Romook, ectoplasme bloguique

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lundi 4 septembre 2017

La vie, le mouvement...

Comme je l'écrivais dans mon dernier billet, ma vie bascule en ce moment. Incertitudes professionnelles, pour quelques mois, qui pourraient avoir un énorme impact sur ma vie personnelle. Passer d'une situation indépendante à celle de salarié reste un challenge conceptuel important. Le problème n'est pas tant que je souhaite faire cavalier seul : la contrainte réside plutôt dans le fait de m'engager dans une "équipe" - car c'est ainsi que je qualifie une entreprise - en toute confiance. Ces dernières années, j'ai été particulièrement déçu par les entités pour lesquelles je m'étais investi. La reconnaissance que j'aurais pu attendre n'était non seulement pas présente, mais bien au contraire, j'ai reçu des marques détestables d'irrespect pour un travail de longue haleine effectué avec la volonté de construire l'avenir. J'ai effectué des choix personnels de carrière pour promouvoir des projets que j'étais seul à pouvoir mener pour constater qu'un jour il était jeté aux orties, sans un regard de compassion... Et moi avec... Et l'histoire se répète encore pour la seconde fois cette année. Il y a une fatigue persistante et insidieuse qui s'est installée en moi, de ce fait. Vais-je savoir rebondir et sentir qu'on m'accorde une véritable confiance qui me donnera envie de me surpasser ? Vais-je avoir à nouveau envie de donner le meilleur de moi-même, juste par désir de faire avancer le navire ?

Sincèrement, je l'espère.

Romook, en pleine tempête

lundi 14 août 2017

Changement de vie

Depuis quelques années, j'exerce une profession contraignante en terme de réglementation... Un métier passionnant mais chronophage, ne laissant aucune part à de réels moments de détente et qui, dans ma vie "privée", m'impose un certain nombre d'obligations. Si ce blog est tombé en déshérence, c'est aussi en raison de cet exercice professionnel. Aujourd'hui, je suis en passe de peut-être changer de vie, changer de métier et retrouver un équilibre meilleur entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Si un tel miracle devait se produire, Romook reviendrait sur le devant de la scène et recommencerait à commenter l'actualité avec son cynisme humoristique tout particulier.

Il était important que ce fut écrit.

Romook, mutation en cours

dimanche 16 avril 2017

Abstention, vote "blanc" ou vote "nul" : quelles différences pour quelles significations ?

Les médias, forts de leurs sondages, nous apprennent que 40 % environ des électeurs restent indécis, c'est à dire à ne pas savoir pour qui voter ou même s'ils voteront... 40 % d'abstention, voilà ce qui pourrait se profiler. Il y a 47 millions d'électeurs. Faisons un rapide calcul. 47 millions dont 40 % seraient considérés comme abstentionnistes, il ne reste que 28,2 millions de votants... Et si le président est élu à 51 %, il y aurait donc 14,38 millions d'électeurs en sa faveur. En remettant tout en perspective sur le chiffre de base, notre futur(e) président(e) de la république serait élu(e) avec 30 % de soutien des électeurs français... Cela mérite vraiment qu'on se pose la question de l'abstention. Pourquoi des électeurs s’abstiennent de venir voter ? Les raisons couramment invoquées sont :

  • la "fatigue" accumulée des électeurs, déçus élection après élection, par des hommes politiques qui semblent impuissants à agir ;
  • le refus de participer à un système politique qui ne leur convient pas ;
  • l’impression que les hommes politiques sont tous malhonnêtes et que, participer à l'élection, c'est un blanc-seing donné à leurs actions ;
  • le sentiment que, si la révolution française a bien eu lieu, les privilèges n'ont pas vraiment été

abolis.

Pour résumer, cette sensation que l'élection ne changera rien à la vie quotidienne submerge tout espoir de réforme et conduit à ne pas voter. C'est ce qui est qualifié et comptabilisé dans les chiffres de l’abstention.

Le vote blanc et le vote nul (bulletin avec un nom rayé ou ajout d'une personne qui n'est pas candidate) ont une autre logique : les électeurs se sentent concernés par l'élection et la volonté de changer les choses, mais ils ne trouvent dans l'élection en cours aucun programme ou aucun candidat qui répondent à leurs attentes.

Le vote blanc, qui correspond à une expression politique précise, devrait donc avoir un poids dans une élection. Une tentative de reconnaissance de ce dernier a été initiée en 2014 par la loi, obligeant à séparer les bulletins blancs et nuls dans les résultats. Il apparaît donc dans le détail des chiffres de l’abstention, mais n’a pas d’influence sur le résultat final de l’élection.

Peut-on voter "blanc" ? Techniquement, c'est possible mais notre système légal ne le reconnaissant pas complètement, sa signification et son effet sont biaisés, tant au niveau personnel qu'au niveau politique. La conséquence électorale directe de l'abstention (incluant alors les votes blancs ou nuls) est de laisser les autres électeurs choisir de manière indépendante le résultat de l'élection. Ainsi, celui qui choisit le vote "blanc" peut ne pas se reconnaître dans aucun programme ou candidat, mais peut avoir envie de ne pas voir tel candidat élu ou tel programme appliqué. Voter blanc va donc aller à l'encontre de son désir, compte tenu de nos règles actuelles de décompte des voix.

Pour réformer le système, pour modifier les résultats des votes, il ne faut ni s'abstenir, ni voter blanc (ou faire un vote nul). Comment sortir de ce dilemme ? Sans prétendre avoir trouvé une solution imparable autre que la révolution, voici une piste de réflexion qui peut vous aider si le vote blanc vous intéresse.

Pour que notre système démocratique continue de fonctionner (et cela semble unanimement admis, même pour les abstentionnistes convaincus), il est important de favoriser la pluralité des candidatures. Plus il y aura de candidats, plus grandes seront les chances de trouver une personne susceptible de représenter nos convictions.

Il existe des règles concernant l'accompagnement financier des candidats :

"Un remboursement forfaitaire des frais de campagne est prévu :

  • pour les candidats présents au premier tour, il s’élève au maximum, pour ceux ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés, à 4,75 % du plafond des dépenses du premier tour (soit 800 423 euros pour l’élection présidentielle de 2017) ; pour ceux ayant recueilli plus de 5 % des voix, à 47,5 % de ce plafond (soit 8 004 225 euros en 2017) ;
  • pour les candidats présents au second tour, il s’élève à 47,5 % du plafond des dépenses du second tour (soit 10 691 775 euros en 2017).

Dans tous les cas, ces remboursements ne peuvent pas être plus importants que les dépenses déclarées par les candidats." (copié via http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/fonctionnement/president-republique/comment/comment-est-financee-campagne-electorale.html)

Qu'est-ce que cela signifie ? Il existe un plafond de dépenses qui ne doit pas être dépassé par les candidats, afin de garantir que les candidats les plus riches ne pourront pas, grâce à leurs moyens financiers supérieurs, "écraser" les autres candidats. Ce plafond de dépenses est fixé à 16 851 000 € pour les candidats du premier tour.

Si un candidat fait moins de 5 % au premier tour, il aura droit à un remboursement maximal de 800 423 euros. S'il dépasse les 5 %, il aura droit à un remboursement maximal de 8 004 225 euros. L'enjeu d'acquérir ces 5 % est donc déterminant. Pour les "petits" candidats qui se présentent en sachant que la barre des 5 % ne sera pas atteinte, il y a donc un risque majeur et il est par conséquent difficile pour eux d'organiser des meetings et de faire connaître leurs idées, d'imprimer des tracts et d'obtenir des concours bancaires pour leur avancer des fonds afin de les aider durant la campagne.

Ainsi, il est possible, en choisissant de voter pour un "petit" candidat, de remplir plusieurs objectifs compatibles avec le vote blanc (ou le vote nul) :

  • vous manifestez votre présence dans l'élection, sans que le système vous en exclue ;
  • vous valorisez la pluralité démocratique ;
  • vous retirez des voix aux candidats les plus importants qui ne vous plaisent pas ;
  • vous obligez les candidats du second tour à entendre qu'il existe des électeurs qui ont "envie" de voir le système se modifier et à écouter leurs attentes ;
  • vous encouragez la possibilité qu'à la prochaine élection il y ait plus de candidats car leur présence sera perçue comme étant "acceptée" et "utile" ;
  • vous encouragez les maires à donner des parrainages à des candidats inconnus.

La question du choix du candidat pour lequel voter reste personnelle. Ce peut être une idée parmi tant d'autres que vous voulez défendre, le fait qu'il porte une cravate ou non, que ce soit un homme ou une femme, qu'il veuille légaliser le "vote blanc" ou tout autre élément de votre choix... À mon sens, dans la mesure où c'est un vote blanc qui aurait été exprimé, aucun critère ne doit être regardé comme étant futile ou artificiel. De toute façon, rappelons-le, le vote est secret et personne ne sera présent dans l'isoloir pour poser une question sur votre critère de choix.

Toutes ces raisons peuvent également conduire à ne pas vous abstenir. En définitive, la seule bonne raison de s'abstenir, ou d'accepter que son vote soit comptabilisé dans l'abstention, c'est finalement de considérer que la démocratie n'est pas un système politique qui convient. Doit-on comprendre que les abstentionnistes souhaitent la restauration de la monarchie, la mise en place de l'anarchie ou encore d'un système politique théologique comme alternative à la démocratie ?

N'hésitez pas à partager librement ce texte si vous trouvez que cela présente un intérêt.

dimanche 1 janvier 2017

2017 - et pourquoi pas ?

Après des mois (bientôt des années) de silence, je reviens écrire quelques lignes. Perdu au milieu de l'océan numérique, sans lecteur, ce blog reprend cette fonction de pense-bête de mes propres pensées. L'âge avance et ma mémoire me fait parfois défaut... Et oui, on oublie, surtout dans le domaine de la pensée... Ca bouge tout le temps de forme, on revient sur ces idées, on les supprime et on les remet à jour : bref, tout un mouvement perpétuel et incessant qui fait qu'on a conscience que du dernier état de nos idées. Donc, comme je l'écrivais, la fonction du pense-bête.

Le lecteur attentif remarquera donc que :

  1. J'écris pour moi et me souvenir de mes idées;
  2. Je n'ai pas écrit depuis plusieurs mois, voire années;

Il n'est donc pas injuste d'imaginer que je n'ai pas d'idées... Néanmoins, ce n'est pas le cas : je vous rassure ! C'est plutôt qu'avec trois métiers à temps plein, je n'ai plus beaucoup de temps pour écrire. J'ai la mauvaise manie d'accepter toutes les opportunités qui se présentent au risque de me retrouver noyé sous des flots incessants d'activités.

Pour résumer ma vie - pour les rares lecteurs intéressés - je n'enseigne plus en Chine. Décision grave, mais j'ai refusé de continuer à y enseigner compte tenu du volume de pollution absolument incroyable qu'on y rencontre au quotidien. J'y allais l'équivalent de trois mois par an. C'était beaucoup trop. Par ailleurs, c'était si insupportable au quotidien que ce n'était plus un plaisir d'être dans ce pays que j'aime toujours. Cette nuit, Hong-Kong m'a manqué : sa salle d'escalade, ses sentiers de course à pied, le restaurant d'Alfredo, ma Guiness sur l'avenue des stars et cette ambiance si particulière qui rend cette ville unique dans son genre. On m'a proposé un enseignement à Dakar (que je ne pouvais pas refusé). Outre le fait que je connaisse bien le Sénégal pour y avoir voyager plus d'une vingtaine de fois, je ne suis absolument pas enchanté d'y aller. Entre la chaleur (que je n'apprécie pas) et la pollution, je ne sais pas ce qui sera le plus difficile à supporter.

J'ai lancé une troupe de théâtre où j'interviens en qualité de metteur en scène. Ca me prend énormément de temps dans la semaine (3h de répétition environ et une dizaine d'heures de préparation pour celle-ci chaque semaine). On devrait monter "Antigone" de Sophocle (représentation prévue pour le 19 mai 2017). C'est passionnant, mais en sus de mes autres activités, c'est complètement en trop. Nous devions être trois à gérer cette troupe : je me suis retrouvé seul.

Je participe à une maison d'édition où j'ai un rôle majeur. Je m'occupe de tout le côté juridique (normal), mais également de faire la promotion du site internet et de la relation avec la plupart des auteurs. Ca me prend également une vingtaine d'heures par semaine. Non rémunéré, mais c'est passionnant et avec le vrai sentiment d'oeuvrer à faire progresser l'humanité.

Le tableau ne serait pas complet sans le développement de la formation professionnelle dans le prolongement des cours que je donne à l'université. Ca me prend huit heures par semaine. C'est très enrichissant. J'aime beaucoup. Mais c'est toujours ça à préparer en plus...

Bref, pour 2017, je me souhaite un peu de temps libre pour me retrouver avec moi-même et être capable de finir tous mes chantiers littéraires entamés depuis trois années. J'ai aussi beaucoup de livres de retard.

Du coup, je vous souhaite une excellente année 2017, avec une santé à toute épreuve, que ce soit pour vous et votre entourage, ainsi que du temps disponible pour que vous trouviez le temps de mener à bien tous vos projets personnels.

Romook, on the blog again

mardi 2 août 2016

Grec ancien, le retour aux origines...

Depuis quelques mois, je me suis passionné pour la réforme du collège. Le manque de temps ne m'a pas permis de venir en découdre sur ce blog. Pourtant, parmi tous les affronts faits à l'intelligence, l'un d'entre eux m'atteint au coeur : la suppression de l'étude du grec ancien.

J'ai étudié (et continue encore par pur plaisir) le grec ancien au collège et au lycée. Ce sont parmi les meilleurs moments de ma scolarité. Déchiffrer un texte de Platon... Puis, en classe de 1ère, découvrir dans le texte, progressivement, la condamnation de Socrate, qui était devenu mon ami depuis le collège, dans l' "Apologie de Socrate." Aujourd'hui, j'essaie de transmettre ce savoir culturel à ma fille, 13 ans, qui est - heureusement pour moi - férue de littérature.

Peut-être plus que jamais je me sens décalé dans cet univers où l'absence de culture générale devient non seulement une norme, mais, parfois même, une source d'orgueil. Voici deux grandes dames auquel va mon admiration. Je ne vous les présente pas, elles sont suffisamment présentées dans l'émission. Merci pour cette belle émission.


Entre l'Egypte et la Grèce avec Jacqueline de... par publicsenat

Romook, ''au coeur lourd...''

vendredi 22 juillet 2016

Brexit : la croisière s'amuse !

A la fin de la seconde guerre mondiale, Winston Churchill déclarait : « Je rêve d'états-unis d'europe, où les différences entre nations seront considérablement réduites et où chacun pourra voyager sans contrainte. » En un peu plus de trois semaines, le Royaume-Uni aura connu plus de bouleversements politiques que sur les trente dernières années. Aujourd'hui, Churchill se retourne sûrement dans sa tombe. Faut-il rappeler que le 23 juin 2016, le peuple britannique se prononce à 51, 9 % pour le Brexit... Une bien faible majorité pour une telle question. Ensuite, tout s'enchaîne comme dans un film. Le lendemain, David Cameron, premier ministre et partisan du « remain », annonce sa démission. Le même jour, Nigel Farage, député européen partisan du Brexit, annonce sur un plateau de télévision que, contrairement à ce qu'avait annoncé son parti politique « UKIP » (extrême droite), les 350 millions de livres sterling hebdomadaire versés à l'Union Européenne (UE) ne pourront pas être réinvestis dans le système social : il y a eu une « erreur » sur les chiffres pendant la campagne... La somme hebdomadaire n'est que de 154 millions de livres sterling. Il sera d'ailleurs expliqué que la protection sociale britannique serait moins efficace si le Royaume-Uni ne faisait plus partie de l'UE. Mentir impunément au peuple pendant une campagne politique puis se retrancher derrière une « erreur » après les élections, voilà de quoi faire réfléchir bien des citoyens ! Farage, sentant le brûlé, annoncera quelques jours plus tard vouloir se retirer de la vie politique soutenant que son œuvre était achevée.. Rassurez-vous pour lui, il conserve son siège de député européen. Faut bien vivre quand même...

Le 27 juin 2016, François Hollande déclare que le Royaume-Uni doit mettre en œuvre la procédure de sortie de l'Union Européenne « sans perdre de temps. » Pourquoi un tel empressement du président français à voir partir le Royaume-Uni ? Est-ce parce qu'il sait que le vote du référendum n'engage pas constitutionnellement ce dernier à quitter l'UE ? Serait-ce parce qu'il souhaite se débarrasser d'un partenaire européen qui n'a jamais fait vraiment partie de l'UE ? On imagine mal qu'il soit en colère contre un peuple qui s'est fait abuser officiellement par des hommes politiques sans vergogne, en totale incapacité d'assumer leurs promesses politiques. Angela Merkel déclare quant à elle que le Royaume-Uni doit prendre le temps de faire les choses correctement. Et là, on nous joue le sketch du « bon et du méchant flic. » Un tandem qui pourrait fonctionner... si ce n'est que le Royaume-Uni est, jusqu'au moment où il notifiera son intention de quitter l'UE, un État-membre à part entière. Pas sympa de mettre la pression sur son petit camarade quand on ne sait même pas s'il prendra la décision de partir. Faut-il rappeler que le référendum, au Royaume-Uni, ne lie pas le premier ministre, ni le Parlement ? Depuis quand les relations internationales et diplomatiques sont aussi électriques ? N'est-ce pas plutôt le temps des décisions mûrement réfléchies et des paroles pesées ?

Le 30 juin 2016, nouveau coup de théâtre ! Le leader du camp du Brexit, Boris Johnson, déclare qu'il ne veut pas devenir le nouveau premier ministre et que le Brexit ne signifie pas « tourner le dos à l'UE. » Dans le même temps, les tenants du Brexit, qui ont fait campagne sur le thème de l'immigration, annoncent que si le Royaume-Uni doit contrôler ses propres frontières, cela coûtera plus cher et sera moins « efficace » que dans le cadre actuel de l'UE. Vu de l'extérieur, tout tourne vers un non-brexit. Sans partisan du « Leave » aux commandes, comment la sortie de l'UE pourra-t-elle se faire ?

Pendant ce temps, la grogne populaire monte. Au vu de ces différents mensonges reconnus publiquement, une pétition est mise en œuvre en vue de provoquer un second référendum. Nombreux sont ceux qui ont voté « Leave » et qui se sentent trompés par les mensonges. Petit détail constitutionnel : toute pétition comportant plus de 100 000 signatures oblige le Parlement britannique à débattre de son objet. Elle récoltera 3,7 millions de signatures.

Depuis le 23 juin, la City plonge, la livre sterling bat chaque jour des records de plus bas historiques, des entreprises annoncent leur prochaine délocalisation dans d'autres pays européens, les fonds de pension américains ayant investi dans l'immobilier libèrent leur position... Financièrement, c'est la crise. Marine Le Pen, devant le Parlement européen, ironisera sur le fait que rien de ce que les européens avaient prédit ne s'était produit... Et pourtant, si elle s'était tenu au fait de l'information, elle aurait lu et vu que tout ce qui avait été prédit s'est effectivement produit, parfois en pire. Remarquons que Farage et Le Pen font bon ménage ensemble au Parlement européen : mensonge et jugement à l'emporte-pièce font parties de leur matériel rhétorique de base.

Choqué par les mensonges politiques, avoués publiquement faut-il le rappeler, le peuple manifeste pour rester dans l'UE. Les britanniques ressentent comme un affront le fait d'avoir été trompés. Un fond participatif a même été créé pour mettre en œuvre une action judiciaire contre les différents « menteurs » politiques. A la différence du droit français, le droit de la common law permet de mettre en œuvre la responsabilité des hommes politiques. Ce serait une première, mais techniquement, rien ne s'y oppose. C'est l'intérêt public et la confiance populaire qui ont été trahi par les manœuvres politiciennes de Johnson et de Farage. Pour une fois, on aimerait tous être britannique !

Encouragé par le résultat du référendum, l'extrême-droite se révèle et des actes xénophobes se produisent chaque jour contre des citoyens européens et des musulmans. Vitrines cassées, insultes, tag sur les maisons et magasins... Des méthodes qui en rappellent douloureusement d'autres, d'un temps qu'on espérait disparu grâce à la construction européenne. Le « vivre ensemble » n'est pas acquis, quelque soit le côté de la Manche.

Le 7 juillet, la Chambre des Lords saisit par plus de trois millions et demi de signataires de la pétition, discute de la possibilité de provoquer un second référendum. La Lord King tentera d'expliquer que les mensonges avérés de la campagne ont détourné l'opinion publique et que le vote exprimé est contesté par le peuple lui-même. D'une manière presque unanime, les Lords, non élus par le peuple, considèrent que le peuple s'étant déjà exprimé sur la question, il n'y a pas lieu de le réinterroger. Il leurs appartient d'appliquer le choix populaire, quel qu’en soient les conséquences pour le pays. Comme le dira Lord Grocott durant le débat : « Quand vous perdez une élection, vous considérez que votre adversaire a menti, qu'il a fait des propositions qu'il ne pourra pas tenir, qu'il avait plus d'argent que vous et que la presse était de son côté. » Ces propos, plein de bon sens, traduisent le sentiment de déception du perdant. Sauf que rares sont les fois où les politiciens ayant gagné les élections reconnaissent qu'ils ont menti, qu'ils savaient que leurs promesses ne pourraient pas être tenues... Ce seul détail change tout : les mensonges ont été reconnus. Dont acte, le mensonge politique, même reconnu par les politocomenteurs, fait partie de la vie politique normale pour la Chambre des Lords. La débâcle politique du monde britannique laisse rêveur.

Une course au premier ministre est mise en place. David Cameron, du Parti Conservateur et tenant du « Remain », quitte son poste et est succédé, au final, par Theresa May. On ne change pas une équipe qui « gagne » : elle est donc du Parti Conservateur et a fait campagne pour le « Remain. » Pour respecter la volonté populaire exprimé dans le référendum, elle nomme aux postes-clé des affaires étrangères des partisans du Brexit. Discrédité par ses mensonges, Boris Johnson est malgré tout promu ministre des affaires étrangères. Plus connu par ses nombreuses bourdes diplomatiques que par sa finesse, celui qui a ironisé dans un poème sur les ébats sexuels du Président Erdogan avec une chèvre aura en charge de développer les relations diplomatiques du Royaume-Uni. Sa nomination étant unanimement raillée par les principaux dirigeants de la planète, sa tâche s'annonce difficile. Un ministère du « Brexit » est créé, dirigé par un autre partisan du « Leave », David Davis. Enfin, Liam Fox est désigné à la tâche délicate du ministère du commerce international. Les autres membres du nouveau gouvernement britannique sont tous d'anciens partisans du « Remain. »

Theresa May semble donc être une stratège politique incroyable : elle respecte la volonté exprimée dans le référendum en nommant des partisans du Brexit. Ils joueront à l'extérieur. Les promesses faites ne pourront pas être tenues : ce sont ceux-là même qui sont aujourd'hui aux commandes qui l'ont déclaré. Par ailleurs, elle complexifie les tâches en éclatant dans trois ministères différents un rôle qui devrait, pour plus de cohérence, être tenu par un seul interlocuteur. Après un peu plus de quarante années au sein de l'UE, le Royaume-Uni n'a plus de traités bilatéraux et doit tout négocier en partant de zéro, État après État. L'interlocuteur privilégié, Boris Johnson, sera celui qui a comparé Vladimir Poutine à « Dobby » l'elfe de Harry Potter, Barrack Obama à « une moitié de kenyan ayant une haine ancestrale à l'encontre de l'empire britannique », Hillary Clinton à « une infirmière sadique d'un asile psychiatrique » et, entre autres, a décerné à François Hollande le titre du « plus grand tyran depuis la Révolution française... »

Si on prend en compte que l'UE a clairement indiqué qu'il était hors de question de négocier quoi que ce soit tant que la procédure de sortie de l'UE n'avait pas été mise en œuvre, on imagine bien le marasme dans lequel ces pauvres ministres vont se retrouver. Aucun état européen n'acceptera d'étudier un quelconque traité bilatéral. Pour la sortie de l'UE, le Royaume-Uni doit « trouver » un accord. A défaut d'accord, il sera purement et simplement exclu de l'UE. Le Traité de Lisbonne ne permet pas de rester membre lorsqu'on a enclenché le processus de sortie, même si aucun accord n'est trouvé. On comprend mieux pourquoi Theresa May a précisé que le déclenchement de la procédure ne serait pas réalisée avant 2017. Négocier un traité bilatéral commercial prend en moyenne une dizaine d'années. Il est donc urgent de ne pas se précipiter à rendre effectif le Brexit... Pendant ce temps, les affaires intérieures du pays seront gérées par les partisans du « Remain » qui auront à affronter les problèmes créés par les tenants du Brexit, ces derniers qui seront dans l'incapacité de trouver des solutions extérieures...

Le processus du Brexit est donc une faillite annoncée, orchestrée par la nouvelle première ministre. Derrière un discours « rassurant » : « Brexit means Brexit », qu'on pourrait traduire par un simple « Comptez sur moi pour mettre en œuvre le Brexit », la volonté est bien de laisser se dépatouiller ceux qui ont créé le problème... Pour enfin constater que, malgré toute la bonne foi à respecter le référendum, on ne peut pas donner d'effet pratique à ce choix populaire. Cela nécessitera beaucoup de temps... Et justement, avec le temps et les problèmes, plus personne ne voudra mettre en œuvre cette volonté populaire qui a été bafouée publiquement... Le Brexit n'aura sûrement pas lieu finalement... Ce que souhaitent tous les dirigeants risquent bien de se produire : une absence de Brexit. Mais, avec leur pression et leurs déclarations agressives, ils risquent de générer un véritable sentiment de rejet du modèle européen chez le peuple britannique.

« Wait and see », voilà le conseil que nous donne le « reasonable man »... Avec un peu de temps, Theresa May nous prouvera qu'elle est un « politicien » exactement comme le définissait Churchill : « Un politicien doit être capable de vous expliquer ce qui va se produire demain, la semaine suivante, le mois suivant et l'année qui suit, mais également de vous éclairer sur les raisons qui justifient que ça ne s'est finalement pas produit. »

Romook, politologue

lundi 4 juillet 2016

Nigel Farage annonce sa démission, ou l'aveu officiel d'un mensonge

Quelques jours après avoir été confondu sur un plateau de TV sur les mensonges de la campagne du "Leave", Nigel Farage annonce sa démission pour "profiter de la vie." Il est étonnant que cet homme politique britannique qui n'a jamais réussi à entrer au Pralement britannique démissionne au moment où il est pressenti pour diriger les opérations du Brexit. N'est-ce pas plutôt pour éviter d'affronter les regards d'un peuple à qui il a délibérément menti pendant la campagne du Brexit ?

Romook, consterné

lundi 27 juin 2016

Le Brexit n'aura pas lieu.

Le Brexit, tout le monde et les médias entretiennent une confusion lamentable dans l'opinion public, surfant sur tout un ensemble de préjugés. Tâchons d'y voir plus clair.

Le Brexit, c'est pas automatique.

Pour pouvoir quitter l'UE, un Etat-membre doit "négocier" son départ. Il s'agit d'un divorce par consentement mutuel. Voyons ce que dit le texte :

Article 50

1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union.

2. L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union. Cet accord est négocié conformément à l'article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il est conclu au nom de l'Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

3. Les traités cessent d'être applicables à l'État concerné à partir de la date d'entrée en vigueur de l'accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l'État membre concerné, décide à l'unanimité de proroger ce délai.

4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l'État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.

La majorité qualifiée se définit conformément à l'article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

5. Si l'État qui s'est retiré de l'Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l'article 49.

Premièrement, l'Etat membre qui souhaite se retirer le fait conformément à ses règles constitutionnelles. Le référendum n'est pas une procédure constitutionnelle qui oblige la Grande-Bretagne à quoi que ce soit. C'est le même cas en France. Pour exemple, on se souviendra de la Constitution Européenne rejetée par référendum en 2005 par les français et ratifiée par le Parlement franàais en 2007. Ca prouve bien que les référendums n'engagent que ceux qui y croient. En l'occurrence, aucun pays dans le monde n'a délégué son pouvoir politique de décision au peuple directement. Une décision par référendum n'est donc pas une décision qui engage, y compris en Angleterre.

Deuxièment, le Royaume-Uni doit entamer la procédure. Les gesticulations de Hollande pour provoquer le départ rapide est un contresens politique et diplomatique, et d'une inefficacité qui prouve (encore une fois) son incompétence. L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. Tant que le Royaume-Uni ne notifie rien, il reste dans l'UE. Point.

Le Brexit, c'est pas gratuit.

L'Union européenne s'est formée sur un contrat. Que ce soit un traité international ou un contrat classique, lorsque vous voulez sortir d'une relation contractuelle, vous devez en payer le prix. En effet, il y a une force obligatoire au lien contractuel. Le traité prévoit la possibilité de sortie de l'UE après négociation :

À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union.

La question est : combien ça va coûter ? Aujourd'hui, lorsque François Hollande s'empresse de vouloir faire sortir le Royaume-Uni de l'UE, il ne prend pas en compte qu'il va falloir qu'il y ait un accord entre l'UE et le Royaume-Uni. Ce dernier ayant multiplié les exceptions dans le cadre des accords européens, le nombre de petites choses à discuter seront nombreuses... Fort probablement, une contribution financière sera demandé, ce qui sera probablement inacceptable pour le Royaume-Uni. Les partisans du "Leave" ont évidemment cru qu'ils suffisaient de dire "stop" pour que le Royaume-Uni sorte de l'UE. N'en déplaise aux eurosceptiques de toute l'Europe, ce sera pareil partout et pour tous. L'obligation au paiement de cette indemnité est une obligation juridique internationale, c'est-à-dire qui engage la crédibilité de l'Etat. Inutile d'imaginer que le Royaume-Uni s'abstienne de payer quoique ce soit... En effet, la crédibilité d'un Etat se mesure à sa capacité à tenir ses engagements internationaux. Sinon, la confiance des créanciers du Royaume-Uni sera détruite, ce qui engendrera une crise sans précédent pour le Royaume-Uni. Bref, quand l'addition se présentera, le Royaume-Uni réfléchira.

Pour ce qui est des raisons pour lesquels le peuple a choisi le "Leave", en passant sur l'information qui nous ferait penser qu'ils ont voté "Leave" en pensant que ce serait le "remain" qui gagnerait (the britons are so stupid to think that ?! I cannot believe it!), il semblerait que deux raisons se dégagent. D'une part, les problèmes d'immigration et, d'autre part, des questions liées au système social seraient les raisons majeures.

Concernant l'immigration, ce qui intéresse notamment les français du front national, les accords qui ont été passés entre la France et le Royaume-Uni sont indépendants de l'UE. Ainsi, la politique immigratoire du Royaume-Uni sera très peu impactée par le Brexit. Encore une motivation démagogique mise à mal où le peuple, mal informé, aura été trompé par des personnes politiques qui, sans vergogne, jouenet sur les passions et les peurs irrationnels des citoyens britanniques.

Concernant la politique sociale, Les hommes politiques pro-Brexit ont déjà avoué aujourd'hui que les investissements faits par le Royaume-Uni dans le système social européen ne pourront pas être réinvesti dans les mêmes proportions dans le système social britannique. Bref, on vous a dit que l'Europée nous empêchait de faire du social, mais sans elle, ne comptez pas sur nous. Encore une fois, le repli nationaliste montre ses limites. Comme à chaque fois que des arguments de ce type sont mis en avant, il s'avère que les économies d'échelle réalisées au niveau européen sont plus performantes que ce qu'un Etat pourrait faire seul.

Enfin, inutile de parler des emplois qui vont se délocalisés du fait du déplacement de certains institutions européennes. Le seul moyen de conserver ces emplois sera de les maintenir sur le territoire, et donc de ne pas trouver de terrain d'accord au niveau des négociations de sortie avec l'UE.

Pour réusmer et faire simple, le Royaume-Uni et l'UE ne trouveront pas de terrain d'entente sur la sortie du Royaume-Uni. Ainsi, le Royaume-Uni restera au sein de l'UE. De Brexit, il n'y aura point. Quelques concessions supplémentaires seront faites au Royaume-Uni pour que les cytoyens britanniques ne se sentent pas floués et donner du sens au référendum. Comme ça, les hommes politiques anglais pourront annoncer :

Plus de nécessité de Brexit car, grâce au référendum, l'UE nous a entendu sur nos revendications principales.



C'est consternant de voir les médias français monter tout ça en épingle et voir notre président courir dans tous les sens comme un écervelé. Keep calm.

Romook, serein

And for english reader, you can read this marvelous post

mercredi 13 janvier 2016

Wuhan, un exemple d'un futur monde ultra pollué ?

Je suis arrivé à Wuhan depuis maintenant cinq jours. Je tousse de plus en plus. Mon nez est complètement encombré et impossible à dégager. Un étau enserre mon crâne. De toute évidence, mon corps lutte contre l'environnement. Je suis épuisé et incapable de me reposer. Encore trois jours avant de quitter définitivement Wuhan. Je suis en train de faire mes adieux aux personnes que je connais depuis onze années. J'ai vécu beaucoup de beaux moments, j'ai même demandé en mariage une femme (c'est dire les expériences incroyables auxquelles j'ai dû faire face!), mais je crois que ma santé sera touchée profondément si je reste ici. Je suis évidemment triste. La Chine a été pour moi un révélateur de beaucoup de chose. J'y reviendrai dans d'autres billets. Samedi, je serai à Hong Kong, avec une connexion internet normale. Il me tarde d'être dans l'avion.

Romook, triste

samedi 9 janvier 2016

A peine arrivé, déjà dégoûté...

Cher(e), lecteur(rice),

En suivant mes aventures depuis des années tu as eu le temps de connaître une part importante de ma vie : j'aime la Chine.

  • J'y voyage très régulièrement et j'en parle la langue;
  • J'y apprécie la nourriture et la culture ancienne;
  • Je suis intrigué par les nombreux paradoxes qui traversent sa culture actuelle;
  • Je me bats régulièrement avec une connexion internet "instable";
  • J'y apprécie les femmes où mon cœur a su se laisser prendre plusieurs fois dans les délices de leurs charmes;
  • J'y ai vécu quelques-unes des plus belles aventures que je puisse imaginer dans une vie.


En un mot, j'aime la Chine.

Malgré cette amour, je pense que je m'y rends pour la dernière fois. Je prends la décision de ne plus y retourner. En effet, ce matin, en descendant à l'aéroport, j'ai eu un choc. Au mois d'avril 2015, j'avais été suffoqué par la pollution. "Suffoquer" est à lire aussi au sens propre. Problème respiratoire, visibilité réduite, maux de tête, nausée... uniquement à cause de la pollution. Wuhan est une grande ville qui n'a jamais été considérée comme belle à mes yeux, mais je reconnais que des efforts ont été réalisés depuis ces dix dernières années pour rendre cette ville plus attractive.

Lorsque je suis descendu de l'avion, l'odeur de la pollution liée à l'absence de visibilité m'ont effrayé. Nous sommes loin d'imaginer ce qu'est aujourd'hui devenue la Chine. La discussion que j'ai eue avec mon étudiant m'a informé qu'aujourd'hui était un jour de pollution moyenne, que cela lui était arrivé de ne pas voir le soleil pendant plus d'un mois consécutif (en raison uniquement de la pollution), ni même de ne pas voir à dix mètres dans la rue (en raison du brouillard de pollution)... Qu'avons-nous fait à notre monde ? Que s'est-il produit ?

Il y a deux ans, la Chine était polluée mais j'allais faire un jogging dans la rue et dans l'université avec plaisir. Depuis le mois d'avril 2015, il est tombé sur les grandes villes de la Chine un brouillard profond et mortifère. Non seulement, je suis angoissé à l'idée de développer des maladies telles que des cancers, mais en plus je crains pour notre planète.

Sans vouloir faire de fatalisme, ni être alarmiste, je pense qu'il est trop tard et que l'humanité ne pourra pas redresser la situation.

Romook, les bras par terre' et le cœur brisé

dimanche 27 décembre 2015

3 billets par an, ça vaut bien un billet

Et bien voilà, me revoilà! Envie d'écrire aujourd'hui. Tout simplement pour vous faire partager (tiens je me suppose encore un visiteur) mon plaisir de lire les "polaroïds" de Marie Richeux. Depuis un peu plus d'un an, j'ai redécouvert France Culture. J'en viens à regretter que le métier d'auditeur professionnel n'existe pas car, sans hésiter, j'irai postuler.

Pour ceux qui ne connaissent pas, un polaroïd c'est une image à entendre avec ses oreilles, un amoncellement de mots et de sonorités qui, tout bout à bout, forme dans la pensée un instantané de vie, comme un cliché volé, fugace instant imagé. Alors oui, je n'écris plus sur mon blog, mais je lis. Et j'écris, ailleurs, constamment, comme une seconde vie que je vivrai en double. Un prêt de plume pour exprimer des souhaits, des désirs, des envies. Pour présenter des maux et des mots, en d'autres termes que ceux inappropriés qu'utiliseraient les héros de ces histoires que je narre, ou pour sublimer les mots que ceux qui écrivent aiment à aligner, coordonner ou encore agencer pour des lecteurs aillent se noyer dans des lectures inavouées.

J'ai toujours eu plusieurs casquettes, mais ces trois dernières années ont été plus que chargées. De tremblement de terre de vie à contraintes professionnelles harassantes, j'ai eu en quelques mois un rattrapage pour toute la chance accumulée depuis ma naissance. Il fallait bien un équilibre. Aujourd'hui, il semblerait que le ciel s'éclaircisse. Je reste vigilant.

Romook, une tête qui surnage encore

mercredi 8 avril 2015

Les gourgandines ont disparu :-(

Gourgandine,

Du coeur au corps,

Imagine

Aimer encore.

Romook national, en réponse à la recherche de gourgandine

mercredi 14 janvier 2015

... Pour Charlie!

Suce Sus pour Charlie!



Merci à Binook pour cette aimable autorisation de publier.

Romook, amateur d'art

mardi 13 janvier 2015

Meilleurs voeux

Après une longue période d'inactivité, ce blog risque de reprendre du service (après plusieurs come-back réalisés et manqués, je ne jure plus de rien). Plusieurs raisons expliquent le silence. La première : des changements importants dans ma vie qui ont eu raison de mon temps libre. La seconde : une absence de volonté d'écrire, manquant foncièrement de "sujets" à traiter. La troisième : la fréquentation sporadique du blog.

Aujourd'hui, la première raison a disparu. La seconde, suite à l'actualité récente, me donne du grain à moudre. La troisième risque fort de perdurer, mais ce n'est pas un mal. Comme les femmes qui prétendent se faire belles pour elles, et bien moi, je prétends que j'écris pour moi. Et qu'on ne vienne pas me taxer de mauvaise foi, puisque l'argument donné précédemment sur les femmes me paraît être une parfaite justification de ma bonne foi.

Meilleurs voeux.

Votre romook adoré

samedi 28 juillet 2012

Je n'ai pas besoin de mon blog pour...

Depuis quelques temps, je n'écris plus sur mon blog. C'est vrai que j'en suis le seul responsable à priori. Peu de sujet sur lesquels je puisse utilement divertir mes lecteurs, plus le feu sacré pour trouver de bons thèmes, etc... Bref, la crise existentielle du blogueur qui doit se renouveler ou mourir. Se renouveler: pas d'énergie. Mourir : disons s'éteindre petit à petit. Dès le départ, je m'étais promis de ne pas faire un blog "poisson rouge" (où on parle de son poisson rouge et de ses ennuis intestinaux). Le problème, c'est qu'un grand nombre d'évènement m'ont conduit à devoir privilégier des centres d'intérêt plus réels que ceux de mon blog.

Dans une société où l'on ne vit pas de l'air du temps, il apparaît donc indispensable de privilégier les activités "rentables". Je n'ai pas besoin de mon blog pour draguer : j'ai suffisamment de charme comme ça. Gérer les relations féminines me prend également suffisamment de temps comme ça. Je n'ai pas besoin de mon blog pour gagner de l'argent : bon, j'ai deux métiers hyper intéressants et je n'ai pas l'intention de les abandonner pour une carrière numérique. Donc voilà... Je n'ai pas besoin de mon blog pour me trouver des amis : j'en ai plein et on s'aime très fort. Je n'ai pas besoin de mon blog pour vivre : j'ai plein d'autres passions et le fait que je n'écrive plus depuis longtemps est une preuve de mon indépendance à l'égard du numérique. En fait, je n'ai vraiment pas besoin de mon blog... Alors pourquoi je le garde ? Tout simplement parce que je crois fermement que mon envie d'écrire des idiotie qui me font rire va revenir à un moment ou un autre. Et puis, mon blog a toujours été un carnet de route très particulier. Alors, je le garde. Et si ça vous ennuie de le lire, allez voir ailleurs si je n'y suis pas.

Romook

mercredi 25 avril 2012

Sexe

n. m., 1° psy. : Centre de gravité de l'existence; 2° ethn., sent. : Instrument de domination. 3° phil. : Objet de curiosité. 4° soc. : Source perpétuelle de malentendu.

Romook, en poche

lundi 23 avril 2012

Parler

v., psy., sent., sex. : Action de provoquer chez Autrui des évènements climatiques.

Romook, en poche

mardi 17 avril 2012

Insomnie de Chine

Cher lecteur absent,

J'ai le plaisir de t'annoncer que je suis actuellement en pleine insomnie chinoise. Décalage horaire oblige, me voici reclus à vivre de nuit (alors que je vis aussi le jour). J'ai pourtant fait une journée digne de mes exploits herculéens d'antan. Pas moins de 8 km avalés en course à pieds, un rendez-vous, la correction d'une bonne trentaine de copie, 3h30 de cours donnés, des étirements, de la marche nocturne, un menu big mac avalé, un sketch de réaliser (mon pied, mais quel pied), une conversation avec un chauffeur de taxi chinois qui m'a dit que j'étais "zinzin" là dedans quand je lui ai annoncé que j'avais 36 ans et que je ne souhaitais pas me marier, sans compter les quelques pages de lecture que je me suis avalé et la pâtée que j'ai prise au Go.

En considérant le tout objectivement, j'ai bien mérité une petite fatigue... Et bien non, me voici en pleine forme avec l'envie raisonnable de dormir. Pas envie de me trainasser toute la journée demain au motif que je n'aurais pas dormi suffisamment. Ne sachant plus quoi faire, je me tourne vers toi, Ô mon lecteur absent, qui a depuis des lustres déserté mon blog... Et pour cause, je ne peux plus y raconter ma vie car cela fait un temps relativement long que tout mes amis le lise. Résultat: plus moyen d'avoir sa petite page intime. J'en vois déjà fermer la fenêtre en se disant qu'il est taré celui qui ouvre un blog pour raconter son intimité. Et bien pas forcément figurez-vous...

Il y aurait fort à dire sur cette question, mais c'est vrai que cela n'intéresse personne hormis quelques robots en mal de blog pour spammer et y inscrire des publicités déguisées sous forme de commentaires généraux et impersonnels. Voici donc mon blog devenu un blog fantôme. Tant pis.

Romook, plus le feu sacré

samedi 28 janvier 2012

L'italien de Hong Kong

Dans toute ville, il y a ces petites places, endroits rares et uniques, où l'on découvre des merveilles. A Hong-Kong, dans le quartier Soho, à Elgin Street, il y a un restaurant italien : "Sole Mio". Cet endroit est intimiste, ressemblant vraiment à ces petits restaurants de quartier de l'Italie.

L'endroit est tenu par Alfredo. Ne vous méprenez pas sur son nom, il ne s'agit pas d'un italien. Visuellement, il pourrait être considéré comme bénéficiant d'une "a-nationalité". Il ne ressemble ni à un chinois, ni à un asiatique en général, encore moins à un italien ou à un américain. C'est très troublant. Il parle un anglais avec un accent à couper au couteau. L'origie de cet accent : indéterminée. Il semble parler le cantonais. Ma méconnaissance de cette langue ne me permet pas de l'assurer avec conviction. En tout cas, s'il parle cantonais, il semble que ce soit également avec un accent.

Une chose est certaine, lorsque vous pénétrez ce lieu, il y règne une ambiance sympathique. Les plats sont extrêmement bien préparés et sont les meilleurs plats italiens que j'ai mangé de par le monde, même en Italie. C'est donc avec une sorte de respect religieux que je me rends systématiquement, lors de mes passages à Hong Kong, dans ce lieu différent et hors de la vie trépidante que l'on rencontre dans la rue.

Comme tout bon commerçant hongkongais, Alfredo vous dit "bonjour" comme si vous veniez tous les jours, s'enquérant parfois des dernières news, alors qu'il ne sait même pas si vous êtes déjà venu ou non. Pour être honnête, c'était la 5ème fois en trois ans que je venais et il m'a accueilli comme si je venais chaque jour. Vu le nombre de clients qu'il doit avoir par an, il est peu probable qu'il se souvienne de moi, même si je dois être un des clients l'un des plus sympathique qu'il put rencontrer.

Enfin, le repas se termine toujours avec un lemoncello de l'amitié. Rien à dire, ce restaurant est vraiment super. Alors si vous passez par Hong Kong, n'hésitez pas à vous rendre dans ce charmant petit restaurant, que ce soit seul pour le plaisir gustatif, ou accompagné pour offrir à l'élu de votre coeur un repas intimiste avec de bons produits.

Romook, on the road again

mercredi 18 janvier 2012

la passagère de l'AF 183

Lors de mon vol de retour de Hong Kong, je me suis retrouvé surclassé en premium. Bonheur. Dans cette configuration, inuile de vous préciser que je ne fais pas le difficile entre l'allée et la fenêtre ou encore le centre... Saviez-vous que Romook était l'homme le plus chanceux de la terre? Peut-être pas. Si vous êtes un lecteur assidu (ou lectrice assidue, ce qui semble être plus couramment le cas) de ce blog, pour vous, c'est une évidence.

Bref, j'étais donc assis à mon siège lorsque je me suis aperçu que je n'étais pas à la bonne place. Nécessité de changer de place faisant loi, me voici un siège devant. Toujours heureux. Trois sièges derrière moi est située une femme très belle, tout au moins de visage. Elle était ce genre de beauté froide, que vous souhaitez contempler comme une statue, qui ne sourit pas, mais qui dégage un magnétisme très fort : vous comprendrez 'une putain d'envie de la baiser'. Vous me connaissez, je suis assez animal dans mon genre, et bien que mon éducation m'interdise de faire quoique ce soit, j'y pense (et c'est bien humain, me direz-vous).

Un voisin arrive dans l'avion et je m'aperçois que je dois hériter de son siège.Ce dernier est étranger, ne comprend pas bien la numérotation des sièges (ou ne souhaite pas polémiquer pour savoir qui est où) et me laisse dans l'allée. Re bonheur. 'Romook le chanceux', c'est comme ça que les indiens m'aurait appelé.

Cette passagère, située loin derrière moi, m'interpelle et je ne manque aucun prétexte pour me tourner vers elle et rassasier ainsi mon désir d'être au plus proche d'elle. Rien n'y fait : elle a bien remarqué ma présence et mon manège, mais aucun signe d'encouragement de sa part : ni sourire, ni egard affectueux (ou même sympathique). Non. Rien de rien. Nada.

Je prends donc mon mal en patience et décide d'oublier cette idiote (forcément) complètement désinteressée par ma personne. Elle ne sait probablement que je suis Romook le Grand, Romook le Chanceux et qu'elle aurait tout intérêt à me rencontrer. Enfin bref, une femme comme une autre.

J'essaie les gadgets offerts dans le cadre de la classe "premium", à savoir la tablette pour poser l'ordinateur sur lequel je vous écris en ce moment, mon écran vidéo plein de films, de musique et de jeux, mon siège qui se déplie dans tous les sens et enfin mon appuie mollet (si!si!) ... qui ne fonctionne pas! What?!

Comment?! J'aurais de la malchance. Profitant de ma bonne renommée auprès de l'équipage, je me permets d'interpeller l’hôtesse proche de moi sur cette question.

- Oui, monsieur, que puis-je pour vous aider ?
- Je crains fort que mon appuie jambe soit cassé.
- Comment? Cela serait-il possible qu'un objet défectueux soit à notre bord ?
- Puisque je vous le dis.
- Si vous permettez, je vais étudier votre situation de plus près.

Elle se met donc à genoux, devant moi. La position me convient bien. Elle glisse ses mains sous mes jambes.

- Excusez mon intrusion, je me dois d'aller au plus profond pour vérifier que l'on ne peut pas passer en manuel.
- Faîtes donc, faîtes donc.
- Je vous préviens, nous n'allons pas jusqu'au massage sur cette compagnie.
- Comment ? N'est-ce pas vous qui souhaitez faire du ciel le plus bel endroit du monde ?
- Si, bien sûr, mais pas de cette manière-là.

Soupir. Dommage. Elle n'était pas mal non plus.

- Je crains fort que votre repose jambe ne soit défectueux. Si vous souhaitez changer de place, vous pouvez vous rendre trois sièges derrière vous.
- Vous voulez dire près de cette jolie femme?
- Oui, le siège à côté est disponible. Vu que l'avion est plein, je crains fort que vous ne deviez vous résigner à aller près de cette personne.
- Si on prend en compte que mon voisin est étranger et ne parle pas français, puis-je me permettre une remarque gauloise ?
- Allez-y, je vous dirais ensuite si vous pouvez vous permettre.
- Est-ce que vous pensez que, présenter dans les formes adéquates, le fait de suggérer à ma voisine que je la caresse pendant le vol, de manière discrète, sans indisposer l'équipage, on s'entend, puisse être une option envisageable?
- Sans indisposer l'équipage... Vous pouvez toujours essayer. Mais je ne suis pas sûr que vous obteniez gain de cause.
- Et si ensuite je lui suggère de me faire une fellation dans les toilettes, toujours présenter dans les formes adéquates bien sûr. Qu'en pensez-vous?
- Malheureusement, le réglement interdit que deux passagers soient présents dans les toilettes au même moment, pour des raisons de sécurité bien sûr. Mais je dois vous avertir que nous ne sommes pas là pour garder l'entrée des toilettes... Alors si vous ne bloquez pas trop longtemps l'accès, personne ne viendra vous demander des comptes. Bon vol.
- Merci. A vous aussi.

Je me lève et me rends auprès de ladite passagère, sous l’œil amusé de l’hôtesse. Je fais une intrusion pour aller à ma place. Elle me regarde sans comprendre. Elle est côté allée et je serai au centre des sièges, à ses côtés. L'avion étant bondé, il n'y a pas d'autres places disponibles.

- Veuillez m'excuser, mais mon siège est défectueux. Je dois changer de place pour des raisons de sécurité. M'acceptez-vous?

Pas de réponse. Elle se déplace un peu, tordant ses jambes, pour me laisser passer. J'en déduis qu'elle est résignée à cette situation. Pas facile d'embrancher sur la masturbation et la fellation dans ces conditions. C'est pas grave: la proximité est le meilleur ami du sexe. Si j'avais un seul conseil à donner, toucher l'autre de temps à autre pour qu'il s'habitue à vous est la meilleure façon d'obtenir de sa part un consentement en vue d'une relation sexuelle.

Je m'installe donc. J'engage la conversation.

- Et vous venez souvent ici ?
- Pardon?! Je ne comprends pas le sens de votre question. Vous voulez dire à Hong Kong?
- Non, je veux dire à cette place: 12H. Moi, c'est la première et dernière fois que je vais à la place 10L: le siège est défectueux.
- A chaque vol, on change d'avion, vous le savez?
- Ah bon. Donc, vous avez l'habitude de prendre le siège 12H sur les autres vols aussi.
- Non, pas du tout.
- Je me disais aussi... C'était la première fois que je vous voyais. Vu votre beauté, ça m'étonnait que je ne vous ai jamais remarqué avant.
- Merci...
- Vous avez déjà fait des trucs dans un avion?
- Pardon?
- Ne soyez pas surprise. Personne ne nous entend. Nous sommes seulement vous et moi. Je vous parle de quelque chose qui peut être éventuellement choquant moralement, mais comme nous ne sommes que deux, ça n'a pas d'importance. Alors?
- Alors quoi?
- Vous avez déjà fait des trucs dans un avion, comme dans le film "Emmanuelle"?
- D'abord, ça ne vous regarde pas. Et ensuite, je n'ai pas envie de répondre à une telle question. Pour qui me prenez-vous? Qu'est-ce qui vous prend?
- Si je vous demande ça, c'est que vous me plaisez. Je vous propose un deal. Je vous caresse discrètement la chatte pendant le vol. Vous mettez vos couvertures au dessus de vous, personne ne voit rien. Si ça vous a plu, vous me ferez une petite gâterie dans les toilettes du fond. - Vous êtes complètement malade. Retournez à votre place ou j'appelle l’hôtesse.
- Ne vous offusquez pas et réfléchissez avant de dire non sans réfléchir. Qu'est-ce que vous risquez? Je ne vais pas vous juger puisque c'est moi qui vous propose cette situation. Et puis, combien il existe de chance qu'un homme, inconnu, vous propose ça dans un avion? Vivez ça plutôt comme une expérience exceptionnelle que vous ne vivrez qu'une seule fois dans votre existence.
- ...
- Allez... Laissez vous tenter... Si ça ne vous plaît pas,j'arrête tout de suite.
- Oui mais ne le répétez à personne.
- Comment pourrais-je le faire? Je ne connais même pas votre nom. D'ailleurs, je m'appelle "Romook" Enchanté de faire votre connaissance. Et puis, franchement, vous me voyez en train de raconter ça à qui? Sur un blog peut-être?
- Enchanté Romook.
- Je vous appellerai "Stéphanie" puisque vous n'avez pas de nom.
- Va pour "Stéphanie".

Et c'est ainsi que Stéphanie a accepté que j'aille glisser ma main sur sa légère toison pubienne. Une peau très douce. Et mes doigts se sont frayés un chemin progressivement vers son sillon. Humecté d'un peu de salive, ils ont glissé sur le haut de son clitoris, dans un léger va-et-vient tout en douceur. Une vraie caresse du bout du doigt.

Stéphanie a d'abord fermé les yeux, pour faire semblant de dormir, pour se donner bonne conscience. Puis, son visage a pris une teinte un plus vive, un peu plus rosé. De l'extérieur elle semblait en plein sommeil. Sous la couverture, ma main gauche s'affairait à glisser le long de ses lèvres et de son clitoris. Titillant l'entrée de son chatte par moment, juste histoire de l'exciter à avoir un peu plus. On ne sait jamais, dans certaines situations, certaines femmes trouvent le deal injuste : une caresse contre une pipe. Alors, des fois, ça se rebelle et ça réclame la pénétration. Rien que ça...

Stéphanie continuait à rester de marbre. J'étais le seul dans cette partie de l'avion à savoir et à pouvoir deviner le plaisir qui montait chez cette inconnue à la peau de pêche. J'accélérais doucement le va et vient lorsqu'une main vint prendre la mienne et pris mon doigt pour lui imprimer une légère pression sur une partie précise.

Enfin un signe d'encouragement! Je m'appliquais donc à faire ce que ma maîtresse m'indiquait. Progressivement, elle commença à bouger légèrement ses jambes, à se tordre un peu, faisant aller sa tête d'un côté, puis de l'autre. A un moment, elle bloqua sa respiration. Elle se cambra et vint tenir ma main immobile. C'était terminé.


- Merci, me dit-elle souriante.
- Content de voir que ça vous a plu.

Évidemment, la situation, son souffle, sa beauté... J'étais dans un état pas possible. Mon pantalon et mon slip avait perdu trois tailles en moins de dix minutes. Il fallait éteindre l'incendie.

- C'était pas mal. Mais ça ne vaut pas une fellation.
- Quoi? Quand même, la situation exceptionnelle, je vous ai laissé me guider, vous avez joui.
- Oui, c'est vrai. Mais une fellation, c'est quand même autre chose, non? Je vous propose de vous faire la même chose.
- C'est à dire?
- Une petite branlette, ici, sous la couverture.
- C'est gentil, mais c'est pas pareil.
- Comment ça ce n'est pas pareil... Alors nous, les femmes, on a droit à un doigt et il faut que l'on satisfasse de ça, et vous il vous faut le grand jeu...
- C'est-à-dire que l'éjaculation, c'est une considération pratique qui change la donne.
- Il y a les kleenex.
- Oui, mais... Enfin bon, va pour la branlette dans les toilettes.
- Ok. Je vous laisse passer.
- Ben... Vous ne m'accompagnez pas?
- Ah non. Ce que je vous propose: c'est la même chose que pour moi. Ici, sous la couverture.
- Mais je crois que je ne vais pas y arriver. Enfin, je ne sais pas.

Elle avait commencé à caresser mon sexe à travers mon jean. Il devenait urgent de faire quelque chose. Mais dans ces situations d'extrême urgence, le cerveau masculin le plus armé du monde devient complètement con en matière d'argumentation.

- Alors, je vous branle, oui ou non?
- Ok.

Et voici qu'elle commence à me sortir le sexe de mon slip, après déboutonné ma braguette. Tout de suite on respire mieux. Et la voilà qui active mon membre de manière ni trop rapide, ni trop lente. Bref, un rythme soutenu destiné à arriver efficacement au but.

- Où sont les kleenex?
- Euh... A ma place...
- Comment on fait alors?

Putain de bordel à cul de merde. Romook le trouduc, c'est comme ça que les indiens aurait pu m'appeler.

- Inutile de compter sur moi pour aller les chercher. C'est vous qui proposez des situations exceptionnelles, à vous d'assumer vos responsabilités.

Alors là, quelle salope! Pendant qu'elle me fixe à mon siège en me bricolant mon engin, elle se permet de me faire la leçon. Et je fais quoi, moi maintenant. Je ne peux pas aller jusqu'à mon siège car je suis dans l'incapacité de me rhabiller. Par ailleurs, je n'ai pas envie qu'elle arrête. Enfin, plus le temps passe, plus je vais avoir envie de jouir et plus dure sera la chute. Quelle situation merdique dans laquelle je me suis mis. Le pire, c'est que je ne vois aucune issue!

L'hotesse arrive alors avec son chariot. Ma voisine se retourne vers moi. Souriante, elle m'annonce qu'elle va se laver les mains. Je me retrouve en plan, le sexe sorti de mon pantalon. Incapable de me rhabiller dans un premier temps, avec l'hotesse qui me regarde avec un oeil complice, je me sens vraiment minable.

Alors quand l'hotesse m'a demandé si je préférais le menu français ou chinois, j'ai choisi le menu chinois. Y en a marre de l'esprit de contradiction et de liberté des français... et surtout des françaises.

Romook, la queue entre les jambes