Joyeux anniversaire au blogueur Romook... Joyeux anniversaire! Déjà deux ans de billets! Y en a eu de toutes les sortes, plutôt humoristiques, mais parfois également un peu plus sérieux...

Deux ans, ça permet de faire un petit bilan, genre "retour sur soi". Pour qui je blogue ?

A priori, la réponse semble être évidente. Pour Anna, ou Anka, ou encore Anna O. quant elle ne s'affuble pas de sobriquet plus fantaisiste... Et oui, car peu de lecteurs se manifestent (non, non, manou, je t'ai vu!) malgré mes appels répétés à une forte participation!

Alexandre, parfois, se laisse emporter à lâcher un commentaire. Il en est de même d'Elisabeth.

Mais que dois-je penser de cette foule silencieuse qui traverse mon blog de part en part... N'est-ce pas Rico, ou encore JC, dont vos commentaires ne m'arrivent que par voie orale...

Que dire de ces nombreux visiteurs qui ne se laisseront pas démasquer, n'osant avouer la lecture de ce blog, probablement trop licencieux pour être revendiqué en public ?!

Bref. L'heure est au bilan. Le vrai Bilan.

Lorsque le blog a été lancé, c'était avant tout pour poursuivre une blague née le week end du 8 mai 2005. Blague qui consacrait une histoire vraie vieille de plus de 23 ans... Et puis, ce groupe d'amis (devrais-je dire connaissance?) s'est réduit à une portion congrue suite à mon départ à l'étranger. J'ai continué à bloguer pour maintenir le fil avec les personnes qui me connaissaient. Le temps m'était compté et il était plus simple de tenir un journal quotidien que d'écrire à toutes les personnes qui s'intéressaient à ma vie. Et j'y ai pris du plaisir, beaucoup de plaisir.

Me voici donc au Japon, puis en Angleterre, puis en Chine. J'y ai trouvé un intérêt linguistique également. Il faut l'avouer franchement : c'est l'heure du vrai bilan, je le rappelle.

Et là, j'ai rencontré Kai Ye, ça a redonné un coup de souffle au blog. J'avais trouvé le complice de mes délires, une amitié rare.

Je suis revenu en France. Les amis d'avant avaient pour la plupart disparus : ne sont restés que les plus intéressés. Personne n'est à blâmer, c'est la vie. Mais, ajoutée à la désagréable impression de n'être pas à sa place en France, la solitude a été ressentie de manière plus forte. Rapidement, j'ai heureusement su que j'allais retourner en Chine. J'allais mieux, je bloguais un peu plus, s'en est même suivi une rénovation esthétique et informatique. Et, parallèlement, je retrouvais mes amis les plus fidèles, pour la plupart les plus anciens.

Et puis, le blog est devenu le relais avec la personne éloignée : mon ami Kai Ye. Mais le temps a manqué pour alimenter le blog et il est devenu un fardeau à porter, avec l'incertitude croissante de l'intérêt que les autres pouvaient y porter. Après un mois de décembre éprouvant nerveusement, la Chine apparaissait comme un paradis qui s'offrait à moi. Beaucoup de nouvelles se sont accumulées sur place... Dans le lot des bonnes, la mauvaise : ma relation avec Kai Ye est terminée. Et mon blog s'interroge à nouveau et se mit à traverser une nouvelle crise existentielle.

La non-envie d'écrire est revenue. La fatigue physique y contribuant fortement. Quellques sursauts de temps à autre. Mais bon, plus de grand frisson. Où es-tu Romook d'antan ?

Alors, bien sûr, on écrit avant tout pour soi. Mais le problème majeur du blog, c'est que l'écrit en question est systématiquement publié. Donc, on écrit effectivement pour soi, mais à la nuance près que l'on est sûr d'avoir des lecteurs. Et parmi ces lecteurs, il y en a que l'on connaît... Résultat : on écrit plus tout ce que l'on veut. Et puis, il y a une certaine cohérence éditoriale à avoir. Bref, on n'écrit pas, on blogue, c'est à dire que l'on écrit un "journal intime public" - et l'on remarquera l'antinomie absolue des termes "intime" et "public" - ce qui revient à dire que l'on est soit exhibitionniste, soit on se camoufle et l'on fait donc de l'anti-art.

Dans ces conditions, on peut dire que l'on n'écrit pas, mais plutôt que l'on ne fait rien. Se camoufler derrière un pseudo masque social revient à vider de sa substance un écrit, c'est-à-dire le rendre plus pauvre que n'importe quel mode d'emploi de four à micro-onde. Perdre sa liberté d'écriture sous prétexte de connaître l'autre, c'est s'enfermer dans un moule qui ne nous correspond plus. Il n'y a plus d'art. Il n'y a que la vie quotidienne. Faire de son blog une simple habitude sociale, c'est avoir autant d'ambition qu'une amibe... Dans ces conditions, Romook doit soit se réveiller, soit mourir. L'Art exige le sacrifice permanent de soi.

Deux ans ont sonné. A l'heure du bilan, je m'interroge. Ce blog a-t-il encore un sens, même si 700 personnes le visitent tous les jours ?

Romook, en question...