Romook, ectoplasme bloguique

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samedi 29 avril 2006

China Honta : épisode 8

Chers blogspectateurs,

Bienvenue dans notre émission hebdomadaire de China Honta. Pas besoin de faire de rappel des épisodes précédents, c'est très simple : Romook, enfermé en Chine pour apprendre le chinois, travaille dur, mange des baozi, n'a pas d'équipement spécial, simplement quelques dictionnaires de langue... La semaine qui vient de s'écouler était très intéressante puisqu'il s'agissait tout à la fois de la semaine des examens ET de la semaine préparatoire à l'enseignement des étudiants chinois dans l'Université de WuHan. Réflexion rétrospective de notre petit Romook :

"Ouf! Les examens sont terminés! Pas facile, mais on peut faire un bilan intéressant. D'une part, mon niveau de caractères a progressé de manière faramineuse ces 3 dernières semaines, ce qui est évidement encourageant. D'autre part, mon vocabulaire s'étoffe également petit à petit. En contrepartie de cette progression, mon niveau d'oral s'améliore en fluidité, mais se déprécie en terme de prononciation et de tons. Ce dernier petit problème n'est en soi, pour une langue comme le chinois, que simplement catastrophique. Mis à part ces légers détails, rien à noter d'amusant pendant les examens. 2 se sont très bien passés, 2 autres sont relativement bons, 1 est franchement mauvais (j'espère simplement avoir plus que 24, pour me dire que j'ai quand même progressé).

Deuxième point, ma réparation des cours de Wu Han n'a pas facilité mes révisons. En soi, ce n'est pas très grave je pense. Rétrospectivement, je me dis que réviser plus aurait eu un impact faible sur le résultat. Gros soulagement en voyant arriver les billets d'avion :-))

Dans la rubrique "inconguité", hier, j'ai mangé des abeilles fries. Délicieux. Evidemment, la première bouchée est surprenante et le petit insecte qui me regardait avec ses yeux fries ne me faisait pas trop envie à la base. A la recherche de la nouvelle sensation, weishenme bu (why not)? Un petit goût de cacahouète, voilà ce que j'ai ressenti en premier. En fait, lla consistance est le goût était quasi identique à ses petits biscuits apéritifs qu'on appelle "cahouète" je crois... Déception, les yeux n'ont pas en soi un goût particulier. Sinon, j'ai mangé des escargots aussi. Préparation épicé, ça change de la préparation française. Mais c'était très bon.

Dimanche départ pour Wu Han. Je fais mes petits paquets. J'y en emmène quelques lois chinoises rédigées en anglais. Mon bouquin pour travailler mes caractères et mon écriture. deux dico : chinois - français - anglais. Mon ordinateur et mon appareil photo. Normalement c'est 6h/ jour pendant 6 jours. Cependant, j'ai reçu un email hier qui m'annonçait 9h de cours pour lundi. Là, je dis non. Mon expérience me fait dire que je ne pourrais pas supporter ça... Enfin, ma voix bien sûr.

Je ne sais pas encore si j'aurais une connexion internet sur place, mais j'espère bien. Sinon, ça risque d'être très difficile d'être pour moi, car je pense que j'aurais besoin de cette connexion pour aller glâner des compléments pour mes cours. J'ai lu l'organisation constitutionnelle de la Chine et de son système judiciaire et j'en suis arrivé à la conclusion que le système français était beaucoup plus simple. J'ai juste 36h pour inculquer 3 ans d'études de droit français à des chinois. Mission impossible. Tout va bien.

Evidemment, comme d'habitude, mon vendredi soir a été d'une pauvreté irrémédiable, que j'ai passé à améliorer mon blog. Trop fatigué pour sortir.Voilà tout ce que je peux raconter de marrant d'une semaine d'examen, de préparation de cours, etc... On peut dire que, mis à part que mes neurones se sont centrés sur ma condition humaine et la réflexion de mon être - que d'aucun traduirait simplement par une intense vie intérieure - mon existence a été relativement pauvre, ce qui explique probablement la pauvreté de mes commentaires."

Merci Romook ppour ce billet effectivement ennuyeux. On espère bien que la semaine à Wu Han se passera mal, histoire qu'il y ait des trucs à raconter!

Analectes d'Elisabeth

Mais où est donc passé ce blog? Trouvez la moi!

Romook, en pleine détresse bloguesque

To blog or not to blog

Blogging is an hobby like art (novel, theater) or like write a secret diary show. Both, you need to decide which fact, which information, you want to look... Finding a characteristic and expanding these - like to see in a magnifying glass - are the most activities of a blogger.

Don't need to be funny. Just write something like your mind works.
Don't need to be genuine. Truth is not the most important thing.
Don't need to be apolitical. Someone disagree wih you could eave or write you're wrong.
Don't need to accept all comments. Sometimes, good and add interesting thing. Sometimes bad and go straight to the bin. Be cruel with comments, these are just words.

In every way, be you, or the part of you you want to show. Like in the life.

Just be a magnifying glass apply on the life, actual or not, dreamed or not, interior or not...

Romook, blog is an art

Beyong mountain

The biggest moutain to cross over is that someone built himself in the solitude of his feelings.

Romook, Where is my biggest moutain?

J'ai mangé des abeilles

Nous sommes au restaurant avec deux de nos enseignants de chinois. Deux chinois, quatre coréens et 8 français. Au programme : cuisine du Yunnan. Une des enseignantes nous demande si on aime manger un truc qui se déplace sur des pattes... Je comprends que c'est du crabe. Je me lance et donne ma réponse à ce rébut linguistique. L'enthousiasme des français à table est sans limite et c'est sous un regard dubitatif des deux enseignants que la commande est passée.



Les plats arrivent les uns après les autres, entrecoupés d'une légère dégustation de bai jiu (alcool blanc chinois, 60°). Un cri retentit. "Des abeilles!" Apiculteur averti que je suis, n'ayant reconnu aucun son suspect, ne comprend évidemment pas. Le crabe était en fait des abeilles. Difficile le chinois comme langue. Pour excuse je dirai que je ne sais dire ni crabe, ni abeille.

La politesse a pris le pas sur le dégoût et chacun s'est essayé à cette exercice difficile que de se saisir d'une abeille avec les baguettes et la porter sous ses yeux. Ambiance western, les regards s'échangent. Qui est celui qui osera le premier en manger? Et Kai Ye de lancer : "Y a encore les yeux, c'est sûrement le meilleur morceau." Le plat vient d'arriver devant moi.



La première réaction est évidemment de me dire que depuis des milliers d'années des gens en mangent, donc c'est techniquement possible. Je choisis donc une petite abeille sans yeux, pour ne pas y lire la détresse des derniers instants dans l'huile bouillante. Les questioons se bousculent dans ma tête : est-ce que ça va craquer sous les dents? est-ce que c'est rugueux? Tiens elles sont épilées: elles n'ont plus de poils... Je me saisis de la petite bête, délicatement et c'est avec une infini lenteur et précaution que je la porte à ma bouche. Pas de dégoût, mais un immense point d'interrogation surplombe ma tête.

Le premier contact avec la langue est étonnant. Ca a une consistance que je ne connais pas. Et Kai ye de lancer : "En fait c'est comme un chewing gum à la cacahuète". Et je constate que mes précautions de pucelle sont ridicules face au rustre qui s'enfile des grandes baguettes d'abeilles. Il faut que je précise que nous sommes séparés par deux femmes et un homme. En terme de distance, pour le trajet du plat, si on prend en compte les hésitations de chacun à se saisir de l'hyménoptère présent devant lui, on peut aisément comprendre que l'aventurier soit largement en avance sur les autres. Comme dans tous les groupes, une fois que le meneur a guidé les gens sur la voie de la connaissance en rattachant ces insectes à la catégorie déjà connue des chewing gum à la cacahouète, l'ensemble des moutons présents à table se sont précipités sur ce délicieux petit plat. Et c'est ainsi que j'ai goûté mon premier chewing gum à la cacahouète. L'esprit contradictoire qui me caractérise a ainsi pu contredire cet être barbare qu'est Kai ye. Je lui ai donc indiqué que cela ressemblait plus à ses biscuits apéro que l'on nomme "cahouète".

Et comme toujours, dans ses moments là, nous avons compris que nous étions donc à l'apéro et c'est alors à coup de bai jiu que nous avons terminé ce plat d'insecte biscuit apéro. Y avait un parfum de france qui flottait dans cette pièce finalement. Y a pas, y a rien de tel que les produits de chez soi pour souder les gens entre eux. Le seul problème avec les biscuits apéro, c'est que s'il y en a trop, on attrape mal au crâne. Je sais pas ce que les fabricants mettent dedans. Bizarre, avec les abeilles c'est pareil. Pourtant, les abeilles, c'est que du produit naturel. Et c'est un apiculteur qui vous le dit.

Romook, J'ai mangé des abeilles