Romook, ectoplasme bloguique

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samedi 28 juin 2008

10 kms : un challenge en deça de 45' ?

Alors, voilà. Je suis à moins d'une semaine de mon échéance du 10 km. Sur quelle base de course dois-je partir ? Telle est ma question intérieure. Au niveau de l'entraînement, je n'ai couru qu'un peu moins de 100 km depuis le 15 mai. Par ailleurs, comme je l'expliquais dans mon précédent billet, habitué à des allures lentes de l'ultrafond, mon corps a peur de la vitesse. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est simple. Si vous cessez de faire du vélo pendant un an ou deux et que vous reprenez, la première grande descente que vous faîtes à pleine vitesse vous remplit à la fois d'excitation et d'angoisse... La vitesse, dans ces conditions, fait peur. J'ai le même souci en courant, bien que la vitesse en question soit bien plus faible qu'en vélo ;-)

Ainsi, désirant sentir mes sensations pour un éventuel 10 km à 4' / km, je me lance dans un 6 km avec cet objectif. A la fin du premier kilomètre, je suis sur le bon rythme et le maintien pendant le second avec une angoisse qui grimpe, qui grimpe : comment vais-je tenir le rythme jusqu'au bout de 6 km ? Est-ce que mes muscles sont préparés? Le souffle va-il suivre? Les tendons vont-ils tenir ? Et hop, c'est la ronde des angoisses intérieures purement physiques qui débute... Mon rythme se met à ralentir dès les deux premières côtes. Pourtant, le terrain choisit n'en comprend que 4, et encore, parler de côte semble franchement exagéré... Dans tous les cas, je sais que le circuit de la course sera proche de celui sur lequel je m'entraîne à Lille. En théorie, des bonnes conditions pour faire un test.

Force est de reconnaître que des 6 km en 24' prévu, je n'arriverai qu'au bout de 27'50", soit grossièrement 4'30" / km, avec une fréquence cardiaque moyenne de 159. Bon, c'est pas mal. Mais n'était que 6 km. Je ne suis pas sûr que j'aurais réussi à tenir ce rythme là pendant 10 km... Donc, faisons une croix sur les 10 km à 4' / km. Là, ce n'est absolument pas possible. Bilan musculaire : je me suis arrêté après fait 6' de footing très lent (récupération) dans un état pitoyable. Ca manque de foncier également.

En bref, peu de souffle, peu de muscle, donc pas de vitesse. Les 10 km se profile sur une base de 45', avec une pointe "grande forme" potentiellement possible de 42'30". La bonne stratégie dans mon cas, restant celle applicable sur les longues distances, partir "lentement" à 4'30"/kilo et en accélérant sur les 4 derniers kilo si la forme le permet... D'abord, il faut récupérer un peu de forme. Ce n'est pas gagné. Hier soir, petite course tranquille (6km en 30'), j'ai mal sur le devant des jambes... Douleur que je connais bien puisqu'elle est annonciatrice de contracture si le repos n'est pas correctement réalisé. Aujourd'hui, pas de course, même lente. Demain, on verra en fonction de l'état des mollets. D'ici là, il y a les étirements à faire. Si ça récupère bien, j'aurais bien envisagé un petit 14 km pépère (6' / kilo) pour le principe. On verra bien.

Un déplacement impromptu à Versailles mercredi matin et venu franchement contrarié mon plan d'entraînement pour cette semaine en me provoquant une forte dose de fatigue. Mais, ainsi va la vie (professionnelle). J'ai déjà prévu que je ne courrais que 7 km max mardi, à un rythme tranquille (probablement 5'30") pour ne pas me fatiguer et pour me "rassurer" avant la course de vendredi (18h). Lundi et mercredi, squash. Comme ça, je fais du sport sans avoir l'air d'en faire.

Je tiens à préciser que je ne me préoccupe absolument pas de mon cœur qui est visiblement la partie de mon corps qui ne nécessite aucun entraînement. Quand je fais monter la machine, il suit toutes les inflexions sans problème. C'est un peu comme si j'avais un moteur Porsche monté sur une carrosserie de 2 CV. On sent qu'il y en a sous le pieds, le problème, c'est de savoir si le pare-brise et les roues vont tenir...

Vous pourrez donc classer ce billet dans la catégorie "ennuyeuse", je ne vous en voudrai pas. Mon blog, c'est aussi un carnet de bord de mon existence. Quand je serai vieux et décrépi, je serai probablement heureux de me rappeler que je me plaignais de ne courir le 10 km qu'en 45'. Sinon, pour parler d'autres choses, ça me donne envie de renouer avec mon objectif du 24h et de devenir, pour de bon cette fois, circadien (nom que l'on donne aux coureurs qui font des 24h).

Voilà, c'est dit. Je pense écrire au moins un autre billet, aujourd'hui, pour remonter le niveau de mon blog de ces derniers temps :-)

Romook

mardi 24 juin 2008

10 km à pieds...

Je n'ai jamais vraiment abordé, en ces lieux numériques, un des thèmes qui préoccupe pourtant ma vie quotidienne : le sport. Il faut que j'avoue tout de suite que je suis plutôt solitaire, étant assez éloigné de tout ce qui constitue de près ou de loin les sports collectifs, même par écran interposé. Comme ça, les choses sont claires. Ainsi, naturellement et depuis mon plus jeune âge, je me suis tourné vers la course à pieds. Pourvu d'une inaptitude naturelle à sprinter (18" au 100m si mes souvenirs sont bons), je me suis tourné rapidement vers le demi-fond qui semble être mon métier de coureur, d'après les dires des différentes personnes qui ont fait office d'entraîneur dans ma vie. Je me rappelle avoir fait un 6'56" au 2000 m quand j'avais 14 ans, qui correspond à l'année de ma prise de conscience de la course à pieds en tant que discipline. J'avais également fait un 12 km en 56' qui correspondait au franchissement d'un seuil psychologique du "je sais courir plus longtemps que 45' "... Aujourd'hui, ça me fait sourire, mais c'est vrai.

En dehors de la course à pieds, je fais régulièrement du squash (il faut dire qu'avec un cœur qui bat à 42 au repos, on a de la marge pour ce sport) et le semestre dernier de l'aïkido. Toutefois, mes nombreux déplacements en Chine viennent véritablement empiéter sur ma condition physique car le décalage horaire aidant, ainsi que les mauvaises conditions environnementales, me privent de la possibilité d'exercer un quelconque sport sur le territoire chinois. Lors de mes retour, je suis obligé d'attendre au moins une semaine avant de reprendre pour éviter tout risque d'accident dû à la fatigue... Bref, depuis trois ans, tout mon capital physique s'émiette et je ne sais plus trop où j'en suis aujourd'hui.

L'année 2004 a été le point culminant de ma carrière de coureur. 940 km alignés entre le mois d'août et le mois de décembre... Quelques belles performances : 11'01" au 3000 m, mon meilleur semi marathon (1h38'), mon premier marathon en 3h45', mon premier ultra de 4h en 44, 8 km, mon meilleur rapport perf/ km (5h30' sur 57,5 km)... Pour moi, une année où la course à pieds (CAP) était devenu une partie à part entière de ma vie, réglant les rythmes les plus basiques (manger, dormir) et mes relations sociales. A cette époque, l'objectif était de courir un 24h. J'ai échoué au 24h du Téléthon à Villepreux à cause d'un problème de ravitaillement qui a achevé mon moral qui était bien atteint par des petits soucis de santé au bout de 7h30 de course (je n'avais alors fait que 52 km, ce qui pouvait laisser supposer une performance à plus de 150 km ce qui aurait été déjà satisfaisant, malgré mon objectif initial de 200km).

Le problème de l'ultrafond (c'est ainsi que l'on appelle ces épreuves étranges qui consistent à courir plus qu'un marathon), c'est que l'on court à l'Allure Spécifique. C'est une vitesse très lente qui a pour but d'économiser un maximum les forces du coureur pour lui permettre d'arriver à franchir la ligne d'arrivée en bon état. La Reine de ces épreuves en France étant la Transgaule, course de 1166 km à travers la France à réaliser en 18 jours avec 64 km / j en moyenne. Un monde de la CAP un peu à part, avec beaucoup d'excentriques et d'originaux, les pieds pourtant bien accrochés à la terre, dont le but est simplement de se retrouver avec soi-même dans des conditions très particulières.

On peut trouver ridicule ou étrange de s'infliger plus de 100 km d'entraînement par semaine à une vitesse avoisinant les 9 km/h (vitesse déjà rapide pour un ultra!)... La vraie raison, c'est que l'on se retrouve face à soi-même et que l'on apprend à mieux se connaître. Le fait de courir relativement lentement ne doit pas faire oublier que ça fait mal. Une douleur diffuse, douce, mais inéluctable finit par apparaître au bout de trois heures de course... Et on continue à courir car on l'apprivoise, on la recherche, on l'aime... En franchissant cette limite physique, on se retrouve en pleine auto-psychanalyse, la tête part dans les sens, les émotions sont démultipliées. 2004, c'est une année où je n'allais pas bien du tout. J'ai trouvé mon salut dans la CAP, dans l'ultrafond.

Mon premier 4h a été le révélateur. Je faisais partie du Zoo (une liste de diffusion dédiée à la CAP) à l'époque et en publiant mon premier récit (CR = compte-rendu) de course, L'Papy m'avait dit que j'avais compris ce qu'était l'ultrafond lorsque j'avais senti monté l'envie irrépressible de pleurer vers la fin de la course, après 3h... (Voir le CR en question). Bref, l'ultrafond est une aventure intérieure. On appelle "UFO" (pour ultrafondus) les individus qui ont déjà couru plus de 42, 195 km. C'était simplement pour le vocabulaire.

Si j'en reviens à mes moutons initiaux, j'ai donc arrêté la CAP à cause d'un 24h qui m'a brisé le moral et d'un départ en Chine qui m'a empêché de poursuivre la CAP au sens où je l'entendais. Mais voilà, une petite course sans prétention me tend les bras le 4 juillet 2008. Je m'y suis inscrit officiellement hier. Ce n'est qu'un 10 km. Apprécions le "ce n'est qu'un..." tout à fait psychologique puisque je raisonne en terme de distance, en trouvant ça tout à fait ridicule à courir. Seulement voilà : c'est du demi-fond et ça se court vite... Je n'ai plus d'entraînement, ou quasiment pas, et donc aucun point de repère sur mes performances potentielles. L'année dernière, le 1er l'a couru en 40', soit une moyenne de 15 km/h. Théoriquement, je devrais être capable de faire la même chose. Je n'ai que trois semaines pour reprendre la CAP/ m'entraîner correctement/ faire du foncier/ faire de la vitesse. En 3 semaines, c'est un énorme programme - sans compter l'étape perdre du poids.

J'ai donc repris l'entraînement et j'ai aligné 95 km depuis le 15 mai - et perdu 3 kg. Je dois avouer que je suis partagé entre partir sur une base de 42'30" (qui semblerait être un bon temps compte tenu de mon passé et mon peu d'entraînement actuelle) et une base de 40', à modifier le cas échéant. Dans l'ultrafond, on part lentement et progressivement on peut augmenter la vitesse. Mais le demi-fond, c'est 85% de la VMA (Vitesse Maximale Aérobie) soutenu tout le long de la course... Rien à voir comme style. Alors, je ne vous cacherai pas que j'ai le trac pour cette future course.

On remarquera que je n'évoque même pas la possibilité de ne pas finir la course alors que, vu mon entraînement actuel (plus longue distance parcourue : 13,5 km en 1h12'), je devrais peut-être commencer par me poser ce type de question. Bref. Tout ça pour dire qu'en ce moment, je cours et ça fait du bien au moral.

Romook, running man

lundi 16 juin 2008

Ecologie et confort des SDF

Au jour où les sujets de philosophie vont pleuvoir sur la France, pays des Lumières, il y a lieu de s'interroger sur les apports faits à l'humanité par l'écologie. Sujet pragmatique, il sera bien entendu écarté des examens pour focaliser l'être pensant sur des problèmes plus fondamentaux que ceux du devenir de l'humanité dans les vingts prochaines années, à savoir (rayer la mention inutile) :

  1. Qu'est-ce qu'une science?
  2. Penser, est-ce calculer ?
  3. Peut-on comprendre l'art ?
  4. Qu'est-ce qu'une chose?


Bref, la réflexion à l'état pur, celle qui se pratiquait dans des temps immémoriaux où les connaissances scientifiques étaient plus limités que celle d'un enfant de sept ans aujourd'hui, où l'humanité était encore figée dans des castes sociales féodales, où la religion cherchait à justifier rationnellement la foi (Ô merci pour les essais de théodicée de Leibniz), où l'évolution des théories sur les maladies mentales obligeait l'homme à penser l'univers en y intégrant la subjectivité... Bref, un monde différent de celui que nous connaissons, où la tv a remplacé la réflexion, où le sms a remplacé la langue française, où les Roberts ne sont devenus que des nichons.

Votre Romook - préféré, fallait-il le préciser - se dresse alors face à ce monde qui ne sait pas s'adapter à lui-même et vous propose donc de vous faire la démonstration de ce que pourrait être une copie de réflexion appliquée (nouveau nom que je donnerai à la philosophie puisque Lipovetski est un philosophe et que "L'ère du Vide" est donc, par voie de conséquence, un ouvrage de philosophie moderne). Tout d'abord, le sujet : "Ecologie et confort des SDF"

Déjà, le sujet est bien d'actualité et permet à tout un chacun, même n'ayant pas plus d'opinion qu'une amibe, de pouvoir dire quelque chose à base de référence culturelle vérifiable (i.e. le journal de 20 heures). Allons-y.

L'écologie est la science de ceux qui s'occupent d'améliorer les conditions de vie de tout le monde. Or, dans notre société comme dans toutes les autres, il existe des exclus, des personnes qui ne trouvent refuge nulle part. En effet, notre société, qui possède une culture de l'individualisme fortement marquée, se donne bonne conscience en se préoccupant de mettre dans des structures sociales les personnes exclues de notre univers quotidien. Malgré l'absence manifeste de générosité de la part des contemporains, il se trouvera toujours quelques quidams pour aller protester contre le sort de ses malheureux, sans jamais proposer de les faire venir chez eux, même lorsqu'elles en ont les moyens - nous ne parlons pas uniquement des personnes usant de leur notoriété pour qu'on entende plus haut la voix des exclus.

Ainsi, parmi tous les malheureux, il existe une frange de la population qui est autant plainte que redoutée, les SDF, c'est-à-dire les "sans domicile fixe" - les mendiants, quoi. Ces individus, véritables parias de la société, vivent à sa marge, sans voiture, sans vêtement propre, ne daignant ni se raser, ni se laver - probablement un geste de révolte contre cette société aseptisée qui les rejette - sans même d'adresse postale ou de compte en banque! Ces marginaux cultivent évidemment la différence dans tous les aspects de leur vie, leur maison ne se résumant finalement qu'à un caddie ou à des sacs plastiques leur permettant de transporter leurs biens matériels.

L'écologie est une science qui se préoccupe du bonheur de tous, sans distinction des différences de chacun, avec toute l'objectivité qui caractérise les sciences. Ainsi, l'écologie a su prendre en main et améliorer le confort des sdf -non, nous ne dirons pas clochard car ce terme est injurieux, empreint d'une forte subjectivité négative de la part de celui qui emploierait ce terme... En effet, ces individus - vous remarquerez le glissement sémantique et son ambiguïté permettant tout à la fois de lire le terme "individu" ironiquement si on ne les aime pas, tout en ayant l'air de dire les choses objectivement, comme si de rien n'était - vivant principalement entourés de plastiques, étaient des pollueurs en puissance, abandonnant à tout va les sachets plastiques usagés... Or, aujourd'hui, notre société a inventé les grands sacs écologiques, conçus pour durer dans le temps, bien plus résistants, bien plus grands. Quel régal aujourd'hui pour un sdf de transporter tout son mobilier et ses vêtement dans deux grands cabas quasi indéchirables plutôt que dans une multitude de petits sacs plastiques, sciant les doigts, fragiles, se déchirant à la moindre occasion...

Ainsi, en voulant limiter l'utilisation des sacs plastiques, et il est évident qu'étaient visés en premier les sdf, le confort de ces derniers a été grandement amélioré, tout en contribuant à préserver notre environnement. Dans le monde merveilleux de Dysney, nous conclurons donc que l'écologie a amélioré le confort de vie des sdf. Bientôt apparaîtront des cabas en plastiques avec panneau solaire intégré pour leur permettre de faire un barbecue, même en hiver, et produire l'électricité nécessaire à la recharge d'un téléphone portable pour qu'enfin ils puissent devenir joignables à tout moment, eux les itinérants, véritables caravanes vivantes des temps modernes.

D'un autre côté, on peut se demander s'il est vraiment juste que l'écologie se soit ainsi préoccupé des plus démunis. En effet, les vrais citoyens, ceux qui sont des forces vives de la société et qui paient des impôts - faut-il rappeler le véritable privilège fiscal dont bénéficie les sdf, systématiquement non imposables ? - n'ont qu'une petite contrepartie à cette amélioration dont bénéficient ces privilégiés de la société... Les personnes travaillant honnêtement doivent payer ces sacs qui servent gratuitement par la suite aux exclus. Que peut-on en penser ? Tout simplement que l'écologie fait des différences, contrairement à ce que l'on avait pu démontrer auparavant, et ce sont bien les plus démunis qui se retrouvent être les plus favorisés. Il n'y a pas de mot devant une telle injustice sociale. C'est pourquoi, pour rétablir une véritable équité dans le corps social, la création d'un nouvel impôt devrait être pensée. Un impôt qui serait le contraire de l'impôt foncier : l'impôt sdf, l'impôt "sans droit fixe".

On peut bien entendu justifier cet impôt par l'occupation abusive du domaine public qui est régulièrement faite par ces individus sans foi, ni loi, qui constituent une véritable concurrence déloyale avec l'ensemble des cafés environnant qui subissent nécessairement une forme de détournement de clientèle, certains consommateurs se sentant obligés de ne pas reprendre de café pour aller donner de la monnaie aux mendiants environnants. La création de ce nouvel impôt ne serait donc que justice et la juste contrepartie de l'amélioration permanente des conditions de vie des sdf. En fin de compte, c'est vrai, il vaut mieux être sdf aujourd'hui qu'au XIIIème siècle. CQFD.

Romook, première épreuve de réflexion appliquée : 07/20, beaucoup de passages maladroits et superficiels.

mercredi 11 juin 2008

J'étais en vacance

Depuis quelques temps, tous les lecteurs, qu'ils soient avertis ou non, auraient remarqué une désertion manifeste de ses pages par l'ectoplasme Romook qui les hante pourtant de manière très régulière depuis quelques années. Est-ce à dire que le Poltergeist a été exorcisé ? Renvoyé au fin fond de ses limbes immatérielles ? Que nenni. Et pourtant, dans les profondeurs de l'être, quelque chose se produit qui se détache probablement du blog. Qu'est-ce donc?

Tout d'abord, une énorme fatigue, une sorte de ras-le-bol général et nerveux, a nécessité des vacances. Juste avant mon dernier voyage en Chine, je passe à la pharmacie pour acheter quelques produits dopants pour mon intellect que je trouvais déclinant... Ma pharmacienne, une femme qui me connaît depuis plusieurs années, me regarde et me demande si j'ai pris des vacances récemment. Je réponds avec ma blague habituelle, lourde de sens, : "Des vacances ? Ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire ? Ca signifie quoi déjà?" Et contrairement à son habitude, plutôt que de sourire, elle me regarde gravement et me répond que TOUT LE MONDE a besoin de vacance. Je me renseigne donc sur le contenu de ce concept.

J'ai bien effectivement de me faire préciser les choses car, du plus loin que je m'en rappelle, mes vacances ont toujours été pour moi l'occasion de réaliser le dernier projet que j'avais en tête, et que je n'avais pu mettre en œuvre auparavant faute de temps. Le temps des vacances étant généralement court, j'étais obligé de faire vite et de 'travailler' sur le projet de manière d'autant plus intense... Bref, alors que pour moi il s'agissait d'un amusement, il est vrai que mon corps - et peut-être aussi mon cerveau qui est malgré tout un organe subissant de la fatigue - a dû subir plus d'une fois mes humeurs créatrices en vacances, entrecoupées de nuits blanches et de journées de travail non-stop... Bon, alors, qu'est-ce que les vacances ?

"Les vacances, c'est ne rien faire. Se reposer." Là, je dois avouer mon incompréhension. Comment peut-on ne rien faire ? Tout est source d'activité. "Vous prenez un livre, mais quelque chose de simple, pas de la philosophie ou des mathématiques. Un roman par exemple. Quelque chose qui vous donne du plaisir. Vous pouvez discuter avec des amis. Prendre le soleil. Ecouter de la musique. Des choses simples, mais qui ne vous procure qu'une activité intellectuelle réduite." Ca, c'était un vrai défi. Etre en vacance.

Arrivé en Chine, j'ai tenté l'expérience des vacances. Emmenés dans ma valise, des romans fantastiques, très peu de dossier, mon ErHu. J'ai lu, dormi, bu du thé dans mon salon de thé magique, pris des cours de ErHu, jouer du ErHu, peu écrit sur mon blog et presque pas travailler pour la France. Mes cours étaient succincts, mais suffisants. J'ai été en vacance. Ça n'a pas été terrifiant. Je crois avoir réussi à me reposer. Je suis revenu plus en forme, mais avec une certaine nonchalance intellectuelle qui me poursuit encore vingt jours après mon retour... C'est pourquoi je ne reprends pas le rythme de mon blog probablement. J'ai eu quelques velléités d'articles, mais je n'ai pas réussi à concrétiser mes idées, alors j'ai mis au panier mes brouillons.

"Vous n'avez besoin de rien d'autres que de vacance, vous faîtes sûrement un peu de surmenage. Avec toutes vos activités, si vous n'en faîtes pas aujourd'hui, vous en ferez plus tard." Ma pharmacienne, qui a probablement une petite soixantaine d'années, est une femme d'expérience. Je lui ai fait confiance. Je me suis reposé. Je reprends aujourd'hui la plume pour que personne ne soit inquiet de ma disparition bloguesque. C'est parce que je vais bien que je n'écris pas. D'habitude, j'écris surtout quand je vais bien. Donc, justement, là, ça méritait d'être dit.

Maintenant que cette mise au point nombriliste est terminée. Je vais reprendre le cours de la vie - et probablement celui de mon blog. Je vous raconterai quelques découvertes intellectuelles que j'ai faites sur la création littéraire pendant mes vacances (parce que vous avez vraiment crû que j'étais vraiment vraiment en vacances ;-) )

Romook, le retour virtuel