Hier après-midi, après avoir déjeuné dans mon restaurant japonais préféré (un comble : je n'ai été qu'au restaurant japonais lorsque j'étais à Beijing, mais ça tient en fait à la manière de concevoir le repas en Chine au restaurant. Seul il y a trop de choses à manger), je suis sorti voulant profiter du soleil pour faire des photos. Direction XiDan ShuDian. Là, déjà, ça coince. Il est 13h30, me voici parti dans une librairie : la grande librairie. La plus grande de Chine, presqu'aussi grande que le Furet du Nord à Lille.

Il faut, en effet, que je confesse que je suis un rat de librairie. Impossible de me lâcher dans une ville sans que j'entre dans la première que je croise et ressorte pourvu de tout un tas de livres. Là, techniquement, c'est plus difficile : le poids des bagages. Je passe dans le rayon des livres d'art. Ça fait longtemps que je ne me suis pas rincé l'œil dans la calligraphie. Puis, de livre en livre, me voici dans le rayon "Art". O mon Dieu! Comment résister! Des livres d'art, par tonnes, d'une grande qualité à partir de 1,5 euros pièces jusqu'à 5 euros pour le plus cher... J'ai craqué. J'en ai pris quelques livres, à probablement 10 euros le kilo. Mettez m'en pour 40 euros. Les plus beaux, je les ai pris en double pour offrir à mon ami Yogi Tougoudou, qui y trouvera des sources d'inspiration c'est certain, et même en triple espérant refaire retomber dans le dessin mon amie Karo. Retour à l'hôtel.

Les pinceaux, c'est mon autre truc. En Chine, ils sont d'une très grande qualité pour un prix défiant toute concurrence. Je pars à LiuLiChang (pas le meilleur moyen d'avoir des bons prix, mais on y trouve parfois - rarement - des pinceaux rares). Manque de bol, le chauffeur de taxi ne comprend/connaît pas et me conduit à l'autre bout de la ville. Il me débarque dans un quartier que je n'avais jamais vu. La lumière du soleil commençait à tomber. Je rentre dans une galerie de calligraphie contemporaine. Magnifique. Faut que je m'y remette.

Je décide de retourner vers mon ancienne université. Là, il y a un marché dans lequel je peux me pourvoir en matériel pinceaux en tout genre - et vu que je suis bon client : j'ai des prix (des prix sur des prix!). Coup de fil à ma superbe prof de lecture. Nous dînerons ensemble. Quelques pinceaux, mp3 et adaptateurs électriques plus tard, il fait complètement nuit. Il faut aller dîner. Nous rentrons à mon hôtel pour des raisons de commodité (faut quand même préparer les bagages). Dîner arrosé sympathique.

Elle repart en taxi après que nous nous soyons donné en spectacle pour celui-ci. J'ai oublié de lui donner l'argent du taxi au restaurant, comme un idiot. Je lui avais promis de lui payer le taxi (4 euros) pour qu'elle retourne chez elle. Je lui ai donné sur le trottoir, en public. Elle a refusé. S'en est suivi 5 bonnes minutes à se donner et rendre l'argent. J'ai gagné en courant après le taxi et jetant l'argent à l'intérieur du taxi qui roulait par le biais de la porte du passager. Normalement, c'est comme ça pour le paiement de la note du restaurant à chaque fois entre les hommes. Là, j'ai compris que trop tard (après son départ) que probablement j'étais en train de la faire passer pour une femme de petite vertu aux yeux du public. C'était un dîner assez arrosé, rappelons-le.

Résultat : des bagages lourds et aucune photo, mais quelle belle journée. Bon, allez, j'ai mon avion qui décolle dans trois heures. J'y vais. Probablement une participation tardive au sablier de Kozlika (je serai à Lille vers 18 heures). Mais là, ce matin, je séchais complètement. Peut-être dans l'avion...

Romook, Beijing, 6h15, sur le départ : minuit et quart pour vous.