Oui, je sais. Pas de panique SVP, tout va bien. Débordé : bah nan, pas trop. Pas envie d'écrire : ben si. Qu'est-ce qui ne va pas? Euh... J'ai la flemme de me mettre à mon ordinateur pour écrire les quelques lignes de prose qui ravissent votre quotidien. Je n'ai rien contre les lecteurs (d'ailleurs, sinon je ne prendrai pas le temps d'écrire pour expliquer que j'ai plus (+) envie de ne rien faire que d'écrire). Même, j'ajouterai - et ça vient vraiment du fond du cœur - que j'avais projeté de vous faire écouter "le p'tit quinquin" dans une interprétation toute personnelle au ErHu (l'espèce de violon chinois qui tient plutôt du violoncelle à bien y regarder de près, en fait : voir billet antérieur pour mieux comprendre) et de vous coller une série de leçon - en podcast - de langue ch'ti pour faire honneur au film de chez "mi" (ce n'est pas une faute de frappe, moi = mi en ch'ti. De là à dire que parler le ch'ti reviendrait à faire des fautes de frappe à l'oral, y a qu'un pas).

Voilà, j'ai la flemme. Faut pas chercher plus loin. Qu'est-ce qui me pousse à écrire sur mon blog ce genre de chose?... Je sais, ça sent la schizophrénie à plein nez... Le type écrit sur son blog que s'il n'écrit pas c'est qu'il a la flemme d'écrire : le paradoxe du flemmard auto-égocentrique satisfait de lui-même. J'en vois déjà certains qui vont aller pérorer sur la place publique qu'ils m'ont pris en flagrant délit d'incohérence.

A ceux-là, je vais leur annoncer une autre nouvelle. Bah j'ai autre chose à faire de plus important que d'écrire sur mon blog. Là, maintenant. Avant, ça allait. Y avait des trucs à faire et puis surtout y avait l'envie de ne rien faire qu'était supérieure. Là, mon envie de ne rien faire est toujours là. Sauf que j'ai un truc à préparer pour demain matin. C'est pas pour me vanter mais à partir de demain je dois donner 18 heures de cours de droit anglais en trois jours (pour faire simple, 6h x 3j). C'est pas un nouveau cours, ça fait quatre ans que je le fais. Mais, cette année, j'ai des idées pédagogiques nouvelles. Toutefois, je n'ai pas eu vraiment le temps de les préparer comme je voulais. Du coup, je sais que c'est foutu pour cette année et que c'est reporté à l'année prochaine (l'année dernière ça avait été aussi le cas... avec d'autres idées pédagogiques moins brillantes que cette année).

Le problème est autre. Demain, il faut quand même que je fasse 6 heures de cours. Et mardi aussi. Demain soir, je vais voir un ami que je n'ai pas vu depuis un an (bah justement l'année dernière, même époque, même problématique). Et mardi midi (dieu sait que le midi j'aime préparer mes cours dans l'intervalle entre 12h et 14h), je vais déjeuner avec deux joueurs d'échecs rencontrés sur Internet. Du coup, ça sent le roussi. Mon envie de rien faire est donc dépassée par la nécessité d'agir.

La solution m'apparaît alors simple, claire, lumineuse : écrire sur mon blog pour expliquer que j'ai envie de ne rien faire. D'abord, ça explique mon silence et rassure mes lecteurs soucieux de mon être. Ensuite, ça me permet de retarder, tout en agissant, l'inévitable échéance de la préparation... Voilà, vous savez tout.

Maintenant, il faut que je me plonge dans les affres de la constitution anglaise (mes notes de cours sont en anglais : quel andouille!), puis de l'organisation judiciaire (argh!) avant de pouvoir entamer tout l'intérêt du droit anglais les remedies du droit des contrats (rien que pour ça, j'aurais aimé être juriste de droit anglais : peut-être un jour, je me reconvertirais juge en Common Law). Objectif : finir en faisant faire des cas pratiques aux étudiants. En général, le cours finit comme ça. Ce n'est pas que je n'ai plus rien à dire sur le cours. Je pourrai poursuivre sur le droit des sociétés, l'habeas corpus et autres joies juridiques. Seulement, les cas pratiques sont interactifs et plaisent vraiment aux étudiants. Et c'est comme ça que je m'aperçois que le droit anglais est vraiment complexe pour les français... Ca permet d'expliquer et de réexpliquer sans donner la sensation de redire la même chose. Enfin bref. Ca, c'est ma tanbouille de prof.

Sinon, j'ai internet dans mon hôtel. Peut-être que si je suis vraiment débordé, je vous écrirai la suite du vieux libraire (ou autre chose).

Bon début de semaine à tous.

Romook, "putain putain putain" (cf. "4 mariages et un enterrement", Hugh Grant)