Je continue a faire le pari de l’intelligence des français et je refuse de cultiver les peurs. il s’agit de mettre la priorité sur l’éducation, de consolider les familles, d’épauler les plus fragiles et notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années., Ségolène Royal, extrait de son discours du 22 avril 2007.

Quelque soit les convictions politiques, je ne peux que me sentir mal à l'aise face à une personne qui, tout en prétendant devenir la représentante majeure des françaises et des français, divise le monde entre ceux qui l'écoutent (et qui sont intelligents) et le reste (les idiots ?)...

Déjà, l'attitude de François Hollande, vindicatrice et venu visiblement avec une volonté de ne pas dialoguer (heureusement que Fabius a relevé le niveau), sur le plateau de TF1 (juste après les résultats), m'avait profondément choqué et m'avait mis dans un état d'attention un peu particulier pour l'écoute du discours, prononcé fadement par Ségolène (c'est la première fois que je l'entendais prononcer un discours, peut-être est-ce une habitude chez elle).

Le sens de l'élection est bien celui de construire un projet de société qui sera nécessairement pluriel, chacun des citoyens participant à sa contruction de manière progressive devant les urnes. Dès lors, les candidats qui s'affrontent devraient tirer un enseignement mutuel de leurs idées afin de rassembler autour d'eux le plus grand nombre de citoyen.

Toutes les idées politiques ont une valeur, et aucune ne me semble meilleure qu'une autre. Chacunes doivent être respectées et appréciées. Le tout est une question de préférence, de sensibilité et de priorité. L'arbitrage qui est réalisé par les citoyens correspond à leur valeur. Hors cas particulier, les hommes et les femmes politiques doivent être à l'image des personnes qu'ils vont représenter. Parfois, il est de leur responsabilité d'expliquer et de faire oeuvre de pédagogie.

Ils doivent également contribuer à élever le débat, à mettre sur la place publique les idées qu'ils veulent défendre sans souci de "gagner" une élection. En aucun cas, il n'y a un gagnant ou un perdant : il n'y a qu'un peuple qui a des attentes, des personnes qui rêvent d'un autre monde, des individus qu'ils veulent voir leurs problèmes réglés.

Dans ces conditions, plus je relis la phrase de ce discours de Madame Ségolène Royal et plus je sens l'insulte poindre dans ses propos, plus je sens la division qui peut se créer. Notre société se divise entre ceux qui ont réussi et les autres. Avec des propos comme ceux de Ségolène Royal, le point de vue est martelé. Et conduis à une division d'autant plus grande, qu'après elle, il y aura les vainqueurs et les perdants.

J'apprécie infiniment plus un candidat qui dit, au début de son discours :

Je veux dire à Madame Royal que je la respecte et que je respecte ses convictions et que je souhaite que le débat de ce second tour soit véritablement un débat d’idées.

Alors que les discours sont publics et connus de tous par le biais des médias, j'aurai apprécié - même si ce n'était qu'une courtoisie feinte - entendre la même chose de la part de Ségolène Royal, plutôt que d'entendre des propos "haineux" de la part de François Hollande, et des autres "partenaires" des socialistes.

S'il y a eu un effet "Bayrou" dans la politique française, si Nicolas Sarkozy a amené des débats nouveaux sur la place publique et a fait sortir la droite d'un discours purement libéral en tentant de créer un débat de société sur des projets de société possibles, la Gauche hier soir m'a profondément déçu par :

- Noel Mamère, qui ne discute pas des propositions écologiques de Nicolas Sarkozy, mais fait du militantisme politique primaire.
- Arlette Laguillier, qui lance une lutte pour le "tout sauf Sarkozy", sans aborder l'idée d'un contrat de travail unique (simplement pour savoir si cette porposition est intéressante)

J'ai apprécié l'attitude de Philippe de Villiers qui ne donne aucune consigne de vote.

Ces consignes de vote vident en substance le débat politique et donne la sensation que les projets ne sont pas assez forts pour se défendre d'eux-même. Gens de la Gauche, mettez en avant vos idées sur la place publiques plutôt que de faire un combat personnel contre un homme. Faites nous rêver!

Les attitudes de ceux qui attendent pour voir, comme CPNT, me semble là aussi plus censées.

Plus de télévision jusqu'au second tour pour moi, je vais donc être privé d'une grande part du débat politique. Au hasard d'une découverte télévisuelle, peut-être un autre billet... Avez-vous essayé de suivre le débat politique des élections sans télévision ? La presse écrite ne relaie que les idées générales des candidats, sans grande précision, et souvent avec des déformations en fonction de la couleur politique du journaliste. Quant aux sites internet des candidats, ils ne sont malheureusement pas très fournis (même s'il reste la source majeure d'information).

Bonne réflexion.

Romook