L’univers est gris et bleu, monocorde et monotone,
Teinté de vert reflet de tristesse, rempli de nostalgie atone.
La Nature se dématérialise, les parfums s’évaporent.
Les fleurs s’envolent, la chair se meurt,
(Eclosion sourde et brumeuse de la fuite du temps, la souffrance du cœur,
Qui, à chaque pas, en s’éloignant grandit encore)
Les ombres vivantes, fantômes visibles, défilent sous mes yeux brûlés
Par le feu de ta beauté, le feu de mon amour, désir aux doigts d’argent,
(Chacune de tes caresses me sourit comme une petite fée dorée,
Tu glisses sur moi comme la vie sur un souvenir d’antan).

La lune noire, majesté de la nuit, se dresse sur mon cœur dévasté
(Hier, prairie verte et fertile, aujourd’hui, aride et brûlée)
Sur mon esprit souffrant le silence de l’absence,
Mon âme torturée par le Néant
Gribouillant avec des sentiments,
Des grimaces sur le tableau de l’existence,
Vie rongée par le ver de la solitude indéfinie et infinie
(Le temps s’étire longtemps lorsque l’âme pleure,
Que la souffrance s’épanouit dans le cœur).
Destructuration chaotique de l’être amputé de sa moitié de vie…

Seule, subsiste une trace dans ce décor sans relief
(Témoignage de ton lumineux passage, fût-il bref)
Celle qui suit l’amour dissout dans le temps
(Parfum merveilleux aux secrètes substances),
La prison de l’amoureux solitaire est la distance
(Vent terrible soufflant sur l’absent, le présent).

Les yeux tournés vers la nuit où le rêve prend vie,
Le ciel tend sa toile noire aux milles diamants
Au-dessus de l’union de cristal des amants s’aimant
Pureté de l’unité métamorphosée en infini…
La ligne courbe des amoureux enlacés
Trace le cercle-frontière de leur univers.
Lorsque celui-ci est brisé, lorsqu’ils sont séparés
Rejetés au loin, blessés jusque dans leur chair
Alors leurs regards s’élèvent vers la voûte céleste et ténébreuse
Et, à travers les étoiles, recherchent la lueur du regard aimé
Jetant un pont de désir et de rêve au-dessus des rivières et des forêts
Laissant leur sentiment planer dans des envolées roses et brumeuses.

Au pied de chaque arc-en-ciel,
On peut ainsi deviner un amoureux
Qui jette dans le ciel
Le pont coloré lui permettant de rejoindre son aimé.

Le temps de l’amour est celui où on est heureux,
Le paradis de l’amour, n’est-ce pas aimer dans l’éternité ?

Romook, romantique ?