China official gets death for blowing up mistress

La Chine n'est pas le pays des Droits de l'Homme, ça se constate encore aujourd'hui avec ce fait divers, tout à fait anodin. Il est vrai que c'est parfois dans les petits actes que l'on rencontre les signes les plus forts d'un trait de caractère ou que l'on peut déceler les traits marquants d'une personnalité. La Chine se révèle dans tout son traditionnalisme d'une grande exigence envers l'homme.

Les faits sont relativement simples. Un homme qui avait des relations intimes avec une femme - que l'on qualifiera simplement d'amante - désirait rompre cette relation. Peut-être savait-il que par delà la relation charnelle, aussi bonne fût-elle, point n'était d'avenir avec une femme que le temps ne manquerait d'abîmer et que, sans véritable amour et sentiment, le relais spirituel ne suffirait pas à combler les désastres temporels infligés à une beauté plus extérieure qu'intérieure. Ou encore, lassé de ces joutes sexuelles avec la belle et désirant poursuivre son oeuvre artistique sur quelqu'autres contrées féminines, le voyageur esthète décidait de reprendre le large vers d'autres horizons. Enfin, ne se pouvait-il pas aussi que cette homme, conscient de l'artificialité d'une simple relation physique - en effet, bouddhiste convaincu et affranchi notamment du désir physique, il était complètement lucide sur la situation - il oeuvrait dans le bien de sa partenaire en lui indiquant la voie de la sortie afin qu'elle puisse épanouir au niveau de conscience qui lui convenait le mieux dans une nouvelle relation basée sur des fondements identiques à ceux qu'elle comprenait. Nul ne le sait car personne n'est dans le coeur de l'homme.

L'histoire, avide de sensationnel, ne retiendra qu'une chose : elle lui réclamait de l'argent et, lassé de ses demandes répétées, ne trouvant aucune autre solution - car en gentleman il ne désirait pas faire souffrir la belle avec une rupture qu'elle ne comprendrait pas - il prit la décision de l'occire avec une bombe placée dans sa voiture, méthode autrement appelée dans les manuels de psychologie amoureuse "la rupture palestinienne".

Avec l'aide d'un technicien, dont on remarquera l'entier dévouement - et ce à quoi la justice a rendu hommage par une peine de prison à perpétuité - il réussit à mettre en oeuvre sa stratégie de rupture qui correspond bien à l'expression chinoise : 一刀两断 (yi dao liang duan), un couteau, deux morceaux.

Cette expression s'utilise, dans le cadre des relations amoureuses, pour exprimer que lors d'une rupture, la relation doit être clairement terminée. Pas question de pseudo-rabibochage, d'explications oiseuses qui n'en finissent pas et autres rencontres de pleurnicherie psycho-machin-truc, yi dao liang duan c'est yi dao liang duan, un point c'est tout. Ainsi, l'autre pleure un bon coup et puis il passe à autre chose. Le deuil est bien plus vite terminée lorsque les choses sont claires. Et, par définition même, si vous n'aimez plus l'autre et que vous le quittez, pourquoi seriez-vous gentil avec lui en lui disant : mais on restera bons amis, on se reverra encore, etc...? En soi, il faut choisir, soit vous ne l'aimez plus et pas de raison d'être un bon chrétien (car qu'est-ce d'autre comme comportement que celui d'un bon chrétien?), soit vous l'aimez encore et pourquoi vous le quittez ? Bref. yi dao liang duan est le meilleur moyen d'être gentil avec celui qu'on n'aime plus puisque cela lui permet de tourner la page plus vite. C'est ce qu'avait comprit cette homme en faisant sauter la voiture de sa belle, victime ainsi d'une tradition linguistique plusieurs fois millénaires. On n'échappe pas à sa langue, c'est la douloureuse expérience qu'en a donc fait cet homme.

Le droit chinois, plutôt proche des droits de la femme que des droits de l'homme dans cette situation, ne s'est pas laissé impressionner par la force de son propre language et est resté impuissant à la beauté esthétique du geste de l'homme, ainsi que sa détresse de ne pas savoir comment se séparer d'une femme vénale. Le voici donc condamné à mort.

Je suis donc choqué, vous l'aurez compris, par cette décision totalement partisane à l'égard de la femme, alors que, probablement, aucun juge ne s'est interrogé dans la part de responsabilité qu'elle portait dans une situation qu'elle a créé de toute pièce et où elle paraît être la victime. Vraiment, c'est choquant.

Romook, les neurones se réveillent...