Romook, ectoplasme bloguique

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lundi 28 mai 2007

Good bye...

Pression, chaleur torride, climatisation trop forte, fatigue physique, lenteur des chinois et leur faculté à rester presqu'immobile pour régler les problèmes qui tourbillonent autour de vous, travail à fournir pour la France, mondanités diverses à remplir, examen à fabriquer et correction de copies (300 environ...), langues étrangères, mauvaise foi... Le temps de partir est venu, avec un certain soulagement, il faut l'avouer... Tout pourrait finir par conduire à la folie, par moment, dans ce pays.



Mais aussi, sourire, chaleur humaine, rencontres, enseignement, dévouement, bonté, gratitude, jolies femmes, humour, connivences, rires... La face "sombre" de mon voyage n'entame que ma capacité physique et nerveuse à résister au quotidien. Mais, ce voyage reste une riche expérience, qui se renouvelle à chaque fois d'une nouvelle manière. Si j'appréhende de revenir, c'est simplement parce que ce n'est jamais un voyage d'agrément mais toujours un lieu de travail très éprouvant. Mais, je n'échangera pas ma place contre tout l'or du monde... Ce soir, Shanghai, demain, une petite journée de "repos" (et oui, le travail français continue à me poursuivre quant à lui...).

Romook, les vacances, c'est par où SVP ?

dimanche 27 mai 2007

Dernier jour

Aujourd'hui, c'est le dernier jour de cours (oui, je sais, on est dimanche et alors? On n'a bien le droit de faire 5h de cours le dimanche, non?).

Demain, retour vers ShangHai pour une petite journée avant de partir vers la France.

Ci-dessous la Pagode de la Grue Jaune, la nuit.



Vivement la France que je me repose un peu!

Romook, this is the end...

samedi 26 mai 2007

NEE: Blowjob Request Form

NEE: Blowjob Request Form

Après l'échec de la candidate française à la présidence de la politique, je m'intéresse plus à la politique - et donc j'essaie de comprendre ce qui se fait à l'étranger. Or, je constate qu'une candidate du parti politique flamand NEE a une méthode toute personnelle d'approche des électeurs. On ne peut qu'encourager ce type d'initiative qui mènerait à la vie politique les derniers électeurs réticents à aller voter... Mais, je pense que le Conseil Constitutionnel français n'accepterait pas de telles propositions pour des problèmes évidents liés au sexisme.

En effet, en s'enregistrant en ligne, les hommes auront le droit de recevoir une fellation de 5 minutes (pas plus! ce sont les termes du contrat!) par cette jeune femme du parti politique. Il me semble que si un homme politique proposait au femme une partie de "broute minou", il n'y aura peut-être pas un tel engouement... Mais, en même temps, cela reste à vérifier. Il pourrait également proposer de laisser son sexe disponible à la fellation de ses électrices, ainsi qu'à tout autre service...

Quoiqu'il en soit, le dévouement politique prend véritablement son sens dans la campagne électorale belge et il semble que la campagne législative qui démarre en France devrait s'en inspirer.

Romook, du pain et des jeux...

vendredi 25 mai 2007

Le prix des rêves...

Je suis épuisé. Je viens de rentrer de ma plus fatiguante des journées que j'ai eu durant mon séjour en Chine. Je sais qu'il n'y en aura pas de plus difficile: tout va bien... Il est 22h30 : j'arrive à l'hôtel avec mes copies à corriger. J'ai dîné entre 19h00 et 19h15. Mon cours, partie la plus simple de la journée, ne dure que 2h30. 2h30 d'explication des Droits de l'Homme à des étudiants chinois en droit. Un vrai et sincère moment de plaisir... Mais qui n'est pas de tout repos car vous devez, à tout moment, jongler entre les problèmes linguistiques, culturels et juridiques. Chaque question nécessite donc une recherche pour déterminer d'où elle vient...

La journée a débuté, à 9h00, en anglais avec la rencontre avec Mike, avec qui je dîne normalement demain soir... Première rencontre, uniquement réalisée car mon rendez-vous de 8h00 m'a prévenu à 8h45 qu'il risquerait d'être en retard et que, donc, ce serait à 11h le rendez-vous...

A 11h15, je rencontre mon interlocutrice. Elle m'annonce que, vu l'heure, on va directement déjeuner et qu'elle a invité quelques membres de la Cour internationale d'arbitrage de WuHan pour le déjeuner. "Pas d'inquiétude, me dit-elle dans un anglais parfait, vous pourrez leur parler en chinois, votre chinois est très bon. - Ils ne parlent pas anglais ? - Non, mais ils comprennent un peu..." Pendant l'heure de trajet que nous avons à faire, nous en profitons pour discuter de nos futures relations professionnelles. En anglais pour elle, en "Chinglish" pour moi, c'est-à-dire des phrases en anglais entrecoupées de bout de phrase en chinois (mon cerveau n'arrive plus à parler uniquement l'anglais au bout de quelques jours en Chine : le chemin intellectuel est le suivant : Français -> Chinois -> Anglais)... En une heure, tout est bouclé, et je sais tout ce que je veux savoir. Happy man.

Me voici donc arrivé au déjeuner - informel paraît-il - où je suis mitraillé de question sur l'arbitrage international, les règles en France, les explications sur le système chinois : tout ça en chinois bien sûr. Grande concentration oblige. Je décroche de temps en temps car la discussion est très technique, mélangée d'accents très différents, et la fatigue commence à me gagner. Je sais qu'il y a une autre réunion informelle juste après, mais je ne sais pas encore quoi. Je sais juste que c'est dans le plus grand cabinet d'avocats de WuHan que ça se déroulera, un des 20 premiers de Chine paraît-il.

Le repas terminé, où je crois entendre qu'on veut me proposer un poste d'arbitre international mais que mon interlocutrice rejette comme idée en arguant du fait que ce sera mieux de me le proposer la prochaine fois ou même la fois suivante encore où je reviendrai.

Les chinois sont amusants. Lorsqu'ils veulent que vous compreniez, ils adaptent leurs vocabulaires et parlent distinctement. Sinon, ils utilisent l'accent local et les régionalismes. Mon chauffeur Wuhannais habituel de l'Université, avec les cours de "patois" qu'il me donne tous les matins et les midis m'a donc donné pas mal de vocabulaire... J'en suis déjà, rien qu'avec lui, à plus d'une trentaine d'heure de pratique, sans compter les chauffede taxi et le personnel de l'hôtel. Bref, je suis sûr d'avoir bien entendu :-) Mais, on verra.

Après le déjeuner, on me propose de visiter la Cour Interational d'arbitrage. Evidemment, j'accepte. On me fait visiter, c'est très beau, très chic. On m'explique le fonctionnement de l'institution. On me présente les membres, ainsi que les arbitres "consultants" extérieurs. Je remarque qu'aucun n'est français. "Et oui" me dit on avec un grand sourire. Je signale donc que si, un jour, il avait besoin de renseignement sur le droit français, qu'ils n'hésitent pas. Ils me demandent d'envoyer mon CV. Je leur montre le mien tout de suite en chinois. L'effet est garanti. Un CV d'un étranger en chinois, c'est pas courant : ça marque. Donc, ils se rappelleront de moi ;-)

Mais, l'heure tourne et nous voici obligé de partir. Début de la réunion prévue à 14h00, il est 14h10. Nous sommes au 25ème étage de l'immeuble, même pas encore dans la voiture. Le temps de faire le trajet - tout se déroule depuis le début du déjeuner en chinois et je bénis la formation que j'ai eu à Beijing de temps en temps -, nous arrions : il est 14h35. Deux personnes sont déjà là. Il en manque plus d'une quinzaine. Quelques échanges de cartes de visites plus tard (une petit vingtaine, encore...), la réunion peut commencer.

Evidemment, on me présente avec tous les honneurs qui me sont dus. Un étranger, dans une telle réunion, ne passe pas inaperçu. Quelques belles personnalités du gouvernement local, des avocats, des représentants d'institutions administratives sont là... Et me voici au centre de la vie politique de la ville, pris à partie sur les relations avec les entreprises étrangères à WuHan, le problème de concurrence des autres provinces et autres subtilités absolument hors de portée de mon chinois... Ce fut une longue et pénible traversée de désert, rarement entrecoupée d'oasis de compréhension linguistique... Mais, mon attention est restée à 100 % des capacités possibles au vu de l'état de fatigue (la somnolence m'a même guetté à un moment)... A 17h15, on se tourne vers moi, m'apporte le micro. Alors, le frenchie, t'en penses quoi ?

J'ai fait répété la question. Pour être sûr de bien répondre. Et là, je crois, sans modestie, au vu de l'attention de mon auditeur, que j'ai été bon. Pour une fois même, j'ai eu la sensation d'être vraiment brilliant. Mon propos était construit. J'étais assez clair dans mes explications. Je n'ai pas été à court de vocabulaire, utilisant des périphrases et des images pour pallier le langage technique qui me manquait. Et surtout, j'ai parlé sans m'arrêter, devant un public, pendant 15 minutes, uniquement en chinois. Moins que la moyenne des autres interlocuteurs intervenus auparavant, mais bon quand même. J'ai même fait rire avec une petite blague glissée dans le cours de mon intervention... Bref, j'ai eu la sensation d'être le "maître du monde" pendant 15 minutes, même si ce monde n'était composé que d'une vingtaine de personne.

Pendant les applaudissements, alors que je pensais essentiellement au fait que j'allais arriver en retard à mon université vu les bouchons envisageables, j'ai pris conscience que j'étais en Chine, au 15ème étage d'un immeuble, dans les locaux superbes du meilleur cabinet d'avocat de WuHan, environ 130 avocats, entouré du "gratin" politique, économique et juridique local, et que j'étais applaudi par ces personnes, après avoir expliqué en chinois, les différences de cultures européennes et chinoises et leur influence dans le cadre du commerce international. Recadré comme ça, je me suis dit qu'en fait, j'étais probablement en train de réaliser un rêve que la fatigue physique avait réussi à me faire passer pour une simple journée 'marathon'...

L'essai devait être concluant puisque mon interlocutrice m'a raccompagné en me donnant le futur programme de mon prochain voyage en Chine. On va tout simplement passer à la vitesse supérieure. Là, je vais devoir soigner mon vocabulaire et tout, et tout... Ca veut dire beaucoup de travail à fournir en France. Vu mes journées en France, aurais-je le courage de travailler ? Je l'espère, mais je crois que ce sera très difficile. Il me faudrait faire une heure de chinois au minimum, tous les jours, pour maintenir le niveau et progresser très lentement. Mais, à 20 heures, à la fin de mon travail, aurais-je le courage ?

Alors, la question est celle du prix des rêves...

Romook, la récolte est finie, il faut préparer les champs pour la prochaine récolte maintenant...

Autrui

n.m., phil., Ce sont les tiers, existants ou non, d'une conscience qui s'apprécie elle-même dans la globalité du monde.

Avez-vous déjà essayé de définir Autrui à une personne qui connaît mal la langue française?... Je donne cette phrase en exemple, pour illustrer la notion à mes étudiants chinois :

"Aux yeux de la morale, Autrui nous juge."

J'illustre le problème du jugement d'autrui en évoquant le cas d'un homme qui aurait une morale, et qui, malgré tout, aurait une petite amie en France et une petite amie en Chine ("Oh!" font en choeur tous les étudiants, choqués, of course). S'il ne l'a dit à personne, lorsqu'il est seul et se couche le soir, il se sent mal à l'aise... C'est parce qu'Autrui le juge. Il se dit que si quelqu'un le savait, il considèrerait qu'il est un être immoral et, de ce fait, alors que personne ne le saît, il se sent coupable.

Une étudiante me regarde et me demande : "Dieu est-il Autrui ?"

Romook, en poche

jeudi 24 mai 2007

J'ai rencontré Lao-Tseu (老子)



Il y était une fois un jeune garçon. Il aimait la philosophie, mais ne trouvait pas ce qu'il cherchait. Comme la plupart des individus, il recherchait une philosophie de type "prête à porter". Mais, il pensait que l'impermanence des choses et des idées était une donnée fondamentale dans la vie. La philosophie occidentale qu'il avait éudié jusqu'alors l'avait charmé par l'élégance des raisonnements et, parfois, même par la profondeur des vues du monde qui l'entourait. Néanmoins, la cristallisation d'une pensée lui laissait un goût amer d'inachevé qui ne le satisfaisait pas. Les oppositions entrent les différents auteurs s'expliquaient toujours par les prémisses des raisonnements, mais quasiment tous les prémisses sont acceptables... Donc, toutes les idées étaient "justes" d'un point de vue logique. En en parlant avec son ami Daniel, celui-ci lui parla de la philosophie du Yin et du Yang, qui prônaient le mouvement de la vie, l'impermanence des choses et l'adaptation nécessaire des êtres à leur environnement... Il fut convaincu et se mis à étudier le livre fondateur de cette école de pensée : le Tao te King (Dao De Jing). Il fit ainsi connaissance avec un individu mythique, déjà rencontré dans sa jeunesse, Tintin et le Lotus Bleu, c'est-à-dire Lao-Tseu, ou encore Lao Zi.



Une première étape venait d'être franchie. C'est toujours le premier contact qui détermine les choses. Un peu comme s'il existait une physique mécanique du relationnel, l'impulsion du départ donnant une énergie cinétique à la volonté des êtres. Le contact peut être mutiple, c'est avec une idée qu'il avait eu lieu cette fois. La philosophie du mouvement, qui ne prône rien au niveau moral car étant au-dessus de la moral, voilà la découverte qu'il avait faite. Aucun jugement sur ce qui est ou ce qui n'est pas, simplement l'existence ou la non-existence sont admises comme des faits. Fort d'une telle découverte, ce jeune garçon, qui deviendrait plus tard Empereur, commença à s'intéresser à cette philosophie et à son environnement culturel et historique. Lao Zi a-t-il existé, voilà l'une des questions qui était posée. Par ailleurs, la répétition des notes des traducteurs sur l'intraductibilité du "Dao De Jing" creusait aussi un autre objet de recherche : comment un texte pouvait-il être intraduisible au point même que, pour les chinois, il s'agirait d'un texte difficile ?

La volonté d'apprendre le chinois se faisait progressivement jour et la philosophie du Tao devint un acquis intellectuel "naturel", qui se mettait en lien avec l'épistémologie des sciences, qui se retrouvait dans la philosophie de Nietszche, au fondement même de toute analyse psychologique contemporaine, dans les principes de la physique quantique et du chaos... Et les années passèrent.



Arrivé à BeiJing pour améliorer son chinois, il constata que la difficulté "mystique" de la traduction du "Tao Te King" ne tenait pas à des obstacles intellectuels où l'esprit serait impuissant à appréhender une réalité qui le dépasse, mais était liée à un problème linguistique tout simple. La langue utilisée est du "GuDai HanYu", c'est à dire de l'ancien chinois. Ainsi, la difficulté tient essentiellement dans une compréhension linguistique que ses propres enseignants ont su lever (pour certains) ayant étudié le GuDai HanYu. Dans ces conditions, il est effectivement délicat de se pencher sur l'étude de l'ancien chinois car les caractères ne se prononcent pas de la même façon, les règles grammaticales sont différentes, donc les concepts différents et le sens des caractères différents parfois. Evidemment, il est possible de lire le "Tao Te King" dans des versions modernes, un peu comme on lit Rabelais en version "remasterisée". Mais cette "traduction" en langage moderne confine soouvent aux commentaires et n'a rien d'attrayant au niveau intellectuel... Déception. Seule la vieille version conserve sa portée poétique, et la poésie est liée à une forme de magie...

Des circonstances professionnelles hasardeuses le conduisent à devenir enseignant dans une université chinoise, au milieu de la Chine, à WuHan (prononcez "wourane"). Au choix, une autre ville aurait été préférée. Le climat y est insupportable, la langue chinoise qui y est parlée est très "rustique" et pleine de régionalisme (ce serait un peu comme le ch'ti en version chinoise), peu de lieux touristiques... Bref, l'endroit où l'on ne rêve pas d'aller lorsque l'on va en Chine. Ainsi va la vie...



Chemin faisant, il constate que le chemin est parsemé d'étape qui sont autant de tremplins pour d'autres choses. Des rencontres professionnelles intéressantes, des nouveaux amis, la découverte de beaucoup de choses dans la vie quotidienne des chinois. Il finit par prendre ses marques, s'acclimater au climat au point de trouver ShangHai "a little bit boring" par rapport à WuHan. Au détour d'une fenêtre du 14ème étages de son hotel wuhannais, l'envie lui prend d'aller sur une colline qui, à vol d'oiseau, doit être au plus à 4 ou 5 Km. Après s'être enquis des renseignements nécessaires auprès du staff de l'hôtel, il découvre qu'il s'agit de l'ancienne ville de WuHan. La ville où l'ethnie des "Chu" avait posé la capitale, il y a plus de 2500 ans... Sans faire de relation direct avec d'autres points de l'histoire, il se dit qu'une petite séance de photo pourrait lui aérer l'esprit d'un séjour qui est, encore une fois, éprouvant physiquement.

Le voici donc sorti, avec son appareil photo comme baton de pélerin, fermement décidé à ramener quelques beaux clichés afin d'agrémenter son journal bloguesque. Il était encore loin d'imaginer que cette aventure n'était rien d'autre qu'un retour à des origines dont il avait toujours ignoré l'existence...

En arrivant, une désagréable surprise, le taxi s'arrête au niveau d'une vieille chinoise qui commence à expliquer au chauffeur qu'elle peut proposer un "arrangement" si le chauffeur de taxi s'arrête là et explique qu'il ne peut pas aller plus loin et qu'on est obligé d'avoir un guide pour visiter la vieille ville. Qu'un américain comme ça, ça a plein d'argent et qu'à eux deux, ils peuvent se faire beaucoup d'argent, qu'elle lui donnera la moitié de ce qu'elle va gagner...

Le chauffeur de taxi hésite un instant, notre étranger intervient donc dans la conversation pour expliquer qu'il préfère se promener seul mais que c'est gentil de proposer de "l'aide". L'interlocutrice ne comprend visiblement pas ce qui vient d'être dit, mais le chauffeur de taxi se retourne et répond qu'il comprend bien. Il transmet donc l'information à l'interlocutrice qui insiste un instant lorsque "l'américain" à l'arrière du véhicule lui signifie dans un chinois un peu plus brutal qu'il n'est pas intéressé. Cette fois, elle comprend parfaitement qu'il parle en chinois. Visiblement, aucun problème d'interprétation des phrases n'est à relever. L'effet escompté est totalement réussi. Elle se déplace tout de suite vers un autre taxi qui vient d'arriver...

Le voici donc arrivé devant la première porte qui mène à la vieille ville. La colline lui semble familière et ce type de porte correspond tout à fait aux images qu'il a en tête sur la Chine. Il se sent chez lui et les fleurs qui l'accueillent tout autour de lui semblent être une fête chatoyante qui lui est dédiée. Un peu plus loin, se dresse devant lui un morceau de muraille, reste ancien probablement d'un édifice plus grand. La lumière de fin d'après midi est idéal pour les photos.



Après avoir contourné la muraille et emprunté un vieil escalier oublié, le voici sur la muraille. Et au loin, il aperçoit un édifice qui surnage au dessus de la forêt. Il est simple, majestueux, pas très grand, semble seul au milieu de nulle part. On ne lui avait pas menti : la vieille ville promettait d'être un "trésor". Cet édifice, dont il ne sut jamais si c'était un temple ou une tour de garde, constituait en soi un motif suffisant pour venir visiter cette petite partie de la ville, perdu au milieu de la partie Est du Lac.

Quelques pas le conduisirent à s'avancer vers une sorte de tourelle d'où il dominait le lac et le rempart. La hauteur de l'édifice le conduit à imaginer les combats qui existaient pendant une période de l'histoire chinoise, où les seigneurs se faisaient des guerres continuellement entre eux avant que la Chine ne soit réunifiée par un empereur... Période de l'histoire formidablement retracée par le film "Hero". Bien avant, le peuple des Chu avait acquis une connaissance du bronze qui est restée inégalée dans l'histoire. Aujourd'hui encore des équipes de recherche travaillent sur des outils, des instruments fabriqués en bronze à cette période pour tenter de comprendre comment, avec les moyens de l'époque, de tels chefs d'oeuvre étaient produits.



Nul doute que cette ère du bronze a pu donner au peuple Chu une avancée technique significative en terme de civilisation. En effet, avec des outils plus performants, il était probablement muni d'instrument de guerre beaucoup plus efficaces que les autres peuples. Dans cette perspective, et vu le contexte historico-culturel de l'époque, des armes efficaces permettaient de se défendre, ou d'attaquer d'autres peuples afin d'étendre sa domination, tout en envisageant son développement interne sereinement. Le bronze a constitué une révolution en son temps qui peut être comparée à notre révolution industrielle ou encore celle d'internet. Ces changements techniques influent sur les structures de pensées, les organisations sociales et le mode de vie de ceux qui les vivent...



Quittant la muraille, il arrive aux portes de la vieille ville proprement dite. Inutile d'ajouter que cela a été transformé en un village artisanale touristique dans lequel le badeau trouvera tout, de la cabine où l'on tire à l'arbalète sur des ballons jusqu'au robe traditionnelle chinoise de la région... Quelques cartes postales pourraient, bien entendu, agrémentées votre sac... En traversant ce petit village où quelques phrases de chinois permettent de faire comprendre à l'entourage commerçant qu'il est inutile d'insister, le touriste n'est pas "traditionnel".

La visite se poursuit donc, tranquillement, chaque photo pouvant être prise sans désagrément. L'architecture de bois est simple, élégante et beaucoup de détail ne rentre pas dans l'objectif. Peu de photo possible, mais une bonne sensation. Le voyage dans le temps se fait sans encombre. 'Veuillez attacher votre ceinture, le temps s'est arrêté. Vous êtes dans un monde sans âge maintenant'...



Une fois la vieille ville quittait. La recherche vers ce bel édifice au milieu de la forêt va pouvoir débuter. A peine quelques centaines de mètres dans un sentier de forêt sinueux et semblant perdu au milieu de nulle part conduit au chemmin conduisant à ce dernier. Encadré de deux Phénix, ce sentier est une invitation mystique au voyage. Comment pourrait-il en être autrement ? Le phénix, renaissant de ces cendres, n'est-il pas le symbole même de la vie psychologique ? N'y a -t-il pas un être nouveau qui ressort de toutes les épreuves qui l'ont abattu ? Surmonter une épreuves, n'est-ce pas supprimer en soi des parties mortes qui ont été remplacées par des nouvelles forces, des énergies nouvelles ? La vitalité de la vie n'est-elle pas dans le principe même du renouvellement de son origine ?





Suivant un chemin sinueux, la vie se trouve toujours un chemin et on ne peut aller contre sa volonté. Attirés comme une aiguille par un aimant, les êtres sont guidés par elle vers leur destin. A chacun son chemin, celui de notre ancien jeune garçon de seize ans était aujourd'hui sous les arbres. Dans un lieu dont il n'avait jamais imaginé l'existence il y a quatorze ans... Et, à ce moment-là, celui précisément où chacun de ses pas semblait être un effort surhumain du fait des 40°C à l'ombre qu'il subissait, il se remémorait le chemin qui l'avait conduit à poser les pieds sur chacune de ses marches.

Une rencontre avec un homme qui lui fait découvrir la philosophie du Yin et Yang, un ami qui lui assure que la langue chinoise va lui ouvrir des portes intellectuelles qu'il ne soupçonne pas, ses débuts d'apprentissage de la langue, confortée par une justification historico-économique qui permet d'en faire un outil de développement professionnel, un recrutement dans une université par un heureux concours de circonstance lié à l'informatique, des personnes qui lui font confiance, l'arrivée dans une université pour un premier "cours" qui se transforme en coopération à long terme, un métier qui lui permet de trouver dans ce type de voyage des opportunités de développement, un regard par une fenêtre et une envie de faire des photos. Si le déterminisme inconscient était à l'oeuvre, on aurait pu dire qu'il recevait - encore une fois - sa consécration ce jour-là.



La vie est jalonnée de petits riens qui, mis bouts à bouts, construisent de grandes choses. Certains diraient, avec un pessimisme et une philosophie protestantiste sous-jacente, que "rien n'arrive par hasard" et que l' "on n'a rien sans rien". Avait-il seulement prévu ou mérité le fait de gravir les marches ? Rien ne permet de l'affirmer. En véritable taoïste, il a toujours fait les choses parce qu'elles étaient belles, plaisantes, mais jamais pour parvenir à tel ou tel autre objectif. Les justifications apparaissent toujours a posteriori, lorsque l'on doit justifier ses actes auprès du juge Autrui, impitoyable dans une société libérale économique où les clés des raisonnements sont l'investissement, la rentabilité...

N'avait-il pas évoqué la possibilité, à une période de partir faire de l'apiculture en Chine ? Juste parce qu'il voulait vivre un peu en Chine et que seules ses compétences dans ce domaine permettaient d'envisager un séjour de longue durée sur place (en excluant l'autofinancement) ? Projet avorté pour d'obscures raisons économiques et rationnelles...



L'éifice se dressait, enfin, devant lui, trônant royalement au bout du chemin. Encore quelques pas, pour pouvoir savourer le plaisir d'être arrivé, pour pouvoir peut-être se rafraîchir de la température que la longue ascension des marches a rendu insupportable. Pas un souffle d'air ne vient adoucir cette chaleur accablante. La boisson fraîche acheté quelques vingt minutes auparavant s'est mise à transpirer également... Elle n'est maintenant qu'une boisson à température ambiante. Chaque gorgée n'est plus un rafraîchissement, ni un plaisir, simplement un acte dicté par le bon sens...



Des marches, il y en avait encore... Après être arrivé au pied de l'édifice, notre individu s'est aperçu que son cerveau fonctionnait au ralenti puisqu'il n'avait pas encore pris conscience que pour, surplomber la forêt, cet immeuble était nécessairement haut. Grimpe, voyageur, grimpe vers l'inconnu et les découvertes qui t'attendent.

Après avoir pénétré dans l'atmosphère rafraîchissante, plusieurs pièces sombres se présentaient à lui. L'une était déoré d'instrument de musique, l'autre de parure folklorique... Et des étages à grimper, encore. La question surgit : pourquoi faire tous ces efforts alors que ce qui est à l'intérieur est moins intéressant que l'extérieur. Mû par une énergie sourde et inconsciente, notre voyageur laisse ses jambes le porter vers les étages supérieurs...

Arrivé à l'avant-dernier étage, il est accueilli par des statues de cire habillés avec des vêtements folkloriques. Et des "vrais" chinois, c'est-à-dire vivants, au milieu de ces personnages, qui posent dans des habits traditionnels pour des photos. La scène est cocasse. L'incompréhension submerge le visiteur qui reste étranger à la scène, sur tous les plans. Et, sur le côté, deux hommes trônent l'un à côté de l'autre.






Aimant à connaître ses interlocuteurs, l'ancien jeune homme interroge un militaire présent sur place, juste à côté. Ce dernier commence à tenter une réponse en anglais, mais, s'apercevant que le "lao wai" s'est adressé à lui en chinois, il se met à sourire et entame une petite discussion en chinois. (Pour des raisons techniques et informatiques, nous ne retranscrirons ici que la traduction française des propos) :

Le Garde : Ah, mais vous parlez chinois ?!

Lao Wai : Non, non, comme ci comme ça.

Le Garde : Ah! Ah! Comme ci, comme ça. Votre chinois est vraiment très bon (Les autres chinois se mettent à rire en entendant 马马虎虎, enfin, "comme ci comme ça"...). Et bien, il suffit de regarder les écriteaux tout est expliqué. Mais peut-être vous ne savez pas lire le chinois.

Lao Wai : Vraiment comme ci comme ça...

La Garde : Votre chinois est vraiment excellent. Je vais vous lire ce qui est écrit.




Lao Wai, lisant le premier écriteau qu'il n'avait pas remarqué auparavant : Mais, c'est Lao zi Et l'autre, c'est Zhuang Zi
Le Garde : Oui. C'est ça. Vous savez lire le chinois ?
Lao Wai : Juste un peu. Ca alors, Lao Zi et Zhuang Zi. Que font-ils là ?
Le Garde : Lao Zi est Chu. Regardez, c'est écrit là. En fait, il krrrr... krrr.. La voie du Dao... krrr... et krrr... et Krrr... Zhuang Zi, bien après... philosophie... krr... écrire des livres... krrr... Temps anciens. C'est pour ça.
Lao Wai (tout à son émerveillement) : J'ai commencé à apprendre le chinois pour pouvoir traduire le Dao De Jing.
Le Garde : Vous connaissez le Dao De Jing ?

Lao Wai : oui, oui. Mais, Lao Zi a existé ?
Le Garde : Bien sûr. Il est devant vous. Il était né dans cette ville. Il vient de WuHan en quelque sorte. Pourquoi croyez-vous qu'il n'a pas existé ?
Lao Wai : En Europe, on ne croit pas avec certitude qu'il a existé.
Le Garde : Quelle drôle d'idée.
Lao Wai : Oui. Quelle drôle d'idée.
Il sortit un peu sur le balcon qui surplombait le lac et la forêt. Une petite brise légère soufflait et le soleil se couchait, avec ses teintes si particulières que la Nature semble devenir enchantée. Pour lui, en tout cas, elle l'était. Et la vie avec.



Le Garde : Je suis capitaine. Mon unité est au nord du Krrr..., près de la Corée. Je suis en détachement ici.
Lao Wai : Ah oui ?!
Le Garde : Il n'y a pas beaucoup de personnes qui viennent ici. Votre chinois est vraiment excellent. Je vois des étrangers. Ils disent qu'ils parlent chinois, mais on ne comprend pas ce qu'ils disent. Ils ne comprennent d'ailleurs pas lorsque ... krr... donc votre niveau est vraiment excellent.
Lao Wai : Parfois, je ne comprends pas vous savez. Mon niveau est vraiment insuffisant. Je dois travailler beaucoup pour seulement parler mal.
Le Garde : Non, non. Je vous assure. Et là, ...krrr... la route mène à un autre ...krrr.. ("devant nous, c'est le lac Est" était le début de la phrase vient de comprendre le Lao Wai) ...krrr... déjà allé ?
Lao Wai : Euh... ("à un autre 'édifice?', y êtes vous déjà allé ?" est probablement ce qu'il vient de dire...) non, pas encore.
Le Garde : C'est un bel endroit. Vous êtes français (Faguo ren)?
FaGuo Ren : Oui. Comment vous le savez ?
Le Garde : Il y a beaucoup de français à WuHan. Souvent, les étrangers sont des français ici...

Le français en exil pris congé de cet homme sympathique. Toute la maison savait qu'il parlait chinois. A chaque étage, quelqu'un lui adressait un mot gentil sur le fait qu'il parlait couramment ou très bien ou de manière excellente le chinois, ce qui signifie clairement, pour un chinois, que vous parlez moyennement le chinois. Lorsqu'un chinois n'essaie pas de parler en anglais à un étranger et lui répond uniquement en chinois, sans le complimenter plus d'une fois sur le niveau de son interlocuteur, là se trouve le vrai compliment. "Mon niveau baisse", songea donc notre français...

Juste à la sortie, une boutique à touriste, pleine de livres. Evidemment, il acheta sa quatrième version du Dao De Jing en chinois, pour compléter ses cinq versions françaises et une anglaise, qu'il ne lit jamais bien évidemment... Mais, c'est le lot des livres qui sont passionnément aimés, qui ont déjà été lus, relus, rerelus... S'y ajoutèrent naturellement quelques autres volumes jugés indispensables par la petite vendeuse. Avec pas moins d'une vingtaine de livres en chinois, notre apprenti lecteur du chinois en a pour une vie de lecture...



Laissant derrière lui ses émotions, ses rêves d'adolescent, de Chine, de philosophie lui revinrent en mémoire. C'était effectivement ce climat qu'il avait imaginé, bien des années auparavant. Et le chemin du retour se fit tranquillement. A mi chemin entre les rêveries et la réalité. Voici donc la muraille qu'a connu Lao Zi... Peut-être a-t-il joué sur les bords de ce lac lorsqu'il était enfant. N'est-ce pas le cours du lac, la proximité du Yang Tsé qui ont inspiré sa philosophie ? Des milliers de pensées s'entrechoquaient dans une impression de sérénité totale...

Avant de quitter définitivement les lieux, il leva les yeux, une dernière fois, sur le panneau indicateur du nom de la ville. "Cheng Chu", lisa-t-il. Indication écrite dans l'autre sens, GuDai HanYu oblige.



"Chu" signifie le peuple Chu. "Cheng" signifie la ville, la muraille. Normalement, il aurait du être écrit "Chu Cheng", pensa-t-il. Mais non, qui définissait dans quel ordre devait-on lire les caractères ? Pour un chinois, c'est évident que ça se lit dans le sens inverse du sens habituel... Le temps passe.

Les souvenirs accompagnent l'existence comme des amis fidèles. Ils étaient nombreux, ce jour-là, à l'accompagner dans sa visite impromptue. Et il retourna au monde moderne.

Romook

mardi 22 mai 2007

Bird flu hits village in Hunan Province

Bird flu hits village in Hunan Province

Le HuNan est juste à côté de la province du HuBei. Bien, bien, me voilà en train de vivre une expérience passionnante. Vais-je être au milieu d'une épidémie de grippe aviaire? Enfin, si c'est la province d'à côté, ce n'est pas encore transmis à l'homme... Donc, ça va, y a de la marge ;-) Entre le saut géographique et le saut de l'homme à l'animal, il y a plus qu'un pas. Enfin, j'ose espérer.

Romook, vivant dans un monde dangereux

lundi 21 mai 2007

"Jour de repos"

Aujourd'hui, je bénéficie de mon premier jour sans cours, intitulé de ce fait, "jour de repos". La fatigue physique est profonde. J'aimerais effectivement bénéficier de repos. Mais, je dois faire un certain nombre de tâches, dont l'une est tout simplement de me rendre à l'autre bout de la ville (3 heures de voiture au total, aller-retur, sous 30° C) pour y rencontrer des chinois. En clair, de repos, il n'y aura point. Mes obligations, françaises et chinoises, autres que l'enseignement, me rattrappent et m'astreignent à rester "vitaminé".

Quelques photos car, après mon dernier commentaire mis en ligne, je me dois de conserver quelques neurones valides pour jongler de l'anglais au chinois le reste de la journée. Thème photographique (Shanghai) : à varier selon les goûts.









Bonne journée à tous

Romook, la chepê...

dimanche 20 mai 2007

"Que voulez-vous faire plus tard ?" - morceaux choisis

A cette question, des réponses très diverses de mes étudiants en droit, en Chine...

"Je vais être mannequin, mais je suis trop grosse (!!) alors je veux faire femme au foyer et m'occuper de mes enfants.
- Il va vous falloir un mari riche alors pour avoir plein d'enfants.
- Oui, c'est ça." (En Chine, on peut faire plus d'un enfant si on paie une sorte de "taxe" au gouvernement).

"Je veux travailler dans la diplomatie, en Afrique, pour aider le développement de la Chine dans ses pays et utiliser la langue française dans mon travail.
- Et vous ?
- Moi aussi je veux travailler en Afrique.
- Dans la diplomatie aussi ?
- Non, dans une entreprise.
- Ah ?! Pourquoi ?
- Parce qu'en Chine, on sait qu'on peut gagner beaucoup d'argent facilement en Afrique."

"Et vous ?
- Est-ce que la France accepte la double nationalité ?
- Euh... Oui, mais ce n'est pas facile. Pourquoi ?
- Je veux être Présidente de la République Française.
- Alors ça ne va pas être possible, je pense...
- Alors, je veux participer à la prochaine campagne électorale française.
- Ah... Et pourquoi ?
- C'est un rêve, un idéal."

"Quand j'aurais fini mes études de droit, je veux faire des études d'art.
- Et après ?
- Je veux être designer."

"Je veux être chanteur. Mais je suis étudiant en droit, ça ne va pas être facile. Et en plus, je suis chinois.
- Et alors, je ne vois pas le rapport entre être chanteur et être chinois.
- En France, c'est facile d'être chanteur car c'est un petit pays, grand comme une province chinoise."

"Je n'aime pas étudier, je n'aime pas travailler. Je veux être femme au foyer."

Il y en a pour tous les goûts...

Romook, à la découverte des talents chinois de demain...

vendredi 18 mai 2007

One shot sur un cours de droit français dans une université chinoise

Il y a bien des choses qui me troublent : les haut-talons surmontés de longues jambes fines, la nuque d'une femme, une peinture de Miro, la Nuit Transfigurée de Schoenberg, une tragédie de Racine, "I have a dream" de Martin Luther King et bien d'autres choses encore... Je suis un être sensible : tant pis, il faut que je vive avec ça.

Parmi ses troublantes émotions qui naissent dans mon être lors de mes diverses activités, l'une d'entre elles provient de l'enseignement. Je donne beaucoup à mes étudiants et, en général, ils me le rendent bien. Me voici donc retourner en Chine pour enseigner la terminologie juridique française et faire une petite introduction au droit français à des étudiants chinois en droit qui n'ont que huit mois de français.

Leur première terreur de s'exprimer en français est vite passée, les obstacles linguistiques n'existent pas. Non pas que le français leurs permet de suivre facilement, mais mon chinois les a mis en confiance. Je suis un peu un des leurs. Et puis, je fais des fautes quand je parle, donc ils sont autorisés à en faire : l'essentiel étant de communiquer. L'anglais a donc été banni de la salle de classe au profit des seuls usages de la langues chinoise et française, française et chinoise devrais-je plutôt dire...

Nous débutons donc le cours à partir d'un document sur les sources du droit que nous lisons ensemble. Je sais qu'il ne s'agit que d'un support puisque cela va partir dans tous les sens, à tout moment. Et c'est ça que j'aime: la surprise du dérapage intellectuel, chose qui se produit beaucoup plus fréquemment avec les étudiants chinois qu'avec tout autre étudiant.

Inutile de vous dire que, dans ces conditions, il faut une grande souplesse intellectuelle pour rester dans la droite ligne du cours et surtout pour accepter ces digressions et les faire rentrer dans le cadre d'une réflexion plus globale sur le droit. Parfois, j'ai un peu l'impression d'être un journaliste qui essaie de maintenir un débat entre plusieurs hommes politiques. En voici un petit aperçu, juste pour faire partager ce qui occupe mes journées en ce moment.

Le texte aborde deux sources différentes du droit : les sources historiques et les sources "réelles" (sont les facteurs qui contribuent à la formation du droit). Pour ma part, je ne vois aucune différence entre les deux, puisqu'en soi, tout évènement social est historique, mais je pressens que l'auteur a voulu exclure du champ historique les données sociales contemporaines. Bien, admettons.

La phrase suivante est celle-ci : "Les sources réelles varient selon la conception philosophique, religieuse des hommes : le contrat social au 18ème siècle et le socialisme au 19ème siècle."

Premier point : expliquer la virgule entre "philosophique" et "religieuse" à des chinois. Essayer déjà d'en faire une explication orale à un français et vous constaterait que c'est un point difficile. Alors, pour des chinois où la structure de phrase est irréductiblement liée à "S + Complément de lieu et/ou de temps + V + complément du verbe" relève du défi. Et ils n'ont que huit mois de français. Me voilà déjà transformé en superman de la grammaire française.

Deuxième point : le contrat social. D'abord le mot "contrat", puis le mot "social". Mais, évidemment, le "contrat social" n'est pas équivalent à le "contrat" + "social". Deuxième difficulté. Et voici donc Jean-Jacques Rousseau qui surgit dans notre classe qui vient expliquer la légitimité du pouvoir donné à des représentants du corps social.

"L'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté." Voici donc la phrase que j'ai relevé dans le couloir de notre salle de classe, en français sous le portrait de Rousseau. Evidemment, légèrement joueur, je leur demande s'ils ont déjà vu Rousseau. Personne ne réagit. Des regards remplis d'incongruités me font remarquer que certains ont compris ma question et se demandent si leur enseignant n'est pas un malade mentale qui n'a même pas remarqué que Rousseau est mort il y a deux siècles alors même qu'il vient de le dire...

Je leur signale donc que, dans tous les couloirs, il y a des portraits des plus grands juristes de la planète et que, parmi ceux-ci, il y a celui de Rousseau juste à la sortie de la classe, avec cette phrase en français. A remarquer, le portrait de Montesquieu avec la phrase suivante (toujours en français) : "Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir." Quoiqu'on en dise sur la Chine, je constate que l'esprit d'ouverture est réel et présent. Autre remarque, Hobbes qui est à l'origine de la théorie politique permettant de légitimer les dictatures n'est pas cité. Quand je dis que la Chine est un pays plus libéral qu'on l'imagine, on ne me croit pas. Les journalistes occidentaux devraient réfléchir avant de faire des reportages placardant sur la Chine des étiquettes de dictature qui sont totalement hors de propos. Il suffit de comparer avec le Guatemala en 1995. Une centaine de mètres fait à pieds en Chine actuellement et au Guatemala,, en 1995, permet tout de suite de sentir les différences entre les deux. Bref.

Manque de curiosité intellectuelle, aucun d'entre eux, en 8 mois de cours dans la faculté de droit, n'avait songé à regarder les portraits autour d'eux et/ou lire les phrases dessous. Premier devoir à faire à la maison : aller lire tous les portraits. Les trois langues utilisées étant le chinois, l'anglais ou le français, aucun souci de compréhension ne se présentera à eux. Bref, retour au contrat social.

Après des difficultés sur les explications sur la notions de représentants du peuple, la question de la liberté est donc abordée. Elle est très vite perçue puisqu'elle correspond bien à l'idée chinoise d'harmonie dans la société. Le respect de la loi entraîne donc son assujettissement en toute circonstance. Et bien la pierre achoppe évidemment ici puisque la conception chinoise et française sont en opposition. Me voici donc transformé en redoutable adversaire du système politique chinois, simplement par le biais de mon petit cours de droit...

La conception sociale chinoise populaire fait prévaloir la loi injuste sur les intérêts bafoués des individus car cela entraîne la maîtrise de la société et évite tous les débordements qui pourraient en découler. Dans ces conditions, il vaut mieux une loi injuste, appliquée et respectée par tous, plutôt que le désordre dans la société. Cette idée n'est pas imposée par le gouvernement chinois, il s'agit d'une idée de Confucius qui s'inscrit au plus profond de la mentalité chinoise. Ne pas comprendre ça, c'est faire un contresens sociologique important sur la société chinoise. Ceci explique pourquoi le droit de grève est perçu comme quelque chose de malsain et d'irrespectueux en Chine, par la population elle-même. C'est un peu la faute à Confucius en fait...

En revanche, le droit pénal français prévoit lui-même le cas de désobéissance des fonctionnaires aux ordres manifestement illégaux comme étant une obligation juridique. L'insoumission est donc la règle en France, dans la mesure où la loi injuste serait incontestablement contraire aux libertés fondamentales reconnues comme telles par le système juridique français. Evidemment, il ne s'agit pas là de rentrer dans des considérations d'opportunités et de choix politiques. En découle notre accueil des étrangers pour leur action en faveur de la liberté (article 4 du préambule de 1946 : Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République)...

Les deux conceptions s'opposent donc. Pourquoi ? Parce qu'il faut prendre en compte le droit naturel... Le droit positif correspond à l'ensemble des normes juridiques appliquées dans un système juridique. Le droit naturel (les conceptions diffèrent - JC, tu me pardonneras cette présentation sommaire qui n'a rien à voir avec mon opinion sur la question) est un recueil d'idées intemporels, un vaste réservoir de concept de liberté et de justice, qui sont inaccessibles à l'homme mais qui représente la fin naturelle de tout système juridique. Par touche successive, ses idées infusent la société, y prennent racine et s'y développent. Certains leurs donnent une origine divine, d'autres intellectuelle, le tout étant qu'elles sont évidemment en harmonie avec un état de développement de civilisation avancée de l'homme et conduisent la société à tendre vers plus de justice et de liberté. L'articulation entre les deux étant que le droit naturel est supérieur au droit positif qui n'en est qu'un pâle extrait, toujours susceptible d'amélioration et d'évolution.

Ok, ok... Je donne un exemple pour être plus clair. Et c'est celui que j'ai donné à mes étudiants. Volontairement, cela va de soi. Antigone. La pièce d'Antigone retrace parfaitement le conflit entre le droit positif (Créon et son interdiction de donner une sépulture à Polynice, le traître) et le droit naturel (Antigone : la loi des Dieux énonce que tout mort doit pouvoir obtenir le salut, donc a fortiori Polynice, son frère). En fonction de la perspective que l'on a, on fait prévaloir le droit positif sur le droit naturel et on obtient une légitimité absolue du droit en vigueur sur les contestations révolutionnaires, ou on fait prévaloir le droit naturel sur le droit positif et toute revendication contre l'ordre établi est en soi légitime au nom d'un intérêt supérieur, qui, s'il n'est pas reconnu par la société à ce moment là, est une idée probablement en devenir...

Vous remarquerez qu'en matière de dérapage intellectuel. Ce n'est pas mal. Je suis en Chine en train d'expliquer Antigone à la future élite gouvernementale de Chine (quelques un de ses étudiants deviendront ministres dans les 15 prochaines années, vu le prestige de leur Université)... Evidemment, là, vous pouvez m'imaginer troublé. Parce que si le plaisir intellectuel peut être une jouissance, je vous assure que, dans ces instants là, je jouis. Et je n'échangerai ma place pour ien au monde, même pour celle de Président de la République ou de l'homme qui couche avec Nicole Kindman.

Là, ma vision positiviste des choses - et oui, parmi mes défauts, je suis kelsénien (ah! mon JC, comme tu aimerais m'entendre donner mon cours) - reprend le dessus et je ne peux m'empêcher de donner le fond de ma pensée. Le droit naturel est une formidable idée de progression sociale, mais c'est aussi un véritable outil de manipulation politique. Qui connaît le droit naturel ? Qui ? Personne.

Comme Dieu, par sa définition même, il est inconnaissable et seuls quelques "élus" peuvent en approcher la substance. Dans ces conditions, toute personne peut se proclamer "élu" et on peut mettre sur un pied d'égalité les révolutions hitlériennes et de la révolution française, toutes deux réalisées en vue d'un intérêt supérieur de la société tiré d'un idée différente du droit naturel. Car voilà bien le problème de cette théorie juridique, c'est qu'à notre époque actuelle, elle est utilisée par une vision "droit de l'hommiste" toute occidentale et que, dans cette persective, il peut être légitime de la mettre en avant en vue de faire progresser l'humanité. Mais toutes les guerres de religion, toutes les dictatures ont toujours été faites dans le but d'aider les personnes (qui finalement étaient oppressées) par ces régimes qui se mettaient en place par la force. Et toujours au nom d'un intérêt supérieur, juridiquement légitimé par la théorie du droit naturel. Les Droits de l'Homme sont-ils la prochaine croisade ?

Bien sûr, le positivisme ne fait pas rêver. C'est même en quelque sorte le nihilisme de la science juridique puisqu'il abandonne les finalités du système à des considérations de régulation d'ordre social, en ne se préoccupant plus que de l'articulation des normes entre elles, sans jamais se pencher sur le contenu de celle-ci autrement que pour vérifier leur adéquation avec les autres normes. Au contraire, le droit naturel ne s'intéresse qu'au contenu des normes juridiques et fait finalement dériver le débat juridique d'un plan technique à un plan moral, c'est-à-dire un plan politique. Evidemment, c'est plus vendeur auprès de la jeunesse.

Mes étudiants chinois écoutent donc avec intérêt mon propos. Quelques interventions se font sur des explications terminologiques et je vois infuser ces idées sur eux, tout doucement. J'attends que la sédimentation intellectuelle se produise : ils sont brillants, ça ne va pas tarder. Il y a un renversement de perspective car ils connaissaient l'histoire d'Antigone, mais ils ne l'ont abordé que sous l'angle de la soeur qui défend son frère contre le méchant roi. Et qui meurt à la fin, logiquement, car elle n'était pas en accord avec le système. Une triste histoire familiale. Mais, qu'y a-t-il de choquant dans un système qui possède la peine de mort (qui n'est unanimement pas remise en question par le peuple : pour les esprits retords, le fait que 15 000 personnes en Chine soient "contre" me paraît être suffisant pour affirmer que la peine de mort est unaniment acceptée par le peuple chinois...) ?

"Professeur, pensez-vous qu'il faudrait supprimer la peine de mort en Chine ?"

Sédimentation réussie.

Je suis un bon enseignant (auto complimentation toujours importante, qui permet toujours d'insuffler au lecteur une certaine idée de mon niveau...) qui a un souci perpétuelle de maintenir une certaine objectivité dans les propos et donc je me vois dans l'obligation de répondre en deux temps à cette question. Dans le premier temps, je rappelle ce qu'est un français, comment il conçoit les structures de la société, le débat sur la peine de mort (inutilité sociale de ce type de peine, erreur judiciaire, croyance en la réhabilitation des condamnés, etc...), l'abolition en 1981 (il y a seulement 26 ans!!) et la méconnaissance des français de la société chinoise. Donc, le résultat tombe quasi-implacablement : en tant que français, on ne peut que répondre "oui". Et je les mets en garde contre le fait d'aborder ce type de sujet de conversation lorsqu'ils seront en France, les étudiants français en droit appliquant généralement le théorème fondamentale de tous les libéraux ouverts : "Pas de tolérance pour l'intolérance". Evidemment, l'équation fondamentale étant ici : peine de mort = négation du respect de l'autre = croyance en l'inégalité entre les individus = racisme et sentiment de supériorité = idéologie fasciste = intolérance suprême. D'où, par transitivité, peine de mort = intolérance suprême. Je passe sur les raccourcis d'idée et les assimilations conceptuelles douteuses de ce raisonnement, mais comme on dit également, "on ne raisonne pas avec les fous", les fous étant bien entendu les personnes qui sont pour la peine de mort. Ainsi, la boucle est bouclée. CQFD.

De manière assez mesurée, je leur donne mon opinion sur cette question, en expliquant qu'il s'agit d'une opinion marginale pour un français.

Le droit est la cristallisation des structures sociales et permet leur régulation. Dès lors, apprécier une norme juridique dans un tel contexte culturel me semble hasardeux. Après ces quelques précautions sociologiques sur ma connaissance de la société chinoise, j'en viens à expliquer que, conformément à ce que je connais de leur mode de régulation sociale et à leurs principes de société, je pense que cette peine n'a pas lieu d'être remise en question parce que la société chinoise n'est pas encore prête à l'assumer. Il faut y aller progressivement. La France a conservé la peine de mort de 1789 - le point de départ de l'adoption des droits de l'homme me semblant judicieux - à 1981. La Chine n'est pas encore arrivé au 1789 français, faut-il le rappeler ? Si, pour quelques intellectuels chinois, c'est acquis, il faut prendre en compte que la justice se fait aussi dans les campagnes. Et que si la peine de mort n'existait pas en Chine, c'est la population qui se chargerait elle-même de la mettre en oeuvre dans la rue, la lapidation du voleur pris en flagrant délit étant encore admise en Chine. C'est un point à prendre en considération lorsque l'on veut exporter nos droits de l'homme... Mes étudiants avaient l'air satisfait de ma réponse, mais comment en aurait-il pu être autrement ?

Il y a une brèche qui a été faite dans leur esprit. C'est déjà une grande victoire. Dans la communication chinoise, on n'oppose pas les arguments, on les accorde ensemble. Le tout est de trouver un compromis acceptable. Si j'énonce l'opinion française, sans m'en détacher, et avec lyrisme, je suis sûr qu'ils n'entendront pas mes propos. En leur faisant écouter ma voix, comme sonnant différemment de l'opinion française générale, tout en indiquant que j'en fais également partie (d'une certaine manière), mais que mon approche de la Chine est différente, ils acceptent d'écouter et de réfléchir sur ce que je leur dis. Un jour, je finirai peut-être par faire de la diplomatie en Chine...

Je constate que mon billet est d'une longueur effarante et qu'il y a bien longtemps que je n'ai pas submergé mes lecteurs avec autant d'écrit. Je réserve donc la suite sur la distinction "normes appliquées" et "normes applicables", la distinction du socialisme chinois et français et bien d'autres bonheurs intellectuels pour plus tard. Merci pour votre patiente lecture.

Romook, reporter en mission

jeudi 17 mai 2007

Portrait de Romook

En fouillant dans mon ordinateur, j'ai retrouvé cette photo. Je vous la délivre.



J'ai remarqué que la plupart de mes visiteurs apprécient mes photos. Dans ces conditions, je vais vous dévoiler quelques secrets de fabrication, notamment sur cette photo. Un joli contre-jour (à mon goût).

J'ai utilisé mon appareil Canon Eos 20D, avec un zoom 28-80 USM de chez Canon, sur lequel il y avait un filtre polarisant. Le réglage était directement réalisé en N&B, avec un virage vert. Pour les autres détails, genre focale, vitesse, etc... Je vous avouerai que je fais dans l'artisanal et que je note jamais ces détails. Souvent, je travaille en mode P (en choisissant le "bon" rapport focale/vitesse en fonction de l'effet recherché), en utilisant parfois Av ou Tv si besoin est. Dans quelques rares cas, je travaille en A-Dep (priorité profondeur de champs) ou M. Je n'utilise quasiment jamais les modes de programmes "automatiques" (portrait, paysage, sport, etc...). Pour être parfaitement sincère, je les utilise en cas d'urgence. Genre : on n'a que quelques secondes pour prendre la photo et pas le temps de s'embêter avec autres choses que le cadrage (portrait que l'on vient d'apercevoir dans la foule par exemple).

En fait, je m'aide de la machine pour tous ce qui peut être fait par elle. Après, le reste, tout est de ma faute. La recherche du bon cadrage imposant certains sacrifices et rendant parfois les personnes qui m'accompagnent perplexes. Pour vous donner un exemple, dans ce lieu précis, j'ai pris la branche que vous voyez ci-dessus et aucune autre photo. La photo a été prise à la Cité interdite. Me voici donc en train de prendre la photo.



Vous me voyez donc en photo. Tant pis pour l'anonymat.

Romook, à découvert...

Partie de cartes dans la rue

Toujours ShangHai, les chinois ne perdent jamais une occasion de jouer. Pour information, derrière il y a un salon de coiffure. Il est vide, probablement que les coiffeurs sont en train de jouer. De toute façon, on ne voit même plus l'entrée du salon... La porte étant bloqué par le monsieur à l'extrème droite de la photo.



Sinon, un salon de coiffure, ça peut aussi ressembler à ça (de l'extérieur) :



Romook, rétrospectives shanghaïennes depuis WuHan

mercredi 16 mai 2007

Chère Ania, pour répondre directement à...

ta proposition de photographier les fils à sécher le linge, sache que j'y avais pensé mais que l'occasion ne s'était pas présentée pour en exposer la photo.

Je te dédicace donc cette photo, prise dans la rue, à ShangHai.



La photo est en couleur, une fois n'est pas coutume :-)

Romook, la vie en rose

Droits de l'Homme et la Chine

Hier, dans le China Daily, un article expliquait que l'une des institutions gouvernementales de la Chine s'était mise à travailler sur la rédaction de Droits de l'Homme. Ces derniers seront avant tout respectueux de l'histoire et des valeurs de la société chinoise. Ils mettront notamment l'accent sur les notions fondamentales de développement, de la nourriture pour tous et de l'accès aux soins.



Romook, un pas en avant

Old woman

This a lovely old woman I've seen in the street. She was in ShangHai, in a street of the old town (You will have after some other pictures of this "old new" town). In fact, Chinese gouvernment has destroyed ancient town and rebuilt it after, as identical than before. So, it's an ancient new town, or a new ancient town, as you prefer... This old women was in the street and seemed to be lost with a lot of tourist aroud her. You need to know she has known cultural revolution and other communist period. In her eyes, there are a lot of different worlds...



Romook

mardi 15 mai 2007

Ma passion secrète en photo

Aujourd'hui, je décide de vous avouer quelque chose de très intime, tant pis pour ma réputation. Il y a des années que je me suis mis à faire de la photo. Le premier oyage que j'ai fait et qui m'a donné ce goût et un voyage en Egypte. Alors que tous mes petits camarades prenaient en photo les pyramides, le sphinx et toutes les choss jolies choses dont regorgent l'Egypte, je me suis lancé dans la photo anti-touristique. Je prenais en photo tout ce que l'on ne trouverat jamais dans les guides touristiques. Les poubelles, les fils électriques, les gens pauvres dans la rue, les malades, les infirmes, les accidents, les charettes sur l'autoroute, les roues à eau, les "pizza huts", bref, tout sauf ce qui est "officielement" beau.

La raison? Parce que je me dis que ces belles photos, d'autres que moi les ont faites, certains ayant le temps à y consacrer. Bref, pour que ce soit parfait. Souvent, j'achète les ouvrages pour touristes. Comme ça, moi aussi, je les ai. Faire de la photo, c'est un métier - et ce n'est pas le mien malheureusement comme vous l'aviez remarqué (même si on me fait des compliments qui me touchent). Je vous inflige donc mes pauvres clichés en espérant que vous retrouverez l'émotion que j'ai pu ressentir en voyant certaines choses. Je me mets plutôt dans la peau de l'ethnologue faisant un reportage, voire un documentaire, je vise donc à faire de la photo historique. La photo du temps présent.

Parmi ses aspects du temps présent, il y a un aspect que je ne néglige dans aucun pays que je traverse. Et je revendique une certaine qualité artistique - un certain savoir-faire - pour ce type de photo. D'abord, c'est assez original d'après ce que je connaîs du monde photographique. Ensuite, ça correspond bien à mon état d'esprit documentaro-reportage du temps présent. Enfin, à mon sens, il s'agit d'un bon indice de civilisation.

Mon thème photographique préféré, ma spécialité est le pilone électrique ou le système des fils électriques. Toujours surprenant, plein de géométrie, il y a une qualité artistique indéniable. Si un éditeur de photo était intéressé, je suis sûr que je pourrais en faire un bel album maintenant entre ceux d'Egypte, du Mexique, du Guatemala, de Pologne, du Japon et de la Chine... Je dois confesser également que je m'aventure parfois, lors de journée de spleen, à photographier les systèmes de climatisation extérieurs, bien plus lourds, certes, mais toujours puissants sur une photo. Une certaine forme de majesté lourde.

Et voici donc deux extraits, en toute première, trouvés dans des rues de ShangHai :



Majestueux, aérien, rien à ajouter.



Bien dégagé derrière les oreilles, s'il vous plaît :-)

Romook, esthète du monde moderne

lundi 14 mai 2007

ShangHai : Grattes-ciel, etc...

Lorsque l'on se promène à BeiJing, on a la sensation d'être dans une ville ancienne qui se modernise et dont l'urbanisation se fait de manière désordonnée et sauvage. A ShangHai, cette sensation n'existe pas du tout.



La ville semble toujours avoir été moderne, voire en avance sur son temps. Les rues et les maisons sont neuves, les très nombreux grattes-ciel sont d'un design invraisemblable.



Inutile de vous présenter plus ShangHai, tout le monde en connaît les images les plus célébres.



Voici le gratte-ciel JinMao, 410 mètres de haut et 88 étages. L'ascensceur les grimpe en 45 secondes, à une vitesse d'un peu plus de trente kilomètres /h!! Attention aux oreilles. Vu d'en bas, il est impressionnant, non ?



Juste en face est actuellement en construction une autre tour. Rapide coup d'oeil sur un chantier à plus de 350 mètres du sol...







Inutile de vous dire que ShangHai n'est pas reposante. La circulation, les buildings, la population...



Tout rend cette ville électrique, speed.



A noter qu'ici, on fait du business et que tout est bon pour en faire. Un chauffeur de Taxi m'a fait faire deux fois le tour de la ville pour gagner plus d'argent. Mission réussie : J'ai payé deux fois et demi le prix de la course. Inutile de vous dire que je lui ai vertement exprimé ma réprobation. Il pensait que j'étais un touriste que l'on pouvait arnaquer, pas que j'allais lui expliquer en chinois que pour gagner plus d'argent, il pouvait aussi passer par Beijing, c'était aussi la bonne route.

Une anecdocte ne valant rien sans une autre. Quelques heures plus tard, je paie l'addition dans un restaurant. On me fait payé deux plats que j'ai commandé et qui ne sont jamais arrivés. La chinoise qui m'accompagne explique que, dans ces conditions, j'exige le remboursement des plats. On lui annonce que l'on attendait que je finisse ma bière pour me servir les deux derniers plats.

??!

Quoi ?

"En Chine, on sert ces plats après la bière", lui annonce-t-on sérieusement. Il s'agissait d'un bol de riz et de ravioli chinois. Bien évidemment, mon interlocuteur avait bien vu qu'il était face à une jeune femme qui n'allait pas faire d'histoire et que, probablement, un con de touriste allait avaler ça en se disant que pour les 60 centimes d'euros que ça représentait, ça ne poserait pas de problème.

Je ne suis pas pour faire des esclandres, mais avec le coup du taxi quelques heures plus tôt - pour venir au restaurant soit dit en passant - je me suis dit que j'étais entouré de mauvais chinois, BeiJing et WuHan ne m'ayant pas habitué à ça. Dans ces conditions, je me lève et je commence à faire un scandale, en chinois of course. Le type a commencé à se décomposer et à m'expliquer que la caisse était fermée et qu'il n'était pas possible de rembourser. Une serveuse arrive alors en courant avec un micro bol de riz froid à la main.

Question de principe. Je la renvoie en cuisine en expliquant que je n'ai plus faim et que ce sont des gens malhonnêtes d'agir de cette manière-là. Moins de quinze secondes plus tard, je repartais, sans dire au revoir ni remerciement, avec mes 60 centimes d'euros à la main. C'était l'un des plus vieux restaurants de ShangHai, un peu plus d'une centaine d'année d'existence. Je tenais donc à faire leur pub. Voilà qui est chose faite.

Romook, town-trotter

dimanche 13 mai 2007

L'amour sous l'angle de la jeunesse de Shanghai

L'amour, thème universel par excellence. Bien. En Chine, je me suis souvent posé des questions sur ce sujet, notamment parce que j'étais étonné, que ce soit à BeiJing ou à WuHan, de ne jamais le voir s'exprimer autrement que par un homme et une femme l'un à côté de l'autre... Sans l'ensemble des gestes tendres que l'on peut croiser en Europe... Et bien, ici, à ShangHai, voici quelques contre-exemples. Attention, que l'on ne s'y méprenne pas, il s'agit d'une remise en question publique de ma réflexion sur le sujet.




















Romook, La Vie est belle

Mamie fait de la moto

Et hop! Surprise au coin d'une rue !



Romook, one shot

samedi 12 mai 2007

ShangHai, la moderne

ShangHai, c'est avant tout la modernité qui se meut dans la vie de tous les jours.



Romook, Observateur

L'expérience...

"L'expérience est une lanterne qui éclaire le passé." a dit Confucius.



Romook, songe sur la Vie...

Ma "chambre" d'hôtel à ShangHai

Mister Romook, devant son café au lait lyophylisé, contemplait la ville. Désirant en faire profiter au plus vite les divers lecteurs de son petit blog, il mit sous le bon format les photos de son nouvel endroit. Voici donc la vue de la chambre :



A priori, cela pourrait sembler bruyant, mais il n'en est rien. 27ème étage oblige...

La différence entre BeiJing et ShangHai est patente. Dès la sortie de l'aéroport, on est dans un nouvel univers. C'est bien la Chine, mais ce n'est pas la même. Sieur Romook se sentait, comme toujours chez lui, avec un petit tressaillement d'excitation au creux du ventre... Vous savez bien, cette espèce de curiosité qui nous habite lorsqu'une personne nous parle d'un petit village magnifique, à peine à trois kilomètres de là où on habite, mais que l'on n'a jamais visité car manquant d'exotisme. Et bien là, idem. ShangHai, tout de suite fait plus penser à Osaka (Oh! La comparaison blasphématoire!) qu'à BeiJing. Et pourtant, il y a ce côté fouillis chinois qui fait la différence avec le monde nippon.

Les routes sont toutes modernes, les immeubles neufs dans un style très carrés, sans fioritures asiatiques particulières (comme on en rencontre parfois à BeiJing ou WuHan). Les feux de circulation ont la particularités d'utiliser un décompte pour savoir exactement à quel moment le vert passe au rouge et inversement. La circulation est bien plus rapide et plus fluide, même si le nombre de voitures est extrêmement important. On ne rencontre pas des charrettes sur les routes, avec des paysans qui dorment dessous... Mais, toujours des cyclistes qui font fi des règles de la circulation, le même sourire aux lèvres sur tous les chinois... Bref, tout un tas de détails qui font la différence tout en maintenant le lien avec la Chine que je connais.

Je n'ai pas choisi mon hôtel : mon départ s'est fait dans un climat de travail intense et je n'ai pas préparé mon voyage. Heureusement, une relation de travail sur place m'a proposé de s'en charger, ce qui m'a déchargé de ce problème. J'en suis heureux. Fort à parier que cette relation professionnelle va se transformer rapidement en amitié... Je suis, par nature, quelqu'un qui fait confiance aux autres. On m'a proposé un hôtel à 55 euros en me disant que c'était bien. J'ai donc immédiatement répondu "oui", sans même demander où il se trouvait dans ShangHai, ville de 20 millions d'habitants...

Après avoir passé presque deux heures en taxi, j'arrive la nuit tombante à mon hôtel. Ce n'est pas du tout un quartier "vivant". Le hall de l'hôtel était correct, mais rien de mirobolant. J'imaginais que ce pouvait être une chambre d'hôtel comme celle que j'avais à BeiJing. J'arrive dans ma chambre et je découvre le salon :



avec une cuisine dans la pièce à côté :



Puis, le balcon, dont vous avez déjà eu un aperçu de la vue... Et, enfin, ma chambre :



Pas moins de 40 m2 pour moi tout seul... L'adresse est excellente! Et je me suis aperçu que le prix avait négocié d'environ de 50%, ce qui est bien normal en Chine.

Ce matin, le temps est gris et je n'ai plus assez de cartes de visite pour aller me promener dans des endroits où les entreprises se trouvent... La distribution d'hier ayant sérieusement endommagé mon stock pourtant important. Dommage. Je vais donc prendre mon apareil et faire un petit tour de la ville. L'avantage est que je connaîtrais la ville et que je n'aurais pas de regret les prochaines fois où je viendrai, si je n'ai plus le temps de me promener. Sur ce, je vous abandonne pour démarrer ma journée.

Romook, ethnologue moderne

vendredi 11 mai 2007

Bien arrivé à ShangHai : tout va bien!

Je suis bien arrivé à ShangHai. Voyage en avion très agréable à côté d'une voisine chinoise et italienne. Nous avons conversé en français, anglais, allemand et chinois...Le charme de l'avion... Pour les intimes, sachez qu'il y a eu un lâcher sauvage de cartes de visite. Une super rencontre. Résultat : ce soir je vais dîner des Sushis avec des expatriés industriels et chefs d'entreprise. Plutôt que de passer la soirée seul dans une grande ville inconnue, on peut dire que ce voyage se présente sous les meilleurs auspices... Donc, tout va bien : mon chinois n'est pas rouillé du tout (incroyable! merci Lei !).

Bon, maintenant, mon rendez-vous approche. Je vous montre les photos de ma chambre d'hôtel dans le prochain billet...

Romook, tout va bien

mercredi 9 mai 2007

Ce blog avait deux ans...

Joyeux anniversaire au blogueur Romook... Joyeux anniversaire! Déjà deux ans de billets! Y en a eu de toutes les sortes, plutôt humoristiques, mais parfois également un peu plus sérieux...

Deux ans, ça permet de faire un petit bilan, genre "retour sur soi". Pour qui je blogue ?

A priori, la réponse semble être évidente. Pour Anna, ou Anka, ou encore Anna O. quant elle ne s'affuble pas de sobriquet plus fantaisiste... Et oui, car peu de lecteurs se manifestent (non, non, manou, je t'ai vu!) malgré mes appels répétés à une forte participation!

Alexandre, parfois, se laisse emporter à lâcher un commentaire. Il en est de même d'Elisabeth.

Mais que dois-je penser de cette foule silencieuse qui traverse mon blog de part en part... N'est-ce pas Rico, ou encore JC, dont vos commentaires ne m'arrivent que par voie orale...

Que dire de ces nombreux visiteurs qui ne se laisseront pas démasquer, n'osant avouer la lecture de ce blog, probablement trop licencieux pour être revendiqué en public ?!

Bref. L'heure est au bilan. Le vrai Bilan.

Lorsque le blog a été lancé, c'était avant tout pour poursuivre une blague née le week end du 8 mai 2005. Blague qui consacrait une histoire vraie vieille de plus de 23 ans... Et puis, ce groupe d'amis (devrais-je dire connaissance?) s'est réduit à une portion congrue suite à mon départ à l'étranger. J'ai continué à bloguer pour maintenir le fil avec les personnes qui me connaissaient. Le temps m'était compté et il était plus simple de tenir un journal quotidien que d'écrire à toutes les personnes qui s'intéressaient à ma vie. Et j'y ai pris du plaisir, beaucoup de plaisir.

Me voici donc au Japon, puis en Angleterre, puis en Chine. J'y ai trouvé un intérêt linguistique également. Il faut l'avouer franchement : c'est l'heure du vrai bilan, je le rappelle.

Et là, j'ai rencontré Kai Ye, ça a redonné un coup de souffle au blog. J'avais trouvé le complice de mes délires, une amitié rare.

Je suis revenu en France. Les amis d'avant avaient pour la plupart disparus : ne sont restés que les plus intéressés. Personne n'est à blâmer, c'est la vie. Mais, ajoutée à la désagréable impression de n'être pas à sa place en France, la solitude a été ressentie de manière plus forte. Rapidement, j'ai heureusement su que j'allais retourner en Chine. J'allais mieux, je bloguais un peu plus, s'en est même suivi une rénovation esthétique et informatique. Et, parallèlement, je retrouvais mes amis les plus fidèles, pour la plupart les plus anciens.

Et puis, le blog est devenu le relais avec la personne éloignée : mon ami Kai Ye. Mais le temps a manqué pour alimenter le blog et il est devenu un fardeau à porter, avec l'incertitude croissante de l'intérêt que les autres pouvaient y porter. Après un mois de décembre éprouvant nerveusement, la Chine apparaissait comme un paradis qui s'offrait à moi. Beaucoup de nouvelles se sont accumulées sur place... Dans le lot des bonnes, la mauvaise : ma relation avec Kai Ye est terminée. Et mon blog s'interroge à nouveau et se mit à traverser une nouvelle crise existentielle.

La non-envie d'écrire est revenue. La fatigue physique y contribuant fortement. Quellques sursauts de temps à autre. Mais bon, plus de grand frisson. Où es-tu Romook d'antan ?

Alors, bien sûr, on écrit avant tout pour soi. Mais le problème majeur du blog, c'est que l'écrit en question est systématiquement publié. Donc, on écrit effectivement pour soi, mais à la nuance près que l'on est sûr d'avoir des lecteurs. Et parmi ces lecteurs, il y en a que l'on connaît... Résultat : on écrit plus tout ce que l'on veut. Et puis, il y a une certaine cohérence éditoriale à avoir. Bref, on n'écrit pas, on blogue, c'est à dire que l'on écrit un "journal intime public" - et l'on remarquera l'antinomie absolue des termes "intime" et "public" - ce qui revient à dire que l'on est soit exhibitionniste, soit on se camoufle et l'on fait donc de l'anti-art.

Dans ces conditions, on peut dire que l'on n'écrit pas, mais plutôt que l'on ne fait rien. Se camoufler derrière un pseudo masque social revient à vider de sa substance un écrit, c'est-à-dire le rendre plus pauvre que n'importe quel mode d'emploi de four à micro-onde. Perdre sa liberté d'écriture sous prétexte de connaître l'autre, c'est s'enfermer dans un moule qui ne nous correspond plus. Il n'y a plus d'art. Il n'y a que la vie quotidienne. Faire de son blog une simple habitude sociale, c'est avoir autant d'ambition qu'une amibe... Dans ces conditions, Romook doit soit se réveiller, soit mourir. L'Art exige le sacrifice permanent de soi.

Deux ans ont sonné. A l'heure du bilan, je m'interroge. Ce blog a-t-il encore un sens, même si 700 personnes le visitent tous les jours ?

Romook, en question...

lundi 7 mai 2007

Félicitations chinoises

Le président chinois Hu a félicité le futur président Nicolas Sarkozy. Il a souligné que la France et la Chine avait assisté à de profonds développements dans leur relation ces derniers années. Les deux pays ont connu des progrès importants dans les domaines de la politique, économie et le commerce, les sicences et les technologies, l'éducation et le droit, et ont travaillé étroitement dans ces domaines.

Le président chinois a ajouté que la relation entre les deux pays est devenu un très bon exemple de respect mutuel et d'amitié entre deux pays connaissant une histoire, des traditions culturelles aussi bien que des stades de développements différents. La relation franco-chinoise n'est pas seulement bénéfique pour les intérêts fondamentaux deux pays et les deux peuples, mais aussi pour la paix, la stabilité et le développement du monde. Dans ces nouvelles conditions historiques, il travaillera conformément à l'esprit et aux principes des accords conclus avec la France, pour promouvoir sur le long terme les relations bilatérales, et fera tout ses efforts pour débuter cette nouvelle page des relations franco-chinoise ainsi que dans tous les domaines de coopération.

On remarquera que, dans le discours du nouveau président français, la Chine n'avait pas été évoquée. Vraisemblablement, il ne s'agit pas d'un oubli, mais la volonté de ne pas trop s'engager pour le moment par des propos. Rappelons que, lors du débat télévisé, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il était du devoir de la France d'aller porter les droits de l'homme en Chine. Or, comme je l'ai indiqué à de multiples reprises dans ce blog, en d'autres pages, les droits de l'homme étant d'inspiration chrétienne, ils n'ont pas de caractère universels. La Chine, plusieurs fois millénaires dans son histoire, ne pourra jamais accueuillir les droits de l'homme car les structures sociales et philosophiques ne la prédisposent pas à les recevoir.

En revanche, il est souhaitable que la Chine laisse aux chinois une plus grande liberté d'expression et garantisse une plus grande fiabilité du système juridique. Si ces deux points étaient améliorés, nous verrions un pays qui ne souffrirait aucune critique par rapport aux droits de l'homme. Il faut pourtant se garder de jugement hâtif, en tant qu'occidental. Notre 1789 a eu des conséquences qui ne se sont pas réalisées en un jour. De même, les citoyens chinois ne sont pas prêts, dans leur grande majorité, à subir une liberté d'expression à l'occidental. Les chinois sont des personnes qui ont des sensibilités exacerbées. Dans aucune publicité vous ne voyez un couple s'embrasser sur la bouche. Ce qui n'a rien de choquant pour nous, l'est parfois franchement pour eux...

Dans ces conditions, j'espère que le président Sarkozy saura effleurer du bout des lèvres, avec beaucoup de tact, ses suggestions en matière de "liberté". Les dirigeants chinois ne lui reprocheront pas de le faire si les propos se font "à la manière asiatique".

Romook, des nouveaux paradigmes ?

dimanche 6 mai 2007

Nouveau président français à 53,06%

On en apprend bien des choses en regardant la télévision en Belgique et en Suisse. Nicolas Sarkozy est élu Président de la République française. Le chiffre de 54,8% (18h15) 53,5% (19h45) 53,06% (7 mai au matin : merci manou) est à affiner bien sûr.

Romook, guetteur international

samedi 5 mai 2007

Belgique : pénurie de blanches

En écoutant la radio de Wallonie, j'apprends qu'il y aurait une pénurie de Blanches en Belgique. En fait, les rumeurs iraient bon train pour expliquer les raisons de cette disparition. Certains parleraient même de détournement des blanches en direction des Etats-Unis.

Il est à noter que si les blanches sont en causes, cela ne concerne nullement les blondes, les rousses ou encore les brunes. D'où une interrogation sur ce qui est visée ? Car, comment peut-on être en pénurie de blanches, sans que ce soit liée aux blondes, aux rousses ou aux brunes ?

Deux autres rumeurs circulent également concernant cette pénurie de blanches... Il y aurait des problèmes de fabrication et de qualité qui entraîneraient cette disparition... L'autre théorie avancée est que, ces derniers jours, en raison du beau temps, la consommation de blanches aurait augmenté, ce qui aurait entraînée, corrélativement, leur disparition...

Fort heureusement des mesures vont être prises et, dans les prochains jours, vous pourrez de nouveau acheter votre Hoegaarden favorite.

Romook, sur le fil de l'actualité

mercredi 2 mai 2007

Lille : la pharmacie de France en feu

Arrêter de fumer, c'est pas si facile... Heureusement qu'il y a les pompiers...



Source (ceci n'est pas un montage, mais probablement un malheureux hasard des campagnes publicitaires gérées par informatique) :

Lille : la pharmacie de France : La Voix du Nord

Romook, présent sur les lieux...

Le Monde.fr : La Chine nomme un nouveau ministre des Affaires étrangères

Le Monde.fr : La Chine nomme un nouveau ministre des Affaires étrangères

Dans le conflit conceptuel qui se joue, au niveau juridique, et notamment sur la rénovation du système juridique chinois, cette nouvelle nomination risque de peser lourd au niveau des conséquences à long terme. En effet, si le système juridique chinois a été conçu sur le modèle français (en 1930), l'évolution de la société chinoise et son changement politique progressif conduisent à la nécessité de l'adapter afin qu'il soit toujours en phase avec le pays, mais aussi avec la mondialisation.

Avec la loi sur la propriété privée, qui a été votée récemment (février 2007), l'orientation vers un système économique capitaliste est patente. La question est de savoir si les concepts juridiques européens prévaudront dans cette réforme, ce qui semble logique au regard du système existant, ou si l'influence du droit anglo-saxon se fera sentir. Par principe idéologique, la prédominance se faisait pour le droit français ou allemand. Avec une telle nomination au gouvernement chinois, il est probable que les orientations prennent un autre chemin.

Affaire à suivre...

Romook, veille juridique