Le romook en voyage a tenté encore une fois l'expérience de demander s'il pouvait, oui ou non, voir la cabine de pilotage de son avion. Certain qu'on lui réponde qu'il n'y aurait pas accès (des précédentes expériences aériennes l'ont conduit à cette conclusion, 11 septembre et plan vigipirate obligent), il a osé demander de manière discrète et prudente en n'y croyant pas trop. Et la réponse a été positive...

Le voici donc plongé dans une atmosphère que l'on lui avait proposé naturellement quand il avait 15 ans – que j'avais alors refusé car je ne voulais pas « déranger » l 'équipage – et qui, depuis, n'avait cessé de m'intriguer... Croit-on, comme dans les films, qu'il pouvait poser toutes ses questions en quelques minutes... Et bien non. Le romook est un individu malgré tout discret, soucieux de se faire oublier dans une cabine où il n'y a que deux autres personnes...

Une forme de timidité importante a donc été à l'oeuvre et la plupart de ses questions restera sans réponse. Qu'importe! Les membres de la cabine de pilotage étaient très sympathiques et c'est un plaisir infini qu'ils ont procuré...

Sinon, je laisse derrière moi la Chine pour quelques mois – puisque je reviens au mois de janvier – et c'est avec un sentiment partagé que je la quitte. Triste car c'était un très bon moments. Gai car je sais, cette fois, que je reviendrais souvent la voir. Je la trouve jolie, amusante, intéressante, tout autant de qualificatifs qui ne sont peut-être pas très poétiques, mais qui sont écrits ici avec beaucoup de sincérité. Si les mots semblent perdre leur charme, c'est bien parce qu'on ne sait plus réellement ce qu'ils signifient. Je laisse ici le lecteur le soin de méditer sur la portée de ces qualificatifs qui ne nécessitent aucune autre enluminure, toute superflue à mon sens. Une chose est sûre, maintenant que certaines de mes obligations vont être remplies, je serai de reprendre une étude sérieuse du chinois. Les livres que j'ai ramené devraient me permettre d'obtenir des progrès intéressants si mon travail est régulier.

En tout cas, après un repas passé en compagnie de mes enseignants de chinois – où évidemment il était hors de question de parler une autre langue que le chinois – je peux affirmer que mon niveau est relativement correcte puisque je tiens une conversation courante sans dictionnaire. Il reste à acquérir le vocabulaire un peu plus élaboré de cette langue afin de pouvoir élever un peu plus le débat. J'ai appris quelques nouveaux mots de vocabulaire durant mon séjour et je vais bientôt m'attaquer au vocabulaire technique juridique et informatique, ainsi que philosophique (mais ça c'est vraiment pour me faire plaisir). Après deux mois de non-pratique, j'ai peu oublié de vocabulaire et ma fluidité est redevenu quasi-identique. On m'a dit que ma prononciation s'était « francisée ». Je veux bien le croire... En toute modestie, j'avoue que c'est le contraire qui m'eut étonné.

Un bilan de séjour en tout point positif, sauf en ce qui concerne la surcharge de mes bagages (30kg en soute et 20 kg en bagages à main... Hmm, hmm...). La surcharge pondérale affectant mes valises est évidemment due à une boulimie culturelle dont je fais l'objet. Il faut que je change d'appartement : je n'ai plus de place pour mettre les livres de mes futurs voyages, à considérer bien entendu qu'aujourd'hui les existants sont correctement rangés... D'ailleurs, avant de partir en Chine, un ami m'a demandé ce que je comptais ramener de Chine. Je lui avais répondu que j'en avais aucune idée puisque la seule chose que je ramenais de mes voyages étaient des livres. D'où ma future grande frustration dans un pays où je ne connais pas la langue, et où les livres sont donc inaccessibles... Et bien de mes deux voyages de Chine, j'aurais trouvé le moyen de ramener des livres, des livres, des livres... Un peu de matériel de calligraphie, ainsi que quelques dessins typiques, mais, sinon essentiellement des livres, des livres... Voilà, en vrac, quelques émotions qui me passent par la tête alors que Novosibirsk est en vue. C'est cette sicielienne que j'aime jouer avec les noirs. D'ailleurs, ça me fait penser à quelque chose : Eddie, ça ne te dirait pas un petit non-voyage en Sibérie ?

Romook, livrovore