Romook, ectoplasme bloguique

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mardi 27 mai 2008

Pris au piège de son propre métasystème de référence

Depuis quelques temps, je suis assez peu loquace sur mon blog, tout le monde l'aura remarqué. Ce n'est pas dû à un surcroît d'activité professionnelle. Non, c'est simplement qu'en ce moment, je me recharge les batteries en explorant de nouvelles contrées que moi-même. Oui, écrire est avant tout un acte d'exploration de soi-même... Je suis repassé depuis quelques temps de l'autre côté du miroir, celui du lecteur. Dans cet univers, j'ai découvert des choses que je ne connaissais pas et qui vont m'aider à mieux appréhender l'écriture : les jeux de rôle.

Lorsque je faisais de la mise en scène, je devrais d'ailleurs dire de la direction d'acteurs car, en tant qu'assistant de metteur en scène, c'était plutôt ça mon activité, il était primordiale pour la bonne construction d'un personnage que l'acteur détermine son background, ses goûts, etc... C'est ainsi que le personnage se crée et prend du "corps". Ainsi, dans les jeux de rôle, je découvre des univers ayant leur propre cohérence et à l'image de la construction d'un personnage au théâtre, il apparaît que tout exercice d'écriture et avant tout la création d'un cadre dans lequel l'histoire se déroulera. Evidemment, c'est un truisme que d'écrire ma réflexion, mais j'aime à constater que "tous les chemins mènent à Rome." Bien avant de rencontrer les jeux de rôle, j'avais eu l'intuition de cette idée, puis elle s'était confirmée en lisant des livres sur l'écriture et, enfin, elle vient à nouveau d'éclater dans le champ de ma conscience par le biais des jeux de rôle.

Dans les jeux de rôle que je suis en train d'étudier - le terme "étude" ne me semble d'ailleurs pas galvaudé - il y en a un qui s'appelle "Cthulhu". Il se déroule dans l'univers de Lovecraft. Etonnamment, je n'avais jamais rien lu de cet auteur jusqu'à il y a deux semaines. Comme à mon habitude, je ne sais pas faire les choses à moitié et me voici donc rapidement l'heureux possesseur du premier tome, dans la collection "Bouquins", de l'oeuvre de Lovecraft. J'aime beaucoup, comme ça, c'est dit.

Hier soir, je tombe sur un passage faisant partie des essais de Lovecraft sur l'écriture et comment écrire des récits d'épouvante (quoique là, le terme me semble un peu fort, sauf si je fais partie de ces individus qui sont insensibles à tout). Son passage m'a tout de suite inspiré ce billet qui j'y ai vu la consécration de la négation d'un système de pensée par lui-même. Probablement que je vais trop loin dans ma réflexion, mais cela expliquera aussi pourquoi je ne m'aventure que très rarement sur le terrain de "l'opinion". Je devrais expliquer un peu plus ce terme car il résonne de beaucoup d'ambiguités, mais il me semble très difficile à expliciter. Disons que je suis un chercheur de Vérité, et comme celle-ci est plurielle, je ne préfère pas en faire prévaloir l'une sur l'autre, me disant que tout est équivalent en terme de système de pensée. Bref, voici le passage.

"Que Lord Dunsany, sans doute le plus exceptionnel, le plus original et le plus richement imaginatif des écrivains contemporains soit jusqu'à présent relativement peu reconnu, est en soi une amusante illustration de la stupidité naturelle du genre humain. Les conservateurs le regardent avec condescendance car il ne se préoccupe pas des lourds sophismes et des poses qui constituent les valeurs suprêmes. Les radicaux l'ignorent car son œuvre ne reflète pas ce défi chaotique au goût, qui pour eux, représente la seule marque distinctive de l'authentique désillusion moderne. Et pourtant, on ne se tromperait guère en affirmant que les uns comme les autres devraient lui rendre hommage; car assurément, si quelqu'un a su extraire et combiner la quintessence de l'art véritable des écoles antiques et modernes, c'est bien ce singulier géant en qui les traditions esthétiques, classiques, hébraïques, nordiques et irlandaises sont si curieusement et si admirablement associées.", Lovecraft, Lord Dunsany et son oeuvre, 1922

Que peut-on reprocher à ce passage? Un jugement de valeur, non pas tant que ça, sinon, mon blog déborderait de ce type de passage. Ce qui m'amuse dans ce passage est que Lovecraft commence par fustiger l'ensemble des "critiques", et là mon esprit s'envole en se disant "encore un artiste qui conspue toute forme d'appréciation sclérosée de l'art", en restant sur le même terrain... Ils se trompent car, au regard de leur propre système de référence (qui est décrit avec une répulsion évidente pour ces systèmes), ils ne voient pas que cet auteur est brillant. Magnifique. Lovecraft se place un cran au-dessus de ces systèmes pour critiquer. Néanmoins, il leur objecte un autre système de référence. Sans avoir conscience que la question des systèmes doit être résolue avant de confronter leur contenu, le voici qui se jette dans la mêlée.

Ca me permet d'ailleurs de constater que c'est souvent là le point d'achoppement des discussions un peu, comment dire, "nerveuses" entre les individus. L'un prône une opinion logique, l'autre la contrecarre avec une opinion logique. Tous deux semblent avoir logiquement raison et pourtant leur position reste inconciliable. Pourquoi? Parce que les points de départ des réflexions étant différents, elles se concluent inévitablement par des réponses différentes... Opposer les conclusions n'a donc aucun sens. C'est ainsi que certains, pour manipuler l'opinion, vont choisir la conclusion, remonter le raisonnement jusqu'à sa source et vont présenter les choses, comme si elles étaient naturelles, en prenant pour base de réflexion la source découverte pour parvenir à leur fin...

En tombant sur ce passage - alors que j'étais en train de me dire que lire revient finalement à discuter avec de grands esprits - je me suis encore convaincu de toute la relativité des opinions qui nous entourent et de l'inutilité d'en parler. D'où mon silence la plupart du temps sur les sujets polémiques, même si parfois je me laisse emporter par une passion ou un sentiment... On a beau être Romook, on en reste pas moins humain...

Romook, en vadrouille dans les livres

jeudi 22 mai 2008

Quand la réalité se fait virtuelle...

Internet n'est pas tout à fait la réalité. Internet permet de créer des relations sociales intéressantes - et peut même permettre de développer de nouvelles amitiés et /ou de faire migrer ses amités sur de nouveaux plans. Mes lecteurs habituels se sentiront probablement visés et ils auront raison... Néanmoins, il ne faut pas croire que les relations hydilliques soient les seules que l'on rencontre. Parfois, on est agressé. On peut être déçu. On peut en mourir.

C'est ce que nous apprend l'actualité avec une effroyable nouvelle. J'écoutais la BBC lorsque ce cas international m'a intéressé. Une jeune américaine (13 ans) s'est suicidée suite à la rupture de la relation virtuelle qui était entretenue avec un jeune américain de 16 ans rencontré grâce à MySpace...

Mais l'affaire n'est pas aussi simple : la perversité humaine reste encore un sujet d'exploration qui nous réserve ici encore bien des surprises... Evidemment, j'aurais pu disserter sur une application pratique de Gombrowicz de sa fameuse phrase : "Il y a quelque chose dans la conscience qui en fait un piège pour elle-même." Subrepticement, je vous aurais abreuvé de théories complexes sur la notion de réalité, sur celle de relations subjectives interpersonnelles, sur l'emprise de l'image que l'on se fait de la réalité sur l'esprit, mais aussi de la notion de virtualité, sans oublier de parler - puisque le sujet s'y prête allégrement - de l'amour platonique (qui est finalement un condensé de tous ces concepts réunis).

Mais non, pour votre plus grand désolement, je ne traiterai pas de tout ça. Pour les curieux qui auront fait l'effort de l'article en anglais, ils sauront déjà de quoi je vais parler. Pour les anglophobes - ou les fainéants ou les non-curieux, les différentes catégories pouvant être cumulées - sachez que le garçon de 16 ans n'existe pas. Non, a priori, c'est une femme américaine de 49 ans, voisine de la petite jeune fille, qui se faisait passer pour ce jeune garçon de 16 ans. Amusant, non?

Evidemment, j'en vois déjà qui se courroucent devant tant d'infamie. Toutefois, il faut encore monter un cran dans l'horreur en précisant que cette femme était une voisine de la jeune fille... Le Procureur de la République (son équivalent américain) s'est donc saisi de l'affaire. Reconnaissant que cette petite affaire est riche en potentialité d'exploration. Je me contenterai de vous livrer l'information de manière brute, sans plus d'analyses romookiennes. Pas le courage...

Force est de constater que l'actualité est riche d'évènements dramatiques.

Romook, relais de l'information internationale

lundi 12 mai 2008

Tremblement de terre à Beijing

J'en profite tant que je ne suis pas dans les décombres d'une ville ensevelie pour vous indiquer que je prends l'avion demain matin pour la France - si tout se passe bien. Pourquoi ai- je l'air méfiant, voire suspicieux, alors que je suis d'ordinaire si optimiste et joyeux ?

Rappelez-vous donc... Mon arrivée à l’aéroport de Paris avait été difficile… Me rappelant la fois où j’ai loupé deux avions consécutifs, deux jours en suivant : je pouvais être excusé car c’était la faute des personnes qui m’accompagnaient.

Cette fois, j’arrive à la gare de Lille pour prendre mon TGV, j’arrive très exactement sur le quai au moment où le train part. Connaissant mon emploi du temps chargé, la personne qui m’avait fait les réservations ne m’avait laisser qu’une infime marge de sécurité. J’étais censé arriver une heure et quart avant le décollage de l’avion. Ceci s’explique par le fait que le TGV arrive directement dans l’aéroport Charles de Gaulle et il ne faut alors que 7 / 8 minutes pour arriver au comptoir d’enregistrement. Bref. Je vous ai raconté comment j’ai réussi à avoir mon avion.

Il semblerait que ce voyage soit placé sous le signe des turbulences car, grâce au nombreux mariages chinois le samedi et à leurs cortèges de voitures enrubannés, j’ai réussi à louper mon avion pour un vol intérieur Wuhan - Beijing. Par ailleurs, histoire de corser la difficulté, ils ont construits un nouvel aéroport : le chauffeur de taxi m'a conduit à l'ancien. La totale.

Je me dis donc "Tiens une belle aventure à raconter sur mon blog, ça change." Contrairement à ce que j'imaginais, il n'y a aucune difficulté à modifier mon billet pourtant non modifiable... 5 minutes après mon arrivée au comptoir d'enregistrement - à l'heure du décollage - j'étais pourvu d'un nouveau titre de transport pour l'avion suivant, sur une autre compagnie, à peine une heure et demi plus tard. Le rêve.

C'était sans compter sur un incident bizarre. L'avion qui devait me conduire à Beijing était sur la piste. Devant la porte d'embarquement, des hurlements, des pleurs et des cris fusaient de toutes parts. Malgré mon incompétence linguistique, je saisis rapidement qu'il y a un problème. J'essaie de comprendre de quoi il retourne et je n'arrive pas à savoir grand chose, hormis le fait que c'est très étrange.

Je m'enquiers de la situation auprès d'une autochtone, juste à côté de moi. Elle m'annonce que les personnes qui ont l'air enragées manifestent assez violemment leur mécontentement contre la compagnie d'avion. Truisme. L'avion devait les conduire à Shanghai. Malheureusement, il a dû rester au sol pour souci technique. On leur avait proposé un vol de remplacement qui comportait une escale et qui leur faisait perdre toute la journée. Leur refus pouvait se comprendre. Là où la situation semblait plus croustillante, c'est que c'était mon avion qui était resté au sol. Donc, celui qui aurait dû partir était là, sous leurs yeux, et on leur annonçait que celui-là - oui, oui, précisément celui-là, le mien - partait pour Beijing, sans problème technique... La colère était à son comble.

L'incident permit de retarder mon avion d'une heure et quart. Inutile de vous dire à quel point j'étais heureux de monter à son bord. Jusque là, plus rien de nouveau sous le soleil - ou plutôt la pluie car il pleut depuis deux jours à Beijing. Demain matin, je quitte la Chine pour quatre mois. Pour une fois, j'ai réussi à me détendre et à me reposer.

Oooops! Je viens de recevoir un sms d'une amie chinoise qui me souhaite bon voyage et qui en profite pour me dire que ce soir, à Beijing, entre 22h et 24h, un tremblement de magnitude 2 / 6 est prévu, soit 3 sur l'échelle de Richter. Qu'il faut donc que je fasse attention. La question est : vais-je donc pouvoir prendre mon avion normalement demain? Suspens.

Si je ne devais pas revenir, j'étais heureux de faire votre connaissance à tous.

Romook, un peu de fatalisme, ça donne tout de suite une dimension dramatique intéressante

mercredi 7 mai 2008

Cuba Libre

Hier soir, pris d'une soudaine envie de me rafraîchir avec un bloody mary, je me dirige vers le bar en revenant de mes cours (22h20). Au bar, on m'annonce qu'il n'y a pas de jus de tomate. Le drame.

Je consulte alors la carte des cocktails, franchement décidé à ne pas repartir sans avoir avalé une gorgée d'un breuvage alcoolisé quelconque autre que la bière. Le Gin Fizz me fait un clin d'œil, mais on m'annonce qu'il n'y pas d'eau gazeuse pour le faire. Re-drame.

Pragmatique, je demande quel cocktail est disponible. La serveuse - qui fait aussi office de barman - consulte la carte, me regarde et m'annonce d'une voix claire : "une bière?" Je ne me laisse pas démonter et répète ma question : "Qu'avez-vous en cocktail?" et pour éviter toute confusion linguistique avec un synonyme que je ne connaîtrais pas en chinois, je lui montre du doigt la liste des cocktails. La réponse est tout aussi limpide : "Une bière?" Là, je me dis qu'il faut que je prenne vraiment les choses en main.

L'hôtel dans lequel je loge est le même depuis trois ans, à raison de quatre séjours d'une durée de dix à vingt jours à chaque fois. Evidemment, étant le seul étranger parlant chinois et venant aussi souvent, le personnel a créé avec moi des liens d'affections qui dépassent la simple relation clientèle. En clair, je suis un peu comme chez moi. Je lui demande donc où elle range les alcools et lui annonce que je vais me le faire moi-même. Elle sourit :

"Vous savez faire les cocktails?
- Oui.
- Ce n'est pas possible. Votre spécialité c'est le droit, pas l'alcool.
- Non, non. Quand j'étais petit, ma spécialité c'était l'alcool. Et la cuisine aussi.
- Ah?! Je ne vous crois pas.
- Si, je vous assure, je sais faire la cuisine.
- Vous savez faire quoi ?
- Je sais cuire des œufs, de la viande, du riz, des légumes. Le riz, je sais même le cuire sans machine (ndlr : si un chinois n'a pas de machine à cuir le riz en Chine, il meurt de faim : personne ne leur a jamais appris à faire chauffer de l'eau et à cuire le riz).
- Oh! là! là! Comme vous êtes intelligent. Je ne sais pas faire la cuisine.
- Et vos alcools sont où?"

Même si on fait copain - copain avec l'ennemi, il ne faut pas perdre de vue l'objectif essentiel : principe diplomatique de base. Elle me conduit à la réserve. Je regarde un peu tout : whisky (black label et red label), vodka (smirnof), grand marnier, cognac, rhum (baccardi), tequila (conquistador (vide) et jose cuervo especial), campari, martini (blanc, rouge).

"Il y en a beaucoup, non?"

Je me faisais justement la réflexion qu'il n'y avait pas grand -chose... Enfin, tout le monde ne peut pas avoir mon bar. Bref. Va pour un rhum coca. Je lui dis : "Je vais faire un rhum coca." Réponse : "Il n'y a pas de ume."

J'ai beau avoir passé pas mal de temps dans ce pays, je me fais encore avoir par des pièges culturels de base. Evidemment, la bouteille de Baccardi trône devant moi, elle est pleine : il n'y a pas de rhum. Non, il n'y a pas de rhum. Il y a du Baccardi, nuance. La jeune chinoise devant moi, qui travaille ici depuis déjà trois ans, ne connaît pas les grandes familles des alcools et confond donc les marques avec les produits. C'est d'ailleurs en partie pour ça qu'il n'y a pas de cocktail puisque les recettes utilisent les mauvais termes : vodka au lieu de smirnoff, tequila au lieu de conquistador, rhum au lieu de Baccardi...

Je commence donc à expliquer ces légères nuances à mon interlocutrice qui ne peut pas réprimer un fou rire. Il est 22h45, je suis devant l'ensemble des bouteilles, je n'ai toujours rien bu et on me prend pour un idiot. En d'autres lieux et d'autres circonstances, la moutarde me serait montée au nez. Ses collègues accourent. Je vais me faire lyncher en public. Elle leur explique le principe sus-énoncé, vodka/smirnoff, etc... Fou rire général.

Certains me félicitent pour mon humour. Je ris de bon cœur avec eux. Allez, ils sont gentils. Poussée par la bonne humeur générale, la voilà qui surenchérit en expliquant que je lui ai dit que je savais faire les cocktails. Magnifique : aucun comique n'oserait rêver d'un tel fou rire de son public, de si bon cœur, même au sommet de sa carrière. Je ris aussi. Mais, surtout j'ai soif.

Soyons pragmatique. Puis-je avoir un coca? Il y a du pepsi. Ok, c'est bon, ça va aller. Puis-je avoir du Baccardi? Un verre? Une rondelle de citron? Des glaçons? Merci beaucoup. Ils ont cessé de rire et me regarde préparer le um cola. Une fois terminé, je leur annonce qu'on appelle ça un cuba libre. Ils n'en croient ni leurs yeux, ni leurs oreilles. J'ajoute qu'on appelle ça plus communément un um cola. Et là, Ô surprise, il y en a un qui annonce : "vous voulez dire que c'est ça un rhum coca." La machine se renverse. Je suis devenu un être supérieur : je sais faire les cocktails.

Du coup, on m'explique qu'ils ne savent pas faire les cocktails car le nom des alcools à utiliser n'est jamais écrit dans les recettes que leur ont donné leurs chefs. A chaque fois, c'est écrit "rhum", "vodka" et d'autres noms dont ils n'ont pas les alcools. Professeur Romook, du calme, il faut leur réexpliquer. De la pédagogie. Du calme. Ça va aller.

Réexplication en prenant chaque bouteille pour montrer le terme générique "vodka", "rhum" etc... Une belle leçon. Evidemment, la serveuse n'a pas pu s'empêcher d'expliquer que si je savais tout ça, c'est parce que ma spécialité c'était l'alcool quand j'étais plus jeune. Il y a des blagues qu'on ne devrait pas faire. On m'a offert le verre pour me remercier de la leçon de chose.

On pourrait se dire que les chefs pourraient leur expliquer. Mais ce serait oublier que ces alcools sont très répandus en Europe mais pas du tout en Chine... En conséquence, ils ne savent pas non plus comment faire les cocktails. Donc ils laissent leurs employés se débrouiller seuls. Résultat : la carte des cocktails est une carte inutile. Gageons que la leçon aura porté ses fruits. Comme m'a dit une serveuse ce midi, "c'est très agréable de discuter avec vous car on apprend beaucoup de chose". Moi aussi, Mademoiselle, j'apprends beaucoup en discutant avec vous.

Romook, cuba libre

mardi 6 mai 2008

Peur

n. f., psy. : Sentiment violent trouvant son origine dans le décalage entre un phénomène et la projection de ses conséquences supposées dans notre esprit.

Romook, en poche

vendredi 2 mai 2008

Mon 1er mai chinois

Hier, c'était le 1er mai en Chine, jour de fête. C'était aussi le jour où les Carrefours chinois devaient être pris pour cible d'un boycott... Certains amis chinois m'avaient même conseillé de ne pas trop sortir, au cas où. Mais hier était une journée magnifique où je n'ai pas eu cours. Résultat : j'ai oublié les conseils qui m'avaient été donnés et me suit aventuré dans la ville.

Je me suis baladé dans un jardin public pendant plusieurs heures sans rencontrer la moindre hostilité. Bien au contraire, alors qu'à mon arrivée j'avais ressenti, à Beijing essentiellement, des regards peu habituels (du genre interrogatif et méfiant, voire suspicieux), les "hello" ont fusé de toutes parts pendant mes pérégrinations de l'après-midi.

Je suis passé devant un Carrefour en fin d'après-midi. Rien à signaler d'étrange. Des personnes entraient et sortaient sans problème, muni de sacs remplis de provision. Pourtant, Wuhan avait été l'une des ville qui avait parmi celles qui ont le plus protesté il y a dix jours.

Le soir, achetant des pansements pour un pied endolori par une trop longue marche, on me félicitait pour mon niveau de chinois. La question fuse alors : "Et vous venez d'où?- Je suis français." Là, mon interlocutrice se met à rire et à dire quelque chose en chinois sur le fait que je sois français. Mais je n'ai rien compris. Ça n'avait pas l'air méchant en tout cas.

Je n'écris pas beaucoup car je suis (encore) fatigué, ce qui semble devenir le pain quotidien de mes voyages en Chine. Pas le courage d'en raconter plus, surtout qu'il n'y a rien de palpitant pour le moment. Ah si, demain j'ai un cours de ErHu. Faudrait que je travaille un peu mon instrument... Pfff...

Romook, les bras ballants