas, je sais que le circuit de la course sera proche de celui sur lequel je m'entraîne à Lille. En théorie, des bonnes conditions pour faire un test.

Force est de reconnaître que des 6 km en 24' prévu, je n'arriverai qu'au bout de 27'50", soit grossièrement 4'30" / km, avec une fréquence cardiaque moyenne de 159. Bon, c'est pas mal. Mais n'était que 6 km. Je ne suis pas sûr que j'aurais réussi à tenir ce rythme là pendant 10 km... Donc, faisons une croix sur les 10 km à 4' / km. Là, ce n'est absolument pas possible. Bilan musculaire : je me suis arrêté après fait 6' de footing très lent (récupération) dans un état pitoyable. Ca manque de foncier également.

En bref, peu de souffle, peu de muscle, donc pas de vitesse. Les 10 km se profile sur une base de 45', avec une pointe "grande forme" potentiellement possible de 42'30". La bonne stratégie dans mon cas, restant celle applicable sur les longues distances, partir "lentement" à 4'30"/kilo et en accélérant sur les 4 derniers kilo si la forme le permet... D'abord, il faut récupérer un peu de forme. Ce n'est pas gagné. Hier soir, petite course tranquille (6km en 30'), j'ai mal sur le devant des jambes... Douleur que je connais bien puisqu'elle est annonciatrice de contracture si le repos n'est pas correctement réalisé. Aujourd'hui, pas de course, même lente. Demain, on verra en fonction de l'état des mollets. D'ici là, il y a les étirements à faire. Si ça récupère bien, j'aurais bien envisagé un petit 14 km pépère (6' / kilo) pour le principe. On verra bien.

Un déplacement impromptu à Versailles mercredi matin et venu franchement contrarié mon plan d'entraînement pour cette semaine en me provoquant une forte dose de fatigue. Mais, ainsi va la vie (professionnelle). J'ai déjà prévu que je ne courrais que 7 km max mardi, à un rythme tranquille (probablement 5'30") pour ne pas me fatiguer et pour me "rassurer" avant la course de vendredi (18h). Lundi et mercredi, squash. Comme ça, je fais du sport sans avoir l'air d'en faire.

Je tiens à préciser que je ne me préoccupe absolument pas de mon cœur qui est visiblement la partie de mon corps qui ne nécessite aucun entraînement. Quand je fais monter la machine, il suit toutes les inflexions sans problème. C'est un peu comme si j'avais un moteur Porsche monté sur une carrosserie de 2 CV. On sent qu'il y en a sous le pieds, le problème, c'est de savoir si le pare-brise et les roues vont tenir...

Vous pourrez donc classer ce billet dans la catégorie "ennuyeuse", je ne vous en voudrai pas. Mon blog, c'est aussi un carnet de bord de mon existence. Quand je serai vieux et décrépi, je serai probablement heureux de me rappeler que je me plaignais de ne courir le 10 km qu'en 45'. Sinon, pour parler d'autres choses, ça me donne envie de renouer avec mon objectif du 24h et de devenir, pour de bon cette fois, circadien (nom que l'on donne aux coureurs qui font des 24h).

Voilà, c'est dit. Je pense écrire au moins un autre billet, aujourd'hui, pour remonter le niveau de mon blog de ces derniers temps :-)

Romook