J'ai toujours étudié en adoptant la démarche suivante : lire les sources, toutes les sources, rien que les sources.

Sauf concernant une idée, pour laquelle je n'avais jamais trouvé les sources : le Bouddhisme. J'avais dû me contenter de livres écrits par des bouddhistes, ne trouvant pas de traduction des propos, ou livres, du Bouddha lui-même...

Et bien, l'erreur est réparée, j'en ai trouvés. Et je suis donc en train de lire "Les entretins du Bouddha" dont la traduction est de Môhan Wijayaratna.

Bien qu'habitué à la lecture de textes mystiques ou philosophiques, je dois dire que c'est la première fois qu'un texte sacré me laisse autant de marbre. J'irai même jusqu'à évoquer l'ennui. Beaucoup de répétitions, rien d'essentiel. On a l'impression qu'il s'agit d'une liste de principes tirés du bon-sens, sans explication, un peu comme si on remplaçait un préjugé par un autre.

Mon conseil, si vous ne connaissez pas le bouddhisme, évitez ce livre de toute urgence. Le résultat serait simplement de vous donner l'illusion que cette doctrine est pauvre et que le Bouddha était un individu qui ne savait que répéter les mêmes phrases... Bref, un livre a priori nuisible au bouddhisme.

Le problème de ce livre provient sûrement du style dans lequel ont été composés et retranscrits les entretiens du Bouddha. Probablement qu'à une période de l'histoire, les livres sacrés étaient rédigés de cette manière. En comparant avec la vivante Bhagavad-Gita ou encore le profond Dao De Jing de Laozi, on se demande comment le bouddhisme a pu survivre jusqu'à aujourd'hui. On peut supposer que les autres textes sur lequel il se fonde sont rédigés de plus heureuse manière.

En effet, on n'y pense pas immédiatement, mais une religion qui ne développe pas un bon "marketing", comment peut-elle reproduire ses idées ? Surtout que les religions, en général, nous interdisent de nous moquer de notre prochain, de faire du mal aux autres, de bien manger, d'être égoïste, de bien baiser, de ne pas aimer notre prochain, de jouïr des plaisirs des sens en général. Ou alors, il faut les contrôler pour arriver à un état de méditatif intérieur incroyable (tantrisme) qui a pour conséquence d'annihiler ledits désirs sensuels... Bref, les religions ont un effort à faire, surtout dans le monde du plaisir immédiat, de la consommation à tout va qu'est devenu notre société. Donc, ce livre est à déconseiller. Je vous tiendrais bien entendu au courant des deux autres ouvrages que je lirai ensuite qui sont également des textes fondateurs.

Romook, scepti-bouddhiste