Romook, ectoplasme bloguique

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mercredi 19 juillet 2006

回国的时候

我在里尔.我得高兴因为我看得到我的法国的朋友,但是我感到寂寞.我只想回去北京.可能现在我等工作所以我觉得住在我的家的时候,没有意思.

里尔的天气很热.对我的身体很难.在中国,有空调所以我看着热的天气对身体不太难.现在我不舒服.我只想睡觉,也想休息...所以我不可以写意思的纸...很对不起...

羊法龍

jeudi 13 juillet 2006

First days in France

Now, i'm in France from monday, about 3 days ago i went back... I saw some friends: I'm happy to see them. I'm not so tired with time difference between China and France. In this particular way, there is no problem. I remember it was more difficult in the opposite way.

I couldn't speak chinese for this period in France (from monday to thursday). My chinese friends are so busy for this moment to speak with me : i think a lot of my chinese friends in China... Why I couldn't take in my bag one of them? I know there is one not so heavy and it could be easy to keep her in my luggage. Unfortunately, it's impossible. Maybe later, but it would be an unreasonable way of life...

Some things are changed in France, others are the same. In this respect, the most modified things are my eyes... And i feel like a stranger in the street, my mind is in trouble. Everywhere, i read something i understand. Everywhere, i hear some sounds i decypher. There is no place without meaning. There is no thing i could not grasp. Now, it's a little bit strange : i don't like. I'm used to have everywhere something to decrypt and it was like a perpetual game. Now, the game is over. So sad...

This day, i have a professional meeting. After, i will know when i could go to China for an other time. I want it would be very quickly... Maybe september or october... October seems to be very interesting. With a flight stop for a week end in beijing ? To see my friends? It would be like a dream... As you want, you can build your dream... I will buy some things to construct mine

Romook, new english writter (so difficult it is!)

mardi 11 juillet 2006

China Honta : épisode 18

Dernier épisode en direct de la Chine de notre saga de blog réalité commencée il y a maintenant 18 semaines! Notre petit Romook a bien mérité ces vacances!! Comment a-t-il donc rempli sa semaine, voilà la question intéressante!! Après avoir terrassé la plupart des difficultés de la langue chinoise et avoir entrevu qu'il y en avait des pires encore qui l'attendaient au détour des multiples phrases de la vie quotidienne, avoir triomphé des examens, réussi à dompter ces redoutables traits - à la fois avec le crayon à bille et le pinceau - que lui restait-il à faire à part visiter Beijing qu'il n'avait pas eu le temps de découvrir?

Retour sur la semaine en bref :

Lundi : rendez-vous avec une entreprise
Mardi : Visite de Chang Cheng (la grande muraille)
Mercredi : Cours de calligraphie. Tentative d'impression d'un fichier informatique pour l'envoyer par fax.

Jeudi: Préparation de la valise : 18 kg de surcharge a priori... Cours de calligraphie. Impression du fichier informatique.



Vendredi : Cours de calligraphie. Envoi du fax et envoi par la poste de 21 kg de livres et vêtements. Réparation du vélo. Visite de l'équivalent de l'INPI et rencontre avec la directrice ( ;-) ). Second rendez-vous avec l'entreprise vue Lundi. Samedi : Envoi par la poste de 12 kg de peintures chinoises, de livres et de matériel calligraphique.

Dimanche : Préparation de la valise. Visite-photo du temple des lamas avec Kai Ye. Petite soirée amicale. Fin de l'histoire chinoise.

Alors, petit Romook, quelles impressions pour cette dernière semaine pékinoise?

"Le temps est passé trop vite. J'ai trouvé le temps d'aller visiter la Grande Muraille et le temple des Lamas de Beijing. 4 mois en Chine, bilan touristique : La Cité Interdite et son petit parc public juste à côté), les Hutongs, Le Palais d'Eté, la Grande Muraille, La place Tian An' Men, la Pagode de la grue jaune (Wu Han), le musée de Wu Han, encore quelques endroits dans lesquels j'ai été flâné accompagné de Kai Ye.

Dans la Chine actuelle : une boite de nuit (point trop n'en faut), bars pour occidentaux, librairieS (ce n'est pas une erreur de frappe), pistes cyclables de Beijing, restaurants chinois chics et également destinés uniquement aux chinois, toilettes chinoises (on pensera toujours à cette photo que l'on n'a pas faite, mon cher Kai Ye, dans les hu tong... et moi, à cette inoubliable rencontre au sous sol du CRC, lors des premiers temps de mon séjour).

Dans la Chine "professionnelle", mon enseignement aux étudiants chinois, les multiples contacts professionnels réalisés et les inestiables sources d'informations dont j'ai bénéficié. Dans la Chine relationnelle, mes amis chinois que je n'oublierai jamais et qui, par leur traditionnalisme, m'ont permis de découvrir en profondeur l'âme chinoise, mes enseignants de chinois qui ont tous été des sources de motivation quotidienne et ont su me donner le moral lorsque je pensais que je n'y arriverai pas, qui ont également su s'adapter à l'élève gourmand que je suis en sortant volontiers du programme pour m'expliquer les choses en relation avec la culture (sans cela, apprendre une langue étrangère n'a parfois aucun sens). Une spéciale dédicace pour mon prof de calligraphie qui, malgré l'obstacle de la langue, a su me transmettre l'amour de la calligraphie, le sens esthétique de cet art et surtout une pratique que je qualifierai chinoisement de "pas trop mauvaise", qui se traduirait en langage européen par "suffisamment belle pour être qualifié d'art, mais qui nécessite encore d'être murie pour passer au stade du véritablement original et unique". Toutefois, il m'a montré comment me perfectionner seul. Au stade où j'en suis, je peux continuer sans prof. Je ne suivrai probablement pas son conseil d'être prof de calligraphie en France, à la fois parce que je pense que je n'aurais pas le temps et aussi car enseigner la calligraphie à des gens qui ne parlent pas chinois, c'est comme vouloir faire écrire de la musique à des sourds. Je ne pense pas que ce soit dénué de plaisir pour les gens qui s'y adonneraient, mais je ne peux pas moralement enseigner quelques choses dont les exigences artistiques seraient simplement imcompréhensibles par manque de "culture"... Merci donc à ce "grand" professeur qui nous a gratifié d'un enseignement de Kai, Cao, Li et Zhuan shu...

Une spéciale dédicace pour mon compagnon de fortune - car d'infortune il n'y eut point - Kai Ye. Je m'étais promis de faire une galerie de portrait de mes amis. Et puis, pour bien des raisons, notamment relationnelles, j'y ai pour le moment renoncé. Toutefois, je vais trangresser cet interdit que je me suis posé et en faire une quand même. C'est un homme au physique tranquille, plein de bonhomie. Son air parfois sévère - et ces remarques qu'il sait rendre acerbes - n'est rien d'autre que son amour de l'autre et sa peur de n'être pas compris. Il frappe vite au coeur de son adversaire pour éviter d'être lui-même désarçonné. Il camoufle sous des airs parfois bourrus une profonde sensibilité. Kai Ye est un artiste. Toutefois, il n'a pas encore trouvé le chemin qui mène à lui-même : non pas que ce soit inaccessible, mais plutôt par ce qu'il n'a pas pris conscience qu'il est déjà sur ce chemin et croit encore qu'il faut aller le chercher ailleurs. Il touche du bout du doigt tout ce qu'il lui permettrait d'être ce "lui-même" qu'il voudrait être. Bref. C'est aussi un humaniste, comme on en faisait au XVIIIème siècle, qui traverse le XXIème siècle en se demandant pourquoi les gens trouvent étrange de s'intéresser à plusieurs choses différentes, pourquoi les gens regardent avec suspicion quelqu'un qui n'a pas de fil conducteur apparent dans sa vie, pourquoi les gens sont aveugles alors qu'ils pensent avoir un oeil d'aigle, prenant pour maxime " la première impression est la bonne." Deux autres de ses interrogations : pourquoi faut-il avoir un bon "job"? Pourquoi faut-il avoir des enfants? C'est donc mon ami. Pour conclure sur cet homme incompris dont l'intelligence et la sensibilité sont au-delà de l'entendement de ceux qui le "critiquent", je vous donnerais une image. Kai Ye est sur son vélo rose, une épée chinoise en bandoulière, en chantant "I'm a poor lonesome cow boy..." avançant droit vers le soleil couchant parce que les gens disent qu'il y a quelque chose d'intéressant à voir du côté où le soleil se lève...

En définitive, je suis parti le coeur gros de laisser derrière moi cette petite vie chinoise que je n'aurais probablement plus. J'aurai d'autres aventures, avec ou sans la Chine, intellectuelles et humaines. Je le sais. Je pars en sachant que je reviens, la seule question en suspens est : quand? De ce fait, je ne regrette pas de ne pas avoir visité plus la Chine. Je suis venu apprendre le chinois et découvrir une culture. J'ai fait les deux. Je pense que l'on ne découvre pas une culture en visitant les monuments touristiques d'un pays. C'est une opinion personnelle qui - je sais - ne rencontre pas un franc écho. Toutefois, la culture chinoise se trouve dans cet art de vivre faisant cotoyer le confucianisme, le taoisme et la calligraphie dans toutes les fibres des chinois, sans même qu'ils en aient conscience parfois... En me plongeant dans la relation avec l'autre en Chine, j'ai découvert certaines de ces arcanes. Je sais qu'il y en a plein d'autres qui me sont restés inaccessibles. Je les approfondirai dans le futur.

J'appréhendais mon premier contact avec la France. Et bien, j'ai été content de voir mes champs qui se déroulaient sous mes yeux dans le TGV. J'étais dans mon pays et j'étais content de revenir. En fait, dans mon coeur, il y a de la place pour deux endroits, l'Europe et la Chine. Je me définirai maintenant comme un européano chinois, ou comme un sino-européen, sachant que cela n'a de sens que pour moi et pour Kai Ye... Bref, je suis pressé de revoir les gens que j'aime en France. Je suis content d'être revenu et triste d'être parti. Espérons que cette agréable expérience du retour va se poursuivre..."

Merci Romook pour ces délicats détails plein de sincérité... Nous rendons définitivement l'antenne. China Honta est maintenant terminé et nous savons maintenant que Romook a triomphé du challenge qui lui avait été lancé. Il a appris 1000 caractères en 4 mois de travail intensif. Une bonne introduction à la langue chinoise a été faite. Une belle introduction à la culture chinoise également. Elève romook, vous devez persévérer dans vos efforts maintenant!

vendredi 7 juillet 2006

Quitter la Chine...

Je viens d'expédier par bateau à peu près 27 kg de livres, vêtements, etc...Ca sent le départ. Mon intuition me dit que je ne reviendrais pas aussi vite que je le pense. Ca me rend profondément triste.

Hier mon prof de calligraphie a vu mon Tian Xia et a été impressionné. Il a voulu voir mon "cabinet de travail". Il a donc inspecté les murs de ma chambre et a été impressionné par un "Wo ai ni" (je t'aime) que j'ai réalisé. Il m'a regardé et m'a complimenté. Un vrai compliment. Suite à ça, il s'est saisi d'un pinceau et a calligraphié pendant près de 45 minutes dans ma chambre. Ce moment magique n'a été troublé que par les différences culturelles qui nous séparent. Je les tairai car je pense que Kai Ye aura envie de raconter ce moment avec délectation. Pour ma part, j'en resterai à l'aspect merveilleux de ce vieil homme penchait sur sa feuille, calligraphiant les Zi, avec attention, simplement pour me montrer comment améliorer mon style. Il est des moments où l'on sent que les mots ne suffiront pas à expliquer. Sa tenue du pinceau était remarquable. J'espère que je n'oublierai pas sa leçon.

Devant moi, encore deux jours à vivre en Chine. J'ai la tête remplie de mes projets professionnels. J'ai envie de me reposer un peu, mais je suis trop tendu pour le faire. Simplement envie de faire le vide un instant, mais je sais que je dois faire des choses tant que je suis ici, choses que je ne pourrai plus faire après. Cet après midi, visite de l'institut national de la propriété intellectuelle chinois. Je suis ravi :-)

Demain, photo avec Kai Ye je pense et visite de... On ne sait pas encore. Dimanche, visite et photo c'est sûr. Préparation définitive de la valise aussi. Lundi matin, 9h, je serai dans le taxi pour l'aéroport. Encore trois nuits en Chine. Pas le coeur à la fête.

Romook :-((

jeudi 6 juillet 2006

China Honta: épisode 17

Et voici arrivé votre émissiiiiion préféréééééée!En direct de la Chine, avec ses cocktails de chaleur, ses frémissements de pollution, ses bibliothèques où les livres sont indéchiffrables, les hamburgers du dernier repas, les femmes fines en mini short et les taxis plein les routes!!! La Chine, la vraie, celle qu'on trouve pas dans les livres, où la calligraphie côtoie les fils électriques, où les temples lancent vers le ciel des dragons qui cherchent leur chemin dans les buildings!!!La chiiiiiiiiiiiiiiiiiine!!!

Lancé dans cet univers hostile, un vaillant jeune homme a tenté l'expérience de s'immerger dedans dans le double objectif de comprendre cet univers et de parler la langue chinoise. Cette semaine 17 est la semaine où l'heure de vérité va sonner. Et oui, au programme: examens, "au revoir" avec les enseignants, début des paquets et donc des formalités de toute sorte pour le départ...

Allez Yang Fa Long, alias Romook, étonne nous et raconte nousoù tu en est arrivé :

"Yahou! Semaine décoiffante et très riche... Les examens se sont déroulés tranquillement. Lundi : examen de caractère. Quelques grosses bourdes, mais dans l'ensemble, c'était assez correct. Le vendredi, il y avait eu un galop d'essai avec le cours d'oral qui s'était a priori plutôt bien passé. Mardi : révision, mais un rendez vous surprenant est arrivé. Suite à ce rendez-vous des perspectives de travail dans de bonnes conditions me sont offertes. L'avenir nous dira le reste : rendez-vous est pris pour lundi. Mercredi : Exercice d'écoute. Tout le long de l'examen, je me suis demandé comment on écrivait hopital... c'est pourtant facile, c'est 医院!Mais bon, c'est la vie... Jeudi : lecture analytique. La bête noire. C'est là où il y a les points de grammaire, le vocabulaire difficile (genre : aspirateur, comment voulez-vous que je retienne ça? Je suis un homme) et nombreux (à peine 35 mots de deux caractères en moyenne par leçon, c'est à dire tous les deux jours). Le résultat ne se fera pas attendre : la catastrophe totale... Passons directement au vendredi, examen de lecture. Ben c'est comme lecture analytique sans la grammaire mais avec des mots de vocabulaire de la vie de tous les jours genre "bataille de boule de neige" et autre "presqu'île"... Globalement, vu mon niveau en arrivant, ça s'est bien passé. De toute façon, ces examens sont sans enjeux pour moi, puisque je compte utiliser mon chinois pour travailller, pas pour obtenir un diplôme ou quelque chose comme ça... Je sais que quand je demande d'aller à un endroit à un chauffeur de taxi, j'arrive à bon port.Je sais que quand je veux manger du poulet aux cacahouètes dans un restaurant, c'est ce qu'on m'apporte.Quand je veux expliquer les problèmes de la traduction des documents juridiques, on comprend mes idées. Evidemment, tout ça uniquement en chinois, fallait-il le préciser... Je peux aussi me passer d'un dictionnaire pour parler en chinois. A priori, tout va bien. Reste plus qu'à attendre les résultats des examens."

Merci Romook pour ce petit tour d'horizon fort sympathique et rendez vous très prochainement pour China Honta épisode 18, dernier épisode!!

Pas de deux

La semaine dernière, c'était le dernier cours de calligraphie. Pour cette occasion particulière, j'ai réalisé deux calligraphies pour le professeur de calligraphie. Je lui offre la première. Une phrase de quatre mots que j'ai composé spécialement pour ma prof de lecture (看花看你). J'ai d'abord cherché mon "style". Une heure à compulser des livres pour traduire ce que je voulais faire avec mon pinceau. Ensuite, j'ai travaillé deux heures ma calligraphie avant de la réaliser, sur un cahier de brouillon. Enfin, pinceau à la main, je me suis lancé. Après quelques essais - à mon goût - inesthétiques, j'obtiens enfin une composition correcte. Ensuite, je m'attache à faire des "fu zi" (福). Quelques quatre heures plus tard, tout était terminé et j'avais une belle collection de calligraphie à offrir. Me voilà satisfait.

Je me dirige heureux vers mon prof de calligraphie et lui offre ma première grande composition.

"你写什么? 这个市什么意思?" qu'on pourrait traduire par : "ça veut dire quoi ton truc?" Et là, me voilà en train d'expliquer à un homme bâti comme un rugbyman que j'ai écrit un petit poème qui signifie : "quand je vois des fleurs, c'est toi que je vois." Bref. C'est le côté artistique de la calligraphie qu'il faut prendre en compte.

"Mais ce n'est pas en style Herbe!?" lance -t-il furieusement avant de se diriger vers le tableau muni de son pinceau et de m'annoncer : "羊法龍! 我写字 : 你看吧!" ce que je traduirais délicatement par : "Yang Fa long, je vais te donner quelques conseils d'écriture en style Herbe, puisqu'a priori, tu ne connais pas la manière d'écrire ces caractères dans ce style." Je sais que Kai Ye traduirait ça grossièrement par : "He! Yang Fa Long! Regarde, j'écris et t'apprend!".

S'en suit une continuité de traits absolument incompréhensibles, tant pour moi que pour le sieur Kai Ye qui ne peut s'empêcher de pouffer de rire. Hmmm. Le prof revient à la charge sur son "cadeau" et fait une nouvelle découverte : la signature n'est pas à la bonne place, je n'ai pas écrit à qui je dédicaçais la phrase, je n'ai pas écrit le lieu où j'ai réalisé mon "oeuvre"...

"Mais bon, en style Li, ça peut passer." a été son dernier commentaire, laissant choir au sol la calligraphie - que je me précipitais de ramasser comme étant un futur trésor de la calligraphie moderne - pendant qu'il me montre qu'en style Li, tout mes caractères étaient corrects. Et oui, j'avais utilisé un dictionnaire de Zi style Li, ce qui explique notre incompréhension culturelle calligraphique. Il faut évidemment préciser que le style Li n'avait pas été étudié avec lui.

"我想看别的字.". Ayant essuyé les déconvenues du premier cadeau, j'en étais à avoir honte du second cadeau que j'allais ramener discrètement chez moi sans faire de vague. L'oeil sévère, il me regarde et attend de pied ferme que je lui apporte son deuxième "cadeau". Pas moyen de faire autrement. Sa phrase : "Et l'autre, je peux le voir ?" résonne dans ma tête, et, sous les gloussements à peine camouflés de Kai Ye, me voici tel une bête que l'on conduit à l'abattoir en train de ramener mon second Zi.

"这个,你写得不错" Le sourire revient. "C'est très joli", traduction Yang Fa Long. Une traduction libre et dissidente de Kai Ye aurait été publié pour cette phrase et donnerait à peu près ceci : "Ouais, bon, celui-là, ça passe." Les incidents calligraphiques en terme de cadeau étaient clos.

Nous sommes donc passés au cours proprement dit. Sans transition. Début d'un nouveau style. Nous voici pendant une heure à tenter de faire des heng en style Li. Un heng, c'est un unique trait horizontal. Un trait de base. Une heure à faire ça après avoir fait le style "Herbe", ç m'a paru être l'équivalent de revenir à l'addition après avoir étudié la Série de Fourrier, ou pour les non mathématiciens, à apprendre une nouvelle chute en judo alors que l'on est déjà 3ème Dan. Bref, encore un retour à l'humilité.

Le cours s'est déroulé normalement. C'était le dernier. En bons étudiants que nous sommes, nous avons réclamé 4 heures de cours la semaine suivante. Pour la dernière semaine.Et l'enseignant a accepté car, comme il nous l'a déjà expliqué plusieurs fois, les français sont doués en calligraphie. C'est normal, c'est génétique, notre président de la république est un connaisseur de la calligraphie chinoise. Tout s'explique sur terre, rien ne vient par hasard.

Avant de nous quitter, il a emmené mes "oeuvres" en maugréant un "merci".

J'adore la calligraphie.

羊法龍

mercredi 5 juillet 2006

La grande muraille

Hier, visite de la grande muraille. Point négatif : le temps n'a pas permis de faire les magnifiques photos que j'aurais pu faire :-(

Sinon, j'ai le temps de rien. C'est le départ : Lundi.

Romook, le temps de rien!!

Le monde : ma mesure de la démesure

Voilà, je l'ai fait. Certains esprits audacieux m'avaient lancé l'idée d'écrire des Zi immenses avec des canadairs... Muni d'un pinceau de la taille d'un balai, j'ai écrit deux Zi absolument inutiles. Deux mètres cinquante de caractères chinois : 天下, que l'on traduirait maladroitement par "le monde" (sous le ciel). Pour les non-initiés, c'est en style Cao Shu (style herbe), c'est pour ça que ça ne ressemble pas à ce que je viens d'écrire...

A cinq jours de mon départ, je viens d'écrire des zi que je ne peux même pas accrocher aux murs de ma chambre : les murs ne sont pas assez hauts. Et si je les ramène en France, qui voudra d'un tel chef d'oeuvre? 2,5 mètres de haut pour l'oeuvre, sans cadre, c'est digne d'un musée, pas d'une maison. Pour les apprécier, il faut être à au moins 3 mètres de là.

S'il y a des amateurs, signalez-vous.

Il ne me reste plus que 9 feuilles de 2,5 mètres à écrire.

Un autre Lei surdimensionné en vue ?

羊法龍, la folie n'a de limite que celle de nos rêves