Romook, ectoplasme bloguique

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mercredi 31 janvier 2007

Cancion del Emperador, Luys de Narvaez

podcast



This is the song "Mille Regretz" of Josquin Desprez, a french composer :

Mille regretz de vous habandonner,
Et deslongiers vostre fache amoureuse,
Jay si grant doeul et paine doloreuse,
Quon my verra brief mes jours definer.

Now, you could listen the transcription of a 4 voices polyphonia, based on this song, which was made for vihuela by Luys de Narvaez (1538). This is one of my favourite piece.

I recorded myself because I don't want to infridge some legal right. So, it's my guitar mourns some desperated loves...

Romook, sometimes guitar player...

Le Monde.fr : La France invitée à débrancher cinq minutes jeudi soir

Le Monde.fr : La France invitée à débrancher cinq minutes jeudi soir

Bien, bien, bien... Par solidarité, je propose que tout ceux qui se prennent pour des lumières, s'abstiennent également de réfléchir pendant cinq minutes. Comme ça, on bénéficiera en plus du silence de certaine.

Je ne vise personne.

Ce qui m'inquiète le plus, ce sont les conséquences écologiques pour l'avenir de cette manifestation. Je rappelle, en effet, que l'un des problèmes majeurs de notre planète est la surpopulation. Or, comme tous les futurs parents, ainsi que les jeunes parents le font remarquer: "ce problème est inexistant, c'est juste un truc des écolos pour nous faire peur." Ok. Et bien, moi je dis, que, si c'est vrai, faire éteindre la lumières cinq minutes, c'est juste bon pour nous coller un mini-baby boom sur le dos. Et voilà, pris en flagrant délit de destruction de l'environnement mondial, les écologistes eux-mêmes! Les organisateurs, que dis-je, les conspirateurs d'un tel complot mettent à jour leurs véritables ambitions : promouvoir leur mouvement idéologique! Car, plus il y a de problèmes écologiques, plus les écolos ont des trucs à dire, plus on les écouteras... CQFD.

Ainsi, en organisant une manifestation qui n'est autre qu'une invitation à la débauche et à la luxure, ils agissent en véritables criminels. Et c'est bien d'une invitation qu'il s'agit, puisque cinq minutes, c'est tout juste bon pour se sentir, se tourner autour, démarrer les hostilités sans vraiment y toucher, bref, une invitation au voyage. Et il y a fort à parier que tout les lumières ne se rallumeront pas au bout de cinq minutes!

Cette manifestation est une honte pour l'ordre moral et les bonnes moeurs de notre société. Je désespère. On ne peut plus faire confiance à personne.

Romook, de retour sur son blog...

dimanche 28 janvier 2007

"Stupidity", Avital Ronell

"Le système du quotient intellectuel, comme le montre Stephen Jay dans l'ouvrage qu'il consacre à l'intelligence et à sa mesure, est fondé sur l'exploitation abusive de certains présupposés philosophiques. Ce qui m'intéresse dans les catégories et le système d'évaluation dont le jeune corps étudiant est marqué dans sa chair, c'est la façon dont les notes sont utilisées de manière à déstabiliser toute une classe d'élèves. Les notes sont en effet conçues afin de montrer que l'idiotie, pour reprendre le vocabulaire du test, se réfère à l'âge mental d'un enfant de trois ans ou moins, et que celui de l'imbécile se situe, lui, entre trois et sept ans. Nous devons l'introduction du mot moron (crétin, idiot, abruti) aux psychologues américains, qui le dérivèrent du grec pour désigner une débilité légère, juste en dessous de la "moyenne". Le terme fut inventé pour tester les immigrants, en particulier leurs enfants, à leur arrivée aux Etats-Unis. Ces morons étaient aussi définis comme "incapable de prendre en charge leurs propres affaires avec une intelligence ordinaire ou de prendre part à la lutte pour la survie." Ainsi classés et déclassés, les petits immigrants étaient dès le départ voués au redoublement, catalogués et répertoriés dans les fichiers de l'anthropologie criminelle.

Il est important de garder à l'esprit que la bureaucratie de l'humiliation se fondait sur l'idéologie du test scientifique. Celle-ci ne fit jamais aucun effort afin de théoriser ou même de décrire son mode opératoire, ni pour expliquer pourquoi la "lutte pour la survie" ne relevait pas d'opérations instinctives, incalculables ou en partie stupides. En quoi la survie devrait-elle être une question d'aptitude ou d'intelligence ? (Cette notion est d'ailleurs une traduction de l'allemand Lebesunfähigkeit, qui signifie "inaptitude à la vie"). Axiome exaspérant quant on considère ces interlocuteurs hautement intelligents qui n'étaient pas capables de "survivre" alors qu'ils continuaient, dans certains cas, à vivre. Les termes utilisés pour évaluer le petit immigrant sont indiciblement frappants. Celui-ci, entravé par la trace projeté de la passivité, ne peut ni passer, ni prendre part dans et à la lutte. Son passeport est marqué du sceau de la débilité. D'une certaine façon, l'entrée aux Etats-Unis repose sur un imaginaire de l'idiot administré par l'Etat. Ce que cela implique, c'est, entre autres, le degré auquel la question de la bêtise, question de frontières par excellence, est liée à un engagement fondamental pour la justice. Rabaissé, le nouvel arrivant est transformé en réfugié spirituel, en signe totalisé de pauvreté. Ce petit immigrant est partout dans une situation critique. Si l'ondevait résumer en termes éthiques la seule position possible au regard de cet être toujours en instance d'arriver, ce serait de la façon suivante : je suis idiot devant l'autre."

Avital Ronell, Ed. Stock, Trad.Céline Surprenant et Christophe Jacquet (traduction et révision).

mercredi 24 janvier 2007

Fondement de : la science= d'une idée = d'un sentiment ?

"Dans la science, les convictions n'ont pas droit de cité, voilà ce que l'on dit à juste titre: ce n'est que lorsqu'elles se décident à s'abaisser modestement au niveau d'une hypothèse, à adopter le point de vue provisoire d'un essai expérimental, que l'on peut leur accorder l'accès et même une certaine valeur à l'intérieur du domaine de la connaissance - avec cette restriction toutefois, de rester sous la surveillance policière de la méfiance. Mais si l'on y regarde de plus près, cela ne signifie-t-il pas que la conviction n'est admissible dans la science que lorsqu'elle cesse d'être conviction? La discipline de l'esprit scientifique ne débuterait-elle pas par le fait de s'interdire dorénavant toutes convictions?... Il en est probablement ainsi reste à savoir s'il ne faudrait pas, pour que pareille discipline pût s'instaurer, qu'il y eût déjà conviction, conviction si impérative et inconditionnelle qu'elle sacrifiât pour son compte toutes autres convictions. On le voit, la science elle aussi se fonde sur une croyance, il n'est point de science "sans présupposition". La question de savoir si la vérité est nécessaire ne doit pas seulement au préalable avoir trouvé sa réponse affirmative, cette réponse doit encore l'affirmer de telle sorte qu'elle exprime le principe, la croyance, la conviction que " rien n'est aussi nécessaire que la vérité et que par rapport à elle tout le reste n'est que d'importance secondaire."

NIETZSCHE

Il n'est pas coutumier que j'ajoute un commentaire aux auteurs que je cite. Aujourd'hui, je vais faire une exception - évidemment à tort, puisque tout est déjà dit ci-dessus, et mieux que je ne pourrais probablement l'exprimer.

Tout d'abord, une précision : les textes que je cite - ou ai cité - sont toujours des textes qui m'interpellent ou qui me permettent de supposer que le lecteur sera interloqué par celui-ci. Ce n'est pas nécessairement mon opinion, ni mes idées qui se traduisent dans ces textes. Probablement que j'y guette le commentaire audacieux sur lequel je fondrais comme un aigle sur sa proie, pour dégager des idées du lecteur, leur substantifique moelle - et construire / affiner la mienne... Ainsi, le texte que je cite peut être le reflet de ce que j'aime - sachant que je peux être en désaccord avec ce(ux) que j'aime - ou, au contraire, que je n'apprécie pas particulièrement, mais que mon appréciation de la pluralité des idées m'oblige à écrire pour que je l'ai sous les yeux, le rumine, le détruise de manière d'autant plus forte. Mon blog est aussi un voyage personel philosophique.

Et le lecteur attentif y verra probablement là une sorte de masochisme intellectuel qui n'est pourtant dicté que par la volonté d'améliorer ma tolérance et ma culture de la pluralité. Le préjugé guette toujours. Les idées reçues également. Les déceptions sont toujours fortes. On croit pouvoir établir, construire sur des choses, et l'on s'aperçoit que les fondations n'étaient pas solides. Une argumentation mal comprise, une idée pas assez ruminée, une amitié fragile. Les raisons de combattre sont permanentes.

Etre un intellectuel, c'est être un athlète des idées, quelqu'un qui s'astreint à se faire mal, se tordre le neurone, fracasser ses sentiments pour tout comprendre. Et tout comprendre passe parfois par la résignation. Il existe des situations inextricables. Lorsque l'on a tout démêlé, on s'aperçoit parfois qu'il n'y a qu'un seul fil en boucle. Et c'est pour cette raison que le problème n'a pas de fin : c'est un problème infini. Et Gödel nous rejoint alors : le théorème de l'indécidabilité n'est jamais très loin dans l'entraînement de l'intellectuel.

Par exemple, je fais confiance à une personne dès lors qu'elle ne me décevra pas par son comportement, c'est-à-dire qu'elle agira conformément aux principes qu'elle m'a exposé et que j'ai déduis de son être. Peu importe, finalement, la nature de ces actes. Mais, ça suppose une très bonne compréhension de l'être et de son système de fonctionnement intellectuello-psychologique. Et, par définition, autrui reste l'inconnaissable, l'inaccessible autre. Pour preuve, l'érosion que les sentiments peuvent causer sur certains idées, certains êtres qui, de fait, abandonnent leur système de fonctionnement initial, leurs valeurs au profit de nouvelles qui se créent. Et pourquoi?

Parce que, dans tout système d'idées, tout système de valeurs, il y a une totale équivalence entre les priorités que chacun donne à tel ou tel principe. Tous les raisonnements sont justes, seuls les prémisses diffèrent. Ceux-ci sont arbitrairement choisis, de manière purement axiomatique. Le rapport de justesse et de justice les uns avec les autres fait partie des considérations morales ou relligieuses. Pour un être amoral, tout est possible : l'équivalence des "solutions" est patente. La question de la supériorité d'un système sur un autre dépend des objectifs recherchés, dépend de l'au-delà. Et puis, un jour, le système de valeur ne correspond plus aux passions de l'individu, alors il change son système : il acquiert de l'expérience. Et ce nouveau choix est tout aussi arbitraire. C'est comme ça que les personnes peuvent avoir, ou ne pas avoir, ou ne plus avoir, d'affinités entre elles. Ce n'est pas dramatique : c'est la vie qui s'exprime. Les idées, elles aussi, ont une durée de vie. Et le système relationnel qui les accompagne aussi. Je dois être l'un des rares à suffisamment comprendre cela pour accompagner mes ami(e)s dans leurs changements successifs, quelque soit le changement. En revanche, la réciproque n'est pas vraie et les métamorphoses qui s'opèrent en eux les éloignent de moi souvent. Je reste sur place : je regarde les gens passer.

Dès lors, mon système d'entraînement intellectuel passe par une meilleure compréhension des systèmes d'idées autres que le mien, puisque le mien n'a finalement que peu d'importance dans ma vie. Mais, ceux des autres me permettent de leur faire plus confiance. Il y a même des personnes sur lesquelles je sais que je ne peux pas compter dans telles ou telles situations : ma confiance en elles est totale. Elles risqueraient simplement de me décevoir si elles répondaient, un jour, de manière inattendue, à un de mes besoins qu'elles sont censées ne pas pouvoir satisfaire... Paradoxal, je l'admets.

Tout ça pour expliquer qu'en fait, si tous les philosophes ont réussi à faire de la dogmatique, je n'ai encore rencontré aucun livre dans lequel l'un d'entre eux s'interrogerait sur l'origine - la véritable - de ces idées. Est-ce son éducation qu'il a mise en musique ? Ses amours ? Ses relations amicales ? Beethoven serait-il devenu mysanthrope si son meilleur ami ne lui avait pas "volé" la seule femme qu'il a aimée? Nietszche s'est interrogé sur le raport entre les langues et la philosophie qui en ressortait, supposant ainsi que certaines idées naissaient d'abord dans un système linguistique. Pour ma part, les questionnements sur fondements de la science exposées par Nietszche ci-dessus doivent être étendues à tout ce qui se pense : idée, sentiment. Et puis, un jour, on comprendra peut-être pourquoi Sartre a pensé l'existentialisme, etc... Et ce n'est pas de la psychanalyse philosophique que je veux mettre en place. C'est simplement déterminer l'origine du monde. Rien que de très banal en somme.

Je m'aperçois que l'heure tourne et que mon avion m'appelle. Je quitte Beijing et serait, pendant les heures qui viennent, quelque part dans les nuages. Puisse ce texte faire méditer et occuper les heures qui vous sépare de mon prochain billet. A mon avis, rien avant le 27 janvier.

Sinon, à part ça, tout va bien.

Romook, "Les hommes ne sont que des hommes après tout..."

mardi 23 janvier 2007

Help!

Le sieur Kai Ye ayant décidé de mettre fin aux jours de son blog. Etant encore coincé en Chine pour quelques jours, je fais appel à la sagacité des lecteurs pour qu'ils accèdentà un "vieux" billet qui m'a particulièrement plu : la séquence du spectateur (sinon l'un de mes billets devient obsolète). L'autre a dû déjà disparaître dans les brumes évanescentes du cache de Google. Pourriez-vous m'envoyer une copie de cette page à romook@romook.eu ?

Je suis preneur de tous conseils permettant de retrouver le blog enseveli numériquement.

Merci de votre aide. Ceci est une annonce sérieuse.

Romook, test de solidarité

NB : Le test ayant été réussi puisque 1 /607 visiteurs m'a envoyé le texte. Je le remercie chaleureusement. Ce billet reste évidemment en ligne comme le témoignage infâme du manque de considération de mes visiteurs pour leur blog préféré : le mien (et accessoirement à titre d'archive) :-)

lundi 22 janvier 2007

DANIEL

C’est un drôle de petit bonhomme sans âge. Venu d’ailleurs, c’est certain. Il a des yeux bleus, profond comme l’océan, et des cheveux en bataille. Dynamique et vif, l’œil rieur, avec le sourire en coin. Lorsque l’on cherche une définition pour « amène », aussitôt nos pensées se tournent vers lui. Et on n’a plus qu’à le décrire pour faire comprendre la signification de ce mot.

Lorsqu’il parlait, il y avait des étoiles dans les yeux des gens qui l’écoutaient. L’instant était projeté dans l’apesanteur du temps, suspendu au-dessus du cours de la vie. Une parenthèse philosophique se transformait en rêve éveillé. D’un discours sur le théâtre émergeait la féerie de l’art. Au milieu de la scène, nous nous sentions grandir. Il n’y avait plus de différence entre les grands et les petits artistes : tous étaient à la recherche de leur image. Et, dans ses yeux, dans ses propos, nous la rencontrions. Nous nous tenions droit face à nous-même, nos tics, nos embarras... Bien sûr, nous étions des esprits plus empotés que nos corps, mais la magie opérait son charme : la liberté se posait sur nous.

Et puis, il est devenu l’un de mes pères spirituels – il fallait bien au moins ça pour créer Romook. De préjugé en préjugé, de discussion en discussion, de lecture en lecture, l’érosion de l’esprit s’est faite jusqu’à donner progressivement à la pierre brute qui s’y trouvait sa première forme. Naturellement, les liens de l’amitié se sont tissés.

Et un jour, ces propos : « Tu sais, Romook, nous ne sommes pas obligés d’être en accord philosophiquement pour être amis. Mais, il est possible qu’on le soit réellement. Il faut réfléchir dessus. Et puis, un jour, je serai vieux. Ca me ferait plaisir que tu me dises que je suis devenu un vieux con si je me suis ramolli. » Message bien reçu. Et ce fut la dernière pierre posée par quelqu’un pour mon développement intellectuel. C’était il y a 15 ans. Sa parole m’a rendu autonome. Je me suis aperçu que j’avais les mêmes opinions philosophiques et artistiques que lui, parce que je les avais construites en solitaire. Par moment, comme un maître, il contrôlait simplement le cours de l’évolution, prenait la température philosophique, sans rien faire d’autre que de conseiller la lecture qui contrecarrait l’idée neuve du moment.

Ainsi, sur la pointe des pieds, il avançait à pas de loup dans la pénombre de l’esprit humain. Pour chaque idée, sa culture lui faisait correspondre une lecture adaptée à chacun, destinée à empoisonner les certitudes qui naissaient. Et elles mourraient vite. Lui donnant les clés pour ouvrir les portes fermées par les règles sociales ou l’éducation, chaque être pouvait accéder à l’indépendance.

« Comment fais-tu pour savoir ce qui passe dans la tête des gens ?

- Mais je n’en sais rien. C’est pour ça que je pose des questions. »

Et les questions vous conduisaient inévitablement dans votre for intérieur. De là, vous pouviez découvrir les arcanes cachés de votre psychologie. Ainsi, l’art est le support du développement intellectuel sous toutes ses formes. Daniel est un artiste accompli. Il y a des aigles qui sont au-delà de la puérile compétition artistique et qui ont compris que la valeur des uns ne dévalorise pas les talents de leur propre personne. Puisant sa force hors du terreau de la jalousie, l’altruisme croît naturellement – et l’altruisme, chez un nihiliste, c’est son instrument de reproduction.

Autonome, je me suis envolé, seul, pour suivre ma course. Accompagné de Bilbo, il est reparti d’un pas tranquille semer de la poésie autour de lui dans un autre lieu…

Romook, quelques phrases qui changent une vie...

dimanche 21 janvier 2007

"Meetic" à la sauce chinoise

Bien, bien, bien... Aujourd'hui, re-visite à ZhongShan Gong Yuan. Si vous ne connaissez pas encore (espèce de mauvais lecteur! tu peux te rattrapper en cliquant tout de suite sur ce billet où quelques images te parleront plus que de longs discours), sachez qu'il s'agit de l'un des plus beaux parcs publics de Beijing à mon goût.

Etant à Beijing pour quelques jours, j'ai profité du soleil pour voler quelques clichés. Rien de bien exceptionnel, il faut bien l'avouer. Un endroit m'a fait un clin d'oeil, mais je n'avais pas l'objectif adapté pour éviter la poubelle d'un côté et l'arbre de l'autre. Il faudra revenir avec du meilleur matériel.



Aucun cliché mémorable, me disais-je donc, lorsque j'aperçois un attroupement. Que font tous ces chinois au milieu du parc? Ce n'est pas un "bel" endroit dans le parc comparé à tous les autres. Je décide de partir en excursion anthropologique. Je vois de loin des affiches et j'imagine tout de suite que c'est une exposition de callligraphie. Quoi de plus naturel dans un parc comme celui-là?

En m'approchant, j'ai l'agréable surprise de pouvoir comprendre la plupart des affiches exposées. Mais, cela ressemble à des rassemblements de personnes qui recherchent des disparues. Beaucoup de vieilles personnes se promènent avec une affiche sur elle sur laquelle on peut voir la photo d'une jeune fille, son nom, son âge, ses passions... Et puis, en en lisant un peu plus, je constate que, parfois, il est précisé que l'on recherche une personne du sexe opposé ayant entre tel et tel âge, mesurant telle taille, ayant une voiture...



A un endroit, c'est presque l'affolement autour d'une femme. Son fils semble être la coqueluche des parents qui l'entourent. Je prends donc quelques renseignements et j'apprends qu'à cet instant, les parents cherchent à former les couples idéaux pour leurs enfants. Sans que ceux-ci ne semblent être au courant. Mais, pas forcément. Décidement, la Chine n'a pas fini de m'étonner.

Ainsi, ZhongShan est l'ancêtre de "Meetic", à la différence près que ce sont les parents qui recherchent le partenaire idéal. Au moins, les futurs mariés ne seront pas aveuglés par la passion, ce sentiment qui détruit les choix raisonnables et obscurcit le jugement. Une fois que les parents ont rencontré le futur gendre - ou brue - idéal, les familles organisent une rencontre fortuite entre les deux individus. Et après, il y a soit des étincelles, soit pas. Pour certaines familles très pauvres, peu importe qu'il y ait des étincelles. Le mariage est avant tout l'institution par laquelle on PEUT faire les enfants en Chine.

Ainsi, j'ai encore choqué un chinois qui m'a demandé pourquoi, à mon âge, je n'étais toujours pas marié. J'ai répondu : parce que cela n'a aucun sens. Ce à quoi il a répondu que si on n'était pas marié, on ne pouvait pas avoir d'enfants. Ce à quoi j'ai évidemment répondu que ça n'avait aucun rapport : le mécanisme biologique de la reproduction n'est pas instutionnalisée dans le mariage.

Je crois que j'ai encore mis les pieds dans le plat. Mais, bon, là, c'était mérité :-)

Romook, anthropologue

Animalité, humanité...

"Je pose en principe un fait peu contestable: que l'homme est l'animal qui n'accepte pas simplement le donné naturel, qui le nie. Il change ainsi le monde extérieur naturel, il en tire des outils et des objets fabriqués qui composent un monde nouveau, le monde humain. L'homme parallèlement se nie lui-même, il s'éduque, il refuse par exemple de donner à la satisfaction de ses besoins animaux ce cours libre, auquel l'animal n'apporte pas de réserve. Il est nécessaire encore d'accorder que les deux négations que, d'une part, l'homme fait du monde donné et, d'autre part, de sa propre animalité, sont liées. Il ne nous appartient pas de donner une priorité à l'une ou à l'autre, de chercher si l'éducation (qui apparaît sous la forme des interdits religieux) est la conséquence du travail, ou le travail la conséquence d'une mutation morale. Mais en tant qu'il y a homme, il y a d'une part travail et de l'autre négation par interdits de l'animalité de l'homme."

Georges Bataille, L'érotisme

samedi 20 janvier 2007

De l'importance de la bonne éducation des enfants

Certains carnets révolutionnaires tentent volontairement de soudoyer la bonne éducation des jeunes mo am'gambs. En tant qu'Empereur, je me devais réagir. Dans cet article licencieux : Les cahiers d'Anne Archet / Cuba libre, des hommes refusent, à l'encontre de toute bonne éducation, de servir un breuvage alcoolisée à une jeune fille, sous le prétexte fallacieux qu'elle aurait 14 ans.

Je ne saurais que trop rappeler que ces procédés d'éducation innommables n'ont pas cours en Mo Am'Gambie, pays où l'alcool est proposé aux jeunes enfants dès qu'ils ont sept / huit ans - dans certaines familles avant-gardistes, on peut proposer de l'alcool bien avant, mais seulement le week-end (ça coûte trop cher s'ils devaient boire toute la semaine comme un adulte).

Ainsi, les jeunes mo am'gambs sont assurés d'avoir une expérience particulière en matière de breuvage de type alcoolisé, ce qui permettra à la Mo Am'Gambie de rester en ligue des champions. Et comme chacun sait, je tiens à ce que la Mo Am'Gambie conserve son rang en tant qu'empire singulier et originale.

Impérialement vôtre,

Romook Ier, Empereur de Mo Am' Gambie

Tth

Présent. Absent. Présent. Passé. Présent. Parti. Présent.

Tth n’est pas simplement un sigle : il s’agit avant tout d’une originalité qui s’affirme discrètement. Tout en sensibilité, sincère, généreux…Et il faut insister sur ce trait de générosité : le don du temps. Mais aussi de la compréhension, de la patience : peut-être même une forme de génie. « Tout simplement de l’amitié » diraient certains. Mais, même pour les gens bons, la survie impose des limites à toute forme de sentiment, même la plus profonde amitié… Et je n’ai pourtant jamais rencontré cette frontière où l’on sent que l’on devient l’inopportun.

Absent.

Centré sur moi-même, mes lectures, mes désirs, mes choix, ai-je été seulement l’ami qui aurait dû être présent ? Et aujourd’hui, quelle relation ? Quel rapport avec mon ami ? N’ai-je pas été le vampire, celui qui suce tout de l’amitié de son « ami » ? Ai-je été assez présent lorsque les pires évènements se sont produits dans sa vie ? Le faire rire, était-ce suffisant ? Il y a des douleurs qui ne se taisent pas. L’habitude nous rend le malheur quotidien : il fait alors partie de l’environnement comme une carte postale accrochée à un mur, que l’on finit par ne plus voir. Peut-être que, sans moi, tout se serait passé de la même façon.

Présent.

Ainsi, Romook n’était pas sage, ni sérieux. Mais il a rencontré, par hasard, les bonnes personnes sur son chemin. Des esprits tentent de se jouer de leur malchance en évoquant le fait que la chance se provoque. Probablement qu’ils ont raison en partie. Mais, être né sous une bonne étoile, ça compte aussi. Je suis tombé dans la marmite étant petit, c’est sûr. Et dans cette marmite, il y avait Tth.

Passé.

Pendant une partie de sa scolarité, Romook - le joueur - faisait de la guitare : plus de 8 heures par jour. Et c’était bon. Et il composait de la musique. Et écrivait aussi. Et lisait beaucoup, beaucoup… Et s’ennuyait terriblement dans le système éducatif français. D’autant plus ennuyeux que les facilités étaient nombreuses. Alors, le temps était utilisé à faire autre chose, toutes autres choses… Et Tth était l’ami fidèle, bon élève, qui veillait sur le Romook. Qui lui photocopiait les cours pour qu’il puisse apprendre les veilles d’interrogation. Qui remplaçait le professeur jusqu’à deux heures du matin au téléphone, alors qu’il se levait à 5 heures pour prendre son bus, simplement pour aider son ami à se maintenir à un niveau correct dans le système éducatif. Pour quel résultat ? D’après lui, simplement parce que le Romook lui semblait « exceptionnel » et qu’il devait être pris en charge pour ce « bête » niveau éducatif.

Présent.

Puis, Romook ne pouvant pas faire de sa vie la carrière musicale qu’il aurait rêvé : le voici voulant devenir chercheur en mathématiques. Grâce à Tth, le niveau n’était pas trop insuffisant pour le devenir, mais il y avait quand même du retard à rattraper, beaucoup de retard… Beaucoup de travail, Tth était encore présent : 6 ans plus tard, sa présence n’avait pas faibli. Puis ce fût la classe de « mathématiques supérieures »… Comparaison des moyennes. Nous avons ri ensemble de cet écart de moyenne qui laissait supposer que Romook devrait renverser les rôles et devenir l’enseignant. Peut-être un retour des choses envisageable ? Ce ne fût pas le cas.

Parti.

La vie en a décidé autrement. Romook s’est dirigé vers un nouveau domaine. Pour d’obscures et – peut-être - regrettables raisons. Le fait que l’un était dans le Nord, l’autre dans le Sud. Et la vie a séparé les inséparables. Alors que le Romook s’est dirigé vers une branche sans rapport avec les sciences, Tth lui a ouvert des portes dont le rayonnement s’étant jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a probablement pas de rencontre fortuite dans la vie.

Présent.

A quand le juste retour des choses ?

Romook, qu'est-ce que l'amitié ?

vendredi 19 janvier 2007

Bloody mary chinois

Et bien oui, je le confesse. Ce soir, j'ai eu envie d'un Bloody Mary, breuvage requinquant par excellence. Je vais donc dans le hall de mon hôtel. Je commande à la charmante et toute jeunette serveuse, 18 ans maximum (donc sûrement 23 : en effet, avec une chinoise il faut lui ajouter au moins 5 ans par rapport à ce qu'un européen lui donnerait comme âge pour ne pas être trop loin de la vérité), l'elixir requis pour répondre à mon appétit cocktaillique.

Elle revient, quelques instants après, m'annoncer que ce sera un Martini Dry car ils n'ont pas de Bloody Mary. Je ris. Je lui dis : "Et bien il faut en faire soi-même!". Elle me dit que ce n'est pas possible, il n'y en a pas.

Bien, bien... Je lui explique que ce n'est pas comme le Martini Dry et qu'il faut le faire soi-même. Elle retourne au bar, discute quelques instants avec la seconde serveuse (16 ans ? Donc 21 !?). Ca glousse, ça glousse.

Elle revient et me dit que ce n'est pas possible car il manque un ingrédient. Là, dans ces conditions, je me lève. Je me dirige vers le bar. Et je demande à voir la recette. Evidemment, tout est en chinois. Passe l'assistant-manager : l'homme qui résout les problèmes dans l'hôtel. Il me demande ce qui se passe. Je lui explique, parce que je suis un cafteur, qu'elles mettent de la mauvaise volonté à me faire un Bloody Mary - mais comme je dis ça en chinois, la traduction est celle-ci : Je ne peux pas boire un Bloody Mary, il n'y a pas une chose.

Alors, il demande à voir la recette. Et là, je m'aperçois que les trois chinois ensemble ne savent pas lire la recette. Du coup, il écrit le caractère chinois dans son téléphone pour avoir la prononciation. Et les filles lui disent : "On veut pas le faire. On lui dit qu'il n'y a pas l'ingrédient ?". Dommage, j'ai compris ce que vous avez dit mes biquettes. Mes quatre voyages dans l'hôtel ont créé des liens avec l'assistant-manager : il ne va pas se laisser démonter par deux caractères qu'il ne sait pas lire. Je commence à expliquer en anglais la recette et ce qu'il faut mettre dedans pour gagner du temps. Les filles ne sont pas d'accord avec moi car je ne veux pas mettre de sel, ni de citron. Pendant ce temps, l'assistant-manager a téléphoné au chef-cuisinier de l'hôtel qui arrive. J'en profite pour téléphoner à une amie chinoise qui peut tout me traduire en français. La chef de la salle restauration vient d'arriver. Je passe le combiné au chef cuisinier qui explique à mon amie pendant que l'assistant-manager explique aux deux filles ce que sont les deux caractères qu'ils ne comprenaient pas. On me rend le combiné et mon amie me dit qu'elle n'a rien compris à l'ingrédient qui manque. Je raccroche et j'explique que si on m'apporte mes ingrédients, je vais me le faire moi-même. Et c'est là que trois serveurs de la salle de restauration, ameutés par le bruit - probablement - sont venus prendre connaissance de la situation. Tout va bien, nous sommes 9 au total pour faire un Bloody Mary que je vais me préparer moi-même...

On va me chercher des tomates fraîches qui sont tout de suite passées au mixeur. Je mets la vodka dans le checker sous l'oeil ahuri de l'assitance - et là, je comprends que j'ai bien fait de me le faire moi-même sinon il n'y aurait pas eu de goût. Les serveurs se disent entre eux que je sais faire un cocktail (par définition un étranger ne sait pas faire grand chose en Chine) pendant que l'assistant-manager m'abandonne considérant que sa mission est finie. Les deux jeunes serveurses gloussent et finissent par ce battre pour pouvoir secouer le checker... Y a pas à dire, c'est du jeune...

Enfin, on me demande de payer évidemment.

Avec l'aide de 9 chinois, il m'aura fallut presque 20 minutes pour me faire un Bloody Mary. Conclusion : avec des tomates fraîches, c'est pas terrible.

Romook, Bloody Mariac

jeudi 18 janvier 2007

Just a reflexion about humour...

I'm reading "Stupidity", a book of Avital Ronell (I told you about her before). This book explains why "stupidity" is a big philosophical problem. While I read, I ask myself about foreign people. I think you have a way to know what these think truly about you : the joke-test.

You could make a joke with foreign persons. If you understand their culture, you know if they could understand this like a joke. Or, sometimes, they didn't laugh, just explained why you didn't understand something... Or then didn't reply (the worst!!). Just a big silent. So big.

First at all, you could ask yourself if your pronunciation is right. So, if there is no more problem to communicate with you in other ways, you know it wasn't. Terrible, that sounds terrible.

Secondly, in the bad case they explained to you something you seemed not understand, you know they just think you are not able to make a joke, but you're able to understand why you're wrong.

Thirdly, this is the worst case : they just kept silent. Like they haven't listened something. This meaning is they just think you're so stupid. And, they didn't want to explain something because you're not able to understand. They think your mind's agility is so poor. So, in this case, you seem just as stupid people. And there is no way to exit. If you've explained before your humour, they just kept in mind, you're stupid and they didn't want to make an effort to explain. If you haven't explained before, you could try.

The better case, you're with stupid people, they didn't understand your hability or your mind. In my experience, I give you an advice, just make joke for you : they couldn't understand and, after a joke, you're just more stupid in front of them. So, just believe it's a funny moment to have some people think you're stupid because they are...

And, this joke-test is available with people who live in your country. More funny...

Romook, sometimes it's difficult to have relationships with stupid persons

Les amis du vagin

Je viens de découvrir un site intéressant : les amis du vagin. Pour trouver ce site, je me suis interrogé sur le fait qu'un de mes visiteurs a tapé "droit au vagin" dans Google. L'expression m'a laissé dubitative avant de me donner envie d'en connaître un peu plus, notamment savoir s'il s'agissait d'un droit de l'homme ou de la femme. Mes pérégrinations m'ont conduit vers d'autres lieux et j'ai donc perdu de vue ma recherche initiale.

Dans cet article : Les Belges sont les quatrièmes satisfaits, on y relate le taux de satisfaction des femmes lors des rapport sexuels. Bon, on constate que plus une société est égalitaire, plus le taux d'épanouissement sexuel semble être atteint. Bien.

La conclusion me paraît être directement liée à mon voyage : 30% des chinoises trouveraient cette activité dégoutante. Et bien voilà une information qui devrait remettre en question pas mal de phantasme masculin européen. Sur ce, je ne m'étendrais pas sur le sujet. J'aurais trop peur d'être à côté. Dans ce genre de situation, il vaut mieux bien posséder son sujet comme chacun sait...

Tout ça est très sérieux. C'est sur un site belge.

Romook, hmm... hmm...

Spécial dédicace

"(...) Tout comme chez l'artisan, on peut, chez l'homme adonné aux arts plastiques, reconnaître, avec la plus grande netteté, que l'homme est surtout incapable de prendre pour lui ce qui lui appartient tout à fait en propre. Ses ouvrages l'abandonnent, comme les oiseaux le nid où ils furent couvés.

En cela, l'architecte a, entre tous, la plus étrange destinée. Que de fois il emploie tout son esprit, tout son coeur, à produire des édifices d'où il doit s'exclure lui-même! Les salles des rois lui sont redevables de leur magnificence, et il ne jouit pas avec les autres de la grandeur de leur effet. Dans les temples, il trace une frontière entre lui et le saint des saints; il ne doit plus fouler les marches qu'il a posées pour une solennité édifiante, tout comme l'orfèvre n'adore que de loin l'ostensoir dont il a disposé l'émail et les pierreries. Avec la clef du palais, l'architecte en remet au riche toute la commodité et l'agrément sans prendre la moindre part à sa jouissance. L'art, de cette façon, ne doit-il pas s'éloigner peu à peu de l'artiste, puisque l'oeuvre, comme un enfant établi, ne réagit plus sur son père? Et combien l'art devait s'assurer de progrès, lorsqu'il avait presque uniquement affaire à ce qui est public, à ce qui appartenait à tous et par conséquent aussi à l'artiste!"

Goethe, Les affinités électives

mardi 16 janvier 2007

"Mon frère est parti", pense-t-elle

Elle prend son vélo et le regarde. Non, elle le repose. Elle hésite. Aujourd'hui elle est en repos. Mais, c'est une torture car elle est seule. Pourtant, autour d'elle se pressent des millions de personnes. Mais si elle comprend leur langue, elle ne fait pas partie d'eux. Ou plutôt, elle n'est maintenant plus des leurs.



Arrivée à Beijing simplement pour échapper à sa vie tracée dans le ShanDong, au bout de quelques mois d'une vie de serveuse qui n'offrait d'autres perspectives que d'éviter le mariage auquel ses parents veulent la contraindre, elle a rencontré des européens. Ces deux amis, à la recherche d'une partenaire linguistique, l'ont tout de suite trouvée attachante. Et lors de leurs excursions punitives à l'encontre des "Bloody mary" et de quelques caractères chinois rebelles, sans le savoir, ils s'étaient accoutumés à sa présence. Et elle aussi. D'abord, des bribes de phrases. Puis, quelques sourires en coin et des plaisanteries ont fait le reste. Seule et sans amis à Beijing, parce que d'un naturel réservé, rapidement sa vie s'était éclairée d'une nouvelle lumière.



Elle prenait plaisir à les voir progresser en chinois, à découvrir en même temps qu'eux les différences culturelles entre l'Europe et la Chine. Ces interrogations étaient nombreuses : Comment Oedipe a-t-il pû couché avec sa mère ? Pourquoi la musique occidentale ne raconte pas d'histoire ? Pourquoi les français ne sont pas obligés de se marier ? Comment peut-on faire des plaisanteries sur la mort ? Comment Antigone, une femme, s'est révoltée contre le roi ? Pourquoi les françaises disent "non" à un garçon qui leur fait la cour s'il est honnête et sérieux ?

Tant de questions qui nécessitaient de la part de ses deux amis un investissement linguistique conséquent. Pourquoi ne parlait-elle pas anglais alors que ses amis étaient capables de s'exprimer dans sa langue ? Beaucoup de questions qui tournaient dans sa tête. Et puis elle apprit progressivement à comprendre leur esprit français. Et un jour, elle déclara : "J'aime bien les français. Ils sont plus intéressants que les chinois." Les deux amis se regardèrent et éclatèrent de rire. Ils n'avaient pas bien compris. Ce n'était pas une plaisanterie. Dans son univers, elle n'avait pas eu le droit de lire car sa mère considérait que ce n'était pas bien qu'une fille lise. Ca allait lui donner des mauvaises idées et on n'a pas besoin de ça pour être une bonne épouse, au contraire... Quand elle avait voulu étudier, ça n'avait pas été possible. Un simple détail matériel l'en avait empêché : l'argent. Et, pour s'imaginer une autre vie que celle de sa campagne, elle était venue à Beijing. Contre l'avis de ses parents. Contre l'avis du village. Elle est une rebelle de la société chinoise et elle sait qu'elle ne pourra probablement plus jamais retournée dans son vilage. Personne ne pourra lui pardonner d'être partie vivre à la capitale.

De temps à autre, elle reçoit un appel téléphonique de sa mère. Tantôt gentille, elle lui annonce que le mariage est arrangée, qu'il faut qu'elle revienne. Tantôt plus pressante, on lui explique que si elle ne revient pas d'elle-même, on viendra la chercher. Que des excentricités, elle en a assez faites. Maintenant, c'est terminé. Elle doit rentrer. Alors, elle est triste et va voir ses amis européens qui ont du mal à comprendre ce qui se passe.



Et puis, le temps s'accélère. Et l'un de ses amis retourne en France. Et elle découvre qu'il lui manque plus que de raison. Et elle se confie à l'autre. Le coeur est ainsi fait, quelque soit les cultures, que lorsqu'il déborde, il doit ou se taire à jamais, ou laisser écouler ce qu'il contient sans maîtrise. Alors, elle confia ses secrets à son dernier ami. Elle évoqua son mal-être, son envie de mourir parfois. Son non-avenir. Le fait qu'elle touche au bonheur depuis quelques mois avec leurs présences. Qu'elle voudrait que ça dure toujours. Qu'elle voudrait que l'absent revienne vivre en Chine. Elle le suivrait partout. Elle l'aiderait dans son travail. Et elle pleurt, elle pleurt. Les larmes qui coulent sont ceux de ses rêves à jamais réalisables. Et son téléphone sonne. Encore sa mère.

Elle change de travail plusieurs fois. Recherche un bien-être dans les quelques livres que l'absent lui a laissés avant de partir. Et puis, elle vient vivre chez l'autre, son ami... son frère comme elle l'appelle. Elle envoie quelques emails vers la France. Et guette les réponses. Quand celles-ci tardent à venir, elle se tait. Ou pleure. Son frère ne peut pas l'aider. Il est juste présent. La nuit, dans son canapé, pendant qu'elle dort dans le lit qu'il lui a laissé, il s'interroge sur le sens de la vie de son amie. La philosophie n'est d'aucun secours. Elle est seule face à une société plusieurs fois millénaires de tradition. Une chine qui se veut moderne, mais qui conserve la force de son immobilité sociale. Il n'y a pas de solution.

Elle est souriante. Elle a eu des nouvelles de France. Elle dit qu'elle aimerait avoir un enfant. Avec un homme qu'elle aimerait toute sa vie. Elle joue à la petite fille, donne des petits coups de pieds et des coups de poing à son frère. Elle va se promener. Regarde des arbres qui se dessinent tout seul sur l'ordinateur. Elle aurait aimé étudier les ordinateurs. "Parce que c'est intéressant de comprendre comment ça fonctionne" explique-t-elle. La magie existe encore sur terre : elle naît de l'électricité.



Et puis, le téléphone sonne à nouveau. Le mutisme reprend sa place dans le quotidien. Elle veut se suicider. Elle n'a pas sa place dans cette société. Des heures de discussion avec ces deux amis, ses sentiments, son ouverture d'esprit lui font rejeter sa culture. Et pourtant, elle ne voudrait pas vivre en Europe. Elle est ici dans son pays, même si elle n'y est plus chez elle. Elle ne peut plus parler avec des chinois. Elle s'est trop européanisée. Parfois, elle est en désaccord et elle le dit. Elle ne cherche plus à respecter le dogme du consensualisme permanent dans la communication avec autrui, coutume chère aux chinois.

Et les deux amis se consultent. Et se demandent si, finalement, leurs discussions ne l'ont pas rendue inadaptée à sa société. Quelle est leur part de responsabilité ? Elle est profondément malheureuse. Le drame que vit le frère au quotidien va bientôt être étendu à un autre aspect. Il retourne aussi en France. Alors, il craint le pire. Et rien n'est possible.



Elle est dans une pièce où la porte est ouverte. Elle la regarde. Elle veut partir, mais elle est ligotée sur sa chaise. De manière bien attentionnée, deux amis lui ont décrit ce qu'elle trouverait si elle pouvait sortir. Elle en a rêvé. Elle y a imaginé des couleurs qu'elle ne verra jamais. Le premier est sorti de la pièce. La laissant en douce compagnie. Et puis, le second vient de prendre l'avion. Alors, maintenant, elle est toute seule, assise sur sa chaise. Elle regarde la porte ouverte et imagine tout ce qu'ils lui ont raconté...

Elle regarde son vélo, cadeau-vestige d'une époque terminée, don d'un absent. Elle ressent le vide autour d'elle. Elle n'a aucun endroit où aller en particulier maintenant. L'avion de son frère vient de décoller. Tout est confus car elle sent que ce second départ sera probablement plus dur à supporter que le premier. Elle lève les yeux au ciel. Ils sont embrumés de larmes. Mais, en Chine, on ne montre pas ses émotions en public. Elle rentre chez elle.

Romook, toute coïncidence ou ressemblance... ne sont pas que fortuites

lundi 15 janvier 2007

Happy to go work...



In the street, you have sometimes, in China, some red sentences like this. It's not an order or an interdiction : red is a colour of happiness in China.

So, this kind of sentence is to remain some good thoughts to chinese people. Translation of this one is : "be happy to go work, and have a safe go home."

Interesting, isn't it?

Romook, social-reporter

dimanche 14 janvier 2007

La minute culturelle : Guzheng, instrument de musique chinois


La première maison de thé chinoise, dans laquelle je suis allé, était dans le parc de ZhongShan, à Beijing.



Il y a des endroits magiques sur terre que vous voudriez posséder seul, mais dont l'enchantement vous pousse à les faire connaître de tous.



Au milieu de ce jardin féérique, il existe une maison de thé. Le Guzheng s'y fait entendre de loin. Vous êtes alors plongé dans une atmosphère où le temps semble se suspendre à chacun de vos pas...



Quand vous découvrez cette petite terrasse extérieure, encadrée de ces chemins de promenade si particuliers, bercée par la musique, vous vous retrouvez plongé dans les abysses de votre être. Les lieux exercent parfois, par leur beauté extérieure, une attraction irrésistible vers notre intérieur.



L'attitude presque méditative engendrée par le lieu vous saisit. Et les vapeurs du thé, qui s'échappent de votre verre, finissent de vous entraîner dans un voyage sans fin. Quelque soit l'endroit où votre regard se pose, vous êtes ramené à cette excentricité naturelle et poétique du lieu. Seul le ciel peut encore vous sauver.



Et c'est ainsi que le dragon du temps vole jusqu'à vous. Rapidement, le frais vous ramène à la réalité, la journée s'est déjà écoulée.



Romook, généreux

幸福像蝴蝶

幸福像蝴蝶

突出的手影

为了抓住他

就快他飞走

洋法龙

samedi 13 janvier 2007

La minute culturelle : le verre de thé en Chine

En Chine, ce n'est un secret pour personne, il y a des maisons de thé. Ce midi, décidant de finir une lecture qui me tenait particulièrement à coeur, je me demandais où je pourrais bien aller. La maison de thé est l'endroit idéal en Chine - et peut être même dans le monde - pour finir un livre en toute quiétude. Outre le fait que l'environnement y est calme, paisible et artistiquement décoré, vous bénéficiez d'une quiétude sans équivalent dans un café en France. A l'origine, les maisons de thé étaient des lieux de vie très animés, assez proche du pub en Angleterre, mais que les jeunes générations désertent aujourd'hui, préférant les cafés qui fleurissent un peu partout en Chine, notamment l'inévitable Starbuck. Pour apprécier l'importance sociale de la maison de thé en Chine, avant sa "modernisation", je conseille la lecture de la pièce de théâtre de Lao She, "la maison de thé". Outre l'aspect sociétale qui y est analysé, vous découvrirez dans cet ouvrage une petite tragédie dont les ressorts humains semblent nous laisser entendre qu'entre l'Occident et l'Orient, les passions sont parfois vécues de la même façon... Mais, concrètement, aujourd'hui, comment ça se passe?

A l'abri dans votre espace, personne ne vient vous importuner. Si d'autres personnes sont présentes à des tables proches, sachez qu'elles discuteront naturellement de manière discrète. La maison de thé est un lieu dans lequel on vient trouver le calme. Dès lors, j'ai décidé de m'y ressourcer. Et je crois que je vais en profiter un peu plus avant mon retour en France. La première étape correspond au choix du thé. Après l'avoir choisi, vous savez que vous êtes installé confortablement pour plusieurs heures. Si vous n'avez pas prévu de lecture, ne vous inquiétez pas : il est rare que vous n'ayez pas à votre disposition une petite bibliothèque d'ouvrages artistiques, que ce soit de peinture ou de calligraphie chinoise. J'ai même déjà rencontré des maisons de thé possédant des ouvrages de photographie... Votre verre de thé arrive. Il est bouillant. Vous humez les vapeurs qui s'échappent du thé - le long jing (龙井) a ma préférence, plus connu en France sous l'appelation "Puit du Dragon".



Lorsque le thé a suffisamment refroidi et que toutes les feuilles sont tombées au fond du verre, vous commencez à le déguster. A la moitié du verre, l'un des membres du personnel s'approche et vous verse à nouveau de l'eau chaude sur les feuilles. Souvent, le trouble qui se produit fait resurgir à la surface quelques feuilles qui étaient noyées auparavant. Vous patientez en regardant ces dernières qui virevoltent dans le verre, soumises à des forces invisibles. Lorsque le calme sera revenu dans votre verre, que les feuilles se seront simplement posées les unes sur les autres, dans une demi-eau, une cascade d'eau brûlante viendra leur rendre, l'espace d'un instant, une nouvelle vie... Et ainsi de suite jusqu'à votre départ...

Romook, un instant de paix

Un "zoo humain" en Australie

Un "zoo humain" en Australie - Yahoo! Actualites

La dernière trouvaille de chercheurs en mal de sensation est de mettre en vase clos des humains, dans un local d'orang-outan qui sera vidé de ses occupants pour l'occasion, dans un zoo, en Australie. Evidemment, vous me direz, c'est un renversement darwinien sans précédent dans l'histoire de l'humanité car, pour une fois, c'est le singe qui est supposé descendre de l'homme. En effet, comment ne pas qualifier de singerie le fait d'aller mettre en vase clos des humains pour les étudier? Pourquoi "singerie" me direz-vous ? Réfléchissons ensemble : le raisonnement est simple.

Les chercheurs sont des individus qui sont supposés être intelligents. A ce titre, ils nous tiennent au courant de l'évolution de la science et contribuent - par leurs efforts permanents - au développement de la modernité. Bien. Et pourtant, nous avons ici la preuve que ces personnes, supérieurement intelligentes d'un point de vue scientifique, n'ont pas toutes la télévision et sont parfois totalement déconnectées de la réalité.

Le but de cette expérience est - bien sûr - de permettre l'évolution des conditions de captivités des grands singes. Comme chacun sait, puisque le singe descend de l'homme, en enfermant des hommes, on obtiendra des données scientifiques correctes permettant de mesurer les problèmes que rencontrent les singes en captivité. Heureusement les "primates" rentrent chez eux le soir dans cette opération, à la différence sûrement d'autres catégories, qui n'ont pourtant pas été sollicitées dans l'opération que sont notamment les prisonniers de droit commun, qui sont, à mon humble avis, experts en conditions de captivité. Il est d'ailleurs étonnant que les scientifiques utilisent des personnes n'ayant pas l'habitude de la captivité pour réaliser l'opération car les conditions épistémologiques de l'opération risquent d'aboutir à des résultats biaisés. En choisissant des hommes qui ne sont captifs que de leur vie familiale, leur planche de surf, leur télévision et Internet, on risque de trouver chez eux des troubles qui ne se seraient probablement pas produits chez des personnes qui sont habituées à plus de privation. Or, certains grands singes n'utilisent pas, dans l'état de nature qui précède leur arrivée dans un zoo, une planche de surf, la télévision ou encore Internet. On constate déjà le degré supérieur de civilisation de ses grands singes sur leur congénère humain qui, croyant être plus libres, sont finalement plus conditionnés par leur environnement.

Ainsi, je pose la question : pourquoi faire une expérience sur les paramécies pour améliorer les conditions de vie des poissons dans un aquarium?

Dans les conditions dans lesquelles se déroulent l'expérience, nous aurions tout aussi bien pu utiliser les renseignements que nous pouvions obtenir des personnes en captivité, que ce soit sous la forme primaire (la prison) ou la forme pop-star (Loft Story). C'est ainsi que je me permets de douter du degré d'intégration de ces chercheurs dans notre société puisqu'ils préfèrent créer, de toute pièce, des conditions d'expérience étranges plutôt que d'utiliser les matériaux déjà disponibles dans notre société. Ca me rappelle étrangement la déclaration des droits des animaux faites par l'Allemagne nazie des années 1933... Un paradoxe de plus que notre société soumet à notre sagacité.

Ou alors, le vrai but de cette expérience est une expérience sociologique... Les chercheurs font croire que c'est pour étudier les conditions des grands singes alors qu'en fait le véritable objet d'observation est le public. Comment ce dernier se comporte-il avec ses congénères en captivité "publique". Nos cobayes seront, en effet, derrière des panneaux pour que l'on puisse observer leurs comportements. Là encore, à la différence de l'orang-outan de base, les individus peuvent communiquer avec leur environnement... Ainsi, la vraie expérience est de savoir si les personnes qui vont visiter le zoo humain seront offusquées de cette situation ou, au contraire, accepteront cela comme normal ? Dans le second cas, il est vrai que l'on peut commencer à s'angoisser sur l'état moral de notre société.

Soit dit en passant, à l'occasion du film "C'est arrivé près de chez vous", qui suscite toujours une forme de polémique dans mon entourage (film que j'affectionne particulièrement pour plein d'aspects très divers), je tiens à signaler que j'ai déjà rencontré des personnes qui n'avaient pas apprécié ce film au motif qu'ils ont cru que c'était "un documentaire" (sic!). Et donc elles étaient naturellement choquées. Et bien, dans cette attitude, pour ma part, ce qui est choquant est leur choc. Non pas que je considère que le film ne contienne pas des scènes qui puissent effectivement écorcher la sensibilité, mais bien plutôt qu'elles puissent imaginer que, dans notre société, un documentaire sur un tueur que l'on suivrait au quotidien soit possible ou réalisable, puis projetable en salle... Je me pose dès lors de sérieuses questions sur l'état de délabrement de leur esprit à travers leur acceptation des choses du monde qui nous entoure... Et là, c'est moi qui suis vraiment "choqué". Et je précise que ces personnes faisaient parties des csp supérieures, ce qui ajoute à l'atrocité de leur réflexion.

Pour conclure sur cette histoire d'hommes qui jouent au singe dans un zoo pour regarder leur congénère les imiter, je me pose la question de qui lancera les cacahuètes : le public aux hommes-singe ou l'inverse?

Romook, bien loin en Chine

vendredi 12 janvier 2007

La minute culturelle : manger en Chine

Je vous ai fait part de mon manque de savoir-vivre hier pendant le repas... Mon interlocutrice, qui déjeune avec moi tous les midis, ne m'en a évidemment pas tenu rigueur. D'ailleurs, elle ne paraissait plus choqué du tout même à la fin du repas hier...

Aujourd'hui, je voudrais vous montrer en quoi consiste un repas en Chine, ce qui expliquera notamment aux français - nécessairement non accoutumés - pourquoi lorsque l'on emmène des chinois dans un restaurant chinois il commande environ trois plats par personne, ce qui a pour effet de garnir la table d'un nombre impressionnant de mets divers.



Première chose, les plats sont posés sur une espèce de dessous de table en verre gigantesque. En fait, c'est une table tournante. En Chine, on fait encore tourner les tables régulièrement, tous les jours pour ainsi dire, dans les restaurants. D'ailleurs, vous constaterez aisément que les chinois ont peur des fantômes. Sûrement que cela provient de cette coutume de faire tourner les tables pendant les repas.

Chacun se sert donc dans l'un des plats et alterne chacun des mets dans son petit bol (en bas à gauche de la photo, on voit le mien avec des os de poulet dedans). Les baguettes sont donc l'instrument avec lequel vous vous saisissez des mets, les mettez dans votre bol, et, ensuite, portez les aliments à votre bouche - quoique cette dernière expression est franchement teintée de franco-français. En Chine comme au Japon, c'est la bouche qui va aux aliments et non pas l'inverse. Vous mangez donc régulièrement le nez dans le bol. Autre culture, autres moeurs...

Ainsi, il faut savoir également qu'un bon repas est avant tout un repas bon pour la santé. Dans cet objectif, il faut choisir de la viande, de la soupe, des légumes, des fruits, du riz. Voilà pour la santé.

Alors que chacun des plats doit permettre de satisfaire tous les sens, tous les goûts doivent être représentés. En Europe, on recherche l'harmonie entre les saveurs. Ici, ce n'est pas du tout ça : c'est un feu d'artifice pour les papilles et l'harmonie signifie littéralement un repas loupé. Dès lors, celui qui se charge de choisir les plats se doit de demander ce que chacun voudrait tout en faisant attention à ce que les saveurs soient suffisamment éloignées les unes des autres.

Par ailleurs, si les goûts sont différents, les consistances doivent l'être aussi. Vous trouverez donc des plats gluants, secs, fondants ou encore croquants...

C'est donc dans ce contexte culturel que j'ai gaffé hier. Comme ça, vous avez également le décor.

Vous remarquerez que celui qui a la responsabilité de choisir le repas doit faire un choix difficile. Ou donne lieu à des discussions animées, chacun voulant prendre la direction du repas... Un peu comme nous avec les vins. D'ailleurs, question boisson, il n'y a pas de problème : thé, bière ou vin. Peu importe. Souvent bière... Mais là, il n'y a aucune règle, chacun boit ce qu'il veut. En ce qui concerne le vin rouge, c'est possible avec glaçon et rondelle de citron. Quand j'ai vu faire ça sur un Saint-Emilion spécialement commandé pour moi, inutile de vous dire que l'on doit s'accrocher aux branches pour conserver l'attitude correcte qui sied à l'interculturalité.

C'est aussi pourquoi il y a souvent autant de plat à manger dans un "vrai/bon" restaurant chinois, la liste des plats étant toujours très impressionnantes à la carte, même pour le plus petit restaurant... Mais, rassurez-vous, ce n'est comme ça qu'au restaurant ou les jours de fêtes. Normalement, il y a moins de plat que ça. Souvent, c'est une soupe aux nouilles. Tout de suite, c'est moins drôle...

C'était la minute culturelle.

Romook, en direct de Chine

为什么我的学生很严肃的?

讲课的时候,我的学生都很安静.他们不问问题我说好了以前.在法国不一样.如果有 一个人不明白,他直接问和想我说明.我觉得这样的习惯更好.所以有时候我觉得可 能我的学生对我的课没有意思.我想起来在北京的时候,要是我有问题,就我问我中 文的老师.如果他说,我等他说好说明他的想法.就我问他.在武汉的课,我的学生等 我问他们.如果我不问他们怎么办?他们听不懂但是不想知道吗?这样的文化非常不好我 觉得...

洋法龙,法国老师在武汉

jeudi 11 janvier 2007

Savoir-vivre

n.m, educ. : Ensemble des règles qui s'imposent à un individu pour lui permettre d'être une compagnie agréable aux autres.

Il ne s'agit en aucun cas de règles destinées à permettre à un individu de mieux supporter sa propre existence, que l'on nommerait dans ce cas philosophie, ou encore de maximiser ses plaisirs dans l'existence, que l'on nommerait dans ce cas, en Europe, l'égoïsme.

D'une certaine façon, le savoir-vivre crée les conséquences de la philosophie pour autrui - permet de mieux supporter l'existence par l'action d'autrui - ainsi que la maximisation de ses plaisirs - autrui nous poussant à nous donner le plaisir que l'on aurait pu s'offrir soi-même en étant égoïste.

En résumé, le savoir-vivre, c'est l'attitude anti-égotiste.

Romook, en poche

J'ai choqué une chinoise

Elle me demande si je veux boire ma soupe. Je lui réponds que je n'en suis pas très friand. Elle m'annonce qu'en Chine, les chinois aiment boire de la soupe car ils pensent que c'est bon pour la santé. Je regarde l'espèce de bouillon dans lequel sont engloutis deux os de poulet, avec un peu de chair dessus et la peau pas très cuite autour, et devine dans le fond, des pates translucides, sans saveur. Je lui explique que je ne savais pas (!). Bien sûr, je trempe une de mes baguettes dans la soupe en souriant. Elle paraît satisfaite. Question : en France, il y a beaucoup de choses qui ont l'air très bonnes à manger. Qu'est-ce que tu préfères ? Je suis à court de vocabulaire. Elle m'aide :

- Tu manges du fromage ?

- Oui, j'en mange.

- Il y a beaucoup de chose à manger en France.

- Oui, mais il y en a encore plus à manger en Chine (Pour le lecteur inattentif ou peu accoutumé au savoir-vivre chinois, il est de bon ton de répondre à un compliment par un autre qui met encore plus en valeur son interlocuteur. Là, en l'occurence, j'ai tout bon.). Tu as déjà goûté la cuisine française ?

- Non, mais j'aimerais bien. C'est bon pour la santé la cuisine française ?

- Ca dépend. En France, on mange surtout parce que c'est bon au niveau du goût : on ne cherche pas à savoir si c'est bon pour la santé.

- ?!

Au dernier round du savoir-vivre, Chine : 1, France : 0. Même après quelques mois passés en Chine, j'en arrive à faire des fautes grossières. Heureusement que j'ai éclaté de rire après... Ca a permis de colmater les brèches. Je pense qu'elle n'a pas compris en quoi ça pouvait être de l'humour, mais, en tout cas, elle a rit. Le but étant de renouer le dialogue, ça a marché.

Premièrement, la bonne réponse, qui plus est la réalité, était : La cuisine française est moins bonne que la cuisine chinoise pour la santé. Ce à quoi elle aurait répondu qu'au niveau du goût, la cuisine française semblait être délicieuse. Ce à quoi, j'aurais répondu : "Pas tant que ça, et ce qui compte surtout, c'est la santé."

Deuxièmement, j'ai laissé sous-entendre que la cuisine chinoise n'était pas bonne au niveau du goût. Ce qui est faux. Il y a parfois des choses qui ne sont pas adaptées aux français, c'est une évidence, mais cette cuisine est bonne si on évite un certain nombre de plat. La cuisine chinoise est beaucoup plus variée que la française, ce n'est donc pas très difficile de trouver quelque chose de délicieux. Mais bon, là, la soupe, vraiment, non.

Troisièmement, j'ai mis en valeur ma cuisine et non pas la sienne, alors que c'était l'inverse qu'il fallait faire. Enfin, bref, tout faux sur toute la ligne.

Parler chinois, c'est difficile.

Romook, de retour à l'école

mercredi 10 janvier 2007

Proof of my travel in China

As you can read in my blog, I'm in China. Nowadays I explained one or more things I saw. Today, I want to give you one example of what is the difference between China and Europe. Under this, you can see a picture. If you look precisely, then you could know I am in China... Now, look and think about it. The answer is in my comment under this post :-)



Romook

mardi 9 janvier 2007

Le poids des mots...

Le choc interculturel est un sujet qui me passionne et si demain je ne suis pas trop épuisé par ma journée, j'irai faire une photo afin d'illustrer encore mieux mon propos. Aujourd'hui, ce sera un exemple des plus simples sur les limites de ma connaissance et, probablement, de mes préjugés.

J'étais donc en train de faire cours, comme à l'accoutumée, devant une centaine d'étudiants chinois quand soudain, je dois expliquer le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale en droit français.

J'ai l'habitude de donner un fondement à ce principe en expliquant que la loi pénale est comme "un fouet qui claque avant de frapper". L'image n'est pas de moi, mais elle me plaît bien. "Ainsi, continue-je, les personnes sont prévenues de ce qu'elles risquent car, rappelons-le, la loi pénale n'interdit rien. En effet, si vous voulez tuer votre voisin, ce n'est pas interdit. La loi vous prévient seulement que, dans cette hypothèse, vous risquez trente ans de prison, voire la mort dans certains pays. Remarquez le fait que ce soit sa femme plutôt que son voisin ne change rien. Dans tous les cas, si vous avez envie de le faire, vous pouvez le faire. Mais, conformément au principe que 'Nul n'est censé ignorer la loi', vous savez que vous risquez trente ans de prison. Normalement, le bénéfice que vous retirez du meurtre n'est pas suffisant pour justifier l'acte. Dès lors, la plupart des individus en restent simplement à évoquer cette idée de meurtre en souriant, ce qui n'est absolument pas répréhensible au niveau juridique. Ce principe de 'Nul n'est censé ignorer la loi' est donc un principe qui explique pourquoi il n'y a pas de rétroactivité de la loi pénale. Pour la simple raison que, dans le cas contraire, les personnes n'auraient pas pu connaître l'existence d'une infraction et qu'elles risquaient une peine, quelle que soit la nature de celle-ci. Seul les Etats totalitaires utilisent la rétroactivité de la loi pénale, mais, dans ce cas, c'est pour éliminer des catégories d'individus et non pas pour des raisons dictées par le bien-être de la société..."

Je vous passe les détails de la suite du cours, bien qu'il soit extrêmement intéressant puisque c'est le mien :-) Alors, que je me lançais dans l'explication, je m'aperçus que j'allais devoir expliquer le mécanisme en utilisant le mot "totalitaire" qu'il allait falloir définir. Expliquer le totalitarisme à des étudiants chinois, en Chine, dans une université chinoise. Voilà un beau challenge. Cela nécessite notamment de policer le discours et d'être sûr de ces exemples. Or, ma connaissances de l'histoire chinoise est parcellaire et je me suis donc demandé s'il s'agissait d'une société totalitaire. Bien sûr, au sens propre du terme, il y a un parti politique majoritaire, le parti communiste, avec des micro-partis politiques autour. Dès lors, l'appellation stricto sensu d'Etat totalitaire est justifiée. Néanmoins, en Europe, derrière ce mot nous mettons une connotation évidemment très péjorative d'annihilation des libertés. Or, pour ma part, de ce que j'en ai vu et entendu avec des discussions avec des chinois, il n'y a que la liberté d'expression qui est encadrée. Par ailleurs, elle n'est pas aussi restreinte qu'on puisse l'imaginer puisque l'on peut avoir des discussions politiques et les chinois peuvent même critiquer l'action de leur gouvernement. En revanche, il semble qu'il ne faille jamais dire du "mal" du parti communiste. Comme je vous l'avais déjà signalé précédemment, j'ai vu dans des librairies de Beijing des profusions de livres en anglais qui étaient à proprement parler inimaginable dans ma tête d'européen gavé par les médias TV et radio français. Il faut rappeler que l'économie chinoise est complètement dirigée vers le capitalisme. L'ensemble des livres que j'y ai vu - y compris en chinoismais là je ne peux pas contrôler le contenu, mon niveau de lecture étant nettement insuffisant - faisait état d'une ouverture intellectuelle frappante. Habitué des librairies, je n'avais jamais vu une telle diversité idéologique, ni en France, ni à Londres.

Ainsi, sur la définition même du mot "totalitaire", j'aurais eu beaucoup de mal à expliquer les choses. En effet, il aurait également fallu que j'aborde le côté péjoratif du mot pour lui donner toute sa couleur culturelle. Dès lors, sans que personne ne me le dise car les étudiants sont discrets, ils auraient senti que la Chine aurait pu rentrer dans cette définition. Personne n'aime entendre dire du mal de son pays par un étranger, encore moins un chinois. Par ailleurs, j'avais moi-même plusieurs contre-exemples qui démontraient que la définition européenne du totalitarisme était empreinte de toute l'histoire de la seconde guerre mondiale, mais que ce n'était pas un concept transposable sans adaptation dans cet autre univers qu'est la Chine. Après 4 heures de sommeil (ben, faut bien préparer ses cours...), je ne me voyais pas faire une adaptation en live d'un concept dont la définition aurait été tronquée par rapport à sa réalité idéologique européenne. J'ai déjà suffisamment de mal à expliquer à mes étudiants que la protection du salarié telle qu'elle est perçue en France - ou en Europe - provient de notre conception chrétienne des droits de l'homme. Ca me fait d'ailleurs penser que si tout le monde s'accorde à dire que Dieu est mort, ou peu s'en faut, personne ne remet en cause les conséquences idéologiques immédiates qui seraient de repenser entièrement les droits de l'homme, nés au sein de la Chrétienté et plus particulièrement sous une idéologie catholique. La mondialisation des droits de l'homme n'est rien d'autre qu'une autre de forme de colonisation idéologique. Enfin, bref, c'est un autre débat.

Il faut remarquer que, parfois, j'aimerais emmener certaines personnes avec moi dans mes cours, notamment mon ami JC, qui apprécieraient la distance progressive qui s'instaure dans le cours lorsque les droits de l'homme sont évoqués par un européen, qui, par définition, croit qu'il détient la vérité en cette matière. Or, si on regarde objectivement les choses, les droits de l'homme sont probablement l'une des idéologies les plus creuses qui a jamais été mise en place. Il n'y a aucun fondement philosophique autre que le fait d'asséner comme une évidence des droits humains qui ne reposent sur aucune théorie. Qu'on ne se méprenne pas sur mon propos, je ne dis pas que ce n'est pas forcément bien pour le développement de la société, mais j'explique simplement que ces idées ne sont porteuses finalement d'aucune vérité inconstestable. Le fait qu'ils soient mis en avant de cette manière s'explique probablement par le contexte historique de la seconde guerre mondiale. Dans le cas contraire, il existerait probablement beaucoup de discussion. L'acceptation des droits de l'homme comme une évidence dans notre société a simplement eu pour conséquence de bloquer le discours politique à tout niveau. Les droits de l'homme sont l'alpha et l'oméga de notre pensée sociale. En dehors d'eux, aucun salut possible. Or, je ne peux m'empêcher de considérer la Chine comme une autre univers conceptuel susceptible de teinter le monde d'une autre coloration. Il en est de même pour le Japon d'ailleurs. Dans le vieux continent, on stigmatise dans la Chine les vieux démons du communisme occidental. Probablement que si la Chine, officiellement, prenait une position plurale au niveau politique, mais conservait son fonctionnement actuel et sa législation actuelle, plus aucun gouvernement occidental ne se poserait de question. Mais, bon, là, je lis dans une boule de cristal.

Après ces quelques égarements conceptuels, je vais vous dire de ce qu'il advint de la poursuite de mon cours. Tout d'abord, je fis une pause pour réfléchir à ma manière d'expliquer les choses. Et puis, lors de la reprise du cours, je fis une explication plus simple des concepts relatifs à la rétroactivité de la loi pénale en donnant des parallèles avec le droit du travail, puisque c'était là, de toute façon, l'objet premier de mon cours. Ainsi, je ne suis pas rentré dans des considérations linguistiques qui m'auraient entraînées loin, très loin de l'objectif initial : donner des clés de compréhension de l'articulation entre elles des normes en droit du travail français.

Romook, socio-linguistico-juriste

lundi 8 janvier 2007

395 kilomètres d'amour

Et bien, quand je les vois, qui m'invitent, en souriant, vers d'autres cieux, je ne peux m'empêcher de partir avec elles. J'étais venu avec elles en Angleterre et les avaient promenées dans Greenwich Park. Ne pouvant partir loin sans elles, je les avais ensuite emmenées à Beijing où elles se sont senties abandonnées... Là, je les ai emportées avec moi en Chine, au cas où... A Beijing, il avait neigé et je me suis dit qu'elles étaient (encore) venues pour rien.

Que nenni! Beau temps, soleil, temps frais mais pas froid. Je les ai donc emmenées faire le tour du lac tout à l'heure. Juste de quoi me rendre compte qu'il vaudrait mieux que je les emmène dans l'université. D'abord, elles ont l'habitude de cotoyer un intellectuel, ça ne devrait donc pas leur poser de problème. Ensuite, pour leur partenaire qui respire l'air des bus, camions et autres voitures automobiles, c'est absolument irrespirable. Mais il fallait au moins faire le test une fois. Bon, ben, ça, c'est fait.

Allez zou! A la douche pour le décrassage des poumons!

Je ne résiste pas à l'idée de vous les montrer. Elles sont mignonnes, nan? Ca fait déjà 395 kilomètres de bonheur que nous partageons ensemble. C'est pas beau les histoires d'amour qui dure ?



Romook, alias Forrest Gump

奇怪的人...

武汉的天气比北京的好.在北京有刮风.很冷冰冰!在武汉,不是...好的!

我在武汉讲课.我很高兴.我的学生都很好.他们今天早天学的快因为我给他们我的课 写的...所以他们不得写我的说话.讲课以后,我跟我的师傅和两位老师一起吃饭.有 一位老师会说法文.她告诉别的老师我会说中文.别的回答她知道了.以后我们用汉语 一起谈谈.有时候我不明白.但是这个老师会说法文想说明这样的说话我不明白.我也 听不懂.师傅用武汉话说明,我懂了...太奇怪了!但是我也知道这个老师会说法语 想跟我练习她的法语...真糟糕, 我只说中文!如果在中国我用法语谈谈的时候,  在那里我可以说中文吗?什么时候?所以我真遗憾,我只想用中文说的时间.

洋法龙,一遍法国人一遍中国人

dimanche 7 janvier 2007

Surfing on the chinese net : like a waver

I explained i couldn't use Windows XP, with Firefox or IE, to surf on the net in China, just Linux with Firefox, Mozilla or other browser under Linux. I have changed my hotel and, now, it's better. Under Windows XP, I could surf with IE (very slow and sometimes i can't access on particular websites) and Firefox (more fast and every website I could access in my precedent travels is accessible this time). But, the winner is definitely Linux because my connection is more fast than the twice, Windows XP and Firefox.

But, in this last case, sometimes it's really uncertain and slow...

So, I took the decisions to control comments before publish them.

Romook, in China, on the Net

Warning : comment will be controlled before to be published

Dear Visitor,

During my travel in China, I'm not sure I can speedly control all the comments you could let - you need to remark the word "coud" used in your special case - on my blog. So, in this respect, I decided all the comments need to be approved before they are publish. So, don't be afraid if you see your comment not on line very quickly. Sometimes, it's not the anti-spam gun... Few moment later, you could see it on line.

Romook

samedi 6 janvier 2007

中山公园:我爱你

在北京,有很有名的地方,也有很好看的地方.我爱中山公园.在法国,我梦关于中国 是这样的地方:个公园向哪个一样...但是有很多好看,没有别的比它漂亮.今天我在 这里.很冷的天气但是我在散步觉得我是幸运的人.

情你看吧. 对吗?



洋法龙

Internet en Chine : les désastres d'un tremblement de terre ?

Après avoir connnecté mon ordinateur pendant plus de trois heures pour recevoir mes emails de France, seuls 37 Ko étaient chargés... Je découvre avec stupeur que Internet fonctionne très très mal en Chine.

Je dîne avec Kai Ye et lui fait part de mon désarroi : il n'est pas surpris. En effet, depuis le tremblement de terre sous-marin, Internet fonctionne de manière tout à fait aléatoire, dans l'hypothèse où il fonctionne. Lueur d'espoir : il semblerait que cela dépende des connexions. Aujourd'hui, je vais donc chercher un cybercafé dans lequel je pourrais consulter mes emails.

Pour information, j'ai essayé de surfer sur le web avec Internet Explorer et Firefox, sous Windows XP, résultat nul : aucune page n'est accessible. Je me dis - et pourtant je suis informaticien et sait que cela ne devrait pas avoir d'influence - et si j'essayais sous Linux? Et là, hop! j'accède à mon blog et à d'autres sites. Peut-être est-ce le simple fait du hasard... Mais les actions se sont succédées dans le temps de manière rapide : juste eu le temps de rebooter la machine. Pour le moment, même sous Linux, je ne reçois pas mes emails. Pour avoir de mes nouvelles, il semblerait que ce soit mon blog l'outil privilégié de communication, encore une fois...

Beijing est soumise à un vent glacial, je ne regrette ni le bonnet, ni les gants, ni l'écharpe. Il faisait - 2°C à mon arrivée à l'aéroport. Et bien, croyez-le si vous voulez, ça ne s'est pas arrangé avec l'arrivée de la nuit...

Romook, bien arrivé en Chine

mercredi 3 janvier 2007

The chinese letters

One chinese friend said to me : "I'm shocking by french people. During the holidays, there are many pets which are abandoned. I think it's not worst than eat them."

Isn't it ?

Today, I will go to China. I don't know if I could have Internet and update my blog. In this respect, I close now the functionality allowing to post comments. I'm so sorry : I have no choice. (but I know a lot of visitors can't remark that because they don't know they could post comment in my blog... Hey, Rico, isn't it?).

I hope I can open it again very quickly.

Have an happy new year !

Romook, travelling around the world

Sophocle, Antigone...



"Créon : Tu me l'amènes; mais où l'as-tu prise et comment ?

Le garde : Elle était en train d'enterrer le mort. Tu sais tout.

Créon : Comprends-tu ce que je dis? Et dis-tu la vérité ?

Le garde : Certes! C'est elle que j'ai vue ensevelir le mort, le mort défendu : est-ce clair et net ?

Créon : Comment l'avez-vous vue et prise sur le fait ?

Le garde : Voilà. Sitôt de retour, et toujours sous le coup de tes effroyables menaces, nous balayons entièrement la poussière qui couvre le mort; nous essuyons de notre mieux la cadavre qui se défait; puis nous nous asseyons de notre mieux au sommet des rochers, bien au vent, pour que l'odeur qui s'en dégage ne parvienne pas jusqu'à nous; et chacun tient son voisin en éveil, avec un fracas de gros mots contre tous ceux qui bouderaient à la besogne; cela jusqu'à l'heure où le disque du soleil atteint le milieu du ciel et enflamme l'atmosphère. A ce moment un soudain vent d'orage fait se lever du sol une trombe de poussière, un vrai fléau céleste, qui envahit la plaine, y fouille la crinière de la forêt et remplit le vaste ciel de ses débris. Nous subissons, les yeux fermés, l'épreuve que nous envoient les dieux. Il fallut quelques temps pour qu'elle s'éloignât, et c'est alors que nous voyons la fille. Elle est là, à pousser les cris perçants de l'oiseau qui se désole à la vue du nid vide où manquent ses petits. Telle, à voir le cadavre, ainsi dépouillé, elle éclate en gémissements et lance des malédictions féroces contre les auteurs du méfait. Puis, sans tarder, de ses mains, elle apporte à la fois de la poussière sèche et une aiguière en bronze martelé, qu'elle lève en l'air, pour répandre sur le corps l'hommage d'une triple libation. Mais nous avons tout vu, nous nous précipitons, nous nous saisissons d'elle. Rien toutefois ne la démonte. Nous l'interrogeons sur ce qu'elle a fait hier et aujourd'hui. Elle ne nie rien - et j'en ai, pour ma part, plaisir et peine tout ensemble : se tirer soi-même d'affaire, c'est un plaisir évidemment; mais jeter les siens au malheur, c'est chose dure aussi. Après tout cependant, je me trouve ainsi fait que le soin de ma vie passe avant tout le reste.

(Créon se tourne vers Antigone)

Créon : Et toi, toi qui restes là, tête basse, avoues-tu ou nies-tu le fait ?

Antigone : Je l'avoue et n'ai garde, certes, de le nier.

Créon, ''au Garde'' : Va donc où tu voudras, libéré d'une lourde charge. (Le garde sort. A Antigone) Et toi, maintenant, réponds-moi, sans phrases, d'un mot. Connaissais-tu la défense que j'avais fait proclamer ?

Antigone : Oui, je la connaissais; pouvais-je l'ignorer ? Elle était des plus claires.

Créon : Ainsi tu as osé passer outre à ma loi?

Antigone : Oui, car ce n'est pas Zeus qui l'avait proclamée! Ce n'est pas la Justice, assise aux côtés des dieux infernaux; non, ce ne sont pas là les Lois qu'ils ont jamais fixées aux hommes, et je ne pensais pas que tes défenses à toi fussent assez puissantes pour permettre à un mortel de passer outre à d'autres lois, aux lois non écrites, inébranlables, des dieux! Elles ne datent, celles-là, nid'aujourd'hui ni d'hier, et nul ne sait le jour où elles ont paru. Ces lois-là, pouvais-je donc, par crainte de qui que ce fût, m'exposer à leur vengeance chez les dieux ? Que je dusse mourir, ne le savais-je pas ? Et cela, quand bien même tu n'aurais rien défendu. Mais mourir avant l'heure, je le dis bien haut, pour moi, c'est tout profit : lorsqu'on vit comme moi, au milieu des malheurs sans nombre, comment ne pas trouver profit à mourir ? Subir la mort, pour moi n'est pas une souffrance. C'en eût été une, au contraire, si j'avais toléré que le corps d'un fils de ma mère n'eût pas, après sa mort, obtenu un tombeau. De cela, oui, j'eusse souffert; de ceci, je ne souffre pas. Je te parais sans doute agir comme une folle. Mais le fou pourrait bien être celui même qui me traite de folle.

Le coryphée : Ah! Qu'elle est bien sa fille! La fille intraitable d'un père intraitable. Elle n'a jamais appris à céder aux coups du sort.

Créon : Oui, mais sache bien, toi, que ces volontés si dures sont celles justement qui sont aussi le plus vite brisée. Il en est pour elles comme pour le fer, qui, longuement passé au feu, cuit et recuit, se fend et élate encore plus aisément. Ne voit-on pas un simple bout de frein se rendre maître d'un cheval emporté ? Non, on n'a pas le droit de faire le fier, lorsqu'on est aux mains des autres. Cette fille a déjà montré son insolence en passant outre à des lois établies; et, le crime une fois commis, c'est une insolence nouvelle que de s'en vanter et de ricaner. Désormais, ce n'est plus moi, mais c'est elle qui est l'homme, si elle doit s'assurer impunément un tel triomphe. Eh bien! Non. Qu'elle soit née de ma soeur, qu'elle soit encore plus proche de moi que tous ceux qui peuvent ici se réclamer du Zeus de notre maison, il n'importe; ni elle ni sa soeur n'échapperont à une mort infâme. Oui, celle-là aussi, je l'accuse d'avoir été sa complice pour ensevelir le mort. (A ses esclaves) Appelez-la-moi. Je l'ai vue dans la maison tout à l'heure, effarée, ne se dominant plus. C'est la règle : ils sont toujours les premiers à dénoncer leur fourberie, ceux qui manoeuvrent sournoisement dans l'ombre. (Se retournant vers Antigone) Ce qui ne veut pas dire que j'aie moins d'horreur pour le criminel saisi sur le fait qui prétend se parer encore de son crime.

Antigone : Tu me tiens dans tes mains : que veux-tu de plus que ma mort ?

Créon : Nullement : avec elle, j'ai tout ce que je veux.

Antigone : Alors pourquoi tarder ? Pas un mot de toi qui me plaise, et j'espère qu'aucun ne me plaira jamais. Et, de même, ceux dont j'use sont-ils pas fait pour te déplaire ? Pouvais-je cependant gagner plus noble gloire que celle d'avoir mis mon frère au tombeau ? Et c'est bien ce à quoi tous ceux que tu vois là applaudiraient aussi, si la peur ne devait leur fermer la bouche. Mais c'est - entre beaucoup d'autres - l'avantage de la tyrannie qu'elle a le droi dire faire absolument ce qu'elle veut.

Créon : Toi seule penses ainsi parmi ces Cadméens.

Antigone : Ils pensent comme moi, mais ils tiennent leur langue.

Créon : Et toi, tu n'as pas honte à te distinguer d'eux ?

Antigone : Je ne vois pas de honte à honorer un frère.

Créon : C'était ton frère aussi, celui qui lui tint tête.

Antigone : Certes, frère de père et de mère à la fois.

Créon : Pourquoi donc ces honneurs à son égard, impies ?

Antigone : Qu'on en appelle au mort : il dira autrement.

Créon : C'est le mettre pourtant sur le rang d'un impie.

Antigone : Mais l'autre était son frère, et non pas son esclave.

Créon : Il ravageait sa terre : lui, se battait pour elle.

Antigone : Hadès n'en veut pas moins voir appliquer ces rites.

Créon : Le bon ne se met pas sur le rang du méchant.

Antigone : Qui sait, si sous la terre, la vraie pitié est là?

Créon : L'ennemi même mort n'est jamais un ami.

Antigone : Je suis de ceux qui aiment, non de ceux qui haïssent.

Créon : Eh bien donc, s'il te faut aimer, va-t-en sous terre aimer les morts! Moi, tant que je vivrai, ce n'est pas une femme qui me fera la loi."

Antigone, Sophocle, Trad. Pierre Vidal - Naquet.

Romook, rien à ajouter...

mardi 2 janvier 2007

Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es...

Une blogueuse que j'apprécie particulièrement a écrit que :

"A quoi reconnaît-on que l'on est devenu une référence en matière scientifique ? En étant cité en source.", Elisabeth, 28/12/2006, in Les analectes d'Elisabeth

Et bien, c'est fait. On m'a cité. J'en veux pour preuve le passage suivant :

Romook a pris beaucoup plus sérieusement que prévu l'une des phrases de mon billet précédent. Il a laissé un commentaire tellement intéressant, soulevant de telles questions, que j'ai décidé de reprendre sa note sousforme de billet, auquel je vais ensuite répondre, avec sincérité. C'était complètement imprévu, et j'espère que Romook ne m'en voudra pas de l'avoir propulsé au rang de rédacteur sur ce blog afin que son nom figure en tant qu'écrivain de ce billet.

Enfin, on fait sortir de l'ombre l'un de mes commentaires déposés sur un blog. Si je ne vous donne pas le lien, c'est simplement dans un souci de ne conserver que le bon et le meilleur passage : celui où on parle de moi. Par ailleurs, si par mégarde le propriétaire du blog qui me fait ses honneurs aujourd'hui avait l'outrecuidance de supprimer ce billet, je serai bien malheureux de ne pas pouvoir relire ce passage avec délectation... Ainsi, je décide purement et simplement d'en faire une copie. Peu importe les droits d'auteur, je lui ai permis de faire au moins deux billets grâce à mon intervention : je ne l'ai même pas fait payer pour la source d'inspiration.

J'estime également que de devenir ainsi un commentateur éclairé par les "sunlights" me fait acquérir un statut proche de celui d'écrivain - en l'occurence écrivain que l'on pourrait qualifier de "public". Cette reconnaissance me vaut, par voie de conséquence, quelques privilèges...

Ca me fait aussi penser au fait que lorsque j'arrive chez quelqu'un, je m'empresse de consulter la bibliothèque pour connaître mon interlocuteur. Les livres que nous avons lus déteignent sur nous et me semblent caractériser les archanes de notre psyché. Un peu à la manière de Balzac, je cherche donc à faire une analyse psycho-littéraire de cette personne.

Evidemment, lorsque je rencontre une jeune femme séduisante, très rapidement, après lui avoir demandé si elle portait une culotte, je lui demande ce qu'elle lit. A la question de la culotte, deux types de réponses. La classique : "Oui." La coquine : "Non, je porte un string". En revanche, la question suivante : "qu'est-ce que tu lis? C'est quoi le livre qui t'a le plus marqué dans ta vie ?" coupe court à toute conversation. Comme quoi, il y a encore des tabous dans notre société.

Romook, constat sur les livres

Mon non-nouvel an

Comme je l'avais précisé il y a quelques billets, je suis un adepte du non-nouvel an. Régulièrement, je le passais avec mon ami O. qui a son anniversaire le 1er janvier. Dès lors, à l'heure fatidique retentit un "joyeux anniversaire" inaccoutumé qui me plaît d'autant plus qu'il est original. Cette année, à la dernière minute, il décommande.

Je tente vainement de trouver une place dans un restaurant de Mo Am'Gambie, mais le fait d'être seul ferme bien des portes. Et oui, les restaurants se retrouvent subitement complets quand vous répondez à la question : "Et vous serez combien ? - Juste moi. - Nous sommes désolés mais nous sommes complets."

Que l'on ne se détrompe pas, si je voulais passer un nouvel an joyeux avec cotillons, j'avais la possiblité de le faire. A la dernière minute, alors que j'avais déjà préparé un livre à lire (objectif de finir "Entretiens avec Avital Ronell"), mon cousin joueur de squash me propose de le rejoindre dans un réveillon. J'ai décliné son offre. Je pense qu'il ne le prendra pas mal. J'avais un objectif sociologique à remplir. Ma mère m'avait précisé que j'allais mettre tout le monde mal à l'aise dans ce restaurant : que nenni. Je l'aurais donc démenti. Mais là n'est pas l'essentiel.

Ce qu'il me plaît de vous raconter, c'est la sournoise attitude de la gérante du restaurant qui a 23h45, lorsque je lui ai demandé le café, m'a amené quelques petits fours et une tasse. Une tasse vide. Je pensais pouvoir m'échapper du claironnant "Bonne année" à tout va. Mais non. Le café a traîné et c'est dans la surprise la plus totale que je me suis retrouvé à faire la bise aux deux serveuses et souhaiter la bonne année autour de moi.

Ai-je été lâche? Je ne crois pas. Il ne m'était pas imposé de devoir refuser de fêter la nouvelle année. Si je ne suis pas un fêtard à ce niveau-là, garder une attitude intégriste sur ce point aurait fait du mal à ces personnes. "Non, non, je suis désolé, je ne cautionne pas cette coutume." aurait été fort mal à propos, vous en conviendrez.

Surtout que je suis le premier à envoyer un sms généralement à mon entourage. Pour les mêmes raisons sus-évoquées. Il n'y a que quelques puristes intégristes qui, avec moi, fêtent le non-nouvel an comme il se doit. A qui je me permets de ne rien souhaiter, comme ils font de même avec moi, mais en toute amitié bien comprise.

Je sais, je sais... Je le vois bien, lecteur, dans le fond de ton oeil, que tu me prends pour un fou furieux. Et pourtant, je suis sain d'esprit...

Me voici donc en train de faire la bise à tous, et mon café arrive. Une fois fini, je demande l'addition. La gérante s'approche et me demande, comme on demande à un malade :

"Ca va? Ca s'est bien passé ?
- Ca va. Très bien. Merci beaucoup.
- Comme ça, vous vous êtes senti moins seul. Il y avait un peu d'animation autour de vous. C'est bien déjà d'avoir fait la démarche, ce n'est pas facile.
- La démarche ?
- De venir rejoindre un restaurant pour ne pas passer le réveillon seul.
- Ne vous inquiétez pas. Ce n'est pas ça du tout. J'aime bien faire un réveillon tranquille, et là, j'ai pu avancer dans mon livre. C'est très bien comme ça. Je suis très content."

Et là, elle m'a quitté avec un petit sourire en coin qui en disait long sur ce qu'elle pensait de ma sincérité. Probablement qu'elle a dû me consir comme un asocial total qui n'assume pas sa vie forcé d'exclu et de sans-ami. Et pourtant, c'est loin d'être le cas... Comme quoi, il y a des styles qui restent suspects en France.

Allez, encore bonne année à tous!

Romook, anti-réveilloniste

You need to know

From 4 january to 24 january, i will be again in China. Sometimes in Beijing, sometimes in WuHan. I'm a lucky man :-)

Romook, glob-trotter

lundi 1 janvier 2007

Du zèle constant dans la plus haute progression

"L'homme ne doit jamais considérer son oeuvre comme réussie et parachevée au point de devenir trop libre et trop sûr de lui dans ses oeuvres et laisser son intellect se reposer ou s'endormir. Il doit constamment s'élever par ces deux puissances, l'intellect et la volonté, saisir ici, dans le sens le plus élevé, ce qu'il a de meilleur et se prémunir sagement, à l'extérieur et à l'intérieur, contre tout dommage. Ainsi, il ne néglige rien en rien, mais fait sans cesse de grands progrès."

Extrait des Traités, Entretiens spirituels de Maître Eckhart, trad. Alain de Libera, GF Flammarion

Bonne année à tous!

Romook, l'heure des grandes résolutions?