Romook, ectoplasme bloguique

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lundi 31 mars 2008

Ubiquité

L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement. La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger, c'est-à-dire la tablette posée devant moi, dans l'avion. D'un côté, un monde rationnel, logique, basé sur des sciences exactes, des certitudes scientifiques : le contrôle du réel et de la vie. De l'autre côté, un monde vivant dans lequel coexistent plusieurs religions sans que leur contradiction puissent s'opposer, soumis aux règles de la logique floue, fondé sur des traditions millénaires, des certitudes historiques : la vie est un mouvement auquel l'homme doit s'adapter.

Je suis assis au siège F d'un gros boeing, c'est-à-dire au centre des sièges de l'allée centrale. Rapidement, on me demande d'être l'intermédiaire entre ces deux univers. La fatigue aidant, je chevauche de l'un à l'autre en oubliant parfois où je dois être et où je suis. Ainsi, je m'adresse en chinois au stewart d'Air France pour traduire ce que vient de me dire mon voisin chinois. Appartenir à deux mondes différents n'est pas une sinécure : qu'importe, j'aime la physique quantique.

Descartes à ma droite, Lao-Tseu à ma gauche, ma position est certaine : je suis posé quelque part où les deux mondes se rejoignent. Ma frontière n'est pas intellectuelle, elle est linguistique. Par exemple, si on me demande, en français, si mon niveau de chinois est bon, je réponds modestement que je parle couramment cette langue, ce dont mon interlocuteur est vite convaincu en me voyant discuter avec les chinois. Au contraire, lorsque mon ami chinois (on est tous "ami" dans la langue chinoise, c'est une marque de respect) me dit que mon niveau de chinois est très bon, je lui réponds modestement que je ne parle pas très bien, que la grammaire est difficile, que mon vocabulaire est très limité et que mon niveau de compréhension est très bas, même si cela fait une heure que nous discutons à bâtons rompus du taoïsme. Je n'y peux rien, c'est culturel. Ces réponses stéréotypées sont le reflet de ce qu'est l'âme chinoise : une volonté de n'être que le jouet d'un mouvement, mais jamais d'être le responsable (ou l'acteur) de quelque chose. Si on réussit, c'est presque par hasard, ce n'est jamais parce que l'on a du talent - surtout si les autres vous le disent! Vous me demanderez fort justement pourquoi je dis que ce n'est pas culturel mais linguistique... Tout simplement car si on traduit "comment ça va?" en chinois ça donne "est-ce que tu as mangé?". Pour les compliments, c'est pareil. Si vous voulez être respecté de l'autre, il faut lui donner la bonne réponse.

Ainsi, mon ami chinois n'est pas dupe. Le jeu du compliment peut durer longtemps. Ainsi, mon recours "ultime" pour garder la face est de dire que je répète des phrases apprises par cœur grâce à mes très bons professeurs de Beijing. Souvent, mon locuteur sait que je suis à bout d'argument et cesse, dès lors, de me harceler de compliment. La discussion peut continuer sur de bonnes bases : il sait que je comprends la langue chinoise et sa culture, toutes les fautes linguistiques et culturelles seront excusées.

Le voyage va ainsi se dérouler dans deux univers, me transformant tour à tour en traducteur, guide culturel et guide touristique. Finalement vivre dans plusieurs culture à la fois, c'est comme un voyage en avion, vous n'êtes nulle part alors que vous êtes virtuellement partout.

Romook, dans l'avion : contribution tardive au septième sablier, reprenant une amorce tirée d'un billet intitulé "Dualité" en provenance du Monolecte.

Promenade dans Beijing

Hier après-midi, après avoir déjeuné dans mon restaurant japonais préféré (un comble : je n'ai été qu'au restaurant japonais lorsque j'étais à Beijing, mais ça tient en fait à la manière de concevoir le repas en Chine au restaurant. Seul il y a trop de choses à manger), je suis sorti voulant profiter du soleil pour faire des photos. Direction XiDan ShuDian. Là, déjà, ça coince. Il est 13h30, me voici parti dans une librairie : la grande librairie. La plus grande de Chine, presqu'aussi grande que le Furet du Nord à Lille.

Il faut, en effet, que je confesse que je suis un rat de librairie. Impossible de me lâcher dans une ville sans que j'entre dans la première que je croise et ressorte pourvu de tout un tas de livres. Là, techniquement, c'est plus difficile : le poids des bagages. Je passe dans le rayon des livres d'art. Ça fait longtemps que je ne me suis pas rincé l'œil dans la calligraphie. Puis, de livre en livre, me voici dans le rayon "Art". O mon Dieu! Comment résister! Des livres d'art, par tonnes, d'une grande qualité à partir de 1,5 euros pièces jusqu'à 5 euros pour le plus cher... J'ai craqué. J'en ai pris quelques livres, à probablement 10 euros le kilo. Mettez m'en pour 40 euros. Les plus beaux, je les ai pris en double pour offrir à mon ami Yogi Tougoudou, qui y trouvera des sources d'inspiration c'est certain, et même en triple espérant refaire retomber dans le dessin mon amie Karo. Retour à l'hôtel.

Les pinceaux, c'est mon autre truc. En Chine, ils sont d'une très grande qualité pour un prix défiant toute concurrence. Je pars à LiuLiChang (pas le meilleur moyen d'avoir des bons prix, mais on y trouve parfois - rarement - des pinceaux rares). Manque de bol, le chauffeur de taxi ne comprend/connaît pas et me conduit à l'autre bout de la ville. Il me débarque dans un quartier que je n'avais jamais vu. La lumière du soleil commençait à tomber. Je rentre dans une galerie de calligraphie contemporaine. Magnifique. Faut que je m'y remette.

Je décide de retourner vers mon ancienne université. Là, il y a un marché dans lequel je peux me pourvoir en matériel pinceaux en tout genre - et vu que je suis bon client : j'ai des prix (des prix sur des prix!). Coup de fil à ma superbe prof de lecture. Nous dînerons ensemble. Quelques pinceaux, mp3 et adaptateurs électriques plus tard, il fait complètement nuit. Il faut aller dîner. Nous rentrons à mon hôtel pour des raisons de commodité (faut quand même préparer les bagages). Dîner arrosé sympathique.

Elle repart en taxi après que nous nous soyons donné en spectacle pour celui-ci. J'ai oublié de lui donner l'argent du taxi au restaurant, comme un idiot. Je lui avais promis de lui payer le taxi (4 euros) pour qu'elle retourne chez elle. Je lui ai donné sur le trottoir, en public. Elle a refusé. S'en est suivi 5 bonnes minutes à se donner et rendre l'argent. J'ai gagné en courant après le taxi et jetant l'argent à l'intérieur du taxi qui roulait par le biais de la porte du passager. Normalement, c'est comme ça pour le paiement de la note du restaurant à chaque fois entre les hommes. Là, j'ai compris que trop tard (après son départ) que probablement j'étais en train de la faire passer pour une femme de petite vertu aux yeux du public. C'était un dîner assez arrosé, rappelons-le.

Résultat : des bagages lourds et aucune photo, mais quelle belle journée. Bon, allez, j'ai mon avion qui décolle dans trois heures. J'y vais. Probablement une participation tardive au sablier de Kozlika (je serai à Lille vers 18 heures). Mais là, ce matin, je séchais complètement. Peut-être dans l'avion...

Romook, Beijing, 6h15, sur le départ : minuit et quart pour vous.

dimanche 30 mars 2008

La divine expérience

Ça y est enfin. Cela fait des semaines que je pense à ce moment. Comme le dit le dicton coréen, « le meilleur moment quand on fait l'amour, c'est quand on monte les escaliers ». Un bordel monstre règne dans et sur mon bureau. Rien à battre. Je branche la webcam et je lance le programme. Aujourd'hui, c'est la dernière phase d'un projet que j'ai initié, seul comme à mon habitude ("Mais ça marchera jamais!", "tu as des drôles d'idées, toi?!"), et qui va transformer l'histoire de l'humanité.

Cette attente est devenue trop longue. Je sens que ça va marcher. Et le seul prochain créneau horaire pour faire l'expérience sera le 6 avril prochain, entre midi et treize heures, alors je n'attends plus : je me lance. Je me suis habillé avec une écharpe couleur parme pour faire bonne impression et j'ai mis des vêtements blancs et un bonnet orange. Dans le doute, quand vous devez voir quelqu'un qui est censé être unique, mais dont les symboles varient en fonction de celui qui prône l'unicité, faut vous adapter. Alors, j'ai essayer de rassembler toutes les couleurs : blanc pour la pureté chrétienne, orange pour les bouddhistes et parme parce que c'est un peu cul-cul la praline et que dans toutes les bondieuseries qui existent ça devrait passer.

Driiiiiiiiiiiiiiing! Driiiiiiiiiiiiiing!

"Allo? ... Oui, Alexandre, j'allais le faire dans quelques instants... Ecoute, je ne suis pas d'humeur badine. C'est quand même hyper-sérieux tout ça et c'est pour toi que je le fais aussi, je te signale... Oui... Non... Ne me remercie pas pour ma générosité : on verra si ça marche. Tu sais, mes relations avec lui ne sont probablement pas au mieux... Jean-Paul Sartre... Marguerite Yourcenar... Milan Kundera, non il n'est pas mort : je ne pourrai pas lui parler, c'est sûr... Je te rappelle. A tout à l'heure."

Bon, maintenant, j'ai le trac. Ca ne m'arrive jamais. Mais Alexandre a réussi à me mettre la pression. Xave me l'avait pourtant dit : "Ce jour-là, tu t'isoles, tu ne réponds plus au tél et hop! direction le paradis." Si Alexandre rangeait un peu mieux ses affaires, je ne serai pas obligé d'inventer des trucs aussi bizarres. Mais bon, quand j'apprécie une personne, je suis vraiment capable de faire n'importe quelle chose pour le peu que ce soit un peu absurde. Allez je me lance.

Je vérifie les haut-parleurs, le micro, l'antenne et la webcam. Ok. Tout est ok. Je lance : High Dei transmission calling... Please wait a moment... J'attends. Il y a bien quelque chose qui se passe : ça crachote un peu dans les haut-parleurs.

De la musique. Il y a de la musique. Une voix douce, féminine, claire : "Romook, nous avons bien pris en compte votre appel. Patientez un instant le temps que nous trouvions votre interlocuteur." On dirait une voix du téléphone rose. Ca y est je sens que je vais me taper la gaule. Merde! Pas maintenant! Hey??! La voix vient de se transformer en une voix d'homme un peu bourru : ils ont dû sentir que la voix précédente n'était pas adaptée à mon cas.

"Bonjour Romook. Je suis celui avec lequel tu veux parler.

- Bonjour Dieu. Je suis un peu embêté d'appeler pour ça, mais...

- Je comprends, mais évite tes circonvolutions. Il faut qu'il aille dans la chambre à coucher. C'est là que se situe son papier lui permettant de retirer sa nouvelle carte d'identité. Dis-lui aussi qu'il arrête de penser à elle. Elle n'est pas faite pour lui. Ils seront bons amis : c'est déjà pas mal. Par ailleurs, pourrais-tu signaler à Elisabeth que si ses écrits sur Elvira sont très biens, il faut qu'elle fasse attention à ne pas trop s'investir personnellement... C'est de la littérature que nous réprouvons ici. C'est souvent pas très chrétien et même ça frise la zoophilie par moment et, du coup, c'est contre nature.

- A ce propos d'ailleurs, je voulais parler des tremblements de terre...

- Ecoute, Romook, je vais te parler de Dieu à homme : t'as pas intérêt à recommencer à te foutre de moi comme ça. Franchement, c'est pas chrétien. Tu crois qu'ici on a Internet? On fait avec les moyens du bord, c'est tout.

- Oui, mais l'amour, que ce soit entre deux êtres de sexe différent ou du même sexe, ça reste de l'amour non?

- Ecoute, quand l'homme m'a créé, il m'a donné un job : ce n'est pas à moi de redéfinir ma mission.

- T'es un simple exécutant, c'est ça? C'est un peu con-con comme raisonnement, non? Ici, tout le monde pense que tu tires les ficelles. Affranchie toi. Relis Nietzsche si ça peu t'aider.

- Attends, regarde les choses en face. Deux personnes du même sexe ne peuvent pas avoir d'enfant. Et puis, tous les mythes de l'humanité sont construits sur ce modèle : Tristan et Isolde, Roméo et Juliette...

- Oui mais aujourd'hui, il y a l'adoption, l'insémination artificielle et pleins d'autres trucs à venir. C'est un vieil argument qui ne tient pas non plus ce que tu dis. Et en plus, je ne vois pas où est le rapport? On peut s'aimer sans vouloir d'enfant, ça n'est ni corrélatif, ni obligatoire. A mon avis, il est temps de passer à la bible version 2.0, non?

- Tu sais, je ne suis pas seul à décider.

- Est-ce que tu peux me passer Jean-Paul Sartre ou Marguerite Yourcenar? J'ai deux, trois trucs à leur demander.

- Romook, je ne suis pas le service des renseignements. Alors faudrait peut-être pas exagérer.

- Oh! là! là! T'es lourd. Et dans tes conditions générales de vente, tu vas aussi me dire qu'il y a une clause de non-garantie si on n'est pas heureux en suivant les principes chrétiens ?

- Romook, il y a des liens qu'on ne peut pas défaire : la notion de bonheur est liée à la vie comme le nombre pi l'est au cercle. On n'y peut rien. C'est comme ça.

- T'as quand même créé l'univers, c'est toi le responsable, non?

- Ca, c'est ce qu'on dit pour le décorum, sinon personne ne croirait en moi.

- Ok, Dieu. Merci en tout cas pour le renseignement. Je suppose que tu as du boulot, je vais te laisser.

- Oui, j'ai une réunion avec Bouddha. Il veut savoir si c'est conforme aux principes bouddhistes de réclamer l'indépendance d'un pays. On a du pain sur la planche comme tu le constates.

- Oui. Pas facile. A plus!"

Bon, donc ça marche. Reste à savoir si je peux le mettre en téléchargement gratuit sur Internet ce nouveau programme. En même temps, ils n'ont pas l'air d'avoir prévu un call center là -haut. Je vais en parler à Alexandre. Allez hop! Je l'appelle.

"Alexandre, oui, c'est Romook. Ca va? Figures-toi que ça a marché. Pour ton papier, ce doit être dans la chambre à coucher... Si c'est Dieu qui le dit... Tu devrais regarder à nouveau... Bon, sors la bouteille de rouge dont tu m'as parlé : j'amène le tire-bouchon. A tout de suite."

Romook, participation au "Dis moi dix mots" sur le sixième sablier dont l'amorce provient d'un billet de Chondre.

samedi 29 mars 2008

Evocation

"Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : "Obscur et froncé comme un œillet violet/Il respire, humblement tapi parmi la mousse/Humide encore d'amour qui suit la pente douce/Des fesses blanches jusqu'au bord de son ourlet." déclarai-je sans craindre le regard de mon interlocuteur.

"Oh! Nous avons tous eu des moments de folie, qui ne sont pas forcément à mettre sur le compte d'un taux d'alcoolémie vous savez, vous avez tort de vous mortifier. Il m'est arrivé également d'évoquer quelques vers raciniens en me rasant : "Oui, je consens qu'au ciel on élève Alexandre;/ Mais si je puis, Seigneur, je l'en ferai descendre/ Et j'irai l'attaquer jusque sur les autels/ Que lui dresse en tremblant le reste des mortels."

- Alexandre le Grand. Une grande tragédie. Je reste plus attiré par la poésie qui est plus simple à retenir.

- Oui, en effet. La poésie a aussi son charme. Comment se poursuit le poème, forme que je suppose être, que vous avez débuté ?

- "Des filaments pareils à des larmes de lait /Ont pleuré, sous l'autan cruel qui les repousse, /À travers de petits caillots de marne rousse, /Pour s'en aller où la pente les appelait."

- C'est très beau. L'auteur avait un goût pour l'abstraction car on peine à imaginer de quoi parle le poète. Et de qui sont les vers que vous citez? Un être empreint de modernité, je le subodore.

- L'histoire ne nous permet pas de vraiment savoir. Ils sont généralement attribués à Rimbaud. Mais, vraisemblablement, Verlaine se serait penché dessus - si vous me permettez cet audacieux parallélisme.

- Vous savez, Monsieur Romook, lorsque c'est dit avec élégance et que les convives à vos côtés ne peuvent pas soupçonner une incongruité dans vos propos s'ils ne sont pas directement inclus dans la conversation, tout est permis."

Dans le silence feutré de notre repas, l'ensemble des convives à la table approuvait du regard les propos du maître des lieux. Arrimé à notre discussion, personne ne semblait réellement intéressé. L'exercice - de style - n'était pas facile, le moindre faux pas et tout basculait. La légère remarque de mon interlocuteur marqua les limites au-delà duquel mon humour ne pouvait plus s'épanouir. Je me jurais de faire attention.

Ce dernier, relançant la conversation après un silence qui n'était pas encore assez long pour être gênant, m'interrogea à nouveau : "Et quel est le titre de cette œuvre que je ne connais pas ?

- Le sonnet du Trou du Cul, monsieur le Consul."

Romook, encore pleins d'autres souvenirs à raconter, j'espère, après ce cinquième sablier tiré d'un certain M. LeChieur.

vendredi 28 mars 2008

Véridique

"Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. Vous pouvez me croire, Monsieur de Romook, c'est vrai. Comme celui d'Elisabeth, mais il est plus pratique car il se met à jour tout seul." m'a écrit Geneviève dans un email que j'aurais la gentillesse de ne pas reproduire en son entier.

Geneviève, vous ne pouvez pas avoir un blog qui se met à jour tout seul : techniquement ça n'existe pas. On a dû vous mentir.

"Si, si, je vous assure, Monsieur de Romook. Regardez, le lien est . De toute façon, vous constaterez comme moi que mon nom est écrit partout. C'est pour respecter les droits de la propriété intellectuelle, sûrement."

Geneviève, consultez attentivement le lien que vous m'avez envoyé. Ca ne vous correspond pas du tout. Je ne peux pas croire que ce soit vous : je ne vous reconnais pas.

"C'est Elisabeth qui m'a attiré l'attention sur mon blog : Alors, espèce d'andouille, t'as ouvert ton blog, tu me l'avais caché (et avec une vidéo pour assurer la promotion en plus!)"

Geneviève, vous êtes sûre qu'Elisabeth ne vous a pas taquiné un peu? Tout est en anglais sur le site et sur la vidéo, j'ai du mal à imaginer que vous puissiez vous exprimer comme ça.

"Vous avez peut-être raison, Monsieur de Romook. Je n'avais pas remarqué que ce n'était pas moi sur la vidéo parce que je ne comprenais pas ce que je disais dessus. Mais oui, maintenant que vous le dîtes, c'est bien de l'anglais. Je m'en doutais un peu parce que c'est facile à reconnaître : c'est une langue étrangère que je ne connais pas. En même temps, ça me déçois un peu : je commençais à me faire à l'idée de savoir parler anglais."

Romook, désolé de présenter un tel quatrième sablier tiré du billet "chronique d'une thèse annoncée (ou pas)" de The Krazy Kitty Chronicle

jeudi 27 mars 2008

Insomnies

Il est trois heures du matin, je n'arrive pas à dormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres insensibles. Je suis perdu dans la nuit. Je navigue dans les eaux troubles d'un univers qui n'existe pas. S'il existe, je ne sais pas où il se situe. En France, il est neuf heures du soir. En Chine, il est trois heures du matin. Et mon corps a décidé de vivre ailleurs, dans une faille temporelle qui correspond plus aux Etats-Unis qu'à celle du lieu physique où je me situe.

J'ai essayé de boire de l'alcool pour que le sommeil me gagne. J'ai dépensé du temps auprès de corps féminins. J'ai lu des blogs et découvert de nouveaux univers. J'ai essayé d'apprendre par cœur des articles du Code Général des Impôts. J'ai même mangé du chocolat. Rien n'y fait : généralement, vers minuit, je suis toujours éveillé par un je-ne-sais-quoi qui m'empêche de me rendormir avant six heures du matin... L'heure à laquelle il faudrait presque que je me lève pour aller travailler. Alors, méditatif, j'envisage de débuter mes confessions, dans l'esprit embrumé d'une personne qui ne sait plus où elle est et qui en arrive à regretter d'être là.

"La confession commence toujours par une fuite hors de soi-même. Elle part d'un désespoir. Son présupposé est comme celui de toute sortie, un espoir et un désespoir; le désespoir face à ce qui est, l'espoir que quelque chose que l'on n'a pas encore apparaisse." écrivit Maria Zambrano, la philosophe espagnole. Ses mots résonnent et tournent dans mon esprit. Peut-on confesser que l'on a simplement envie de se reposer ? Pas d'un repos éternel, juste quelques heures de sommeil, comme tout le monde. Juste s'allonger et s'oublier vivre quelques instants...

Heureusement, tous les trois jours, écrasé probablement par une fatigue lancinante, mon corps s'effondre et me laisse en repos, pour un vrai repos, de nombreuses heures... Mais, le réveil est très difficile. Mon corps ne veut alors pas revenir à la vie : je patauge dans une petite vie trouble et ensommeillée, où la torpeur règne en maître jusqu'au milieu de l'après-midi. Puis, je revis, un sablier sous les doigts, j'écris. Juste après le repas du soir, vers vingt heures, il est temps de se reposer... Le corps réclame.

Je quitte donc ce monde pour les bras de Morphée. Elle m'attend, elle m'accueille... Mais, mauvaise amante, elle ne sait pas me retenir plus de deux ou trois heures. Et je me relève. Compare les billets en sabliers. Ecoute la mer se fracasser contre les rochers. Soupire dans une nuit profonde et tiède. Attends l'arrivée du sommeil ou de la prochaine amorce sablière. Dans quatre jours, je rentrerai en France. Ce ne sera pas la fin. Habitué à cet étrange rythme, je sais que mon corps renouvellera alors mon calvaire...

Romook, synthétique : troisième sablier
Amorce faite à partir d'ingrédients de Zoridae, Au bord de la mer.

mercredi 26 mars 2008

Ho! Là! Là!

Il faut que je vous raconte… C’est une drôle d’histoire en fait, une histoire de brosses à dents ! Dingue !! En fait tout a commencé alors que j’étais chez B. toute la semaine dernière. Nous avions bien senti que quelque chose se tramait dans la salle de bain, et puis il fallait se rendre à l’évidence, il y avait des signes avant-coureurs qui ne trompent pas. Mais n'anticipons pas. Il faut que je vous explique tout dans l'ordre, avec le contexte, sinon vous ne pourriez pas comprendre. J'espère que vous pardonnerez le fait que ce soit long.

Ce soir-là, B. (elle veut absolument garder l'anonymat depuis qu'elle sait que Geneviève a la charge des analectes de temps à autre) avait invité tout le monde à l'occasion de la présentation du dernier ouvrage sur Elvira Potemkine au Salon du livre. Pour ma part, j'étais super excité car c'était la première fois que j'allais rencontré Elisabeth. Il y a des moments comme ça où vous vous sentez vraiment appartenir à un petit monde de privilégiés. Un peu comme si vous faisiez partie de la Jet-set intellectuelle. Et, cerise sur le gâteau, j'allais aussi rencontrer Alexandre le Grand, celui qui est passé sur les All Black pour elle. J'aurais été moins impressionné de rencontrer Cassius Marcellus Clay Jr., alias Mohamed Ali. C'est vous dire l'excitation.

B. était très anxieuse car c'était une fête privée. Ce qui signifie secrète. Ce n'est qu'à cette condition qu'Elisabeth accepte de venir à Paris. Elle a horreur de tout ce qui est tapage médiatique. Geneviève est aussi venue nous prêter main-forte pour les préparatifs. Elle était très contente car, comme elle n'a pas arrêté de le répéter toute l'après-midi : "Elisabeth adore les soirées conviviales entre amis et elle sait mettre de l'ambiance, vous allez voir." C'est bien ce qui inquiétait B. visiblement. Pour ma part, j'étais sur un petit nuage et tout était possible. On m'aurait dit que Dorothée viendrait accompagné du Père Noël (le vrai), je n'aurais pas été plus surpris.

Si je peux me permettre une remarque, c'est que Geneviève est très gentille et très attentionnée en ce qui concerne Elisabeth. Je trouve, de ce fait, un peu choquante la manière rustre dont Elisabeth la traite parfois sur son blog. Mais, parce que rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, je dois reconnaître que lorsque Geneviève a voulu me prendre en photo pour la trentième fois - mais si! mais si! ça vous fera un souvenir! - mes nerfs étaient à bout. Mais bon, ce n'est pas mon amie. On a le droit d'être un peu plus impatient avec les étrangers, non? Ok, ça n'excuse pas tout, je sais. Mais, ajouter à ça un deux centième Elisabeth adore les soirées conviviales entre amis et elle sait mettre de l'ambiance, vous allez voir! sur une petite voix aigüe et vous aurez une bonne idée de ce que j'ai subi.

Sans compter les questions aux réponses toutes faites : "Les verres, je les mets à coté des boissons?", "les assiettes, je les pose près des plats?", "où est-ce que je peux mettre les CD? Celui de Corynne Charby, c'est le préféré d'Elisabeth. Ce serait bien qu'on le mette au moment où elle arrive. Si vous ne répondez pas, je les laisse près de la chaîne." Bref. C'est donc dans l'euphorie de cette préparation de soirée que je découvrais tout à la fois Geneviève, et à travers ses yeux, Elisabeth et le jeune Alexandre. Me sentant un peu timide, je fis jurer B. et Geneviève de ne pas trahir mon secret et de ne pas révéler que j'étais Romook. On utilisa donc mes nom et prénom de l'état civil, ce qu'ignoraient à la fois Elisabeth et Alexandre. Je pense que s'ils lisent ce billet. Ils mettront un visage sur moi maintenant.

Pourquoi avoir voulu garder un tel anonymat ? Je dois avouer que c'est par timidité. Dans un premier temps, je me sentais fier de les rencontrer. D'abord, parce que, quelques années à se lire les uns les autres, malgré tout ça crée des liens... Et puis, parce que je croyais qu'ils appréciaient mon blog. En fait, De ce fait, j'ai relu tous les commentaires qui avaient été déposés sur mon blog et je me suis aperçu qu'ils n'avaient jamais été aussi présents que je l'avais imaginé. Et là, j'ai eu peur de les ennuyer. Je sais maintenant que, comme tous les grands êtres de ce monde, ils ont su garder, chacun dans leur style, une simplicité touchante - mais à ce moment-là, je redoutais de les déranger, de les ennuyer. J'espère qu'ils ne prendront pas pour une trahison mes actes que cette confession vient alléger de mon innocence toute justifiée au regard de leurs œuvres respectives. On n'approche pas sans crainte le feu du soleil. Je ne suis pas Icare.

Le moment tant attendu arriva enfin. Les premiers invités se présentèrent. Des amis communs de B. et d'Elisabeth. Evidemment, Nicolas est arrivé dans les premiers, comme à son habitude, classe et dynamique, accompagné de Cécilia et Carla, avec lesquelles je m'entends bien, mais sans plus. Quel séducteur quand j'y pense! Enfin. Nous avons juste évoqué sa récente mort. Il m'annonça qu'il était heureux d'avoir pu revenir si vite car l'idée de ne plus jamais rencontrer Elisabeth le mortifiait plus que tout.

"Elisabeth est si mystérieuse, me confiait-il un peu à l'écart, on ne sait jamais si elle vous apprécie ou non. Ses traits sont une forme d'amour, mais peuvent aussi être le signe d'une haine profonde. C'est la caractéristique des êtres d'exception de rester impénétrable au commun des mortels." Je me rappelle qu'à ce moment-là, il regardait les paparazzi sur l'immeuble en face. "Ils sont incroyables, ajouta-t-il, je ne sais pas comment ils ont su. De toute façon, je ne risque rien : ils sont uniquement venus pour elle et Alexandre. Ils n'arrivent pas à savoir s'ils se sont réconciliés, si elle est de nouveau avec Pierre-Guy ou avec quelqu'un d'autre."

J'avais déjà un peu le trac de la rencontrer. Après ces quelques phrases, vous imaginez aisément que je n'allais pas oser lui parler du petit scarabée Romook... Des avions volaient à l'extérieur tirant de longues banderoles : "Elisabeth, on t'aime!", "Jamais sans Elvira!". La tension montait. J'étais prêt à partir quand je pensais à m'adresser à Jeff. Il connaissait bien Alexandre et me confia qu'il regrettait la décision qu'il avait prise de ne pas tourner avec Sharon Case. Je ne m'étonnais pas que Jeff Koons regrette ce choix. Mais cela ne fit pas redescendre ma tension intérieure. J'allais rencontrer Alexandre...

"Boule de flipper" se mit à retentir et Geneviève, qui sautillait sur place, nous enjoigna à nous cacher vite! vite! vite! dans la salle de bain pour lui faire une surprise. Avez-vous déjà essayer de cacher une quarantaine de personnes dans une salle de bain de 10 mètres carré ? Evidemment non, vous n'êtes pas Geneviève, vous me répondrez fort justement... Je renversais le verre à dent dans la précipitation et fit tomber les ustensiles qu'il contenait. Au même moment, on entendit la porte s'ouvrir et une voix presqu'agréable s'écria : "C'est pas vrai que tu as encore demandé aux invités de se cacher dans la salle de bain!". C'était Elisabeth. Mon cœur la reconnut tout de suite.

La porte s'ouvrit et elle dit : "Evitez moi les coucou, vous avez l'air ridicule tous autant que vous êtes. Mais, enfin, Geneviève, même Jean, tu lui a fait ce coup-là? Tu ne respectes même pas les vieilles personnes?

- D'âge, tout dépend celui que vous choisissez de prendre en considération, Elisabeth. Je vous prie de bien vouloir me regarder comme un esprit trentenaire et ne pas vous fiez à mon enveloppe corporelle. Vous pourriez avoir de drôle de surprise."

Il me fit un rapide clin d'œil. J'en profitais pour glisser deux brosses à dent dans la poche intérieure de ma veste pour ne pas avoir l'air idiot avec ça à la main. Nous sortîmes tous ensemble de la salle de bain sur l'air de la boule de flipper. "Je l'ai toujours admiré pour ses entrées fracassantes", me confia Jean D'Ormesson. Il est vrai qu'après cet intermède - si on excepte que j'avais deux brosses à dent sur moi - je me sentais un peu plus détendu. Je me ruais sur un Bloody Mary. J'étais près d'elle. Elle me demanda mon nom. Je déclinais l'identité complète. "Ce n'est pas un interrogatoire de Police, ça va aller" fût sa remarque.

Je n'eus pas l'outrecuidance de lui demander qui elle était. Elle se servit un kir violette. "Dunkerque", sussurai-je. Mince, je m'étais probablement grillé. Elle rit. "Vous connaissez aussi. Magnifique les fumées sur le port ? On a la sensation que ce sont des usines à nuages, non? - Oui, oui. Elle n'avait rien remarqué. Ouf. Nous continuâmes à discuter. Bloody Mary, kir violette. Quelques blagues. Bloody Mary. Rires. Kirs violette. Elvira. Bloody violette. Potjevlesch. Kirs Mary. Et la sonnette retentit. C'était Alexandre.

Je me suis vite senti seul. Ils se mirent à discuter à deux, laissant l'ensemble des invités vivre dans un univers vide sans leurs présences. Pierre-Guy n'était pas là. Et c'est là que tout s'accélère. Dans toutes les soirées, il y a un moment où le point de non-retour est franchi. Bézu se mit à entonner "à la queue leu, leu". Je ne sais plus trop s'il était présent ou si c'était un disque. Le fait est que quand le disque de la Bande à Basile démarra la chenille, j'avais Alexandre qui me tenait par les épaules tandis que je tenais celles d'Elisabeth. Un grand moment.

Puis de retour au bar, nous prîmes à trois un "banga - violette - jus de tomate - vodka - vin blanc" dont le goût était digne du Cheyenne. Mais qu'importe, l'important était de vérifier cette hypothèse, émise dans l'aube naissante, que le jus de tomate conservait son acidité quelque soit le mélange. Sauf que nous n'avions pas de Ph-mètre sur nous. Nous vérifions tout cela au goût. A un moment, prétextant je ne sais quel coup de froid, Alexandre pris ma veste et se la posa sur la tête.

"T'as peur d'être agressé ou quoi?

- Quoi?

- Regarde, Elisabeth, il transporte des armes avec lui."

Et il sort de la poche, triomphal, deux brosses à dent. Elle reste très sérieuse. Il y a des moments, dans les début de matinée de fin de soirée, tout peut être pris très au sérieux. Elle lui dit: "Alexandre, c'est aujourd'hui ou jamais." Il la regarde et, rapidement, il lui prend la main tout en conservant dans l'autre les deux brosses à dent. Ils se dirigent ensemble vers la salle de bain et s'isolent. Nicolas me regarde et fait signe non de la tête. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis senti coupable à ce moment-là. La musique était coupée depuis un bon moment déjà. J'étais seul.

Il fallait bien revenir sur terre à un moment ou à un autre. Je n'étais que moi. Que croyais-je? Que j'allais devenir leur meilleur ami? Pfff... Illusion quand tu nous tiens. Enfin. Et puis, on entendit crier Elisabeth. Et Alexandre rire juste après. Et ça chuchotait. Puis il y avait des éclats de voix. Tout le monde se sentait un peu gêné. Geneviève s'approcha et me demanda d'aller vérifier qu'elle ne faisait rien de mal. Comme tu ne la connais pas depuis longtemps, elle n'osera pas se fâcher.

J'avançais avec précaution et tous les invités se mirent à me suivre, juste un pas derrière. Au fur et à mesure que nous approchions, nous commencions à discerner des bribes de parole...

Alexandre : Elle est coincée je crois.
Elisabeth : Qu'est-ce que tu peux être emporté... T'es un homme ou quoi?
Alexandre : J'aimerais bien t'y voir... Ca a l'air profond en plus.
Elisabeth : Essaie de l'autre côté sinon.
Alexandre : Avant, il faudrait peut-être que je me place mieux.
Elisabeth : Attends, je vais t'aider. A deux, on y verra plus clair.
Alexandre : Chevauche-moi alors.

A ce moment-là, Geneviève me donna un grand coup par derrière et j'ouvrais la porte sans réfléchir. Dans mon dos, j'imagine que tous les visages tentaient de voir la scène qui s'offrait à moi. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Alexandre était à quatre pattes, la tête derrière les toilettes. Elisabeth semblait assise sur son dos. "Vous avez besoin d'aide?" demandai-je timidement. Le regard glacé d'Elisabeth me fit comprendre que non. Ils se dégagèrent. Elisabeth partit dans la grande salle. Je restais seul face à Alexandre.

Il me confia son secret. Il est capable de se brosser les dents avec deux brosses à la fois, avec des rythmes différents et des sens opposés. C'est son truc. Ca faisait rêver Elisabeth et parce qu'il ne faut pas tout donner tout de suite dans une relation, il ne lui avait jamais montré. Vu leur courte relation, il n'avait jamais pu lui montrer. Après, il était trop tard. En tentant l'expérience, sans trop comprendre pourquoi, une des brosse à dent lui a échappé des mains et est venu se coincer derrière les canalisations des toilettes. Quand nous sommes rentrés, c'était leur ultime chance de récupérer la brosse à dent discrètement. Je suis resté dubitatif sur ses explications. Mais, c'est quelqu'un de bien, je ne pourrais pas croire qu'il m'ait menti. Pas à ce moment-là.

Romook, décalage horaire dans la tête : deuxième sablier.
Tout est arrivé par la faute de Matoo, à cause de son billet Toothcrush.

mardi 25 mars 2008

Divine secousse

Maintenant que l'affaire est médiatisée, que non seulement les sites internet, mais aussi la radio et la télé parlent de l'affaire, je me sens plus libre d'en parler. "Les homosexuels sont responsables des tremblements de terre qui sont enregistrés en Israel" est l'hypothèse qui a été avancée par Shlomo Benizri, député du Shass.

En effet, le Talmud précise que Dieu agitera le monde pour réveiller la personne qui agitera ses parties génitales là où elle n’est pas sensée le faire. Ainsi, les secousses telluriques, notamment celles qui ont secouées Israel au mois de février, ont une explication rationnelle. Je n'en avais d'ailleurs jamais douté.

Déjà en 1906, lors du grand tremblement de terre de San Francisco, les gardiens de la morale avaient rappelé qu'il s'agissait d'un avertissement divin. Cette ville était déjà un lieu de perdition où les homosexuels pullulaient dangereusement aux yeux de la grande et belle Amérique morale. L'histoire ne fait donc que se répéter et tourne sur elle-même en suivant le contours d'un cercle. Bien entendu, quelques mauvais esprits matérialistes (fatalement peu enclin aux choses spirituelles), iront arguer du principe de la tectonique des plaques. Et bien parlons-en justement!

Le mot "tectonique" a pour racine étymologique le mot "τεκτωυ" (tekton pour ceux qui ne lisent pas le grec). Comme par hasard, le mot trouve son origine en Grèce. Or, dans l'antiquité, les jeunes gens - pour les plus fortunés d'entre eux - étaient suivis par un maître qui leurs enseignait les Arts - et tout ce qu'un jeune homme se devait de connaître à propos de la vie. De là est née cette théorie sur les grecs que nous connaissons et qui est parfois rappelée, de manière un peu virulente, lors de la pratique automobile des amateurs. L'histoire s'est étendue à Sappho, la première féministe de l'humanité à ma connaissance. Considérant que la femme était un être humain, ce qui était déjà audacieux dans l'antiquité d'alors, elle se mit à instruire les jeunes femmes sur l'île de Lesbos et à leur enseigner les Arts. Son goût pour l'enseignement l'emmena vraisemblablement au-delà des limites de la bienséance selon les critères de notre monde moderne.

Que tout ceci ne nous éloigne pas de l'essentiel. Je m'en voudrais que l'on m'accuse de digression. Ainsi, et cela n'échappe évidemment pas à Dieu, le mystère de la tectonique des plaques est intimement lié à la culture grecque. Tout le monde a pu constater le gout fort prononcé des gays pour les fêtes en tout genre. Dès lors, y a-t-il quelque chose d'étonnant qu'ils choisissent un lieu où ça bouge pour s'établir ? Dans cette perspective, San-Francisco semble une bonne décision. En effet, cette ville est connue pour être l'un des endroits où ça bouge le plus - à cause de la faille de San Andreas diraient les grises mines scientifiques qui n'ont jamais été touchées par la grâce de la poésie.

Par ailleurs, encore un signe ostentatoire des machinations divines et de Sa Volonté, l'apparition dans les milieux gays de la tecktonik, clin d'œil divin au futur Châtiment, avant sa reprise par toute une population juvénile et ignorante des dangers qui la menace. Il est fort à parier que Dieu doit se mordre les doigts d'avoir vu ainsi s'évaporer son dessein machiavélique de réunir dans une grande fête tecktonik tous les gays du monde à San Francisco. Trop d'innocentes victimes risqueraient aujourd'hui la mort pour qu'il puisse envisager l'exécution de son plan initial sans risquer l'opprobre de l'Humanité. Dieu n'avait pas prévu Internet et le multimédia. Mince.

Israel possède une configuration identique à celle de San Francisco, lieu ensoleillé tout en étant situé sur la faille de la Mer Morte (appelée aussi faille du Levant). Si ça bouge aussi à Israel, ce n'est malheureusement pas uniquement à cause des fêtes qui s'y produisent régulièrement - et les quelques soubresauts que Dieu y imprime de temps à autre. C'est d'ailleurs pourquoi les homosexuels, malgré l'attractivité du lieu, y sont beaucoup moins présents qu'à San Francisco. Mais la vraie question, dans tout ça, c'est pourquoi ça bouge au Japon alors qu'il y a si peu d'homosexuel. Dieu, pourquoi faire bouger le Japon alors que ça n'intéresse personne ? Là-bas, t'es même pas connu!? C'est une action marketing? Hein, dis-nous pourquoi ?

Chers lecteurs, je sens poindre quelques angoisses à l'idée de rester sans réponse. Je ne vous laisserais pas partir sans vous avoir renseigné. Rassurez vous. Si Dieu fait trembler le Japon, pays qui est finalement peu intéressé par la doctrine du Dieu moral qui aime faire danser ceux qui ne respectent pas son ordre naturel, c'est simplement pour s'entraîner. Tout simplement. Un peu comme l'atoll de Mururoa était une aire de jeux nucléaire, le Japon est utilisé par Dieu pour faire des essais, tenter des nouvelles figures sismiques et autres joyeuseries géologiques.

En tout cas, Dieu, je ne sais pas si tu as choisi la meilleure solution en décidant de soigner le mal par le mal avec les homosexuels. Une secousse en vaut bien une autre, non ? Or, si on prend en compte que San Francisco est aujourd'hui la ville où la densité d'homosexuels est la plus forte du continent américain, on constate que tu n'as pas abouti au résultat escompté. Force est de constater que tu ramollis. A l'ère d'Internet, Dieu, tu vas te faire des ennemis avec tes méthodes préhistoriques. Il faut se renouveler, mon ami.

A ta place, je me créerai un compte sur Facebook et je fédérerai mes idées dans un groupe qui pourrait s'intituler "Respecte l'ordre naturel que j'ai établi pour ton bien, sinon t'as qu'à aller te faire foutre en enfer. Signé : Dieu". Le message est clair, simple, efficace, adapté au monde moderne. Nul doute qu'un tel groupe rencontrerait un meilleur accueil qu'un simple et puéril tremblement de terre. En plus, Dieu, tu pourrais améliorer tes idées en profitant de la forme de la démocratie participative que permet naturellement Internet. Mais, il faudra peut-être compter sur un groupe déiphobe : "Je suis gay et je suis contre les tremblements de terre." Qu'importe, tu en as vu d'autres, non?

Romook, conseiller en communication divine : premier sablier
Tout à pris naissance dans la médiatisation de Tarvalanion.

lundi 24 mars 2008

Discussion pendant le repas

Ce midi, après mes 4 heures de droit fiscal, avec trois étudiants, mon chauffeur et la directrice des études, nous déjeunons ensemble. Ces petits repas, au ton cordial, sont souvent l'occasion de découvrir de nouveaux aspects de l'âme chinoise. Le chauffeur, un homme un peu bourru avec un grand cœur, se lance dans une tirade dithyrambique sur les langues. Je ne comprends pas grand chose sinon qu'il y ait question de langue chinoise et de langues étrangères. Étonnamment, il ne fait aucun effort pour que je comprenne, contrairement à son habitude. Il s'échauffe, tout seul, comme un grand, finissant en brandissant les bras au-dessus de la table tout en sautillant sur sa chaise.

Romook : Qu'est-ce qu'il a dit?

Fou rire de mes étudiants qui commencent par ne pas vouloir traduire. Puis l'un d'entre eux se lance.

L'un d'entre eux : Il a dit que la langue chinoise était la plus complexe du monde et qu'à cause de ça on aurait jamais de prix Nobel de littérature.

Romook : Pardon?!

LUDEE : Oui. Aucune personne sur terre ne peut apprendre la langue chinoise car c'est une langue ancienne qui existe depuis plus de cinq mille ans.

R : Pourtant, vous avez eu un prix Nobel de littérature.

Fou rire de mes étudiants. Ils traduisent ma phrase. Et le chauffeur surenchérit avec beaucoup de convictions. Il me regarde droit dans les yeux, parle vite, avec un accent bien de chez lui : je souris, je ne comprends rien.

LUDEE : Il a dit que ce n'était pas possible parce que les 4 livres de la Chine n'ont jamais été prix Nobel, ce qui prouve bien qu'il n'y aura jamais de Prix Nobel de la littérature en Chine. Ce sont les occidentaux qui manœuvrent le comité pour paraître les plus intelligents, mais ils ne comprennent rien à la culture chinoise et n'y comprendront jamais rien. Tant qu'il n'y aura pas de chinois dans le comité des prix Nobel, il n'y en aura jamais pour la Chine. Sinon, cela ferait des millénaires que l'on aurait des prix Nobel.

R : Mais, d'abord, ce n'est pas possible d'avoir des prix Nobel depuis des millénaires car ça n'existe que depuis très peu de temps et, ensuite, vous avez déjà un prix Nobel de littérature qui s'appelle Gao Xingjian. Ca date des années 2000, 2001 ou 2002 je ne sais plus.

Stupeur autour de moi. Traduction. Réponse animée. Je suis toujours dans un black-out linguistique total. Je m'en vais leur faire leur cours de droit fiscal en ch'ti la prochaine fois si ça continue.

LUDEE : Il dit que c'est impossible car, de toute façon, personne ne peut comprendre la langue chinoise car elle est trop complexe. La preuve, c'est qu'il y a eu une constitution internationale qui a été rédigée : il n'a fallut qu'un tome pour la langue chinoise alors qu'il en a fallu trois pour rien que pour la langue française.

Romook a la moutarde qui lui monte au nez, une fois n'est pas coutume.

R : Il y a bien eu un prix Nobel de la littérature chinoise, ça c'est sûr. Le fait que vous ne soyez pas au courant, ne prouve pas le contraire et a plutôt pour cause votre inculture : ouf je ne l'ai pas dit! Ensuite, la taille n'a rien à voir avec la complexité, c'est plutôt due au côté pratique des caractères qui tiennent tous dans un petit carré, ce qui permet d'économiser beaucoup de place à l'impression. Vous qui parlez français, vous vous rendez bien compte que c'est plus court d'écrire 下雨 que "il pleut." Par ailleurs, si on devait comparer, on pourrait probablement dire que la langue chinoise est bien adaptée à la poésie du fait de son imprécision, mais certainement pas aux choses complexes. Vous ne trouvez pas qu'avec les conjugaisons, on obtient un niveau de précision plus important dans une discussion ?

LUDEE : Oui, mais c'est difficile les conjugaisons.

R : Peu importe. Vous savez bien que, même quand vous parlez entre vous, entre chinois qui parlent bien le chinois, vous avez des difficultés à vous comprendre si vous ne dîtes pas assez de phrase.

LUDEE : Oui, mais c'est parce que beaucoup de sons identiques sont des mots différents, alors on se perd dans les sens.

Et on a ri tous ensemble.

Romook, Les lettres chinoises

samedi 22 mars 2008

6 trucs sans importance

Après avoir découvert que de trouver six choses dérisoires et inintéressantes était une épreuve difficile, je m'y essaie, étant l'homme des défis.

1 - J'ai du mal à gérer l'antidatage de mes billets qui, régulièrement, se publient avant que je ne le veuille.

2 - Je porte des slips, mais pas toujours - et seulement un à la fois.

3 - Je bois du café noir en France et du café au lait sucré lyophilisé en Chine.

4 - Toutes mes guitares ont 6 cordes.

5 - Je perds mes cheveux.

6 - Je n'ai pas fini de lire "Souvenirs pieux".

Romook, tenté par le fait de savoir faire des choses simples

Discussion au salon de massage

La Masseuse : Tu viens de quel pays?
Romook : Je suis français.
M : Tu parles couramment le chinois, c'est incroyable (..?/!ù^§ù:.:,) temps ?
R : Pas du tout, je dois encore étudier mon niveau de chinois n'est pas très bon.
M : Tu viens pour laver les pieds?
R : Non, pour un massage.
M : Tu t'es déjà lavé les pieds?
R : Oui, à l'hôtel.
M : Quand ?
R : Ce matin. Pourquoi?
M : En Europe, je sais que vous ne pouvez pas vous laver les pieds. C'est pour ça que tu veux le faire deux fois?
R : ?? Je ne comprends pas.
M : Tu n'es pas venu pour un massage?
R : Si.
M : Ca fera deux fois aujourd'hui alors puisque tu l'as déjà fait à l'hôtel une fois ce matin. Tu comprends quand je parle?

Note aux lecteurs : C'est alors que Romook comprit que "laver les pieds" signifiait dans le langage de cette demoiselle "massage chinois des pieds". Il se rappela également que la fois précédente il y eut la même confusion dans le même salon de massage. Il faut donc relire le texte ci-dessus en changeant le groupe nominal "laver les pieds" par "faire un massage chinois des pieds". La langue chinoise est difficile, notamment pour ses milliers d'expressions toutes synonymes avec des mots de base. La confusion est facile pour les étrangers. Même prévenu, on continue à se faire prendre.

M : Tu as quel âge?
R : 32 ans. Et toi?
M : 30 ans. Tu es marié?
R : Non.
M : Vous avez le droit de ne pas être marié à 32 ans en France?
R : Oui, ce n'est pas la même culture. On peut se marier plus tard si on veut, ou même ne pas se marier.
M : Alors, on peut se marier à 40, 50 ans ?!
R : Oui. On peut même avoir des enfants sans être marié.
M (gloussements) : En Chine, on doit être marié pour avoir des enfants. Vous avez combien d'enfants?
R : Je ne comprends pas.
M : Vous avez combien d'enfants ? 1 ? 2 ?
R : Comme on veut. Il n'y a pas de limite.
M (gloussements à nouveau) : Alors on peut ne pas être marié et avoir 3 enfants?
R : Oui.
M : Mais pour vivre ensemble dans la même maison, il faut quand même être marié?
R : Non. On peut vivre sans être marié ensemble, avec des enfants. Parfois, les enfants ne sont pas avec leurs deux parents.
M : Je ne comprends pas.
R : Parfois, dans la même maison, il y a les enfants d'une maman qui vit avec un homme, mais ce n'est pas le papa des enfants.
M : (?!) Ce n'est pas la même culture.
R : Oui, ce n'est pas la même culture.

Romook, de retour dans la Chine profonde

vendredi 21 mars 2008

Vie décalée

A l'heure où je vous écris, je devrais dormir - ou veiller. En fait, avec le décalage horaire tout s'embrouille et la réalité se dilue dans une sorte de rêve semi-éveillé permanent. D'une préparation de cours à un dossier, d'un roman à un blog, toutes mes divagations reflètent une perte de repères temporels, un quotidien disparut à recréer.Le corps s'obstine à conserver ses mécanismes antérieurs alors que l'esprit lui ordonne de se soumettre à cette nouvelle réalité. Il n'y a pas là de conflit entre la Raison et la Passion, si communément enseigné, mais entre la vie d'un monde opposée à celle d'un autre.

Une part de moi continue son chemin en restant viscéralement attachée à cette ancienne position, diamétralement située de l'autre côté de la Terre. L'autre part tente de s'acclimater. Mon esprit se situe à la croisée de ces deux antagonismes et constate son incapacité à faire fusionner les deux en un temps relativement court. Il est 22h20 en France, il est 5h20 en Chine.J'ai dormi 4 heures, comme hier, comme probablement demain. Que peut-on faire contre ses veillées forcées qui tiennent l'esprit en haleine ? Tenir un blog : j'y suis :-)



Dans ma nuit blanche, je me contemple donc me contempler. Ma conscience n'est même pas agacée par l'un des néons de ma chambre, qui a décidé de ne veiller sur moi que par intermittence, avec un petit claquement irrégulier. Ce genre de détail m'horripile habituellement. Presqu'anesthésié par une brume de sommeil qui ne veut pas s'étendre, je subis sans subir, mes forces d'énervement étant probablement endormies.

Dans une heure, je devrais me lever pour préparer mon cours - c'est-à-dire le relire, afin d'éviter les mauvaises découvertes de dernière minute, lorsqu'on s'aperçoit qu'il manque deux pages en plein milieux d'un paragraphe technique sur l'exigibilité de la TVA. Aller se recoucher, pour ne pas dormir, n'a aucun sens. Rester debout en étant incapable de ne rien faire n'a pas beaucoup plus de sens.

L'expérience du va et vient du sens au non-sens me conduit à toucher la réalité sensible de l'être et du non-être. Je ne suis pas vraiment moi, écrasé par une fausse torpeur, tout en n'étant pas un autre, trop conscient de mon univers pour pouvoir me leurrer moi-même.

Romook, perdu, quelque part, entre jour et nuit

jeudi 20 mars 2008

Jeudi, bien arrivé

Au terme d'un voyage de 24h, je suis bien arrivé. Il m'aura donc fallu très exactement 24 heures de marche à pieds, train, d'avion, d'attente, d'avion, de voiture pour faire le trajet qui mène de mon appartement lillois à mon hôtel, dans le centre de la Chine, à Wuhan.

Pendant ce voyage, j'ai eu l'occasion de :

(i) faire découvrir le camembert et le crumble de pommes à deux chinois (mes deux voisins dans l'avion),
(ii) discuter du bouddhisme et de l'utilité des religions dans le monde,
(iii) raconter pourquoi j'allais en Chine et, bien sûr, pourquoi j'avais appris le chinois,
(iv) constater qu'en avion, ce ne sont pas mes chevilles qui enflent, mais bien les pieds (qui ne voulaient plus rentrer dans les chaussures : les bougres),
(v) lire les deux pièces de Bertolt Brecht "le procès de Jeanne d'Arc à Rouen, 1431" et "Coriolan",
(vi) écrabouiller l'ordinateur d'échecs d'Air-France, à son plus haut niveau (?!) par deux parties qui n'ont même pas suscitées l'envie de lui laisser une chance de se refaire dans une troisième partie,
(vii) boire un bloody mary,
(viii) discuter avec l'un des stewarts, très sympa d'ailleurs, et lui confirmer que le personnel Air-France est toujours d'une extraordinaire bonne humeur et que c'est toujours un plaisir que d'être dans l'avion,
(ix) aider un couple italien à se retrouver ensemble en expliquant à un chinois qu'en cédant sa place il permettrait à un couple de se retrouver (alors qu'il avait refusé catégoriquement avec l'hôtesse qui lui avait demandé gentiment en anglais),
(x) découvrir que le nombre "666" dans la culture chinoise signifie "sans problème, avec facilité" après avoir interrogé mon chauffeur à propos d'un restaurant qui s'appelait le "666"
(xi) être stupéfait par le fait que la fatigue aidant, lorsque je m'adresse à un français qui me parle en français alors que je suis en train de parler chinois, j'utilise la langue anglaise,
(xii) m'apercevoir que le personnel de l'hôtel est toujours aussi accueillant avec moi et que ça a l'air d'être vraiment sincère,
(xiii) j'ai vraiment une sale tête au bout de douze heures d'avion et que ça ne sert à rien de sourire aux femmes, elles n'ont aucun égard pour vous. Comme quoi, les femmes, elles aussi, jugent sur les apparences, quoi qu'elles en disent concernant les sentiments amoureux.

Tout ça pour vous dire que je suis bien arrivé, que ce court voyage (retour le 31 mars) s'annonce très éprouvant, que je suis parti en Chine avec des pieds de plomb à cause de la fatigue qui se profile, mais que quelques minutes après être effectivement en communication avec mes deux voisins chinois (de l'avion), j'étais déjà très heureux et que, pour le moment, je n'échangerai ma place pour rien au monde, sauf peut-être pour passer une nuit avoir le bonheur de rencontrer avec Nicole Kidman. De toute façon, je ne prends pas beaucoup de risque à écrire ça, personne ne me le proposera.

Romook, bien arrivé (enfin!)

lundi 17 mars 2008

Mercredi, c'est fini

Je sais que la nouvelle va tomber brutalement. Alors, je le dis brutalement. D'abord, parce que je ne crois pas aux vertus des lendemains qui chantent après la tempête. Quand c'est mort, c'est mort. Quand c'est fini, c'est fini. Voilà.

Et on ne pourra pas dire que je ne vous aurais pas prévenu. Evidemment, dans mon entourage proche, on est déjà au courant de la nouvelle depuis un moment. Je sais que ça va en embêter plus d'un, mais c'est comme ça la vie d'un blog. Y a des moments d'euphorie, et puis les autres. Ceux qui ressemblent à ces moments intimes et calmes des vieux couples. Encore qu'il y a des instants où l'on peut s'interroger sur l'existence éventuelle d'une forme de tendresse larvée dans le silence. Bref. Il fallait que je le dise. Il fallait que je l'écrive.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas de ce changement brutal. Je sais que l'on s'habitue à tout, mais mes amis savent très bien que je suis l'ennemi de la monotonie. Ainsi, quand j'ai commencé à sentir que ça partait en vrille, je me suis dit : "Ca y est, c'est le moment!" Et dans ces cas là, il ne faut pas y aller par quatre chemins.

Mercredi, c'est fini. Je quitte la France. Je pars en Chine. Je retourne vivre en Chine. Les conséquences sont importantes et nombreuses, surtout dans un tel contexte d'actualités. Donc, je vais fort probablement reprendre une écriture plus régulière de mon blog. Et puis, je vais enseigner le droit fiscal. En fait, jusqu'au 31 mars, jour de mon retour, vous devrez vous réhabituer à venir plusieurs fois par jour sur mon blog. J'en suis désolé. Mais bon, faut assumer vos passions pour mon blog. Sinon, il fallait en trouver un autre moins bizarre. Encore désolé et à très bientôt.

Romook, sur le départ...

jeudi 13 mars 2008

10 associations de goût sans réfléchir

Et bien voilà, me voilà harponné par Elisabeth dans le cadre d'une chaîne de goûts... Je ne vais pas m'en plaindre car, depuis plusieurs jours, je traîne la patte pour écrire sur mon blog.... Considérant que plus le temps passe, moins ça n'a de sens de rattrapper les billets perdus, ce qui met en place un cercle vertueux... Non, mon blog ne sera pas abandonné grâce à la malicieuse intervention d'Elisabeth.

Le but, pour ceux qui ne sont pas aguerris à ce type d'exercice de style bloguesque (j'explique surtout pour Anna et Yogi Tougoudou), est de faire 10 associations de goûts sans réfléchir et qui permettent de mieux découvrir les arcanes psychologiques cachées du blogueur visé. Quand quelqu'un vous a dans le colimateur, vous devez déférer à son invitation sous peine d'excommunication de la blogosphère (bien pensante). Bref, je me soumets à l'exercice car j'estime Elisabeth - et que pour une fois qu'on pense à moi, ça me donne la sensation d'exister.

Vodka, Baileys et grenadine : une recette de cocktail imbuvable appelée "cervelle de chacal". Vous prenez un grand verre à eau que vous remplissez de vodka (comme si c'était de l'eau). Oui, je sais, c'est une dose monstrueuse... C'est aussi pour ça que c'est imbuvable. Dans le fond doit stagner - et j'insiste sur le terme stagner - le Baileys qui, au contact de la vodka, a "précipité" (vous savez, les masses gluantes comme dans les TP de chimie au lycée) dans un fond de grenadine. Pour que le cocktail soit réussi, il faut impérativement que la vodka ne soit pas trouble. Quand on vous le sert, l'effet est garanti : on a l'impression de voir une cervelle de chacal dans le formol. C'est inesthétique à souhait. Rassurez-vous à boire, c'est pire. En souvenir d'une soirée mémorable avec mes cousins du douaisis. Le lieu sauvage où ce breuvage a été inventé s'appelait "Le cheyenne". Un bar improbable, où à l'extérieur trônaient quelques mobylettes trafiquées. A l'intérieur, face au poster de Johnny grandeur nature, quelques barbus musclés en cuir, sentant l'huile grillée, dégustait les cocktails "maisons". Toute la carte était à vomir. Rien n'y fit. Je devais goûter le "Pink Riviera", le "Grinman" et la "cervelle de chacal". J'ai survécu aux trois cocktails. Seule une recette me revient en tête malheureusement... Le Cheyenne a brûlé, emportant heureusement avec lui ses recettes.

Pâtes à la crème fraîche et aux croûtons : Je suis au Sénégal et Charlie qui adore l'ail (et veut en mettre partout) réalise des croûtons à l'ail. Après, ne sachant pas quoi en faire, il leurs invente une justification en faisant des pâtes à la crème fraîche. Il met les croûtons dedans pour qu'ils soient bien imbibés du jus. Mais les croûtons maison, faits à base de pain grillé, se gorgent de crème fraîche et commencent à se déliter dans les pâtes. On a mangé de bon coeur car l'intention était bonne, à défaut du reste.

Flamiche aux maroilles et crème fraîche : J'ai toujours été choqué par les gens qui mettaient de la crème fraîche dans la flamiche aux Maroilles. Pas de ça avec moi, SVP, ça me rend vraiment irrascible. Y a des sujets qui ne prêtent pas à discussion, ni à plaisanterie. Ok?!

Leffes et Bloody Mary : D'aucuns se rappelleront cette journée mémorable où j'ai bien cru mourir. Dernier examen oral pour obtenir un titre dont je tairais le nom. Je fais partie des premiers à passer cet examen. Mes camarades de promotion m'enjoignent à aller les attendre devant une petite leffe au bar de la fac après l'épreuve. Je ne suis pas homme à me débiner. Je les attends donc. En plus, à 1 euro la Leffe, on ne peut pas refuser. J'arrive au bar vers 14h30. Je prends une leffe. 15h, arrive un camarade, une autre leffe... Passons les détails : chaque demi-heure, un camarade arrivait, suivi immédiatement de la leffe correspondante. A 20h, nous décidâmes d'aller nous restaurer. S'en suivit donc un plat de 300 grammes de pâtes pour 8 personnes et deux bouteilles de vin rouge. Fin des examens oblige, à 22h, nous partions dans un bar où se poursuivit nos exploits jusqu'à 2 heures avec force cuba libre... Sur ce, il me semblait adéquat d'éviter tout malentendu en invitant quelques comparses à venir déguster quelques whisky. A 5 heures du matin, je me retrouvais seul chez moi. Dodo. Vers 6 heures du matin, pris d'un étrange et inexplicable mal de mer, je me rendais aux commodités pour m'apaiser légèrement. Le va et vient entre ce lieu et mon lit se poursuivit jusqu'à 11h30 du matin, tous les 1/4 d'heure... C'est à cette heure là que je décidais que j'allais simplement mourir. Une voix veillait et me rappelle une phrase prononcée par un de mes oncles : "Quand tout va mal et qu'il n'y a plus de solution : il reste encore le Bloody Mary!". J'avais horreur du jus de tomate, mais dans de telles conditions, où du citrate de béthaïne en passant par le motilium et la bière, tout avait été tenté et rien n'avait fonctionné, je me lançais dans l'expérience bloody marienne. Deux gorgées ont suffi pour stopper net le va et vient. Deux Bloody Mary plus tard, j'étais sur pied. Le soir même, nous fîmes la fête (pour les résultats cette fois) et j'alternais toute la soirée Leffe et Boody Mary. Depuis ce jour, pas une soirée ne se déroule sans que je ne rende hommage à cette boisson miracle.

Feuilleté saucisse et sauce chocolat : Premier voyage en Angleterre. Breakfast. On nous sert, à moi et Olivier mon compagnon d'infortune (deux jeunes garçons de 14 ans), un feuilleté saucisse. C'étaiot appétissant jusqu'à ce que la sauce marron coule dessus. Intrigués, nous goûtons. C'était une sauce chocolat. Bienvenue en Angleterre.

Café et triple chocolate cookies : Mon breakfast anglais pendant mon séjour à Londres de deux mois. Le cookie provenait de chez Ben's cookie dans le quartier de Kensington, juste en face de la concession Lamborghini (l'enseigne blanche et rouge sur la photo). Un régal! Vous pouvez voir l'emplacement exact (juste à la sortie gauche de South Kensington)



Miel et cire : Pendant l'extraction du miel, le plaisir de mettre dans la bouche des morceaux de rayon de cire avec le miel à peine désoperculé... Sans parler de l'odeur et du bruit !! L'odeur parfumée du miel que l'on est en train d'extraire est incroyable. Par ailleurs, il faut savoir que le miel a pendant deux ou trois heures un goût inimitable qui se perd malheureusement définitivement passé ce délai. Le bruit? Les inévitables demoiselles rayées qui accompagnent l'apiculteur faisant sa récolte bien sûr.

Margaux et odeurs corporelles : La bouteille de vin qui permet de faire la transition pendant la courte pause nécessaire au rechargement des batteries. J'étais jeune (!)... Des amatrices ? Décidément je ne peux pas écrire ça. Ca va finir par jaser et certaines vont croire que je ne suis pas fidèle...

Pain d'épice, boisson énergétique à l'orange, chocolat : Pendant mon entraînement à la course à pied de plusieurs heures consécutives, l'obligation de s'alimenter correctement... Course à pied de sept heures trente à Villepreux. Sept heures trente à souffrir dans le froid et à avaler ces trois produits en quantité invraisemblable... 52 km réalisés en ingurgitant ces aliments à tout instants. Dans l'avesnois, 57 km (5h30) avec ces trois aliments encore... Les quatre heures de la Sentinelle aussi... Plus les heures d'entrainement... Résultat : le goût orange et le pain d'épice, bof, bof... Pour le chocolat, pas de souci :-)

La sucette à la framboise avec un chewing-gum dedans et le cèdre bleu de l'atlas : Mon petit plaisir du collège. Tous les jours, cinq ou six sucettes... J'adorais ce goût chimique de framboise. Je les dégustais en contemplant un arbre majestueux dans un jardin environnant le collège : un cèdre bleu de l'atlas. Les deux sont restés indissociablement liés. Quand je sens le goût de la framboise, je pense à mon arbre et inversement. Faut pas grand chose pour détraquer un individu...

Voilà, j'ai réalisé mon parcours du combattant bloguesque. Je passe le flambeau à Yogi Tougoudou en mal d'inspiration, à Nathalie (clopin- clopant) jamais en mal d'inspiration et d'une manière générale à tous ceux qui lisent ce blog et se sentent suffisamment intéressés tentés investis par ces 10 associations de goût pour m'indiquer en commentaire qu'ils se sont soumis à ce petit jeu de manière libre et consciente. Pour ceux qui n'ont pas de blog, aucune raison d'y échapper pour autant : il y a la possibilité de laisser un commentaire, c'est pas fait pour les chiens.

Ainsi, Ania est cordialement invitée à se manifester de toute façon la connaissant elle aurait naturellement pris la parole.

Y a une association de goût que j'apprécie mais que la décence m'interdit d'écrire. Je vous laisse deviner laquelle. Ca a un rapport avec le sexe féminin.

Romook, ça c'est fait

mardi 4 mars 2008

La soupe aux oignons

Trois jours dans une ville où il a floconné un peu aujourd'hui. Trois jours qui passent vite, mais où les soirées paraissent interminables. La première fois que je suis venu, on m'avait dit que c'était une ville presque morte. 100 000 habitants environ, d'après les données démographiques, je me dis que ça doit bouger un peu (quand même). J'arrivais un dimanche soir dans l'hôtel et la ville était déserte. Je ne m'inquiétais pas outre mesure, Lille est beaucoup plus grande et reste très peu active le dimanche (disons que l'activité humaine se densifie dans certains quartiers et laisse place à beaucoup de vide dans d'autres habituellement plus animés).

Le lundi soir, après six heures de cours sur le droit anglais, je partais à la recherche d'un resto (resto du soir, espoir dit le proverbe). Je rencontrais alors des bars vides où, première fois que je voyais ça, des barmans était seul dans leur bar, sans musique. Pourquoi ouvrir dans de telles conditions? Mais bon, je m'étais vite ravisé : lundi soir, 19h30, pas trop de vie, c'était normal. Je rentrais alors dans une pizzeria, vide. L'ambiance était presque chaleureuse, sans musique, sans personne dans la salle hormis moi. Je me risquais à demander si c'était ouvert. "Vous êtes entré, non ?! Donc, ça doit être ouvert." Bonne ambiance.

Je ne m'attardais pas le repas terminé et rentrais vite dans le cocon de ma chambre d'hôtel. En passant à la réception, je me hasardé à une question qui, avec le recul, me paraît maintenant frisée l'outrecuidance la plus absolue : Il est où le quartier sympa dans la ville ? L'endroit où ça bouge un peu? La réponse fût sans appel : En semaine, il n'y a rien. Faut attendre vendredi. Encourageant.

Le lendemain, je prenais attache avec des personnes que je connaissais et qui étaient à une heure de route de là. Ca peut paraître loin (trois heures aller - retour), mais plutôt que d'avoir l'impression que vous êtes dans une ville où quand vous cherchez un resto, les habitants vous guettent derrière leur fenêtre et sont prêts à appeler la police car il y a un individu qui vagabonde dans les rues, seul, croyez-moi, ça occupe le temps - et vous passez en plus une bonne soirée.

Quatre ans plus tard, j'arrive à mieux organiser mon temps et j'ai repréré quelques restos sympa. Je prévois toujours des trucs à faire : j'ai le temps. Aujourd'hui, j'ai fait des blitz à l'heure du midi avec deux joueurs d'échecs rencontrés sur Facebook. C'était inattendu et super (en plus, y avait un ch'ti mi expatrié). Hier soir, j'étais chez un ami et on a déconné sur les femmes (normal, on était entre hommes). Ayant réservé mon hôtel trop tard, tous les hôtels étaient pleins. Résultat : j'ai une chambre familiale avec un lit "King Size". Un must, me direz-vous, quand on dort seul. Sauf quand il fait froid. C'est un autre débât.

Je suis allé dîner seul. Petit menu sympa avec mon bouquin sur les remedies. En entrée, je choisis la soupe à l'oignon. Mon ami me demande, via sms, si je vais bien. Je lui indique que mon repas prend une tournure solitaire. Comme dirait mon cousin, les oignons, c'est bien, mais ça fait péter. Ainsi, pour justifier ma solitude de manière gombrowiczéenne, je me décide à manger quelque chose qui me met dans une situation telle que je ne pourrai pas être en société. Ainsi, je péterai seul, en solitaire, sans mauvaise conscience.

Mon ami me répond que j'ai bien raison de vouloir tester l'acoustique de ma grande chambre. Je lui rétorque tout aussi net qu'il s'agit également d'en éprouver les distances. On a beau être le producteur des effluves malodorantes, on n'en reste pas moins un être qui peut souffrir de ces incommodités. Ainsi, je rentabiliserai le King size en voyageant d'un bord à l'autre en espérant que le méthane ne m'endorme pas à tout jamais.

Romook, un masque à gaz à la main (pour le moment)

lundi 3 mars 2008

Flemme

Oui, je sais. Pas de panique SVP, tout va bien. Débordé : bah nan, pas trop. Pas envie d'écrire : ben si. Qu'est-ce qui ne va pas? Euh... J'ai la flemme de me mettre à mon ordinateur pour écrire les quelques lignes de prose qui ravissent votre quotidien. Je n'ai rien contre les lecteurs (d'ailleurs, sinon je ne prendrai pas le temps d'écrire pour expliquer que j'ai plus (+) envie de ne rien faire que d'écrire). Même, j'ajouterai - et ça vient vraiment du fond du cœur - que j'avais projeté de vous faire écouter "le p'tit quinquin" dans une interprétation toute personnelle au ErHu (l'espèce de violon chinois qui tient plutôt du violoncelle à bien y regarder de près, en fait : voir billet antérieur pour mieux comprendre) et de vous coller une série de leçon - en podcast - de langue ch'ti pour faire honneur au film de chez "mi" (ce n'est pas une faute de frappe, moi = mi en ch'ti. De là à dire que parler le ch'ti reviendrait à faire des fautes de frappe à l'oral, y a qu'un pas).

Voilà, j'ai la flemme. Faut pas chercher plus loin. Qu'est-ce qui me pousse à écrire sur mon blog ce genre de chose?... Je sais, ça sent la schizophrénie à plein nez... Le type écrit sur son blog que s'il n'écrit pas c'est qu'il a la flemme d'écrire : le paradoxe du flemmard auto-égocentrique satisfait de lui-même. J'en vois déjà certains qui vont aller pérorer sur la place publique qu'ils m'ont pris en flagrant délit d'incohérence.

A ceux-là, je vais leur annoncer une autre nouvelle. Bah j'ai autre chose à faire de plus important que d'écrire sur mon blog. Là, maintenant. Avant, ça allait. Y avait des trucs à faire et puis surtout y avait l'envie de ne rien faire qu'était supérieure. Là, mon envie de ne rien faire est toujours là. Sauf que j'ai un truc à préparer pour demain matin. C'est pas pour me vanter mais à partir de demain je dois donner 18 heures de cours de droit anglais en trois jours (pour faire simple, 6h x 3j). C'est pas un nouveau cours, ça fait quatre ans que je le fais. Mais, cette année, j'ai des idées pédagogiques nouvelles. Toutefois, je n'ai pas eu vraiment le temps de les préparer comme je voulais. Du coup, je sais que c'est foutu pour cette année et que c'est reporté à l'année prochaine (l'année dernière ça avait été aussi le cas... avec d'autres idées pédagogiques moins brillantes que cette année).

Le problème est autre. Demain, il faut quand même que je fasse 6 heures de cours. Et mardi aussi. Demain soir, je vais voir un ami que je n'ai pas vu depuis un an (bah justement l'année dernière, même époque, même problématique). Et mardi midi (dieu sait que le midi j'aime préparer mes cours dans l'intervalle entre 12h et 14h), je vais déjeuner avec deux joueurs d'échecs rencontrés sur Internet. Du coup, ça sent le roussi. Mon envie de rien faire est donc dépassée par la nécessité d'agir.

La solution m'apparaît alors simple, claire, lumineuse : écrire sur mon blog pour expliquer que j'ai envie de ne rien faire. D'abord, ça explique mon silence et rassure mes lecteurs soucieux de mon être. Ensuite, ça me permet de retarder, tout en agissant, l'inévitable échéance de la préparation... Voilà, vous savez tout.

Maintenant, il faut que je me plonge dans les affres de la constitution anglaise (mes notes de cours sont en anglais : quel andouille!), puis de l'organisation judiciaire (argh!) avant de pouvoir entamer tout l'intérêt du droit anglais les remedies du droit des contrats (rien que pour ça, j'aurais aimé être juriste de droit anglais : peut-être un jour, je me reconvertirais juge en Common Law). Objectif : finir en faisant faire des cas pratiques aux étudiants. En général, le cours finit comme ça. Ce n'est pas que je n'ai plus rien à dire sur le cours. Je pourrai poursuivre sur le droit des sociétés, l'habeas corpus et autres joies juridiques. Seulement, les cas pratiques sont interactifs et plaisent vraiment aux étudiants. Et c'est comme ça que je m'aperçois que le droit anglais est vraiment complexe pour les français... Ca permet d'expliquer et de réexpliquer sans donner la sensation de redire la même chose. Enfin bref. Ca, c'est ma tanbouille de prof.

Sinon, j'ai internet dans mon hôtel. Peut-être que si je suis vraiment débordé, je vous écrirai la suite du vieux libraire (ou autre chose).

Bon début de semaine à tous.

Romook, "putain putain putain" (cf. "4 mariages et un enterrement", Hugh Grant)