Et bien voilà, me voilà harponné par Elisabeth dans le cadre d'une chaîne de goûts... Je ne vais pas m'en plaindre car, depuis plusieurs jours, je traîne la patte pour écrire sur mon blog.... Considérant que plus le temps passe, moins ça n'a de sens de rattrapper les billets perdus, ce qui met en place un cercle vertueux... Non, mon blog ne sera pas abandonné grâce à la malicieuse intervention d'Elisabeth.

Le but, pour ceux qui ne sont pas aguerris à ce type d'exercice de style bloguesque (j'explique surtout pour Anna et Yogi Tougoudou), est de faire 10 associations de goûts sans réfléchir et qui permettent de mieux découvrir les arcanes psychologiques cachées du blogueur visé. Quand quelqu'un vous a dans le colimateur, vous devez déférer à son invitation sous peine d'excommunication de la blogosphère (bien pensante). Bref, je me soumets à l'exercice car j'estime Elisabeth - et que pour une fois qu'on pense à moi, ça me donne la sensation d'exister.

Vodka, Baileys et grenadine : une recette de cocktail imbuvable appelée "cervelle de chacal". Vous prenez un grand verre à eau que vous remplissez de vodka (comme si c'était de l'eau). Oui, je sais, c'est une dose monstrueuse... C'est aussi pour ça que c'est imbuvable. Dans le fond doit stagner - et j'insiste sur le terme stagner - le Baileys qui, au contact de la vodka, a "précipité" (vous savez, les masses gluantes comme dans les TP de chimie au lycée) dans un fond de grenadine. Pour que le cocktail soit réussi, il faut impérativement que la vodka ne soit pas trouble. Quand on vous le sert, l'effet est garanti : on a l'impression de voir une cervelle de chacal dans le formol. C'est inesthétique à souhait. Rassurez-vous à boire, c'est pire. En souvenir d'une soirée mémorable avec mes cousins du douaisis. Le lieu sauvage où ce breuvage a été inventé s'appelait "Le cheyenne". Un bar improbable, où à l'extérieur trônaient quelques mobylettes trafiquées. A l'intérieur, face au poster de Johnny grandeur nature, quelques barbus musclés en cuir, sentant l'huile grillée, dégustait les cocktails "maisons". Toute la carte était à vomir. Rien n'y fit. Je devais goûter le "Pink Riviera", le "Grinman" et la "cervelle de chacal". J'ai survécu aux trois cocktails. Seule une recette me revient en tête malheureusement... Le Cheyenne a brûlé, emportant heureusement avec lui ses recettes.

Pâtes à la crème fraîche et aux croûtons : Je suis au Sénégal et Charlie qui adore l'ail (et veut en mettre partout) réalise des croûtons à l'ail. Après, ne sachant pas quoi en faire, il leurs invente une justification en faisant des pâtes à la crème fraîche. Il met les croûtons dedans pour qu'ils soient bien imbibés du jus. Mais les croûtons maison, faits à base de pain grillé, se gorgent de crème fraîche et commencent à se déliter dans les pâtes. On a mangé de bon coeur car l'intention était bonne, à défaut du reste.

Flamiche aux maroilles et crème fraîche : J'ai toujours été choqué par les gens qui mettaient de la crème fraîche dans la flamiche aux Maroilles. Pas de ça avec moi, SVP, ça me rend vraiment irrascible. Y a des sujets qui ne prêtent pas à discussion, ni à plaisanterie. Ok?!

Leffes et Bloody Mary : D'aucuns se rappelleront cette journée mémorable où j'ai bien cru mourir. Dernier examen oral pour obtenir un titre dont je tairais le nom. Je fais partie des premiers à passer cet examen. Mes camarades de promotion m'enjoignent à aller les attendre devant une petite leffe au bar de la fac après l'épreuve. Je ne suis pas homme à me débiner. Je les attends donc. En plus, à 1 euro la Leffe, on ne peut pas refuser. J'arrive au bar vers 14h30. Je prends une leffe. 15h, arrive un camarade, une autre leffe... Passons les détails : chaque demi-heure, un camarade arrivait, suivi immédiatement de la leffe correspondante. A 20h, nous décidâmes d'aller nous restaurer. S'en suivit donc un plat de 300 grammes de pâtes pour 8 personnes et deux bouteilles de vin rouge. Fin des examens oblige, à 22h, nous partions dans un bar où se poursuivit nos exploits jusqu'à 2 heures avec force cuba libre... Sur ce, il me semblait adéquat d'éviter tout malentendu en invitant quelques comparses à venir déguster quelques whisky. A 5 heures du matin, je me retrouvais seul chez moi. Dodo. Vers 6 heures du matin, pris d'un étrange et inexplicable mal de mer, je me rendais aux commodités pour m'apaiser légèrement. Le va et vient entre ce lieu et mon lit se poursuivit jusqu'à 11h30 du matin, tous les 1/4 d'heure... C'est à cette heure là que je décidais que j'allais simplement mourir. Une voix veillait et me rappelle une phrase prononcée par un de mes oncles : "Quand tout va mal et qu'il n'y a plus de solution : il reste encore le Bloody Mary!". J'avais horreur du jus de tomate, mais dans de telles conditions, où du citrate de béthaïne en passant par le motilium et la bière, tout avait été tenté et rien n'avait fonctionné, je me lançais dans l'expérience bloody marienne. Deux gorgées ont suffi pour stopper net le va et vient. Deux Bloody Mary plus tard, j'étais sur pied. Le soir même, nous fîmes la fête (pour les résultats cette fois) et j'alternais toute la soirée Leffe et Boody Mary. Depuis ce jour, pas une soirée ne se déroule sans que je ne rende hommage à cette boisson miracle.

Feuilleté saucisse et sauce chocolat : Premier voyage en Angleterre. Breakfast. On nous sert, à moi et Olivier mon compagnon d'infortune (deux jeunes garçons de 14 ans), un feuilleté saucisse. C'étaiot appétissant jusqu'à ce que la sauce marron coule dessus. Intrigués, nous goûtons. C'était une sauce chocolat. Bienvenue en Angleterre.

Café et triple chocolate cookies : Mon breakfast anglais pendant mon séjour à Londres de deux mois. Le cookie provenait de chez Ben's cookie dans le quartier de Kensington, juste en face de la concession Lamborghini (l'enseigne blanche et rouge sur la photo). Un régal! Vous pouvez voir l'emplacement exact (juste à la sortie gauche de South Kensington)



Miel et cire : Pendant l'extraction du miel, le plaisir de mettre dans la bouche des morceaux de rayon de cire avec le miel à peine désoperculé... Sans parler de l'odeur et du bruit !! L'odeur parfumée du miel que l'on est en train d'extraire est incroyable. Par ailleurs, il faut savoir que le miel a pendant deux ou trois heures un goût inimitable qui se perd malheureusement définitivement passé ce délai. Le bruit? Les inévitables demoiselles rayées qui accompagnent l'apiculteur faisant sa récolte bien sûr.

Margaux et odeurs corporelles : La bouteille de vin qui permet de faire la transition pendant la courte pause nécessaire au rechargement des batteries. J'étais jeune (!)... Des amatrices ? Décidément je ne peux pas écrire ça. Ca va finir par jaser et certaines vont croire que je ne suis pas fidèle...

Pain d'épice, boisson énergétique à l'orange, chocolat : Pendant mon entraînement à la course à pied de plusieurs heures consécutives, l'obligation de s'alimenter correctement... Course à pied de sept heures trente à Villepreux. Sept heures trente à souffrir dans le froid et à avaler ces trois produits en quantité invraisemblable... 52 km réalisés en ingurgitant ces aliments à tout instants. Dans l'avesnois, 57 km (5h30) avec ces trois aliments encore... Les quatre heures de la Sentinelle aussi... Plus les heures d'entrainement... Résultat : le goût orange et le pain d'épice, bof, bof... Pour le chocolat, pas de souci :-)

La sucette à la framboise avec un chewing-gum dedans et le cèdre bleu de l'atlas : Mon petit plaisir du collège. Tous les jours, cinq ou six sucettes... J'adorais ce goût chimique de framboise. Je les dégustais en contemplant un arbre majestueux dans un jardin environnant le collège : un cèdre bleu de l'atlas. Les deux sont restés indissociablement liés. Quand je sens le goût de la framboise, je pense à mon arbre et inversement. Faut pas grand chose pour détraquer un individu...

Voilà, j'ai réalisé mon parcours du combattant bloguesque. Je passe le flambeau à Yogi Tougoudou en mal d'inspiration, à Nathalie (clopin- clopant) jamais en mal d'inspiration et d'une manière générale à tous ceux qui lisent ce blog et se sentent suffisamment intéressés tentés investis par ces 10 associations de goût pour m'indiquer en commentaire qu'ils se sont soumis à ce petit jeu de manière libre et consciente. Pour ceux qui n'ont pas de blog, aucune raison d'y échapper pour autant : il y a la possibilité de laisser un commentaire, c'est pas fait pour les chiens.

Ainsi, Ania est cordialement invitée à se manifester de toute façon la connaissant elle aurait naturellement pris la parole.

Y a une association de goût que j'apprécie mais que la décence m'interdit d'écrire. Je vous laisse deviner laquelle. Ca a un rapport avec le sexe féminin.

Romook, ça c'est fait