A la question, qu'emmenerais-je comme livres sur une île déserte, question qui fuse évidemment parfois en soirée, après mûre réflexion, je répondis souvent ceux-ci :

Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche
Dao de jing, Lao-zi
L'immortalité et l'insoutenable légèreté de l'être, Kundera
Cosmos et la Pornographie, Gombrowicz

Voilà, la liste complète des ouvrages que j'aurais emmené - et s'il n'y en avait eu qu'un, ce serait probablement celui de Nietzsche.

Mais, à la réflexion, je pense que j'ai lu suffisament de livres dans ma vie, et, finalement, je n'emmènerai avec moi que la mémoire de mes livres. Je n'en prendrai aucun. En en prenant un, je risquerai d'oublier les autres. Je préfère donc partir les mains dans les poches. Et puis, quoiqu'on en dise, un livre, c'est avant tout un objet de communication. Si je suis sur une île déserte, à quoi me sert la dialectique? A quoi sert la philosophie? A quoi sert de lire? Une réflexion intérieure, je peux la faire seul, dans la solitude de mon être.

Sur une île déserte, je n'emmènerai donc aucun livre.

Romook, prêt à partir pour l'île déserte