Romook, ectoplasme bloguique

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dimanche 7 mai 2006

China Honta : épisode 9

Romook a eu une semaine de vacance !! En a-t-il profité ? Il est parti en voyage sous les tropiques chinoises : Wu Han. Le climat le plus difficile de Chine d’après les chinois. Pourquoi ? Il fait très chaud, humide et le temps peut changer très vite au cours d’une journée… Mais demandons lui plutôt ses impressions :

« Alors, Romook, ces vacances, c’était bien ?

- Oui, Super ! Même si ce n’était pas des vacances !! En effet, j’ai enseigné le droit français du lundi au samedi à raison de 5h théorique par jour. Toutefois, mon désir de leur faire un cours sérieux allié à leur soif de compréhension et de connaissance nous ont conduit à avoir cours 5h30 à 6h tous les jours, sauf le dernier. Là, ça a été 7h. Evidemment, je suis épuisé. En plus, je n’ai pas pu pratiqué mon chinois car, ayant rencontré un enseignant de l’université qui était français, je suis resté dans un cadre uniquement francophone. La seule communication que j’ai eu en chinois était avec une serveuse : ce fut l’épreuve du jour. Non pas que mon chinois était rouillé, mais il a fallu que je comprenne son accent du Putonghua (comprendre la langue commune). En effet, les zhi, c’était des sons à mi chemin entre le chi et zi, et le shi entre le si et zi, ce qui donnait une tonalité différente au discours, sans compter quelques mots où les tons sont modifiés. Quant on est perdu au milieu d’une phrase comprenant des mots que l’on ne connaît pas, et bien ça devient un véritable exercice que de comprendre une phrase simple. Comme en plus, ils n’ont pas l’impression de parler vite, mais que tout le monde parle toujours trop vite lorsque l’on ne maîtrise pas une langue : c’était le crash test pendant 10 minutes. Elle me comprenait parfaitement, ce qui était plutôt rassurant… La réciproque était identique à l’accoutumée, c’est à dire fausse

Dernier soir, les étudiants m’ont invité à passer la soirée et m’ont fait découvrir Wu Han que je ne connaissais pas, n’ayant pas eu le temps de visiter. Repas chinois avec uniquement des étudiants chinois, dans un restaurant chinois. Spécialité : Topi (ma mémoire est-elle bonne ?) : galette de riz mélangé à de l’œuf. Jarret de mouton grillé. « kebab » de mouton (ça se rapproche de ça visuellement, mais ça n’a rien à voir au niveau du goût), salade de racine de lotus (pas trop de goût) et une salade de « … » : le mot n’existant pas en français et le légume ne ressemblant à rien de connu, je n’ai pas retenu le nom. Pas d’incident gastrique majeur à signaler malgré le fait que certains plats avaient été achetés dans la rue. Puis promenade le long du fleuve Yangsé (le troisième plus grand fleuve du monde), mais qui en fait s’appelle Chang Jiang. Ce sont les occidentaux qui l’ont baptisé ainsi, a priori, car il s’agit du nom de l’un de affluents. Probablement parce que Chang Jiang (prononcé tchang tiang) n’est pas évident à prononcer dans notre langue. Hypothèse que je soumets à la sagacité scientifique de mes lecteurs, dont la lecture de Karl Popper ne fait pas défaut, et qui accepteront mon explication en absence de réfutation scientifique…

Cette semaine a été très enrichissante au niveau de la connaissance de la Chine. Les étudiants en droit m’ont fait part de quelques remarques sur leur propre système juridique. Une était intéressante en droit pénal, mais reste à vérifier car l’étudiant était confus en m’en parlant et une ambiguïté subsiste. En cas de conflit de preuve entre la police et l’avocat, a priori, l’avocat pourrait être accusé de falsifier les preuves… Hmmmm… Possible. L’autre alternative de sa phrase était que c’était les preuves apportées par la police qui prévalaient. Si quelqu’un a des infos, qu’il se signale dans la salle ou se taise à jamais… J’irai vérifier. Hormis ce point de détail insignifiant, ils étaient de féroces défenseurs des droits de l’homme et m’ont surpris avec leur capacité d’assimilation du droit français. Ils ont même posé des questions intéressantes sur la distinction entre cession de créance et délégation…

La Chine de demain va poser des problèmes bien plus important que ceux que l’on connaît aujourd’hui. Il me semble qu’en occident, nous ne sommes pas armé pour faire face à une telle capacité de travail. Le cours que j’ai donné d’introduction au droit commercial, environ 35h en une semaine, était entièrement assimilé pour le lendemain en terme de vocabulaire et de concept. Si j’avais fait travailler des étudiants français de cette manière là, il y aurait eu des grèves des camionneurs par solidarité en France. Lorsque je donnais mes TD en licence de droit commercial, je faisais travailler suffisamment les étudiants pour qu’ils râlent Les étudiants chinois avaient une soirée de préparation pour le lendemain, plus l’assimilation des choses faites en cours le jour même (sans compter que tout était en français). La semaine de cours, pendant leurs vacances scolaires. Pas de problème, ils sont même restés 7h en classe avec moi au lieu de 5h vendredi car ils voulaient en savoir plus. J’étais triste de partir. Une expérience extraordinaire pour un enseignant :-)

Et maintenant, c’est de nouveau moi l’étudiant. Demain, apprentissage du chinois. Et je n’ai pas encore préparé le texte. »

Et bien, merci Romook de ces explications, finalement, ça s’est bien passé… On peut dire que l’auditoire va finir par être déçu et ne va plus venir. Et les filles sont comment ? Est-ce qu’il y a des bars avec des Margarita ? Y avait plein de sujet croustillant à aborder et le Romook ne profite même pas de ses vacances pour essayer les spécialités locales. Déception, nous sommes déception….

Allez à la semaine prochaine !

Beijing : aterrissage réussi

Pour les âmes sensibles, pas d'inquiétude : le Romook est arrivé sain et sauf à Beijing. Pourtant, les obstacles étaient nombreux.

Point noir numéro 1 : Les vacances scolaires.

Cela semble être un point sans conséquence, Néanmoins! J'insiste sur le fait qu'à Wu Han, je n'ai pas trouvé de distributeur de billet acceptant une carte internationale. Les agences Bank of China étaient ouvertes, mais les employés habilités à servir des fonds aux étrangers étaient partis en VACANCES.

Point noir numéro 2 : Vais-je avoir mon avion?

Conséquence directe du point noir numéro 1, j'avais depuis deux jours 5 yuans dans ma poche. Heureusement que je suis tombé sur des personnes extrêmement gentilles qui, comprenant ma détresse sociale et financière, m'ont pris en charge. Heureusement, l'Université de Wu Han avait affrété une voiture à mon usage, me voici donc rendu à l'aéroport sans encombre.

Point noir numéro 3 : Quel temps fait-il à Beijing ?

Wu Han : environ 25° C, très humide. Et comment je m'habille pour aller à Beijing? J'envoie un sms à une amie à Beijing : réponse arrivée lorsque j'étais dans l'avion. Trop tard donc.

Et oui, car figurez-vous que la météo en Chine passe à la TV, mais la femme qui explique tout est très impolie. Elle me regarde, elle parle, alors je lui explique de parler moins vite et là... L'insolente poursuit son discours sans se préoccuper de moi. Les chinois m'ont habitué à plus de prévenance. Celle-là, je la mets donc sur la liste noire des gens à ne pas fréquenter en Chine, ou seulement dans certains domaines car elle est très jolie. Bref.

Point noir numéro 4 : Le téléphone portable.

Les chinois ne sont pas très disciplinés et, malgré les recommandations de l'hôtesse, continue à utiliser leur téléphone pendant le décollage, essaient par tous moyens de capter le réseau llorsque l'on est en pleine altitude et essaient égalementd'appeler les gens à l'atterrissage. J'ai bien cru que j'allais devenir un fait divers, ce qui en soi, est, pour moi, très humiliant. J'ai l'outrecuidance de croire que je ne suis pas quelqu'un d'ordinaire... Dès lors, me ranger dans les colonnes d'un fait divers quelconque : catastrophe aérienne en chine, gna gna, gna gna... J'espère bien finir dans une rubrique nécrologique avec mon nom écrit en caractère gras. J'ai de l'ambition, moi.

Point noir numéro 5 : le chauffeur de taxi

Il m'emmène de l'aéroport, après avoir fort heureusement rassasié mon portefeuille de quelques millers de yuan, sans savoir où il doit aller. Je m'en aperçois sur l'autoroute quand il commence à passer des coups de fil frénétiquement, en évitant de ci de là quelques bus, camions et autres véhicules terrestres à moteur, afin de trouver la route. Visiblement, mon université à Beijing est très connu des gens qui la connaissent, sinon... Enfin, quelqu'un a fini par le renseigner et je suis arrivé à bon port. Bizarrement, la course m'a coûté 20 yuans de moins qu'à l'aller. Mais comme le chauffeur a "oublié" de me rendre 10 yuans, ça ne fait plus que 10 yuans d'écart...

Romook, Beijing : comme un retour aux sources (de la pollution)