En d'autres lieux, j'ai évoqué le problème du "sexe sur mesure". Il faut maintenant faire intervenir le problème de la confiance et des garanties qui y sont attachées. Avant de faire une étude juridique sérieuse sur la question, il apparaît essentiel de faire un rapide tour d'horizon, en quelque sorte, une sorte de rappel curatif pour les lecteurs impatients et fainéants qui sont parmi vous et qui ne manqueront pas de ne pas cliquer sur le lien précédemment cité pour comprendre l'étendue du problème. Néanmoins, je le rappelle, lire ce blog se mérite. Ici, on fait dans l'intellectualisme sérieux et l'élitisme forcené. Pas de place pour la philosophie de supermarché ou les conversations d'ascenseur. C'est compris ?

Précédemment, il avait été évoqué la possibilité de s'abstraire du plaisir charnel dans la relation amoureuse, non pas par confort ou pour des raisons d'hygiène spirituelle, mais tout simplement pour retrouver le plaisir de l'amour et sa nature véritable. Trop souvent des partenaires se rencontrent et suite à un moment d'ivresse charnelle, ils croient s'abandonner aux douceurs de l'amour alors qu'il ne s'agit qu'en fait des délices de la sensualité qu'ils n'avaient jamais rencontré jusqu'alors. Mes discussions avec des partenaires féminines m'ont conforté dans ce préjugé qui dit que la femme bien baisée finit toujours par tomber amoureuse. Pour l'homme, c'est pareil. La différence entre les deux et que... Ben, en fait, je ne sais pas, probablement qu'il n'y en a pas. La fatigue physique peut-être ?

Enfin, cela étant, les différences anatomiques entre les êtres est source d'ennui car, par un malin plaisir, la religion Chrétienne, initiée par une tradition philosophique que l'on pourait faire remonter à Platon, tente de nous faire croire - et, comble de l'horreur, a réussi à persuader de nombreuses personnes - que l'amour précède le sexe, le second étant une émanation du premier. Or, la réalité des choses fait constater le contraire : point de salut envisageable entre les amoureux dont l'harmonie sexuelle est inexistante. Sachant cela, j'avais imaginé la possibilité d'essayer l'autre rapidement, juste pour savoir si les êtres étaient compatibles l'un avec l'autre, d'un strict point de vue mécanique of course.

Une rencontre fortuite avec un individu doué de bon sens m'a conduit à m'interroger sur les conséquences de la solution que j'avais imaginée, à savoir l'échange de moule de sexe. L'idée était la suivante : chacun se promenant avec une reproduction de son sexe, un moule aussi fidèle que possible, il devenait possible lors d'une rencontre dans un café, de "s'essayer" rapidement avant d'engager une relation plus sérieuse, voire amoureuse. Ainsi, les déconvenues liées aux relations sexuelles de mauvaise qualité peuvent être évitées simplement sur simple essayage pré-relationnel. Eliminant les problèmes liés au détail technique de compatibilité, il ne restait plus qu'à vérifier l'aspect comportemental en jaugeant l'instrument sur pièce.

Dans cette perspective, si le gain de temps peut être appréciable, on voit également tout de suite les bienfaits immédiats qui pourraient en découler pour la société. Tout d'abord, du point de vue du chômage (sujet sensible en ces temps troublés de passation de pouvoir - je pense que les candidats à la présidentielle trouveront dans mes propos un argumentaire qui ne leur échappera pas), notamment en terme de relance économique. Tout d'abord, les producteurs de moule seraient nécessairement des artisans, devant travailler l'objet à la main. Dès lors, si on imagine qu'en France, il y a environ une trentaine de millions de personnes actives sexuellement, le marché est énorme. Imaginons qu'il faille deux jours pour faire un moule, soit 2,5 moules /semaine. En gros, cela représente 12 millions de jours de travail qui représentent au total 51 063 personnes employées pendant un an. Sans compter, les conséquences pour les fournisseurs en matières premières, les cellules "Recherche et développement" (intégration du Bluetooth pour rechercher des membres actifs dans son entourage, fonction de détection automatique de sexe complémentaire, etc...), les prestataires de services associés (habillage esthétique de son moule, sac adapté, etc...). Bref, un pan complet de l'économie relancé. Sans compter l'image dont la France va bénéficier à l'étranger! L'impact sera énorme, nous sommes considérés comme les meilleurs du monde au lit - quoi de plus logique que de poursuivre dans cette lancée dont nos compatriotes à l'étranger n'auront qu'à se féliciter... Les finances publiques pourraient également en bénéficier car si on prend un prix moyen de 20 euros HT /moule, on aboutit à une rentrée de TVA équivalente à 117 600 000 euros. De quoi faire rêver les caisses de l'Etat. Mais, l'essentiel restera quand même la hausse de la qualité de vie des citoyens français qui se sentiront plus à l'aise dans leur vie amoureuse. Que du bonheur...

Le problème restera celui de la confiance. Et c'est bien là qu'il faut prendre en compte le problème de la garantie des vices cachés. Et de toutes les garanties dont notre droit français affuble le consommateur moyen. Pour ne pas alourdir un billet déjà très long, je vous convie à la seconde partie de l'étude, publiée très prochainement sur ce blog.

Romook, sauveur de l'économie nationale