Romook, ectoplasme bloguique

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dimanche 26 juin 2005

Le coucher au lever

Il est toujours étonnant de se coucher au moment où d'autres se lèvent... N'y a-t-il pas là un paradoxe ? En fait, concrètement, au moment où l'on se couche, il existe forcément un endroit dans le monde où quelqu'un se lève... Dès lors, se dire que l'on se couche au moment où d'autres se lèvent a d'autant moins de sens... Ou révèle simplement le fait que l'on a une conscience rétrécie de son propre univers. Finalement, notre univers est toujours lié à l'autre... C'est d'ailleurs à la fois notre prison et notre fenêtre sur le monde. Vive soi! Vive l'autre! Vive le monde!

Romook

Solitude du coureur de fond

La course de fond, lorsqu'elle commence à toucher des distances un peu "longues" ou des durées "hors normes" poussent à la réflexion tout le monde : le coureur et son entourage...

Tout d'abord, le coureur se retrouve face à lui-même. On finit par avoir mal, c'est inévitable. Pourtant c'est une course lente, qui n'a rien d'impressionnant pour les gens qui vous voit passer. Bref, on obtient aucune reconnaissance sociale. Voire même, un léger sourire de la part des gens qui ont l'habitude de courir vite et qui voit la souffrance sur le visage qui s'imprime immanquablement.

L'effort de la durée n'a rien à voir avec le challenge du chronomètre. C'est une victoire intérieure. Evidemment, j'ai rencontré des personnes qui m'ont annoncé avec un air triomphal qu'ellles couraient le 10 km en 38'. Je suis impressionné. Je suis à 42'. 4' d'écart, c'est beaucoup à ce niveau. Mais, moi, je sais courir 57 kms en 5h30. Et là, immmanquablement, c'est leur visage qui est surpris. Elles en sont incapables. On ne peut pas être bon partout, c'est évident ;-)

Par ailleurs, la course de fond, c'est aussi une épreuve intérieure psychologique. C'est quelque chose de presque mystique : on imagine pas le nombre de chose que l'on peut analyser, revivre, tuer, faire renaître pendant ces courses où le temps semble s'arrêter... On ne ressort pas le même d'une course de plus de 3h. Avant 3h, ça paraît trop court pour avoir le temps de commencer à digérer les choses...

Pour m'entourage, que ce soit la famille oules amis, l'incompréhension est totale. Comment peut-on aller courir 4h ? Il n'y a aucun intérêt. Si c'est pour la santé, 1h c 'est suffisant. Si c'est pour devenir sportif de haut niveau : 4h, c'est inutile, il n'y a pas d'épreuves qui correspondent à ce type d'effort. Enfin, ça existe, il y a les 100 kms et les courses horaires, mais ça ne permet pas d'en faire un métier... En plus, quand on calcule l'eau qu'il faut consommer : 4 h de courses, c'est envrion 5 litres d'eau dans la journée. Plus la nourriture qui doit être équilibrée, plus l'entraînement des muscles du reste du corps... Quand on court 4h ou plus, on a les bras qui travaillent, les muscles du dos, les abdos... Autant de choses qu'il faut travailler et entraîner tous les jours... Tout ça pour une course solitaire, dont on est le seul conscient de l'effort. Alors, pourquoi continuer ? Bah là, je pose la question sincèrement : pourquoi ?

Tout d'abord, c'est une drogue. Ensuite, on se sent invincible. Et puis, il y a des conséquences dans le domaine intime qui ne sont pas avouables ici. Néanmoins, elles sont suffisamment positives pour que les femmes acceptent de voir partir cet homme courir 10h par semaine. Autant de temps perdu à deux, mais autant de gagné dans d'autres domaines ;-)

Romook

PS : la photo lors de ma course de 4h à la Sentinelle : 44, 748 mètres.