Hier soir, dîner avec un ami de longue date.

Je m'apesantirai d'ailleurs un instant sur l'expression "longue date". Deux interprétations sont possibles :

- Cela fait longtemps que je le côtoie, de manière régulière
- Cela fait longtemps que je le côtoie, sans pouvoir exprimer cette forme de régularité

Ainsi, je rencontre quelqu'un en 1996. Je le vois environ une fois par an, voire deux. A certaines périodes, cela devient régulier 4 fois par an. En plus, échange de sms et téléphone tout aussi régulier. Bref, si la régularité doit être une caractéristique de "longue date", peut être n'est-ce pas là l'expression qui convient. Mais encore, j'ajouterai que, pendant quelques années, on s'est perdu de vue (à cause d'une femme évidemment).

Et c'est là que la caractéristique "longue date" apparaît non pas comme un concept autonome, mais bien comme une propriété que l'on peut déduire analytiquement du concept "ami". Enfin, dans notre cas, c'est le concept "ami". Le cas échéant, ce pourrait être celui de "relation", "connaissance", chacun de ces concepts imprimant la manière dont sera la régularité.

Ainsi, afin que ce soit clair pour tous, la contextualisation est un critère de définition d'un concept. En fait, "longue date" n'est pas un concept en soi, mais une propriété d'un autre concept. C'est presque du chinois en fait (au sens premier, c'est à dire ça ressemble à l'utilisation des mots faites par la langue chinoise).

J'en tire donc une conséquence philosophique redoutable, surtout à l'heure du café du matin :

La Vérité au sens absolu n'existe pas, elle est marquée par la relativité.

Pour les habitués de la Philosophie, quelqu'uns iront donc jusqu'à dire : ben oui, c'est évident.

MAIS...

La Vérité étant un concept primaire - c'est à dire qui se définit avant tout autre, comme celui de Liberté par exemple - il faut donc déduire que le concept lié à son environnement contextuel est un concept sans substance propre donc :

La Vérité n'existe pas.

Voilà la conclusion. CQFD.

Quand je pense que je suis parti d'un fait simple dîner avec un ami et que j'en aboutis à cette conclusion, ne peut-on pas dire que :

Les amis sont la négation de la Vérité.

D'où ce nouvel adage que je propose :

Méfies toi de tes amis

Bien, je retourne boire un café... Euh... Non, je retourne me coucher. Pourquoi donc se lever dans un monde dans lequel on ne plus faire confiance à ses amis?

Romook, blogueur de longue date